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Le nouveau parti « Un Lieu pour Nous Tous » est co-dirigé par des citoyens juifs et arabo-palestiniens et se réclame d’un programme socialiste : fin de l’occupation, paix juste, égalité sociale, lutte contre la violence dans les communautés palestiniennes. La plupart de ses dirigeant·es sont issu·es de Standing Together (Omdim be’Yachad / Naqef Ma’an), le plus grand mouvement binational de base en Israël. Ira Berkovic présente le contexte politique de ce lancement et appelle à la solidarité internationale avec cette nouvelle force. [AN]
https://www.workersliberty.org/stor..., Workers’ Liberty, 24 juin 2026,
La plupart des personnalités de premier plan --- et la base militante initiale du parti --- viennent de Standing Together (Omdim be’Yachad / Naqef Ma’an, « Debout ensemble »), le mouvement social de gauche fondé en 2015, qui compte aujourd’hui plus de 7 000 membres et constitue le plus grand mouvement binational de base (palestinien-juif) d’Israël. [1] Bien qu’il n’y ait aucun lien juridique ou organisationnel formel entre le nouveau parti et Standing Together, le parti promouvra les mêmes perspectives de co-résistance binationale pour la paix, l’égalité et la justice sociale.
Uri Weltmann, coordinateur national de terrain de Standing Together, qui a pris une permission d’absence de ce rôle pour rejoindre le parti, a déclaré :
Le nouveau parti a été formé dans le but de changer radicalement le cours de la politique israélienne, sur fond de polycrise aiguë affectant notre société : le 7 octobre et ses conséquences, avec la guerre génocidaire lancée contre Gaza, qui laissera des cicatrices sur cette terre pour des générations ; l’autoritarisme croissant du régime Netanyahu, avec son recul des normes et libertés démocratiques ; l’incapacité de la politique israélienne à continuer à soutenir le fait qu’un cinquième de ses citoyen·nes sont des Arabes-Palestinien·nes.
Un Lieu pour Nous Tous est un parti engagé dans une vision d’un accord de paix israélo-palestinien, fondé sur la fin de l’occupation et l’établissement d’un État palestinien indépendant aux côtés d’Israël, avec la liberté de mouvement et sans séparation par des barrières ou des checkpoints ni de suprématie juive. Reconnaissant que cette terre est la maison de deux peuples, nous appelons cette vision « Deux États dans une patrie partagée ».
Plaider pour augmenter le salaire minimum en Israël de 35 NIS à l’heure à 50 NIS par heure --- soit une hausse d’environ 40 % --- ainsi qu’appeler à l’éducation universelle gratuite dès la naissance, Un Lieu pour Nous Tous est fondé sur des valeurs socialistes.
Le parti sera co-dirigé par des citoyen·nes juifs et arabo-palestinien·nes d’Israël. Il parlera avec le même message politique en hébreu et en arabe, en travaillant à convaincre, mobiliser, organiser et rassembler politiquement à la fois les citoyen·nes juifs et palestinien·nes d’Israël, autour d’une vision partagée de l’avenir, fondée sur des principes de justice sociale qui reconnaissent que la grande majorité des gens ont, au fond, des intérêts partagés, en opposition avec ceux de la petite minorité au sommet.
Les élections doivent avoir lieu au plus tard le 27 octobre 2026, mais elles devraient se tenir plus tôt. Le système de représentation proportionnelle d’Israël exige qu’un parti obtienne au moins 3,25 % des voix pour remporter un siège à la Knesset. Selon des sondages internes, le parti est actuellement tout près de ce seuil, ce que Weltmann a qualifié de « très bon début pour un parti qui n’a pas encore lancé sa campagne électorale et qui ne fait pas encore campagne dans la rue ni sur les réseaux sociaux ».
Ces élections sont perçues comme une occasion de chasser la coalition d’extrême droite de Benjamin Netanyahu. Certains courants de gauche craignent que le parti Un Lieu pour Nous Tous ne divise le vote de centre-gauche anti-Netanyahu. En réponse à ces inquiétudes, Weltmann a déclaré : « Nous ne voulons pas faire de la figuration. Nous ne serons pas candidats le jour du scrutin si nous ne sommes pas certains que le soutien que nous recevons des électeurs arabes et juifs se traduira par la fin du règne de Netanyahu. »
La principale force électorale de gauche est Hadash (le Front démocratique pour la paix et l’égalité, Jabha al-Dimuqratiyya lil-Salam wal-Musawa), le front électoral du Parti communiste israélien (Maki). Officiellement binational, son électorat est en grande majorité arabo-palestinien. Le parti compte actuellement trois député·es à la Knesset. L’autre option électorale se réclamant de la gauche est le parti des Démocrates (HaDemokratim), issu de la fusion du Parti travailliste israélien (HaAvoda) et du parti social-démocrate Meretz. Meretz a parfois mené des tentatives d’organisation politique binationale et a compté des député·es palestinien·nes, mais ces deux partis --- ainsi que les Démocrates eux-mêmes --- restent fondamentalement des partis de la gauche sioniste traditionnelle. Les Démocrates se sont montré·es timoré·es sur la question de l’occupation. [2]
Parmi les autres forces d’opposition figurent les partis qui s’organisent au sein des 20 % de la population israélienne d’origine palestinienne, tels que Balad (Alliance nationale démocratique), Ta’al (Mouvement arabe pour le renouveau) et Ra’am (Liste arabe unie). Ces partis couvrent un large éventail d’orientations politiques, allant du nationalisme laïque à l’islamisme. Il est arrivé que des partis palestiniens présentent des listes communes aux élections législatives. Ta’al, Balad et Hadash ont annoncé qu’ils se présenteraient conjointement aux prochaines élections.
L’opposition traditionnelle à Netanyahu comprend des partis qui le critiquent parfois par la droite sur les questions sécuritaires et militaires. Selon les sondages actuels, le candidat le plus probable pour succéder à Netanyahu au poste de Premier ministre est Gadi Eisenkot, ancien général de Tsahal.
Alors que la date limite d’inscription des candidat·es n’est pas encore fixée, la situation électorale pourrait évoluer considérablement. Toutefois, le lancement d’une nouvelle initiative politique qui met l’accent sur la co-résistance binationale, l’égalité entre Juifs et Palestinien·nes et un programme social de gauche constitue une évolution positive. Les socialistes et internationalistes du monde entier devraient se rapprocher de ce nouveau parti et nouer des liens avec lui, le cas échéant. [3]
Source : « New binational left party launched in Israel, »
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