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Au sud du Portugal, des archéologues ont découvert des sépultures de femmes étonnamment plus riches en objets que celles des hommes de leur communauté. Beaucoup d’entre elles y reposent avec des armes, signe qu’elles avaient une place plus importante qu’imaginé.
C’est une découverte exceptionnelle que viennent de faire des archéologues, après analyse de 57 tombes souterraines remontant à l’âge du bronze, entre 1 850 et 1 500 avant notre ère. Ces sépultures, appelées également hypogées, ont été mises au jour dans l’actuel Portugal après la construction du barrage du fleuve Guadiana au début des années 2000. Avant leur mise au jour, ces constructions souterraines étaient largement inconnues dans la région, où étaient plus traditionnellement préférées à cette époque de la protohistoire les sépultures en coffre (un cercueil de pierre enfoui sous un tumulus) et les sépultures en fosse.
Publiée dans la revue Quaternary, cette étude a analysé 95 défunts provenant de 57 hypogées répartis sur sept sites différents : 34 % étaient des femmes et 21 % des hommes. Dans 45 % des cas, le sexe n’a pas pu être déterminé, précise le trio d’auteurs. La plupart de leurs sujets (82 %) étaient des adultes, preuve que ces constructions funéraires répondaient à des règles précises. Et il y a encore plus étonnant.
Contrairement à ce qu’il aurait pu être attendu de cette période, les femmes n’ont pas été mises en retrait de ces lieux. Dans leur repos, elles sont même mieux accompagnées que les hommes, inhumées avec plus d’objets que ces derniers. Des artefacts en céramique classiques du monde antique, comme des vases, des outils en métal, comme des poinçons, mais surtout des armes ont été déposées aux côtés de leur dépouille.
La concentration d’armes en bronze et d’autres éléments en argent dans les sépultures féminines sur le site Torre Velha 3 subjugue particulièrement. Une présence "relativement rare" sur les sites funéraires antiques qui remet en cause l’image classique de sociétés anciennes dominées uniquement par des guerriers masculins.
À différentes époques, en différents lieux et au sein de diverses cultures, les femmes aussi ont pu jouer des rôles de pouvoir et participer aux combats. "Pris dans leur ensemble, ces résultats contribuent à une compréhension plus nuancée des sociétés de l’âge du bronze moyen dans le sud-ouest de la péninsule Ibérique", exposent dans leur compte rendu les trois chercheurs à l’origine de la découverte.
Ce cas portugais s’inscrit dans une tendance plus large, observée en Europe et au-delà. D’autres découvertes ont été faites en ce sens ces dernières années : une Hongroise du Moyen Âge qui portait son arme, une guerrière viking inhumée avec ses épées ou encore une nécropole de l’Azerbaïdjan antique avec en son sein plusieurs femmes enterrées avec des pointes de lance et des poignards, femmes enterrées avec des armes.
Arqueologia e Património, Lídia Baptista
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