Manque « d’honnêteté et de rigueur » : l’Arcom met en demeure France Télévisions après une interview controversée de Manuel Bompard

mercredi 6 mai 2026.
 

Six mois après une interview polémique de Manuel Bompard, le coordinateur de La France insoumise (LFI), l’Arcom sanctionne France Télévisions. Dans une décision publiée ce vendredi au Journal officiel, le régulateur de l’audiovisuel français a prononcé une mise en demeure contre la chaîne publique, accusée d’avoir manqué à ses obligations en matière « d’honnêteté et de rigueur dans la présentation et le traitement de l’information ». L’affaire porte sur une séquence de l’émission Questions politiques, diffusée sur France Inter et la chaîne franceinfo le 9 novembre.

Unrwa, Intifada et condamnation du 7 Octobre

Ce jour-là, Manuel Bompard est interrogé par Alix Bouilhaguet à propos de Zohran Mamdani. Le trentenaire a été élu maire de New York une semaine plus tôt sous les applaudissements de LFI et de la gauche, mais avec bien plus de méfiance par la droite, l’extrême droite et des médias comme le Point et Franc-Tireur, qui font de cette figure de l’aile gauche du parti démocrate un soutien des Frères musulmans et du Hamas.

Un cadrage médiatique en partie repris par la journaliste de France Télévisions, qui pose au député des Bouches-du-Rhône une série de questions tendancieuses, fondées sur des contre-vérités, suggérant notamment que Zohran Mamdani aurait repris le slogan « Mondialiser l’Intifada » (ce qui est faux, souligne l’Arcom) et qu’il n’aurait pas condamné les attaques du 7 Octobre en Israël (encore faux).

Moins faux mais a minima trompeur, la journaliste rappelait que Mamdani avait aidé à lever des fonds pour l’Unrwa, une agence de l’ONU qui vient en aide aux Palestiniens, « accusée de collusions avec le Hamas ». Ce qu’un rapport de l’ONU avait contredit, pointant « l’implication ponctuelle de quelques agents » de l’organisation, par ailleurs financée par la France.

Manuel Bompard avait contesté en direct les allégations de la journaliste, et LFI avait annoncé saisir l’Arcom dans la foulée de l’interview.

Rectificatifs insuffisants

Deux jours plus tard, Radio France avait publié sur son site internet des « précisions » pour répondre aux « interrogations » des auditeurs. Le dimanche suivant, au début de l’émission hebdomadaire Questions politiques, Alix Bouilhaguet s’était exprimée brièvement sur le sujet. Elle avait présenté des « excuses » et reconnu « des formules imprécises et parfois inexactes ».

Insuffisant, selon l’Arcom, pour qui « les allégations en cause auraient dû, au vu de la gravité et de la sensibilité du sujet, d’une part être immédiatement complétées voire corrigées par l’éditeur et, d’autre part, faire l’objet par la suite d’une réaction à l’antenne plus marquée de sa part ». « Dans ces conditions, note le régulateur, la séquence caractérise un manquement aux [règles en vigueur], en vertu desquelles l’éditeur est tenu de faire preuve d’honnêteté et de rigueur dans la présentation et le traitement de l’information. »

Article de LIBERATION


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