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« Mediapart » a recueilli une vingtaine de témoignages, notamment de bénévoles, membres de l’équipe ou responsables des Enfoirés, attestant que le chanteur a depuis longtemps fait l’objet de mises en garde répétées auprès des femmes. Il a été écarté de la troupe pour la prochaine édition.
Patrick Bruel a finalement changé d’avis : depuis nos premières révélations le 18 mars, le chanteur et acteur ne voyait aucune raison de modifier son agenda. Vendredi, il a fini par annoncer l’annulation des trois premières dates parisiennes de sa tournée événement, ainsi que celle de sa participation aux festivals d’été. Les concerts de l’automne ne sont pas concernés à ce stade.
Quelques heures plus tôt, il avait déjà été écarté de la troupe des Enfoirés pour la prochaine édition prévue en 2027. Le chanteur est pourtant l’artiste le plus invité (trente-trois participations depuis 1993) de ce concert au profit des Restos du cœur, pour lequel quelque 400 intermittent·es et 200 bénévoles de l’association s’activent chaque année.
La troupe est aujourd’hui au cœur de nombreuses interrogations : que savait-on au sein de l’organisation, alors que trente femmes ont déjà témoigné contre Patrick Bruel ? Y avait-il des mesures de précaution, même informelles, comme le racontent de nombreux membres de l’équipe des Enfoirés aujourd’hui ?
Patrick Bruel lors d’un concert des Enfoirés, à Lyon, en 2012. © Photo Chevalin / TF1 / Sipa
Mediapart a enquêté et recueilli une vingtaine de témoignages qui montrent que le comportement de l’artiste avec les femmes était un sujet au sein de la troupe, et plus largement dans l’industrie musicale, au point de susciter, à plusieurs reprises, l’intervention de membres de l’organisation ou de la sécurité.
Sollicité, Patrick Bruel, qui conteste les accusations de violences sexuelles et est présumé innocent dans les procédures judiciaires le visant, n’a pas répondu (lire notre boîte noire).
Des bénévoles averties Olivier se souvient de la réunion d’information aux bénévoles, dont il faisait partie, organisée au siège parisien des Restos du cœur, à l’automne 2019 : « Les deux responsables des bénévoles nous expliquaient comment il fallait se comporter avec les artistes, et qu’il fallait faire attention avec certains. Une bénévole a dit que si elle voyait Bruel, elle serait contente. Les deux responsables se sont regardées et nous ont clairement fait comprendre que c’était le mauvais exemple, qu’il ne fallait pas se retrouver seule avec lui. »
Trois autres bénévoles font le même récit concernant l’édition 2012, à Lyon (Rhône). Lors de la réunion de briefing des bénévoles, leur responsable, Sophie B. – qui faisait le lien entre les bénévoles et la production –, leur aurait dit que « certains artistes avaient des comportements problématiques envers les femmes » etde « faire attention à un chanteur qui avait les mains baladeuses ». « Elle n’a pas dit qui, mais elle a dit qu’il fallait les ignorer, ou signaler à la prod », raconte Mathéa.
Puis en petit comité féminin, à plusieurs occasions, cette même responsable aurait désigné spécifiquement Patrick Bruel. « Elle nous a mises en garde, en disant de ne pas trop s’approcher de lui, qu’elle était parfois obligée de le recadrer. À l’époque, on pensait juste que c’était un coureur de jupons, car chaque soir de concert, il invitait une femme du public à venir visiter sa loge… », affirme Pauline, une autre bénévole.
Elle se souvient que plus tard, alors que Sophie B. « cherchait des bénévoles pour faire le service lors de la soirée des artistes », elle aurait d’emblée expliqué « qu’elle ne prendrait que des hommes ».Toutes estiment que cette responsable a été « bienveillante » et a essayé de les « protéger », « comme elle pouvait ».
Des regards « très insistants »
Pauline et Mathéa, étudiantes et bénévoles lors des concerts de 2012 à Lyon, disent chacune avoir croisé, à deux moments différents, le chanteur et que le regard « très insistant » qu’il aurait posé sur ellesles aurait mises mal à l’aise.
« On ne m’a jamais, de toute ma vie, regardée comme ça. Je me suis sentie déshabillée du regard, j’avais l’impression qu’il avait un scanner dans les yeux. J’ai été tétanisée, mon cœur s’est mis à battre très vite… Je me suis rapprochée du groupe de bénévoles, en me disant qu’il ne fallait pas rester seule », raconte Mathéa, alors âgée de 22 ans.
« C’est la première fois que je suis obligée de détourner le regard. J’avais même appelé ma mère après pour lui raconter ! », se souvient quant à elle Pauline, qui avait 23 ans.
Sophie B. ne se serait pas contentée de mettre en garde les bénévoles, si l’on en croit un autre témoignage recueilli par Mediapart. En 2015, lors de la tournée des Enfoirés à Montpellier (Hérault), une ancienne salariée, qui a travaillé de nombreuses années dans l’équipe, dit avoir retrouvé la même responsable au bar VIP dans la foulée d’un des cinq concerts. En face d’elles, Patrick Bruel et Pascal Obispo discutent avec une très jeune femme, venue avec un groupe d’artistes amateur·es invité·es sur le tournage du clip de l’année, affirme-t-elle.
Très vite, elle se sent gênée, dit-elle, par les regards de « prédateurs » que les deux artistes, invités des Enfoirés, auraient lancés à leur interlocutrice, manifestement bien plus jeune qu’eux. « Ma responsable me dit spontanément “toi tu restes là, tu fais en sorte que personne ne reparte avec personne”. » Elle reste sans voix, mais s’exécute.
Elle reste et écoute la conversation entre les deux chanteurs et la jeune fille qui aimerait faire carrière dans la musique. Cette dernière propose de s’échanger les numéros de téléphone. Patrick Bruel aurait répondu : « On n’a pas besoin de ton numéro de téléphone, on te retrouvera. »
Son récit est confirmé par une amie à qui elle s’est confiée à l’époque. Joint par Mediapart, Pascal Obispo assure ne pas se souvenir de cette conversation. Questionné·es sur ce récit, ni Patrick Bruel ni Sophie B. n’ont souhaité nous répondre.
Je suis allé lui dire “je te préviens ce mec est dangereux” .
Un membre des Enfoirés à une bénévole Deux hommes de l’équipe des Enfoirés disent à Mediapart avoir eux aussi mis en garde. Tom* affirme avoir alerté un jour une bénévole après avoir vu Patrick Bruel lui parler : « Je suis allé lui dire “je te préviens ce mec est dangereux”. J’ai dit le mot prédateur. » Il dit être en alerte depuis qu’il a vu, en 2007, lors de l’édition de Nantes (Loire-Atlantique), Bruel « rôder » auprès d’une jeune femme, puis, en 2019, une autre « le repousser violemment », « à deux reprises », sur la piste de danse, lors d’une fête des technicien·nes organisée après un concert.
Un assistant réalisateur explique aussi qu’il lui « est arrivé, aux Enfoirés et sur d’autres tournages, de prévenir des jeunes bénévoles ou des danseuses qui [lui] faisaient part de sa “lourdeur” de l’éviter au maximum ».
« Dans notre équipe, on avait une vigilance », se remémore une ex-régisseuse adjointe qui a travaillé une douzaine d’années sur les tournées des Enfoirés. « À l’époque, on ne faisait pas de réunions sur les violences sexuelles et sexistes, mais on a récupéré une ou deux stagiaires en leur disant “toi tu restes ici”, parce qu’on savait qu’il [Patrick Bruel – ndlr] était de l’ordre de la prédation. » Une référence aux multiples invitations lancées par le chanteur à des jeunes filles en marge des concerts.
D’après plusieurs témoins, de jeunes habilleuses ont aussi été mises en garde par les plus âgées. Une ancienne bénévole couturière raconte avoir été prévenue dès le début : « On m’a parlé de Patrick Bruel parce que je travaillais avec les petites danseuses qui sortaient tout juste de l’école. »
Une ancienne employée de TF1 Production, qui a travaillé dix-huit ans sur les tournées des Enfoirés, assure elle aussi avoir prévenu, à sa manière, les femmes qui croisaient la route de Patrick Bruel. « Moi j’ai pu dire à des jeunes filles, à des hôtesses, “attention aux chanteurs et notamment à Patrick Bruel”. Mais il n’y avait pas que lui qui avait cette réputation. C’est une époque où ce genre de comportements était banal. »
« Patrick, pas elle, c’est une bénévole » Dans les récits, un épisode précis revient : celui de la barque, lors du show de 2012, à la halle Tony-Garnier, à Lyon. Ce jour-là, deux bénévoles de 22 et 21 ans, Mathéa et Camille, sont choisies pour monter dans des barques qui doivent traverser la foule, lors de deux concerts filmés.
À nouveau, Sophie B. les aurait mises en garde, d’après plusieurs témoignages. « Elle nous a dit que Bruel allait forcément tenter quelque chose avec celle qui serait dans la barque avec lui, qu’il ne fallait pas rentrer dans son jeu, pas se laisser avoir, qu’il y aurait quelqu’un de la production à côté si on n’était pas à l’aise », raconte Mathéa.
C’est finalement Camille qui est retenue. Un membre de l’organisation lui aurait « dit de bien le rejoindre au même endroit » ensuite – ce qu’elle a perçu comme une vigilance bienveillante. En sortant de la barque, elle affirme que le chanteur l’aurait invitée « à venir dans sa loge », et que le même membre de l’équipe serait intervenu en disant : « Patrick, pas elle, c’est une bénévole. »
Après cet épisode, l’étudiante n’a plus voulu remonter dans la barque pour le second concert filmé, et une autre figurante a été choisie. « On était bien avant #MeToo, mais j’ai tout de suite compris qu’il y avait un problème avec son comportement et que cet homme était là pour ça », assure-t-elle. En rentrant chez elle, elle s’en ouvre à sa famille, qui nous l’a confirmé. Quatre personnes présentes ce jour-là ont attesté de la scène, dont Véronique : « Cette histoire du bateau, ça fait quatorze ans que je la raconte ! »
L’épisode serait remonté jusqu’aux organisateurs. « Une responsable nous a dit “on l’a briefée sur Bruel”, mais elle est revenue en pleurs à la régie et a dit qu’elle ne voulait pas retourner dans la barque,se rappelle Tom, de l’équipe des Enfoirés. J’ai compris que son comportement était connu, ça m’a choqué. » Jointe par Mediapart, la responsable en question dit n’avoir aucun souvenir de cet épisode.
Patrick Bruel au spectacle des Enfoirés, à Strasbourg, en 2014. © Patrick Hertzog / AFP
Contactés, les membres de l’équipe des Enfoirés « regrett[ent] » la « mauvaise expérience » de Camille. Ils soulignent que leur « responsabilité » est « de protéger les salariés, bénévoles et publics qui participent aux Enfoirés » et que « depuis trois ans », un « certain nombre d’actions de prévention et de lutte contre les violences et harcèlement sexistes et sexuels » ont été mises en place « dans les coulisses du show » (« affichage, formation, référent identifié, ligne d’écoute »). Ils se disent « extrêmement vigilants face à des comportements choquants et bien entendu incompatibles avec les valeurs portées par la troupe des Enfoirés ».
Mais, assure l’organisation, « il n’existe pour autant aucun dispositif particulier autour de Patrick Bruel ». Le chanteur a également contesté auprès de Mediapart « qu’une organisation visant à protéger [de son] comportement [ait] pu être mise en place ».Contacté, le groupe TF1 – qui finance et diffuse le show – a indiqué qu’il n’était « pas en mesure de [nous] apporter des précisions », n’étant « pas en charge de l’organisation et de la coordination des concerts ».
Des interventions de « chaperons » et vigiles D’autres témoignages recueillis par Mediapart permettent cependant de s’interroger.
En 2002, Lise Petermann, intermittente du spectacle, postule pour travailler sur le concert des Enfoirés, au Dôme de Marseille. La société FM Production l’embauche pour cinq jours comme « technicienne de maintenance ». En arrivant, une personne qu’elle identifie comme chargée du recrutement l’informe qu’elle sera « responsable backstage », autrement dit qu’elle fera partie de l’équipe des hôtesses – comme l’atteste le générique de l’émission.
Son rôle, apprend-elle, sera de s’assurer que tout se passe bien en loges pour les artistes. Mais elle assure qu’on lui aurait aussi confié une mission bien particulière : « Faire attention que les filles ne se retrouvent jamais seules avec Patrick Bruel. »
« On m’a demandé de surveiller les filles bénévoles, parce qu’il y avait eu des problèmes, mais on ne m’a pas dit lesquels », dit-elle.Elle-même n’a jamais été témoin d’un comportement déplacé du chanteur, qu’elle a finalement peu croisé.
Un autre témoignage, loin des Enfoirés, jette un peu plus le doute : celui de Magali, qui s’est rendue en 2000 à une dédicace de Patrick Bruel, à la Fnac des Champs-Élysées, à Paris, lors de la sortie d’un album. Quand vient son tour pour un autographe, cette fan de 20 ans lui demande des conseils pour devenir comédienne. « Il m’a dit que le mieux ce serait de pouvoir en parler seuls autour d’un verre. Il a sorti un papier, il commençait à noter quelque chose, et un agent de sécurité est tout de suite intervenu pour lui retirer des mains ce papier et me demander de partir. À l’époque, je n’ai pas compris… »
Ces deux récits font écho à celui de Marie*, qui avait évoqué à Mediapart un « chaperon » de TF1. Au milieu des années 2000, cette attachée de presse, chargée d’accueillir Patrick Bruel pour la promotion d’un de ses films en Belgique, dit s’être plainte du comportement très insistant du chanteur à son égard – malgré ses refus répétés – auprès d’un employé de TF1 International. « Je sais, c’est pour ça que je suis là », lui aurait répondu celui-ci, en expliquant que « l’une de [s]es missions [était] d’éviter que Patrick ne récupère des numéros de femmes trop jeunes » parmi les hordes de fans qui l’attendaient.
Questionné sur son récit, le groupe TF1 a indiqué n’être pas « en mesure de nous apporter un commentaire » vingt ans après, les personnes concernées de l’époque n’étant plus en activité.
Des voix s’élèvent dans l’industrie musicale Au-delà des Enfoirés et de TF1, dans l’industrie musicale, des artistes affirment que le comportement de Patrick Bruel était un sujet.
Véronique Tat, violoncelliste, raconte qu’à partir de 1990, lorsqu’elle avait 25 ans, elle a régulièrement croisé le chanteur sur les plateaux de grandes émissions. « Les régisseurs qui nous employaient, des personnes qui travaillaient sur les plateaux, ou bien des attachées de presse nous avertissaient sur Bruel. Il fallait éviter de se retrouver seule avec lui, et si on y allait, c’était “à [n]os risques et périls”. Moi j’ai toujours évité d’y aller. »
Le 19 mai, la chanteuse Nina Goern s’est exprimée sur son compte Instagram pour raconter ce jour de 2015 où son équipe a tout fait pour éviter qu’elle se retrouve en tête à tête avec Patrick Bruel. Son groupe, Cats on Trees, avait été invité dans l’émission « Taratata », sur France 2. « On arrive tôt le matin pour les répétitions. Et là, discrètement, un mot circule dans mon équipe », se souvient la chanteuse : « Interdiction formelle de laisser Nina seule avec lui. » « Ce réflexe de vigilance, cette stratégie discrète pour éviter qu’une situation dérape en disaient déjà tellement long… », estime l’artiste.
MC Solaar : « Les Enfoirés ont pris la bonne décision » Parmi les stars de l’industrie musicale, peu ont pris la parole sur l’affaire. La chanteuse Lio, très engagée contre les violences faites aux femmes, a dénoncé le comportement du chanteur dans les colonnes de La Dépêche du Midi. « Qu’il aille se faire soigner ! Il faut lui apprendre à rentrer son sexe, je suis désolée, il a un problème », intime l’artiste. Sans dévoiler d’épisode précis, elle assure qu’« on le sait depuis des années ».
Interrogée sur l’affaire sur Europe 1, la chanteuse Zazie a déclaré qu’elle « croy[ait] ces femmes », « trop nombreuses pour que ce soit un truc à mettre sous le tapis ».
Parmi les têtes d’affiche qui ont déjà partagé la scène avec Patrick Bruel aux Enfoirés, très peu ont accepté de s’exprimer. MC Solaar, qui a participé à vingt-trois éditions, salue la décision des organisateurs d’avoir écarté le chanteur de la tournée 2027. « Je pense que Les Enfoirés ont pris la bonne décision, ils ont pris leurs responsabilités », a déclaré le rappeur français à Mediapart, avant d’ajouter n’avoir « jamais assisté à aucun comportement problématique » de Patrick Bruel.
Joint, Pascal Obispo, qui a participé à seize éditions des Enfoirés, s’est quant à lui refusé à tout commentaire sur l’affaire. « Moi je n’ai jamais rien entendu de tout ça, je ne savais pas. C’est un peu étouffant tout ça », nous a déclaré le chanteur.
En juin 2014, Leslie, pianiste de 28 ans, participe à l’émission de TF1 « Chanson de l’année », au Zénith, à Paris. « Patrick aimait bien commencer sa chanson au piano. Il était très tactile, il m’a mis la main derrière la nuque, serré la taille. À la fin de l’enregistrement il m’a demandé de le suivre, il était minuit et demi… »
Mais Leslie esquive en prétextant qu’elle a « un cours de danse ». Elle aussi a été prévenue de « la réputation dans le milieu » de Patrick Bruel, mais elle a aussi souvenir de son attitude envers sa sœur lorsqu’elle était mineure, des années plus tôt. En septembre 1993, sa sœur accompagnait leur mère, qui travaillait à France Inter, à un cocktail organisé pour la sortie du film Germinal. « Ma fille avait 17 ans, elle était très jolie, je voyais qu’il la lorgnait : c’étaient des regards insistants et sa façon de lui parler », affirme leur mère.
Une habilleuse, Sarah Veillon, affirme quant à elle que dans le processus de recrutement pour la tournée de Patrick Bruel, le directeur technique lui aurait indiqué que le chanteur voulait « une photo d’[elle] ». Refus. Elle n’a pas été retenue sous un prétexte auquel elle ne croit guère… Quand Sarah se confie à d’autres habilleuses de son entourage, l’une d’entre elles, qui a longtemps travaillé pour Les Enfoirés, lui aurait dit qu’il « demand[ait] des choses aux habilleuses ».
Contacté·es par Mediapart, ni le directeur technique, ni l’ancienne habilleuse des Enfoirés, ni Patrick Bruel n’ont répondu.
Samia Dechir et Marine Turchi
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