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Alors que le candidat du centre-gauche, Roberto Sanchez, avait gagné les élections avec une faible marge, 16 000 voix sur un peu plus de 18 millions, la droite, les grands propriétaires, la presse et l’extrême-droite tentent de truquer le résultat avec le vote des péruviens de l’étranger, aux USA et en Argentine, comme par hasard, sur lequel il n’y a aucun contrôle, et où des irrégularités ont été détectées : fusion de bureaux de vote, prosélytisme des membres des bureaux en faveur de Keiko Fujimori, transfert irrégulier du matériel électoral, qui aurait fait passer devant la candidate de droite/extrême-droite, Keiko Fujimori, avec seulement 595 voix d’avance (!) sur 18 068 881 suffrages valides.
Le processus électoral va donc entrer dans une phase judiciaire où Juntos Por el Perú (JP), la gauche, va contester les résultats à l’étranger tandis que Keiko Fujimori conteste les votes dans les zones rurales très favorables à Roberto Sánchez où rien que dans la région de Puno, elle tente de faire annuler 7000 voix en sa faveur.
Le résultat du second tour ne dépend plus désormais du suffrage populaire, mais d’une bataille judiciaire. Or le parti de Keiko Fujimori et ses alliés contrôle l’essentiel des pouvoirs judiciaires, policiers et de presse, ce qui les rendra très certainement vainqueur devant les tribunaux.
C’est pourquoi, les partisans de JP Juntos por Peru ont lancé des mobilisations pour défendre le vote et la victoire de Roberto Sanchez dans différentes régions du pays. La situation au Pérou est donc très tendue avec des mobilisations qui ont commencé hier sur un fond latent de contestation étudiante. A Lima, le campement installé devant les locaux du Jury national électoral par des partisans de PP a été inondé par le maire d’extrême droite et la zone combative de Barrio Chino (cité-dortoir des ouvriers de l’agro-exportation) a été militarisée. Le siège lui-même de JP dans la ville de Chiclayo a été encerclé par la police. Et la presse aux ordres de la droite dénonce un coup d’Etat dans les manifestations de la gauche à Lima, tandis que le maire de Lima a fait interdire toute manifestation.
La situation ressemble à celle de 2021 lorsqu’après la victoire surprise de justesse du candidat de gauche, Pedro Castillo déjà contre Keiko Jujimori, celui-ci avait vu son action paralysée par le Sénat, le Parlement, la presse, avait été accusé d’un pseudo coup de force, et avait été du coup renversé par un vrai coup d’Etat de l’armée, la police, la presse, la droite et l’extrême-droite, qui avaient mis ensuite une succession de présidents fantoches à sa place, tombés les uns après les autres, tandis que le peuple se soulevait - pendant deux ans - et que la répression féroce faisait 70 morts.
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