« Ne laissez pas les autres décider à votre place ! » – Sophia Chikirou présente les priorités et la stratégie de LFI pour les élections consulaires fin mai

dimanche 24 mai 2026.
 

Alors qu’elles concernent directement le quotidien de plus de 2 millions de compatriotes, les élections consulaires sont encore trop mal connues. Les prochaines vont pourtant avoir lieu dans les tous prochains jours ! Voilà les jours de scrutin : du 22 au 27 mai en ligne puis les 30 et 31 mai à l’urne.

« Françaises et Français de l’étranger, votez insoumis partout dans le monde ! », a appelé Jean-Luc Mélenchon de ses vœux.

À quoi servent les élus consulaires ? Qu’est-ce qui distingue les candidats insoumis des autres ? Quelles stratégies et priorités pour LFI ? La députée LFI et conseillère de Paris, Sophia Chikirou, a répondu aux questions de L’insoumission. Entretien.

L’insoumission : On parle peu des élections consulaires. Pourtant, pour les Français de l’étranger, à quoi servent concrètement les élus consulaires dans la vie quotidienne ?

Sophia Chikirou : Les élections consulaires sont trop peu connues, alors qu’elles concernent directement la vie quotidienne de plus de 2 millions de Français établis hors de France.

Les élus consulaires sont des représentants de proximité. Ils siègent dans les conseils consulaires et peuvent intervenir sur des sujets très concrets : l’accès aux services publics consulaires, les démarches administratives, les aides sociales, les bourses scolaires, les situations d’urgence, l’accompagnement des familles ou encore les difficultés rencontrées par les Français les plus précaires à l’étranger.

C’est une élection de terrain. Elle permet d’avoir des élus qui connaissent la réalité vécue par les Français de l’étranger : les consulats parfois saturés, les délais trop longs, l’éloignement géographique, les frais de scolarité, l’isolement, la précarité, les problèmes de protection sociale.

Et puis il y a aussi un enjeu démocratique. Les conseillers des Français de l’étranger participent à la représentation politique des Français établis hors de France, et les délégués consulaires participent notamment à l’élection des sénateurs représentant les Français de l’étranger. Donc ce scrutin compte. Il compte localement, et il compte politiquement.

L’insoumission : La France insoumise présente ou soutient des candidats partout dans le monde. Qu’est-ce qui distingue ces candidatures des autres listes en présence ?

Sophia Chikirou : Ce qui distingue les candidats soutenus par la France insoumise, c’est d’abord leur engagement : ce sont des femmes et des hommes qui veulent défendre les droits, pas gérer le recul des droits. Ils ne se présentent pas pour accompagner la casse des services publics ou pour faire de la figuration institutionnelle. Ils se présentent pour être utiles.

Nos candidats portent une idée simple : les Français de l’étranger ne sont pas des citoyens de seconde zone. Ils ont droit à des services consulaires accessibles, à une école française abordable, à une vraie protection sociale, à des élus disponibles et combatifs.

Ils défendront notamment les lycées français de l’étranger, que les macronistes ont fragilisés par leur logique de marchandisation, de hausse des frais et de recul du service public. L’école française à l’étranger ne doit pas devenir un privilège réservé aux familles les plus riches.

Ils porteront aussi une ligne claire contre le racisme. Dans la période que nous vivons, avec la montée de l’extrême droite partout dans le monde, ce n’est pas un détail. Les élus insoumis seront toujours du côté de l’égalité, de la dignité, de la solidarité entre les peuples, et contre tous les discours qui désignent des boucs émissaires pour diviser les sociétés.

C’est la même chose sur la paix. Voter pour les candidats insoumis, c’est voter pour des élus qui ne se coucheront pas devant les logiques de guerre. Nous avons toujours porté une voix pour la paix, le droit international, la protection des civils, et contre les crimes de masse. Nous avons dénoncé le génocide en cours à Gaza avec courage, détermination et sans compromis. Cette ligne, nos élus la tiendront partout, quoi qu’il arrive.

Et puis nous assumons une ligne politique claire. Face aux politiques libérales qui ont affaibli les services publics, réduit les moyens des consulats et rendu l’école française à l’étranger toujours plus chère, nous disons : il faut changer de cap. Les Français de l’étranger ont besoin d’élus qui défendent l’intérêt général, pas d’élus qui relaient les politiques de ceux qui ont organisé les problèmes.

L’insoumission : Services publics, Français de l’étranger… Quelles sont les priorités que les élus insoumis porteront dès leur élection ?

Sophia Chikirou : La première priorité, c’est l’accès aux droits. Trop de Français de l’étranger se retrouvent seuls face à l’administration, avec des consulats débordés, des délais trop longs, des démarches qui deviennent impossibles pour celles et ceux qui ne maîtrisent pas les outils numériques ou qui vivent loin des grandes villes.

La deuxième priorité, c’est l’école publique et l’accès à l’éducation. Pour beaucoup de familles, la scolarité dans le réseau français à l’étranger devient hors de prix. C’est le résultat d’un choix politique : celui des macronistes, qui ont organisé la casse des lycées français de l’étranger en affaiblissant le service public et en laissant les frais peser toujours davantage sur les familles. Nous voulons défendre le droit à une éducation française accessible, et soutenir les familles qui n’arrivent plus à suivre financièrement.

La troisième priorité, c’est la protection sociale. Vivre à l’étranger ne doit pas signifier être abandonné en cas de difficulté, de maladie, de précarité ou de coup dur. Les élus insoumis porteront une attention particulière aux situations sociales, aux retraités, aux familles modestes, aux jeunes, aux étudiants, à toutes celles et ceux qui sont souvent invisibilisés.

Enfin, nous voulons des élus présents, disponibles, identifiés. Beaucoup de Français de l’étranger ne savent même pas vers qui se tourner quand ils rencontrent un problème. Nos élus devront être des points d’appui : accessibles, réactifs, ancrés dans la vie locale.

Et bien sûr, dans chaque circonscription consulaire, nos élus porteront aussi une exigence politique : défendre l’égalité, refuser le racisme, agir pour la paix, et faire vivre une voix humaniste, internationaliste et insoumise.

L’insoumission : Comment faire pour voter à ces élections consulaires ?

Sophia Chikirou : Pour voter, il faut être Français, résider à l’étranger et être inscrit sur une liste électorale consulaire.

Il y a trois façons de voter : par internet, à l’urne ou par procuration. Le vote par internet sera ouvert du vendredi 22 mai 2026 à 12h au mercredi 27 mai 2026 à 12h, heure de Paris. Le vote à l’urne aura lieu le 30 mai 2026 pour le continent américain et les Caraïbes, et le 31 mai 2026 pour le reste du monde.

C’est important de le rappeler : le vote par internet permet de participer sans se déplacer au consulat. C’est une possibilité précieuse, notamment quand on vit loin d’un bureau de vote, quand on travaille, quand on a des enfants, ou quand les déplacements sont compliqués.

Donc le message est simple : vérifiez vos informations, préparez-vous, et votez. Quelques minutes peuvent permettre d’élire des représentants utiles pour les cinq prochaines années.

L’insoumission : Quel message adressez-vous aux Français de l’étranger qui hésitent encore à participer à ce scrutin ? Et à ceux qui hésitent à voter pour les insoumis ?

Sophia Chikirou : À celles et ceux qui hésitent à voter, je veux dire : ne laissez pas les autres décider à votre place. Ces élections peuvent sembler lointaines, techniques, secondaires. Mais elles déterminent qui vous représentera concrètement face aux consulats, qui défendra vos droits, qui interviendra sur les bourses scolaires, les aides sociales, les démarches administratives, les situations difficiles.

Et à ceux qui hésitent à voter pour les insoumis, je veux dire : regardez ce que nous défendons. Nous ne venons pas vous promettre des miracles. Nous venons vous dire que vos droits comptent, que le service public doit être défendu partout, y compris hors de France, et que les Français de l’étranger ne doivent pas être oubliés.

Voter pour les candidats soutenus par la France insoumise, c’est choisir des élus qui ne baisseront pas la tête. Des élus qui défendront l’école publique, les services consulaires, la protection sociale, l’égalité d’accès aux droits. Des élus qui refuseront la casse des lycées français de l’étranger et la transformation de l’école française en privilège réservé aux plus riches.

C’est aussi choisir des élus qui se battront contre le racisme, dans une période où l’extrême droite tente d’imposer ses obsessions partout. Des élus qui tiendront une ligne de paix, de justice et de respect du droit international. Des élus qui auront le courage de dire les choses clairement, comme nous l’avons fait en dénonçant le génocide en cours à Gaza.

Alors du 22 au 27 mai par internet, puis les 30 et 31 mai à l’urne : votez. Et faites voter autour de vous. Parce que chaque voix compte, surtout dans une élection où la participation est souvent faible. Voter insoumis, c’est choisir des élus utiles, combatifs et fidèles à leurs principes.


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