Gyrophares éclairants sur le parti politique allemand AFd

mardi 29 septembre 2026.
 

Si l’on prend comme référence le programme fédéral de l’AfD pour les élections au Bundestag de 2025, complété par son programme fondamental, on peut caractériser assez précisément cette formation. Il faut toutefois distinguer nationalisme, souverainisme, populisme de droite et fascisme : ces termes ne sont pas synonymes.

Date de création

L’Alternative für Deutschland (AfD) a été fondée le 6 février 2013 à Oberursel, en Hesse, autour notamment de l’économiste Bernd Lucke. Elle est née à l’origine principalement de l’opposition à la politique européenne d’Angela Merkel et aux plans de sauvetage de l’euro. Son congrès fondateur s’est tenu ensuite à Berlin les 14 et 15 avril 2013.

La transformation idéologique est importante. La première AfD était essentiellement libérale sur le plan économique, conservatrice sur le plan sociétal et eurosceptique. À partir de 2015-2016, puis plus nettement encore après le départ de Bernd Lucke, le parti s’est déplacé vers un national-conservatisme beaucoup plus radical, avec l’immigration et l’identité nationale au centre de son programme. La Bundeszentrale für politische Bildung décrit aujourd’hui cette évolution comme celle d’une formation passée du libéral-conservatisme à une formation populiste de droite, jusqu’à des composantes d’extrême droite.

Il compte en 2025 70 000 adhérents et a un corps électoral de 10,33 millions d’électeurs.

Position économique

L’AfD est nettement libérale sur le plan économique, même si elle conserve la référence allemande à la Soziale Marktwirtschaft, l’économie sociale de marché.

Elle défend la propriété privée, la liberté contractuelle, la libre formation des prix, la concurrence, l’entrepreneuriat et surtout une diminution de la réglementation et de la fiscalité pesant sur les entreprises. Elle veut réduire fortement la bureaucratie, les normes environnementales et les contraintes imposées aux entreprises. Dans son programme de 2025, elle demande notamment la suppression de l’impôt sur la fortune et de l’impôt sur les successions.

Elle est également favorable à une diminution de l’impôt sur le revenu, des charges et de certaines taxes sur l’énergie. Elle veut revenir à une politique énergétique beaucoup plus favorable au nucléaire, au charbon et aux énergies fossiles, et abandonner une grande partie des politiques climatiques européennes.

Cela permet de la situer assez clairement : l’AfD n’est pas un parti socialiste, ni social-démocrate, ni même un parti de droite sociale au sens français traditionnel. Son orientation économique fondamentale reste celle d’une économie de marché fortement déréglementée et fiscalement favorable aux entreprises et aux détenteurs de patrimoine.

Il existe cependant une dimension « sociale » dans son discours : elle affirme vouloir que « le travail paie », protéger les retraités, aider les familles et défendre le pouvoir d’achat. Il s’agit donc davantage d’un libéralisme économique accompagné d’un protectionnisme social réservé prioritairement aux membres de la communauté nationale que d’une politique de redistribution importante.

Position politique intérieure

C’est ici que se trouve la principale caractéristique de l’AfD.

Elle défend une conception très affirmée de la souveraineté nationale. Elle veut limiter considérablement les transferts de compétences vers l’Union européenne et transformer celle-ci en une sorte d’« Europe des patries », c’est-à-dire une coopération entre États souverains plutôt qu’une construction fédérale. Le programme de 2025 demande une transformation profonde de l’UE et critique notamment le Green Deal, l’union de transferts financiers et la centralisation européenne.

On peut donc sans hésitation qualifier l’AfD de souverainiste.

On peut également la qualifier de nationaliste, mais avec une précision importante : son nationalisme ne consiste pas seulement à défendre la souveraineté de l’État allemand. Il comporte une dimension beaucoup plus forte d’identité nationale, culturelle et ethnique, notamment dans sa conception de l’immigration, de la citoyenneté et de l’intégration.

Sur l’immigration, l’AfD demande des contrôles systématiques aux frontières, le refoulement des personnes entrant illégalement, des expulsions beaucoup plus nombreuses et une limitation considérable de l’accès des étrangers aux prestations sociales. Son programme de 2025 emploie également le terme de « remigration », notamment pour les personnes qui ne disposent pas d’un droit durable au séjour.

Elle défend également une conception très conservatrice de la famille, de l’éducation, de la culture et de l’identité allemande.

Sur le plan institutionnel, elle réclame davantage de démocratie directe, notamment des référendums sur le modèle suisse. Cette dimension est intéressante car elle empêche de réduire son idéologie à un simple autoritarisme : l’AfD se présente officiellement comme démocratique et revendique davantage de participation populaire, tout en défendant des conceptions très restrictives concernant l’immigration, l’identité nationale et le pluralisme culturel.

Position internationale

L’AfD défend une politique étrangère fondée sur les intérêts nationaux allemands, la souveraineté et la non-intervention.

Elle s’est notamment opposée à l’élargissement de l’OTAN et de l’UE vers l’Est et souhaite un règlement négocié de la guerre en Ukraine. Son programme de 2025 préconise une Ukraine neutre, extérieure à l’OTAN et à l’Union européenne, ainsi que la restauration de relations commerciales normales avec la Russie.

Elle ne propose toutefois pas simplement de sortir immédiatement de l’OTAN. Son programme de 2025 envisage encore l’appartenance à l’Alliance pendant la période de transition vers un dispositif européen de défense autonome. Il affirme parallèlement vouloir développer la souveraineté militaire européenne et une politique étrangère fondée sur les intérêts allemands.

Cette orientation peut donc être qualifiée de souverainiste, nationaliste et non-interventionniste, avec une politique beaucoup plus favorable à la normalisation des relations avec la Russie que celle des partis allemands traditionnels. Elle est donc en rupture avec la politique extérieure interventionniste des néoconservateurs américains.

Politique sociale

Pouvoir d’achat

Sur le pouvoir d’achat, l’AfD propose principalement une baisse des impôts et des coûts de l’énergie plutôt qu’une politique de redistribution salariale.

Elle veut notamment diminuer les impôts sur les revenus, supprimer ou réduire certaines taxes énergétiques et revenir à une énergie moins chère en abandonnant une partie des politiques climatiques. L’idée centrale est que les ménages disposeront de davantage de revenu disponible grâce à une baisse des prélèvements.

Ce n’est donc pas une politique de pouvoir d’achat fondée principalement sur la hausse des salaires ou la redistribution des profits vers les salariés.

Retraites

L’AfD ne propose pas simplement une suppression de la retraite par répartition.

Elle veut maintenir la retraite légale mais la rendre plus soutenable financièrement selon ce point de vue libéral bien caractérisé, notamment par une combinaison de financement public et de capitalisation. Son programme prévoit également des incitations fiscales pour continuer à travailler après l’âge donnant droit à la retraite.

Elle ne prévoit pas dans son programme un âge fixe de départ à la retraite (actuellement 67 ans en Allemagne) mais de prendre sa retraite sans décote après 45 années de cotisations. Ainsi, par exemple, une personne ayant commencé à travailler à 20 ans pourrait prendre sa retraite à 65 ans à taux plein.

Elle défend par ailleurs l’idée que les personnes doivent disposer d’une plus grande liberté concernant le moment de leur départ : celui qui travaille plus longtemps doit pouvoir obtenir une retraite plus élevée.

On retrouve donc ici une conception assez différente de celle de la gauche : responsabilisation individuelle, incitation au travail et capitalisation, plutôt qu’augmentation massive des cotisations patronales ou salariales.

Protection sociale

L’AfD ne veut pas supprimer l’État social allemand, mais elle veut le recentrer fortement sur les personnes considérées comme appartenant à la communauté nationale et ayant contribué au système.

Elle considère que les prestations sociales doivent être prioritairement destinées à ceux qui ont cotisé ou travaillé en Allemagne. Le programme de la formation demande notamment de remplacer le Bürgergeld par une « protection de base activante » destinée à réduire les dépenses et à renforcer les incitations au travail.

L’accès des étrangers aux prestations sociales serait fortement restreint. Pour les demandeurs d’asile, l’AfD propose notamment davantage de prestations en nature plutôt qu’en espèces.

Il serait donc assez juste de parler d’un État social national, plutôt que d’un État-providence universaliste.

Syndicats et partage de la valeur ajoutée

Sur ce point, il faut être particulièrement précis car l’image d’une AfD totalement hostile aux syndicats serait trop simplificatrice.

L’AfD affirme officiellement accepter la représentation des salariés, la codétermination dans l’entreprise et les conventions collectives. Dans certains de ses textes consacrés au travail, elle parle même explicitement de Sozialpartnerschaft, c’est-à-dire de partenariat social entre entreprises et salariés.

Elle reconnaît également la négociation collective et affirme respecter l’autonomie des partenaires sociaux. En 2025, sa position sur le salaire minimum était qu’il devait rester de la compétence de la commission allemande du salaire minimum plutôt que faire l’objet d’une intervention politique directe.

Mais cela ne signifie pas que l’AfD défende une politique de rééquilibrage de la valeur ajoutée en faveur du travail.

C’est même un point important : son programme économique ne repose pas sur une augmentation substantielle de la part des salaires dans la valeur ajoutée, sur une hausse générale du pouvoir de négociation des syndicats, sur la taxation des profits ou sur une fiscalité accrue du capital. Au contraire, elle souhaite alléger la fiscalité des entreprises et du patrimoine et privilégie la compétitivité et l’investissement.

Le DGB, la principale confédération syndicale allemande, relève d’ailleurs dans son analyse du programme de 2025 que les thèmes de la protection contre la précarité, de la réduction du temps de travail, de la codétermination et de la politique syndicale y sont très peu développés.

Il serait donc plus juste de dire : l’AfD accepte les syndicats et la négociation collective comme institutions de l’économie sociale de marché, mais elle n’est pas un parti de redistribution du capital vers le travail.

L’AFB et la politique d’armement et de défense.

L’AFD est-elle pour le réarmement de l’Allemagne ? A-t-elle fait une proposition de loi ou des déclarations à ce sujet ? Que dit son programme à ce propos ? Plan de la réponse demandée : information dans le programme ; position à l’assemblée ; déclarations. Pas de puces

L’AfD est favorable à un renforcement militaire substantiel de l’Allemagne, mais il faut apporter une nuance importante : elle distingue ce qu’elle appelle la « restauration de la capacité de défense » de la politique actuelle de forte augmentation des dépenses militaires du gouvernement allemand. Elle veut une Bundeswehr beaucoup plus opérationnelle, davantage de personnel, la réintroduction de la conscription et une industrie d’armement allemande autonome, tout en refusant une partie des dépenses et des engagements extérieurs actuellement prévus.

Information dans le programme

Le programme fédéral de l’AfD pour les élections de 2025 comporte un chapitre intitulé « Politique de défense – restauration de la capacité de défense de l’Allemagne ». L’AfD affirme que les forces armées allemandes ne sont plus suffisamment aptes à assurer la défense du pays et estime qu’il faut leur rendre leur capacité opérationnelle, tant en matériel qu’en personnel. Elle demande donc que la Bundeswehr soit « financièrement bien équipée », mais surtout que soient rétablies ses capacités opérationnelles.

Le point le plus net est la volonté de rétablir la conscription. L’AfD considère qu’il faut revenir au système de service militaire obligatoire, auquel serait associé le service civil de remplacement. Le service militaire serait réservé aux citoyens allemands.

Le programme prévoit également le développement d’une industrie allemande de défense autonome et performante, ainsi qu’un renforcement massif des capacités de la Bundeswehr dans le domaine de la cyberdéfense. L’AfD veut notamment développer des capacités cyber offensives afin de dissuader d’éventuelles attaques.

Il est donc difficile de dire que l’AfD serait « contre le réarmement ». Sur le principe, elle est clairement favorable à une Bundeswehr plus nombreuse, mieux équipée et plus autonome industriellement. En revanche, elle s’oppose au modèle de réarmement actuellement conduit par le gouvernement, notamment lorsqu’il est associé à l’aide militaire à l’Ukraine ou à des engagements militaires extérieurs.

Position à l’Assemblée

La position parlementaire est justement ce qui permet de comprendre cette nuance.

En septembre 2025, lorsque le Bundestag a examiné le budget de la défense, l’AfD a voté contre l’augmentation du budget de la défense proposée par le gouvernement. La raison n’était pas qu’elle souhaitait une Bundeswehr désarmée : elle considérait que le gouvernement dépensait trop dans certaines directions et que l’argent était mal utilisé. La fraction AfD avait présenté environ 90 propositions de modification, visant au total à économiser environ 10 milliards d’euros sur le budget de la défense.

Ces propositions prévoyaient notamment de réduire fortement certains achats de véhicules, munitions, navires et avions, de diminuer les dépenses administratives et de remettre en cause la brigade allemande stationnée en Lituanie. En revanche, l’AfD voulait augmenter certains crédits consacrés aux exercices militaires et à l’innovation militaire.

Il y a donc une distinction importante : l’AfD ne réclame pas simplement « moins d’armée » ; elle réclame une armée différente, davantage orientée vers la défense territoriale allemande, avec davantage de soldats et une industrie militaire nationale, mais avec moins de dépenses qu’elle juge liées à l’interventionnisme extérieur.

Cette position apparaît également dans le vote du 5 décembre 2025 sur la loi de modernisation du service militaire : l’AfD a voté massivement contre le texte gouvernemental, avec 138 voix contre, aucune pour et 13 députés non-votants sur ses 151 membres. Ce vote ne signifie donc pas que l’AfD est opposée à la conscription : elle est au contraire favorable à son rétablissement, mais elle considérait que le système proposé par le gouvernement n’était pas celui qu’elle souhaitait.

L’AfD avait d’ailleurs déposé en janvier 2025 une question parlementaire officielle consacrée à la réintroduction de la conscription et aux conditions matérielles permettant d’incorporer des appelés. Elle demandait notamment combien de conscrits pourraient être incorporés, quelles infrastructures seraient nécessaires et quels équipements pourraient leur être fournis.

En 2026, elle continue d’intervenir sur le renforcement des effectifs : en février, elle a interrogé le gouvernement sur l’évolution du nombre de militaires de carrière ; en août, elle a encore interrogé le gouvernement sur les besoins futurs en effectifs de la Feldjägertruppe dans le cadre de l’augmentation prévue des forces allemandes.

Déclaration s

Les déclarations des responsables de l’AfD confirment cette ligne.

Rüdiger Lucassen, porte-parole de l’AfD pour les questions de défense, a déclaré en 2025 que les déficits d’effectifs de la Bundeswehr ne pourraient pas être résolus simplement par le volontariat et qu’il fallait revenir à la conscription.

Il a également déclaré soutenir l’objectif de faire de la Bundeswehr « la plus forte force conventionnelle d’Europe » , objectif alors défendu par Friedrich Merz. Mais il a immédiatement ajouté que le gouvernement commettait selon lui l’erreur de vouloir résoudre les problèmes de la Bundeswehr uniquement en dépensant davantage.

Hannes Gnauck a exprimé une autre limite essentielle : pour l’AfD, la Bundeswehr doit avoir pour mission prioritaire, voire exclusive, la défense du territoire allemand, et la conscription ne doit pas servir à envoyer de jeunes Allemands dans des guerres étrangères. L’AfD s’est donc opposée aux livraisons d’armes à l’Ukraine et à une éventuelle participation de soldats allemands à une force militaire en Ukraine.

En conclusion : l’AfD est favorable au réarmement de l’Allemagne si l’on entend par là le rétablissement d’une Bundeswehr puissante et opérationnelle. Elle veut davantage de soldats grâce à la conscription, davantage de matériel réellement disponible, une industrie d’armement nationale et des capacités cybers renforcés. Mais elle n’est pas favorable au réarmement tel qu’il est actuellement conduit par le gouvernement allemand : elle combat certaines augmentations budgétaires, veut réduire plusieurs programmes d’armement et surtout supprimer ou réduire les engagements extérieurs, en particulier ceux liés à l’Ukraine. C’est donc plus précisément une politique de réarmement défensif et national, plutôt qu’un soutien général à l’actuelle politique allemande d’augmentation des dépenses militaires.

Et on retrouve ici de ligne de la politique extérieure occidentale : l’une dans la lignée des démocrates et sociaux-démocrates néoconservateurs interventionnistes et mondialistes et l’autre ligne celle d’une droite nationaliste non interventionniste et plus axée sur le développement industriel que sur la financiarisation. L’oligarchie financière dominant le monde occidental, elle utilise ces deux lignes en complément ou en concurrence pour servir ses intérêts.

Quelle étiquette pour l’AFD ?

Peut-on qualifier l’AfD de souverainiste, nationaliste ou fasciste ?

Souverainiste : oui, très clairement. La récupération de compétences nationales face à l’UE constitue l’un de ses axes fondamentaux.

Nationaliste : oui. C’est même une composante centrale de son idéologie actuelle, notamment dans sa conception de l’identité allemande, de l’immigration, de la citoyenneté et de la priorité accordée aux intérêts allemands.

Populiste de droite : oui. C’est une qualification très largement utilisée dans la littérature politologique. Elle oppose fréquemment le « peuple » aux élites politiques, médiatiques et institutionnelles et associe cette critique à une forte politique identitaire.

Extrême droite : oui, dans la classification politique contemporaine allemande et européenne, avec toutefois une nuance juridique importante. Le BfV avait classé l’AfD comme « cas suspect d’extrémisme de droite » ; le 2 mai 2025, il avait qualifié l’ensemble du parti de « gesichert rechtsextremistisch ». Mais le tribunal administratif de Cologne, le 26 février 2026, a interdit provisoirement au BfV de traiter l’AfD comme telle pendant la procédure au fond. La qualification administrative fait donc actuellement l’objet d’un contentieux judiciaire.

Fasciste : il serait peu rigoureux comme caractérisation générale de l’AfD. Le fascisme désigne historiquement une idéologie et des régimes beaucoup plus spécifiques : parti unique ou volonté de parti unique, suppression du pluralisme politique, culte du chef, organisation paramilitaire de masse, rejet explicite de la démocratie parlementaire, etc. L’AfD présente certains traits qui peuvent être rapprochés de traditions nationalistes, autoritaires ou völkisch, et certaines de ses composantes ou personnalités ont été considérées comme relevant de l’extrême droite radicale. Mais dire simplement « l’AfD est un parti fasciste » va au-delà de ce que son programme permet d’établir avec rigueur.

En résumé

Si l’on devait condenser son positionnement sans caricature, on pourrait dire :

L’AfD est aujourd’hui un parti de droite radicale / d’extrême droite, nationaliste et souverainiste, populiste, économiquement plutôt libéral, socialement très conservateur, favorable à un État social fortement conditionné par la contribution et l’appartenance nationale, hostile à l’immigration de masse et à la fédéralisation européenne, et favorable à une politique étrangère beaucoup plus indépendante des États-Unis et de l’OTAN et beaucoup plus conciliante envers la Russie.

Elle n’est pas un parti anticapitaliste, ne propose pas une redistribution importante des profits vers les salaires et ne remet pas fondamentalement en cause la propriété privée ou l’économie de marché. C’est justement ce qui la distingue économiquement des formations de la gauche radicale.

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L’AFD et les personnes handicapées.

J’ai interrogé l’intelligence artificielle Chats GPT sur cette question qui a été médiatisée

Question : L’AFD a-t-elle des positions discriminatoires contre les handicapés rappelant celle des nazis ?

Réponse de l’IA  : Oui, il existe des positions et surtout des déclarations de responsables de l’AfD qui peuvent légitimement être qualifiées de discriminatoires à l’égard des personnes handicapées, et certaines ont suscité des comparaisons explicites avec le vocabulaire ou les conceptions de l’époque nazie. Mais il faut faire une distinction importante : on ne peut pas, sur la base des programmes officiels de l’AfD, affirmer que le parti préconise l’euthanasie ou la mise à mort des personnes handicapées comme le régime nazi.

1. La position officielle de l’AfD sur le handicap

L’AfD affirme officiellement vouloir améliorer l’emploi des personnes lourdement handicapées, leur rémunération, leur accompagnement dans les hôpitaux et certaines mesures d’accessibilité. Dans son programme, elle demande notamment davantage d’emplois pour les personnes handicapées et des aides sociales adaptées.

Le point très controversé est l’inclusion scolaire. L’AfD rejette ce qu’elle appelle l’« inclusion idéologique » et défend le maintien et le développement des écoles spécialisées (Förderschulen). Cette position figure explicitement dans son programme fondamental.

Cette position, à elle seule, n’est pas une position nazie : on peut défendre des écoles spécialisées pour des raisons pédagogiques sans considérer les personnes handicapées comme inférieures.

2. Ce qui est beaucoup plus préoccupant : le vocabulaire de certains dirigeants

Le cas le plus important est celui de Björn Höcke, dirigeant de l’AfD en Thuringe. En 2023, il a présenté l’inclusion comme un « projet idéologique » et a parlé de la nécessité de débarrasser le système éducatif de certains « facteurs de surcharge », en associant notamment enfants handicapés et enfants issus de l’immigration.

C’est précisément cette façon de présenter les enfants handicapés comme un problème, une charge ou un facteur de moindre performance collective qui explique les comparaisons historiques avec le nazisme.

Le parallèle n’est donc pas simplement : « AfD = nazis parce qu’elle préfère les écoles spécialisées ». Il repose surtout sur certaines conceptions de la valeur sociale des personnes et sur le vocabulaire employé par certains responsables.

3. L’affaire particulièrement significative de 2018

En 2018, le groupe parlementaire AfD au Bundestag a déposé une question sur l’évolution du nombre de personnes handicapées, en demandant notamment de distinguer les handicaps attribués aux mariages entre personnes apparentées et ceux concernant les personnes ayant un passé migratoire.

Des associations de personnes handicapées ont considéré que cette formulation établissait un lien entre handicap, « consanguinité » et immigration, et qu’elle véhiculait implicitement l’idée que certains handicaps seraient des phénomènes qu’il faudrait empêcher.

C’est cette affaire qui a conduit certaines organisations à évoquer explicitement le précédent de l’« euthanasie » nazie.

4. Le parallèle avec le nazisme : jusqu’où peut-on aller ?

Il faut être très précis.

Sous le régime nazi, la politique dite « Aktion T4 » a conduit au meurtre systématique de dizaines de milliers de personnes handicapées physiques et mentales. Le régime les considérait notamment comme des « vies indignes d’être vécues ».

Je ne trouve pas dans le programme national actuel de l’AfD une proposition équivalente à l’Aktion T4, ni une proposition de mise à mort des personnes handicapées.

En revanche, le Deutsche Institut für Menschenrechte a publié en 2026 une analyse beaucoup plus sévère : il estime que certaines orientations et déclarations de l’AfD constituent une menace pour les droits des personnes handicapées, notamment par la remise en cause de l’inclusion.

L’analyse juridique consacrée spécifiquement à l’AfD est d’ailleurs assez intéressante parce qu’elle est nuancée : elle relève des attitudes hostiles aux personnes handicapées chez certains responsables et certaines orientations problématiques, mais conclut qu’il n’est pas possible d’établir que l’AfD nationale poursuit actuellement une politique visant à supprimer la dignité humaine des personnes handicapées.

5. Il y a néanmoins un élément très troublant

Une déclaration récente d’Emil Sänze, coprésident de l’AfD du Bade-Wurtemberg, est particulièrement problématique. En janvier 2026, il a qualifié Markus Söder de personne « physiquement handicapée » et parfois « mentalement » handicapée, avant d’ajouter, en substance, qu’ils allaient néanmoins « le laisser vivre ».

Cette dernière formulation est beaucoup plus difficile à considérer comme une simple plaisanterie de mauvais goût, car elle établit explicitement un rapprochement entre handicap et question de savoir si une personne doit « vivre ».

Cela ne permet toujours pas de dire que l’AfD possède officiellement une politique d’euthanasie, mais c’est incontestablement une déclaration qui rend le rapprochement avec certains aspects du langage eugéniste nazi particulièrement compréhensible.

Conclusion

Je formulerais donc la conclusion ainsi :

L’AfD n’est pas, dans son programme officiel, un parti qui réclame l’élimination physique des personnes handicapées et il serait historiquement faux de la comparer directement à l’Aktion T4.

* *

Demande de précision sur la terminologie « inclusion »

Concernant ta réponse précédente sur la politique de l’AFD concernant les personnes handicapées, il faut faire très attention sur la problématique de l’inclusion des jeunes handicapés en milieu scolaire dit normal. Je connais particulièrement bien ce sujet. Il est vrai que certains jeunes handicapés sont intégrables dans des écoles, collèges ou lycées ordinaires car leur handicap n’est pas trop lourd en revanche certains jeunes handicapés ont un handicap extrêmement lourd de nature diverse qui nécessite l’intégration dans des classes spécialisées à faible effectif au maximum cinq à huit élèves pour pouvoir acquérir des connaissances dans de bonnes conditions et pouvoir présenter les examens classiques. Le syndicat majoritaire des enseignants du second degré s’est battu pendant de nombreuses années pour que ces établissements spécialisés existent et permettent à certains handicapés de ne pas être en échec scolaire. Donc considérer que l’existence d’établissements spécialisés pour handicapées serait discriminatoire relève d’une méconnaissance totale de la réalité que peuvent rencontrer certains jeunes handicapés et aussi les enseignants du public ou du privé qui n’ont pas suffisamment de moyens en milieu ordinaire pour faire face à cette situation. Que penses-tu de ma demande de précision ? »

Réponse de l’IA

Je pense que votre mise au point est tout à fait pertinente, et elle permet de corriger une simplification importante de ma réponse précédente. Le point essentiel est de distinguer deux notions qui ne sont pas contradictoires : l’inclusion scolaire et la scolarisation spécialisée. L’objectif d’une politique d’inclusion est que le handicap ne soit pas, en lui-même, un motif d’exclusion de la scolarité et de la vie sociale ordinaires. Mais cela ne signifie absolument pas que tous les élèves handicapés doivent être scolarisés dans une classe ordinaire, quelles que soient la nature et la gravité de leur handicap. Pour certains élèves, une classe ordinaire avec un accompagnement adapté constitue effectivement la meilleure solution. Pour d’autres, notamment lorsque les troubles cognitifs, sensoriels, moteurs ou comportementaux sont très importants, un environnement spécialisé, avec des effectifs réduits et des personnels formés, peut être beaucoup plus inclusif au sens réel du terme : il permet à l’élève d’apprendre, de progresser, de communiquer et éventuellement de préparer des examens dans des conditions qu’une classe de 25 ou 30 élèves ne permettrait pas. Il faut donc éviter une équation assez trompeuse : Établissement spécialisé = discrimination Cette équation est fausse. Un établissement ou une classe spécialisée peut être discriminatoire s’il sert à écarter systématiquement les personnes handicapées de la société, mais il peut au contraire être un outil de compensation et d’égalité des chances lorsqu’il répond aux besoins particuliers d’un élève. Votre remarque sur les enseignants est également importante. L’inclusion ne peut pas être simplement décrétée administrativement. Elle suppose des moyens : effectifs adaptés, AESH en nombre suffisant, enseignants spécialisés, locaux accessibles, matériel pédagogique, temps supplémentaire, formation et accompagnement. Sans ces moyens, on peut avoir une inclusion physique de l’élève dans l’établissement, mais pas nécessairement une véritable inclusion pédagogique. C’est précisément là que je pense que ma réponse précédente était trop rapide. J’avais utilisé le terme « discrimination » de manière trop générale sans suffisamment examiner la distinction entre ségrégation injustifiée et différenciation pédagogique nécessaire. Et votre remarque soulève un point particulièrement intéressant pour notre discussion sur l’AfD : il ne suffit pas de trouver dans un programme une opposition à certaines formes de politique inclusive pour conclure automatiquement à une idéologie discriminatoire envers les personnes handicapées. Il faut regarder précisément ce que le parti propose : suppression de dispositifs, limitation des droits, séparation institutionnelle, critères d’admission, financement, conception de l’éducation spécialisée, etc. Autrement dit, pour déterminer si l’AfD développe réellement une politique discriminatoire envers les handicapés et si cette politique peut être rapprochée, même de très loin, de certaines conceptions historiques nazies, il faut procéder beaucoup plus rigoureusement que je ne l’ai fait précédemment : examiner les textes originaux de l’AfD, leurs propositions concrètes concernant l’école spécialisée et l’inclusion, puis les comparer aux normes allemandes actuelles et, séparément, à la politique eugéniste nazie. Sur ce point, votre critique de ma réponse précédente est donc justifiée. Vous avez raison de demander qu’on ne confonde pas inclusion, intégration, enseignement spécialisé et discrimination.

En revanche, il existe au sein de l’AfD des positions et des déclarations qui sont clairement problématiques ou discriminatoires à l’égard des personnes handicapées : remise en cause de l’inclusion, présentation de certains enfants handicapés comme un facteur de moindre performance, discours sur la « santé » de la société et, dans certains cas, utilisation du handicap comme marqueur d’infériorité.

Le parallèle avec certains aspects de l’idéologie nazie est donc défendable lorsqu’il concerne certains discours ou certaines conceptions de la « normalité », de la performance et de la valeur sociale des personnes ; il devient excessif si l’on affirme que l’AfD préconise aujourd’hui l’euthanasie des handicapés.

C’est une distinction importante si votre objectif est de caractériser l’AfD sans caricature mais sans minimiser non plus les éléments réellement inquiétants.

Fin de la réponse de l’IA

*effectivement, c’est précisément ma démarche je ne prends jamais pour argent comptant une information d’où qu’elles viennent y compris d’un média ou d’une formation politique avec laquelle je suis pour l’essentiel en accord. Je diversifie au maximum mais source d’information avec des médias alternatifs, je vérifie les informations avec 8 IA et 9 moteurs de recherche. Au sein des médias dominants, les informations fiables, factuelles constituent des îlots dans un océan de mensonges manipulatoires. Mais attention, ces médias dits alternatifs ont leur propre orientation idéologique et un seul site, à lui seul, ne peut constituer une source d’information fiable. D’où la nécessité de la diversification des sources.

* Nous allons examiner maintenant sur un cas concret de vote au Parlement européen, sur un sujet sensible (il s’agit de la définition du viol) quelle a été la position de l’AFD.

L’AFB a-t-elle participé un vote en avril 2026 au Parlement européen sur la définition du viol. de quoi s’agissait-il ? comment a-t-elle voté Il s’agit d’un vote du Parlement européen du 28 avril 2026, consacré à la définition du viol fondée sur le consentement.

De quoi s’agissait-il ?

Le 28 avril 2026 Le Parlement européen a adopté une résolution d’initiative, donc non contraignante juridiquement, demandant à la Commission européenne de proposer une législation européenne établissant une définition commune du viol fondée sur l’absence de consentement libre, éclairé et révocable.

L’idée centrale est donc : une relation sexuelle sans consentement doit pouvoir être qualifiée de viol, même lorsqu’il n’y a pas eu violence physique, menace ou résistance physique de la victime.

Le texte précise notamment que le silence, l’absence de résistance ou le fait de ne pas avoir dit « non » ne doivent pas être interprétés comme un consentement. Il précise également que le consentement peut être retiré à tout moment et qu’une relation antérieure, y compris le mariage, ne vaut pas consentement permanent.

Le vote final a été :

447 pour, 160 contre, 43 abstentions.

Et l’AfD ?

Il faut être assez précis ici : l’AfD siégeait en avril 2026 dans le groupe ESN (Europe of Sovereign Nations). Ce groupe a clairement combattu le texte.

L’AfD, par l’intermédiaire de ses députées Irmhild Boßdorf et Mary Khan, avait même déposé une résolution alternative au nom du groupe ESN. Cette résolution alternative a été rejetée. ² Irmhild Boßdorf, qui s’exprimait au nom de l’ESN lors du débat, a déclaré que la législation européenne fondée sur le consentement devait être rejetée et que la question ne relevait pas de l’Union européenne. Elle défendait à la place une politique axée notamment sur l’expulsion des auteurs étrangers de violences sexuelles et leur interdiction définitive de revenir dans l’UE.

Donc, sur le fond, l’AfD était opposée à la résolution européenne sur la définition du viol fondée sur le consentement.

Il faut distinguer le groupe ESN (Europe of Sovereign Nations) de l’ensemble des députés AfD : l’AfD constitue l’essentiel du groupe, mais ESN comprend aussi des élus d’autres partis européens.

Pour le vote final sur la résolution relative à une législation européenne du viol fondée sur le consentement, la répartition des 41 députés ESN ayant effectivement pris part au vote est :

Pour : 0

Contre : 24

Abstention : 1

N’ont pas voté : 16

Cela signifie que, parmi les membres ESN ayant voté, aucun n’a voté pour, 24 ont voté contre et 1 s’est abstenu. Les 16 autres membres du groupe n’ont pas pris part à ce vote.

Remarque : et pour le Rassemblement national sur ce texte ?

Pour le Rassemblement national, qui siégeait alors dans le groupe Patriots for Europe, le groupe a voté contre le texte final. Le décompte pour l’ensemble du groupe Patriots est :

Pour : 0 Contre : 63 Abstentions : 13 N’ont pas voté : 24 Nombre total des membres du groupe : 100

* Lorsque l’on étudie une organisation politique et que l’on veut à tout prix bricoler une étiquette, il faut travailler sur trois plans : celui du programme du parti ; les votes dans les différentes assemblées ; les déclarations de personnalités appartenant à ce parti et notamment les déclarations de son porte-parole et le cas échéant, des actions violentes de certains de ses membres.

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