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Il en est de même pour tout dispositif législatif limitant l’accès à l’information sur Internet comme c’est le cas pour le projet de loi Laure Miller interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15. Nous examinons ici c’est de nouveaux outils de contrôle.
1 – Chat Control
Le projet de texte européen surnommé « Chat Control » est l’un des sujets les plus brûlants de l’actualité numérique européenne.
Derrière ce surnom se cachent en réalité deux textes (la version temporaire 1.0 et le projet permanent 2.0).
1.1 – En quoi consiste le « Chat Control » ?
L’objectif officiel et louable du texte est de lutter contre la pédocriminalité en ligne (détection et suppression de contenus pédopornographiques ou du démarchage de mineurs). Pour y parvenir, le texte propose des mécanismes très intrusifs : Le scan des communications privées : Il autorise (ou obligerait, selon la version) les fournisseurs de messageries (Gmail, Facebook Messenger, PlayStation, etc.) à analyser automatiquement le contenu des messages privés, des e-mails et des photos envoyés par les utilisateurs.
La menace sur le chiffrement : Pour analyser les messages sur des applications ultra-sécurisées comme Signal ou WhatsApp, les autorités ont envisagé le Client-Side Scanning (un mouchard installé directement sur votre téléphone qui scanne le message avant qu’il ne soit chiffré et envoyé).
1.2 – Pourquoi cela fait-il polémique ? Les défenseurs des libertés numériques, de nombreux cryptographes et des ONG qualifient ce projet de mesure de « surveillance de masse ». Ils pointent du doigt un taux d’erreur élevé des algorithmes (des photos de vacances en famille jugées suspectes par erreur) et la fin de la confidentialité absolue de nos échanges.
1.3 – Quelle est l’origine du texte ? Le projet est né sous l’impulsion de la Commission européenne (porté à l’origine en 2022 par la commissaire aux Affaires intérieures d’alors, Ylva Johansson).
Il faut distinguer deux étapes clefs :
Chat Control 1.0 (Règlement temporaire) : Une dérogation temporaire à la directive européenne sur la vie privée (ePrivacy). Elle permet aux géants du web (comme Google ou Meta) de scanner volontairement les messages non chiffrés pour y détecter des abus.
Chat Control 2.0 (Règlement permanent) : Le projet de loi à long terme qui voulait rendre ce scan obligatoire pour toutes les plateformes. Face à une immense résistance politique et citoyenne, ce texte permanent est resté bloqué en négociations.
1.4 – Qui a voté quoi ? (Le vote historique du 9 juillet 2026) Le sort de la version temporaire (Chat Control 1.0) s’est joué lors d’un vote extrêmement tendu et paradoxal au Parlement européen le 9 juillet 2026.
La dérogation ayant expiré en avril 2026, les partisans du projet (menés par la droite européenne) ont utilisé une procédure d’urgence pour la prolonger jusqu’en 2028.
Le paradoxe du résultat Les députés opposés au texte ont voté pour rejeter cette prolongation. Une majorité d’eurodéputés a a voté contre le texte (314 voix contre la prolongation, 276 en faveur, 17 abstentions).
Pourtant, en seconde lecture, les règles de l’UE imposent d’atteindre la majorité absolue de l’hémicycle (soit 361 voix sur 720) pour bloquer définitivement une décision. Comme de nombreux députés étaient absents en raison des vacances d’été, le camp du "Non" a manqué de 47 voix pour atteindre ce seuil. Le texte est donc passé par défaut malgré une majorité de votes contre.
Position des groupes politiques européens Groupe politique européen Tendance politique Position générale sur le texte PPE (Parti Populaire Européen) Droite / Centre-droit POUR (C’est le groupe qui a poussé pour réintroduire le vote en urgence). S&D (Socialistes et Démocrates) Gauche / Centre-gauche Partagé / Plutôt POUR (Majoritairement favorable à la dérogation temporaire au nom de la protection de l’enfance). Renew Europe Centristes / Libéraux Très divisé (Certains députés défendent la confidentialité, d’autres la sécurité). Les Verts / ALE Écologistes CONTRE (Fermement opposés au projet, dénonçant une dérive autoritaire). The Left (La Gauche) Gauche radicale CONTRE (Opposés au flicage numérique et aux géants de la Tech). Groupes d’extrême-droite / Souverainistes Droite radicale Généralement CONTRE (Par rejet de l’ingérence de Bruxelles et défense des libertés individuelles). La bataille politique est loin d’être finie, car ce vote ne concerne que la dérogation temporaire (jusqu’en 2028). Le grand affrontement législatif autour de Chat Control 2.0 (la version permanente et obligatoire) continue de diviser profondément les États membres et le Parlement.
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1. 5 – une expérience passée d’un contrôle numérique généralisé de tous les citoyens aux États-Unis à connaître Il semble ici utile de rappeler une expérience passée aux États-Unis de surveillance de masse qui n’a pas eu du tous les résultats escomptés. J’ai demandé à l’intelligence artificielle Claude de me rappeler cette expérience qui semble avoir été complètement oubliée par nos parlementaires.
Il y a plusieurs années, les États-Unis ont expérimenté un contrôle systématique des messageries électroniques des Américains pour si ma mémoire est bonne lutter contre le terrorisme mais les résultats ont été très peu satisfaisants. Pourrais-tu me rappeler cet épisode
Réponse de l’intelligence artificielle Claude
Oui, votre mémoire est bonne — vous pensez très probablement au programme de la NSA connu sous le nom de code STELLAR WIND, révélé publiquement d’abord en 2004, puis détaillé de façon beaucoup plus précise en 2013 grâce aux documents fournis par Edward Snowden.
Les grandes lignes de l’histoire
Le programme a été autorisé par l’administration Bush juste après les attentats du 11 septembre 2001, sur décision du vice-président Dick Cheney, dans un cadre juridique très flou (voire probablement illégal au départ). Il consistait à collecter en masse les métadonnées des communications électroniques des Américains — c’est-à-dire l’expéditeur, le destinataire, l’heure, la taille du message — mais pas nécessairement le contenu des messages eux-mêmes.
Un programme parallèle collectait de la même façon les métadonnées des appels téléphoniques. Pendant dix ans, jusqu’en 2011, la NSA a collecté d’énormes quantités de métadonnées sur les communications par email, incluant des informations en masse sur les Américains dès 2007.
En 2004, des responsables du ministère de la Justice et du FBI (dont James Comey, futur directeur du FBI) ont exprimé de sérieux doutes sur la légalité du programme, ce qui a poussé Bush à le suspendre temporairement. Mais la cour FISA a rapidement légalisé une version du programme sous une nouvelle procédure, deux mois plus tard.
Le programme de collecte des métadonnées internet a finalement été arrêté en 2011, officiellement pour des « raisons opérationnelles et de ressources », et n’a jamais été relancé depuis.
Sur le fameux manque de résultats que vous évoquez
C’est bien le point le plus marquant de cette histoire : l’arrêt du programme est resté assez mystérieux, le gouvernement s’étant contenté de dire qu’il n’était plus jugé suffisamment utile pour justifier son maintien. Autrement dit, la NSA elle-même a jugé que le jeu n’en valait pas la chandelle.
Ce constat a été confirmé plus tard, en 2014, pour le programme frère de collecte des métadonnées téléphoniques (Section 215 du Patriot Act) : un organe de contrôle bipartisan a jugé que ce programme n’avait « montré qu’une valeur minimale pour protéger le pays du terrorisme », n’ayant identifié aucun cas où il aurait fait une différence concrète dans une enquête antiterroriste. Plus précisément, il y avait peu de preuves que les capacités uniques offertes par cette collecte massive aient produit des résultats antiterroristes qui n’auraient pas pu être obtenus autrement.
En résumé, vous faites référence à un ensemble de programmes de surveillance de masse post-11 septembre (Stellar Wind, puis les programmes de métadonnées email et téléphone), Révélés notamment par Snowden, et dont l’efficacité réelle contre le terrorisme s’est révélée, selon les propres évaluations officielles, très décevante par rapport à l’ampleur de l’atteinte à la vie privée qu’ils représentaient.
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On peut raisonnablement s’interroger sur l’opportunité d’une telle loi alors que la pornographie a pu se développer sans entrave sérieuse depuis l’existence du Minitel rose et les débuts d’Internet permettant à la mafia du sexe de réaliser de véritables fortunes. D’autre part l’affaire Epstein a montré un laxisme, le mot est faible, des gouvernements successifs pour lutter efficacement contre la pédo criminalité. N’existerait-il pas des services spécialisés du ministère de l’intérieur sous le contrôle de la justice pour lutter d’une manière ciblée avec des moyens techniques et d’infiltrations appropriées pour lutter contre ce type de criminalité ? Le rappel précédent montre le peu d’efficacité d’un flicage généraliser de la population pour démasquer les trafics en tout genre.
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2 – projet de loi concernant l’accès aux réseaux sociaux par des mineurs
Deux textes à ne pas confondre : 1) Chat Control (règlement européen) : vise à faire scanner le contenu des messageries privées (WhatsApp, Signal…) pour détecter des contenus pédopornographiques. Réintroduit le 9 juillet 2026 par une procédure d’urgence controversée après un rejet du Parlement européen. Il ne s’agit pas directement d’une obligation de décliner son identité pour visiter un site. 2) La proposition de loi française "réseaux sociaux et mineurs" (Laure Miller) : c’est elle qui touche à la vérification d’âge/identité pour accéder à certaines plateformes en France.
2 – Contenu de la proposition de loi Laure Miller Adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale le 26 janvier 2026 (procédure accélérée), elle prévoit deux de mener une mesures phares confirmées par les sources officielles :
Interdiction stricte avant 15 ans de l’accès aux réseaux sociaux grand public (sans dérogation parentale possible dans la version initiale de l’Assemblée). Un "couvre-feu numérique" pour les 15-18 ans, limitant l’accès nocturne, destiné à lutter contre la captation d’attention. Exceptions prévues pour la messagerie privée, les encyclopédies collaboratives, les répertoires scientifiques. Un volet encadrant l’usage du smartphone au lycée. Entrée en vigueur initialement visée au 1er septembre 2026 pour les nouveaux comptes.
Important : les méthodes de vérification envisagées (estimation faciale, tiers de confiance type France Identité) ne reposent pas nécessairement sur l’envoi d’une pièce d’identité aux plateformes elles-mêmes — la CNIL pousse pour des solutions ne transmettant que l’information "majeur/mineur" sans révéler l’identité complète.
3. Origine depuis 2023-2024
Juillet 2023 : loi "majorité numérique" fixant à 15 ans l’âge de consentement numérique (avec dérogation parentale possible), décrets d’application restés bloqués face à la Commission européenne. Avril 2024 : rapport d’experts sur l’impact des écrans chez les jeunes. Juin 2024 : Emmanuel Macron se prononce pour un encadrement plus strict. 2025 : accélération politique, inspirée notamment par l’exemple australien (interdiction aux moins de 16 ans). 18 novembre 2025 : dépôt du texte à l’Assemblée par Laure Miller (EPR) et des cosignataires de plusieurs groupes. 26 janvier 2026 : adoption en première lecture à l’Assemblée. Mars 2026 : examen et modification par le Sénat, qui a cherché à sécuriser juridiquement le texte face au droit européen — plusieurs sources évoquent un assouplissement de la mesure initiale (le Conseil d’État avait déjà suggéré la possibilité d’une autorisation parentale comme alternative partielle au couvre-feu).
4. Le vote du 26 janvier 2026 (scrutin n°5192) Confirmé par plusieurs sources concordantes : 130 voix pour, 21 contre. Le détail précis des abstentions (6, selon certaines sources) et la répartition fine par groupe (notamment au sein du PS, des Écologistes et du groupe GDR) varie légèrement selon les sources et n’est pas confirmé de façon identique partout — à prendre avec un peu de prudence sur les chiffres exacts par groupe. Grandes lignes politiques, cohérentes entre les sources :
Pour : majorité présidentielle (Ensemble pour la République, Démocrates, Horizons), Droite Républicaine, l’essentiel du Rassemblement National, LIOT, et une partie des socialistes/écologistes. Contre : La France insoumise, de façon quasi unanime — critique d’un "paternalisme numérique" et d’une mesure jugée inapplicable, portée notamment par Arnaud Saint-Martin et Louis Boyard. Position plus partagée : le groupe GDR (communistes et apparentés) a exprimé de sérieuses réserves sans voter uniformément contre — plutôt abstention ou refus de s’associer au vote favorable, tout en partageant le diagnostic sur les effets des algorithmes.
5. Cas particuliers : Les sites dit alternatifs sont -ils concernés ?
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Qu’appelle-t-on réseau social ? Facebook semble clairement être un réseau social mais qu’en est-il pour YouTube ? D’où la nécessité d’une définition claire et si possible juridiquement établi. Un site comme le Monde moderne d’Alexis Poulin ne semble pas être a priori un réseau social mais ceci utilise largement YouTube pour véhiculer ses émissions. Ce n’est pas le seul : la plupart des médias dits alternatifs utilisent YouTube. Dans ces conditions dans quelle mesure il est nécessaire de fournir une identité pour accéder à ces sites comme le prévoit la loi du 26 janvier 2026 dite loi Laure Meiller.
Démêlé définitions juridiques et impacts réglementaires sur médias alternatifs Voici où en est le droit français sur ce sujet, à la date d’aujourd’hui (17 juillet 2026).
Une définition qui existe... mais qui date de 2023 Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la loi Miller du 26 janvier 2026 ne définit pas elle-même la notion de « réseau social ». Elle se contente de viser « l’accès à un service de réseau social en ligne fourni par une plateforme en ligne ».
La définition légale actuellement en vigueur remonte à la loi du 7 juillet 2023 (dite loi Marcangeli), qui a inséré dans la loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN, article 1er, IV) une définition inspirée du Digital Markets Act européen :
« Toute plateforme permettant aux utilisateurs finaux de se connecter et de communiquer entre eux, de partager des contenus et de découvrir d’autres utilisateurs et d’autres contenus, sur plusieurs appareils, en particulier au moyen de conversations en ligne, de publications, de vidéos et de recommandations. »
C’est une définition volontairement large, pour couvrir des modèles économiques très divers. Prise au pied de la lettre, elle inclut assez naturellement YouTube : profils/chaînes, abonnements, commentaires, système de recommandation par algorithme — tous les critères sont remplis.
Le vrai débat : YouTube, réseau social ou plateforme vidéo ? C’est précisément le point que vous soulevez, et il a été discuté à l’Assemblée. Un amendement (n° 54, déposé par le député Éric Bothorel) proposait d’exclure explicitement les « plateformes de partage de vidéos » (YouTube, Dailymotion, Vimeo) du champ du texte, au motif qu’elles relèvent d’une autre catégorie juridique distincte — celle définie par la loi de 1986 sur la communication audiovisuelle — et que leur modèle diffère de celui des réseaux sociaux « invasifs » type TikTok ou Snapchat.
Cet amendement n’a pas été retenu tel quel. Le texte finalement adopté vise à la fois les services de « réseau social en ligne » et les services de « plateforme de partage de vidéos », en particulier ceux qui reprennent « en totalité ou de manière substantielle » le contenu ou les systèmes de recommandation de l’un ou l’autre. Autrement dit : YouTube ne peut pas s’extraire du dispositif en se réfugiant dans une catégorie ou l’autre — le législateur a verrouillé les deux portes. Les articles de presse anticipent d’ailleurs que YouTube figurera bien sur la liste des plateformes concernées, aux côtés d’Instagram, TikTok, X, Facebook et Snapchat.
Où en est le texte concrètement Ce point est important : la loi n’est pas encore promulguée.
Adoptée par l’Assemblée le 26 janvier 2026, puis modifiée par le Sénat le 31 mars 2026, qui a substitué à l’interdiction générale une logique de « liste noire » établie par l’Arcom (plutôt qu’un critère légal appliqué platform par plateforme). La Commission européenne a rendu un avis le 7 juillet 2026 : elle ne conteste pas le principe de la liste noire, mais relève d’autres points contraires au droit de l’UE (le DSA notamment). Le délai de statu quo européen est prolongé jusqu’au 10 août 2026. Une commission mixte paritaire (Assemblée/Sénat) doit se réunir le lundi 20 juillet 2026 pour tenter un texte de compromis. Donc c’est un chantier encore mouvant : le champ exact d’application sera fixé par décret, après avis de l’Arcom, une fois le texte définitivement voté.
Et pour un média comme Le Monde Moderne ? C’est là que votre question rejoint un point de droit assez net : l’obligation de vérification d’identité pèserait sur la plateforme (YouTube), pas sur l’éditeur de contenu qui l’utilise comme canal de diffusion. Le Monde Moderne, comme la plupart des médias dits alternatifs, n’est pas lui-même un « réseau social » au sens de la loi — c’est un éditeur de contenu qui recourt à YouTube pour diffuser ses émissions, exactement comme un journal peut avoir un site web hébergé chez un prestataire technique.
La conséquence pratique, en revanche, est réelle : si YouTube est classé comme service concerné et qu’un mineur de moins de 15 ans ne peut pas créer/conserver de compte vérifié, il perdrait l’accès à tout contenu nécessitant une connexion — y compris celui de médias alternatifs qui n’ont pas d’autre vitrine que leur chaîne YouTube. C’est un effet collatéral que plusieurs commentateurs ont relevé : la régulation vise le comportement addictif lié au modèle « réseau social », mais elle touche par ricochet l’écosystème des créateurs et médias qui dépendent de cette plateforme pour leur diffusion, indépendamment de la nature de leur contenu.
Un point technique reste non tranché : la loi vise l’« accès » et la « création de compte » — la consultation de vidéos publiques sans connexion (donc sans identification) échappe a priori à la lettre du texte, mais cela dépendra de la mise en œuvre concrète par les plateformes et des précisions du décret d’application.
1. La loi Laure Miller : de quoi s’agit-il vraiment ?
Adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale le 26 janvier 2026, la proposition de loi de la députée Laure Miller vise principalement à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans (sauf autorisation parentale) et à imposer des mécanismes stricts de vérification de l’âge. Nos Parlementaires • Le mécanisme technique : Pour prouver que l’on a plus de 15 ans, la loi oblige de fait les plateformes à déployer des systèmes de vérification. Les pistes évoquées incluent la reconnaissance faciale ou le recours à une identité numérique (comme le standard européen ou des dispositifs tiers garantissant l’anonymat vis-à-vis du site).
• La notion de "fichage" : En théorie, la loi impose que la vérification se fasse via un tiers de confiance (pour éviter que YouTube ou TikTok ne récupèrent directement votre pièce d’identité). L’objectif est de valider un attribut ("l’utilisateur a plus de 15 ans") sans transmettre l’identité réelle.
2. Le nœud du problème : YouTube comme hébergeur et réseau social C’est ici que votre objection est particulièrement pertinente. YouTube a un statut hybride. C’est à la fois : 1. Une plateforme d’hébergement de vidéos (utilisée comme canal de diffusion par des médias traditionnels ou alternatifs, des universités, des institutions). 2. Un réseau social (avec ses espaces commentaires, ses partages, ses abonnements et ses algorithmes de recommandation). Nos Parlementaires Étant qualifié de réseau social par le régulateur, YouTube tombe sous le coup de la loi Miller. Par conséquent, pour accéder à la plateforme – et donc pour regarder n’importe quelle vidéo, y compris une émission d’information alternative ou indépendante –, l’internaute doit se plier au protocole de vérification d’âge.
3. Les risques pour la liberté d’expression et le droit à l’information
Votre crainte concernant la liberté d’expression et le fichage indirect met en lumière plusieurs dérives redoutées par les défenseurs des libertés numériques : • La fin de l’accès anonyme à l’information : Historiquement, consulter de l’information sur Internet ne nécessitait pas de montrer patte blanche. Si, pour écouter une émission politique ou un média alternatif sur YouTube, il faut d’abord activer un protocole lié à son identité numérique, cela crée un effet dissuasif majeur (chilling effect). • La traçabilité des opinions politiques : Même si le système est conçu pour que la plateforme ne stocke pas votre carte d’identité, l’obligation de se connecter à un compte certifié pour visionner des vidéos permet de lier un profil comportemental très précis à une identité bien réelle. Savoir qui regarde quel média alternatif devient techniquement possible à grande échelle. • La dépendance des médias indépendants envers les GAFAM : En choisissant YouTube comme principal vecteur pour des raisons d’audience et de gratuité, ces sites alternatifs se soumettent indirectement aux contraintes légales qui pèsent sur les géants de la Tech. Si YouTube bloque l’accès aux utilisateurs non vérifiés, ces médias perdent une immense partie de leur public. L’état du texte en juillet 2026 : Il est à noter que l’application de cette loi suscite de vifs débats juridiques. Le Sénat a tenté d’en modifier la portée, et la Commission européenne a gelé temporairement le texte à l’été 2026 pour vérifier sa conformité avec le droit européen (notamment le règlement DSA). La question de la protection de la vie privée des adultes face à l’obligation de protéger les mineurs reste un arbitrage hautement complexe. La commission mixte Assemblée nationale – Sénat réunit le 20 juillet 2026 à voter pour l’interdiction des réseaux sociaux quelques soit la plate-forme pour les mineurs de moins de 15 ans. L’ARCOM comme organe de vérification et de contrôle a été éliminé du texte. De l’extrême droite ou bloc central, les parlementaires ont voté pour. Les socialistes se sont abstenus et les parlementaires de LFI ont voté contre. Pour contourner ce problème, de nombreux observateurs estiment que les sites alternatifs devront s’émanciper de YouTube en investissant des plateformes d’hébergement décentralisées ou purement techniques (comme PeerTube ou des serveurs d’hébergement classiques), qui ne sont pas légalement classées comme des réseaux sociaux et échappent ainsi à ces obligations d’identification.
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Mise à jour au 21 juillet 2026
Résultat global (Assemblée nationale, 21 juillet 2026) Adopté : 279 voix pour, 81 contre, 66 abstentions (426 votants, 360 suffrages exprimés)
Le Sénat avait de son côté approuvé le texte plus tôt dans la journée par 243 voix contre 2, avec 100 abstentions.
Détail par groupe politique (Assemblée nationale) Points notables : Le bloc central et la droite (EPR, HOR, DEM, DR, LIOT) ont voté massivement pour. Les Socialistes se sont divisés : 30 pour, 28 abstentions. Les Écologistes aussi : 19 pour, 7 contre, 7 abstentions. La France insoumise a voté contre en bloc (63 voix). Le RN s’est majoritairement abstenu (14) ou a voté contre (2) — un choix commenté dans la presse comme une « volte-face » du parti, qui avait porté des positions plus dures sur le sujet auparavant. Contenu essentiel de la loi
La proposition de loi « visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux », portée par la députée Laure Miller (EPR), prévoit essentiellement :
Interdiction de créer un nouveau compte sur les réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans, dès le 1er septembre 2026.
Fermeture des comptes existants appartenant à des mineurs de moins de 15 ans, à l’issue d’un délai de quatre mois, soit au 1er janvier 2027, laissant le temps aux plateformes de mener une vérification d’âge.
Exceptions : les encyclopédies en ligne, répertoires éducatifs ou scientifiques, plateformes de développement de logiciels libres et projets numériques à vocation éducative ne sont pas concernés par l’interdiction. Aucune sanction n’est prévue contre les enfants ou les parents en cas de non-respect. Entre 15 et 18 ans, une charte de bonne conduite doit être signée conjointement par le mineur et un titulaire de l’autorité parentale. Le texte ne précise pas la méthode technique de vérification de l’âge — celle-ci pourrait s’appuyer sur une future application européenne de vérification d’âge, en cours de développement avec sept États membres pionniers dont la France. Avec ce vote, la France devient le premier État membre de l’Union européenne à adopter une interdiction générale de ce type. Une saisine du Conseil constitutionnel reste toutefois possible avant la promulgation, ce qui pourrait encore influencer le calendrier ou certaines dispositions. Selon une déclaration d’un professeur de droit du site « Le club des juristes » le 22 juillet 2026, ce texte est en réalité inapplicable puisque s’il fixe la fin (interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans), il ne fixe aucun moyen légal concret pour y parvenir https://www.leclubdesjuristes.com/o...
Ce genre de texte en partie liberticide doit être placé dans un contexte plus large d’une possible mis en place d’un pouvoir totalitaire. Voir par exemple : https://www.youtube.com/watch?v=lk1...
Voir l’exposé – vidéo de la quadrature du net : https://video.lqdn.fr/w/2iFcH8yVxZc...
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