Éléments d’information sur le dernier sommet des BRICS de New Delhi du 12 et 13 septembre 2026

mardi 29 septembre 2026.
 

Nous introduisons cette information par une interview intéressante de l’un des participants à ce sommet de nationalité indienne.

Bharakumar ancien ambassadeur indien, travaillant pour le ministère des affaires étrangères de l’Inde depuis 30 ans.

Interview sur le dernier sommet des BRICS en Inde.

Source : Glenn Diesen

https://www.youtube.com/watch?v= égal

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Le dernier sommet des BRICS vient tout juste de se tenir.

Le XVIIIᵉ sommet des BRICS s’est réuni les 12 et 13 septembre 2026 à New Delhi, en Inde, sous la présidence indienne. Il s’est tenu au Bharat Mandapam. Le thème officiel était : « Building for Resilience, Innovation, Cooperation and Usinabilité » (« Construire la résilience, l’innovation, la coopération et la durabilité »).

Il s’agit donc du sommet le plus récent, celui de septembre 2026, et non du sommet de Rio de Janeiro de juillet 2025.

À l’issue du sommet, la Chine a été désignée pour assurer la présidence des BRICS en 2027 et accueillir le XIXᵉ sommet en Chine.

Une remarque préalable : l’Arabie saoudite figure bien parmi les 11 membres des BRICS en 2026 dans les documents indiens relatifs au sommet.

1. Les 11 pays membres

Les BRICS réunissent désormais :

Brésil

Russie

Inde

Chine

Afrique du Sud

Égypte

Éthiopie

Indonésie

Iran

Émirats arabes unis

Arabie saoudite

C’est donc un groupe considérablement plus vaste que le BRICS initial constitué du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de la Chine, auquel l’Afrique du Sud s’était jointe en 2010.

2. Les principaux dirigeants présents

Le sommet de New Delhi a notamment réuni Narendra Modi, Premier ministre indien et hôte du sommet, Xi Jinping, président chinois, Vladimir Poutine, président russe, Cyril Ramaphosa, président sud-africain, Masoud Pezeshkian, président iranien, Abdel Fattah al-Sissi, président égyptien, Prabowo Subianto, président indonésien, Abiy Ahmed, Premier ministre éthiopien, et Khaled bin Mohamed bin Zayed Al Nahyan, prince héritier d’Abou Dhabi.

Le Brésil était représenté par son ministre des Affaires étrangères plutôt que par le président Lula.

Le sommet a également accueilli António Guterres, secrétaire général de l’ONU, ainsi que la présidente de la Nouvelle Banque de développement, Dilma Rousseff.

3. Les pays partenaires

Le sommet ne s’est pas limité aux onze membres. Dix pays partenaires ont également participé aux réunions, auxquels se sont ajoutés d’autres invités.

Parmi les responsables présents figuraient notamment les dirigeants de Malaisie, Vietnam, Philippines, Ouganda et Burundi, ainsi que des représentants de plusieurs autres États. La liste officielle indienne mentionne également le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, Bahreïn et plusieurs autres pays invités.

Cela illustre un phénomène important : les BRICS ne sont plus simplement un groupe de cinq grandes puissances émergentes. Ils cherchent progressivement à constituer une plateforme beaucoup plus large du « Sud global ».

4. Les principales décisions et orientations

Le sommet a adopté la Déclaration de New Delhi, document assez substantiel qui réaffirme trois grands axes : politique et sécurité ; économie et finances ; coopération culturelle et entre les peuples.

Sur le plan géopolitique, les BRICS réaffirment leur volonté d’un ordre international plus multipolaire, avec une représentation accrue des pays émergents et en développement dans les institutions internationales.

La déclaration demande notamment une réforme du Conseil de sécurité de l’ONU. La Chine et la Russie réaffirment leur soutien à une participation accrue du Brésil et de l’Inde au Conseil de sécurité.

Sur le plan économique, les BRICS critiquent les mesures protectionnistes et les restrictions commerciales unilatérales et souhaitent renforcer les chaînes d’approvisionnement, les investissements et les transferts de technologies entre pays membres.

Un autre volet important concerne l’intelligence artificielle. Les BRICS veulent développer une coopération internationale sur l’IA, notamment sur l’accès aux ressources, la sécurité, la fiabilité, l’efficacité énergétique et la gouvernance de l’IA.

5. Ukraine, Moyen-Orient et sanctions

Le contexte géopolitique était évidemment très important.

La déclaration appelle de manière générale au règlement des conflits par le dialogue, la consultation et la diplomatie, conformément à la Charte des Nations unies.

Sur le Moyen-Orient, les BRICS ont exprimé leur profonde inquiétude devant l’escalade des violences et demandé une retenue maximale. C’est un sujet particulièrement sensible puisque les BRICS regroupent désormais l’Iran et les Émirats arabes unis, dont les positions régionales sont très différentes.

La déclaration critique également les mesures tarifaires et non tarifaires unilatérales, dans un contexte où les sanctions américaines touchent notamment la Russie et l’Iran.

6. Un point particulièrement intéressant : la présidence de 2027

Les dirigeants ont officiellement apporté leur soutien à la Chine pour la présidence des BRICS en 2027.

La Chine accueillera donc le XIXe sommet des BRICS en 2027.

7. Ce que représente réellement ce sommet

À mon sens, c’est ici que le sommet devient particulièrement intéressant pour votre travail sur la géopolitique.

Il faut éviter deux interprétations excessives.

Ce n’est pas encore une alliance militaire ou une organisation comparable à l’OTAN. Les membres ont des intérêts parfois profondément divergents : Inde/Chine, Iran/Émirats, Russie/Inde, etc.

Mais ce n’est plus non plus simplement un forum économique symbolique.

Le sommet de New Delhi montre plutôt la transformation des BRICS en plateforme politique, économique, financière, technologique et diplomatique du Sud global, avec désormais onze membres et un cercle de partenaires beaucoup plus large.

Le point essentiel est donc moins une décision spectaculaire prise à New Delhi que la construction progressive d’un système international parallèle ou complémentaire aux institutions dominées historiquement par les puissances occidentales : réforme de l’ONU, coopération financière, commerce, chaînes d’approvisionnement, technologies, IA, développement et règlement diplomatique des conflits.

C’est probablement ce dernier aspect qui mérite d’être approfondi si votre objectif est d’évaluer le poids réel des BRICS face au G7, à l’Union européenne et au système financier occidental.

8) Le sommet de New Delhi vu par l’IA : quelques données essentielles

Le XVIIIᵉ sommet des BRICS s’est tenu à New Delhi les 12 et 13 septembre 2026, sous présidence indienne. Il s’agissait d’un sommet particulièrement important puisqu’il correspond au 20ᵉ anniversaire de la création des BRICS. La déclaration finale compte 140 paragraphes, ce qui donne une idée de l’ampleur du programme de coopération.

L’Inde indique avoir organisé, durant sa présidence 2026, plus de 400 réunions et manifestations dans 30 villes, associant ministres, parlementaires, administrations, experts, entreprises et organisations de la société civile.

Les onze membres

Le groupe comprend désormais :

Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Égypte, Éthiopie, Iran, Émirats arabes unis, Indonésie et Arabie saoudite.

Cette expansion est fondamentale : les BRICS ne représentent plus seulement les cinq pays historiques BRICS. Leur objectif affiché est désormais de constituer une plateforme de coopération beaucoup plus large entre pays émergents et pays en développement.

La déclaration insiste d’ailleurs sur l’importance croissante des pays partenaires, avec lesquels les BRICS veulent développer une coopération plus structurée.

Le message politique central

Le message de Narendra Modi est particulièrement révélateur : selon lui, le Sud global est « au premier rang des crises mondiales » mais « au dernier rang de la prise de décision ».

Il propose donc de transformer ce que l’Inde appelle une « pyramide de privilèges » en une « plateforme de partenariat ».

La revendication essentielle est donc celle d’une réforme de la gouvernance mondiale, notamment du système des Nations unies et du Conseil de sécurité.

La déclaration demande plus largement un système international plus représentatif, plus équitable, plus démocratique et davantage adapté au poids actuel des économies émergentes.

Le Conseil de sécurité de l’ONU

C’est un point particulièrement important.

Les BRICS demandent une réforme du système de gouvernance internationale et soutiennent une représentation accrue des pays du Sud dans les institutions multilatérales.

La Chine et la Russie soutiennent explicitement l’accession de l’Inde et du Brésil à un rôle accru au Conseil de sécurité de l’ONU.

C’est donc une revendication qui dépasse largement la coopération économique : les BRICS cherchent à modifier les rapports de pouvoir institutionnels mondiaux.

La question financière

C’est probablement le volet le plus stratégique.

Les BRICS poursuivent le développement des échanges en monnaies nationales, afin de réduire progressivement la dépendance aux monnaies occidentales dans le commerce entre membres.

La déclaration prévoit également de poursuivre les travaux sur l’interopérabilité des systèmes de paiement et des monnaies numériques des banques centrales.

Mais il faut être très précis : le sommet n’a pas créé une monnaie BRICS commune et n’a pas annoncé la disparition du dollar dans les échanges internationaux. Il préconise les échanges entre monnaies nationales.

C’est plutôt une politique de réduction progressive de la dépendance au dollar et aux infrastructures financières occidentales, par diversification.

Reuters souligne justement que les discussions de New Delhi ont porté sur les monnaies locales et l’interopérabilité des monnaies numériques, mais aussi que des divergences persistent entre les membres sur l’architecture financière à retenir.

Une divergence importante entre la Chine et l’Inde

C’est un élément qu’il ne faut surtout pas négliger.

Les BRICS sont souvent présentés comme un bloc homogène opposé aux États-Unis. La réalité est beaucoup plus complexe.

L’Inde veut développer les BRICS, mais ne souhaite pas nécessairement que la Chine en devienne la puissance dominante.

Reuters rapporte ainsi que Pékin a proposé notamment une BRICS AI Open Source Zone et une intégration économique plus poussée, tandis que New Delhi s’est montrée réticente à l’utilisation de certaines infrastructures financières chinoises.

Cela montre que les BRICS sont davantage une coalition d’intérêts convergents qu’une alliance politique parfaitement intégrée.

Intelligence artificielle et technologies

Le sommet a accordé une place importante à l’IA.

Les BRICS veulent développer une coopération sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, l’accès aux technologies, la sécurité, les compétences et l’innovation.

L’objectif est particulièrement intéressant : éviter que les nouvelles technologies stratégiques soient contrôlées exclusivement par quelques entreprises et puissances occidentales ou chinoises.

Ukraine et Moyen-Orient

C’est ici que les divergences internes deviennent très visibles.

La déclaration appelle au règlement des conflits par la diplomatie, le dialogue et les négociations, mais elle évite généralement de transformer les BRICS en organisation prenant position collectivement pour l’un des camps.

Sur le Moyen-Orient, le texte appelle à la retenue mais ne condamne explicitement ni les frappes américano-israéliennes contre l’Iran ni les attaques iraniennes contre les pays du Golfe.

Cette prudence est politiquement significative : les BRICS comprennent simultanément l’Iran, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, la Chine, la Russie et l’Inde, qui n’ont pas les mêmes intérêts stratégiques.

Commerce et protectionnisme

Autre sujet majeur : la déclaration condamne les mesures tarifaires et non tarifaires unilatérales et met en garde contre leur utilisation comme instruments de pression politique.

Le texte ne désigne cependant pas directement les États-Unis.

C’est une nuance importante : les BRICS critiquent fortement la dynamique de guerre commerciale, mais cherchent à éviter une déclaration qui transformerait officiellement le groupe en bloc anti-américain.

Ce qui paraît le plus important

Il faut donc éviter deux caricatures.

Dire que « les BRICS ont créé un nouvel ordre mondial » serait prématuré.

Dire qu’il s’agit simplement d’un forum de discussion sans conséquence serait également faux.

Le sommet de New Delhi montre plutôt la construction progressive de quatre piliers alternatifs ou complémentaires au système occidental :

Politique : réforme de la gouvernance mondiale et représentation accrue du Sud ;

Financier : monnaies nationales, systèmes de paiement et diversification par rapport au dollar ;

Économique : commerce, investissements, chaînes d’approvisionnement et développement ;

Technologique : coopération sur l’IA, le numérique et les nouvelles technologies.

Et surtout, la dynamique continue : la Chine prendra la présidence en 2027 et accueillera le XIXᵉ sommet des BRICS. L’interventionnisme incessant des États-Unis sur le plan militaire et économique dans le monde à accéléré et renforcé les liens entre les pays des BRICS

Hervé Debonrivage


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