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Le Parlement européen négocie en ce moment même un texte qui pourrait enfermer l’agriculture française dans sa dépendance aux pesticides pour des décennies.
L’omnibus pesticides s’attaque directement aux règles qui encadrent l’autorisation, le contrôle et l’interdiction des pesticides partout en Europe
Les scientifiques nous alertent depuis des années sur les effets néfastes et directs des pesticides sur les pollinisateurs et sur notre santé.
Mais au lieu de renforcer les dernières règles qui nous protègent encore, la Commission européenne cherche à les démanteler…
… et certains eurodéputés poussent à aller encore plus loin !
Sous l’influence de l’agrochimie, les députés rapporteurs – menant les négociations – cherchent à aggraver les dispositions les plus dangereuses du projet initia.
POLLINIS a analysé dans les moindres détails leurs amendements.
Ce qu’ils proposent est catastrophique.
À chaque brèche ouverte par la Commission, les rapporteurs cherchent à élargir encore le passage pour l’agrochimie :
>> La Commission veut autoriser des pesticides à vie ; les rapporteurs veulent aller encore plus loin, en étendant cette mesure aux pesticides en cours de réévaluation — soit près de 200 substances sur 400.
>> La Commission veut accorder des dérogations à des pesticides interdits ; les rapporteurs aggraveraient encore la mesure en empêchant toute interdiction lorsqu’il n’existe pas d’alternative simple et au même prix.
>> Elle propose de permettre l’utilisation de pesticides pendant trois ans après leur interdiction (8) ; les rapporteurs veulent franchir un pas supplémentaire en rendant automatiques ces prolongations de vente après interdiction.
>> Elle veut accorder un passe-droit aux pesticides dits de “biocontrôle” pour qu’ils puissent être autorisés avant même la fin de leur évaluation ; là encore, les rapporteurs veulent qu’un maximum de ces pesticides soient mis sur le marché avec une évaluation au rabais
C’est une véritable cascade de retours en arrière.
Nous devons tout faire pour obtenir le retrait de ce texte — et au moins faire tomber ses dispositions les plus dangereuses.
Le temps presse.
Dans quelques semaines, les eurodéputés voteront sur un texte qui façonnera durablement notre agriculture. Et qui pourrait garantir aux pesticides une place à vie dans nos champs !
Grâce à la mobilisation de plus de 170 000 citoyens (11) et aux côtés de dizaines d’associations engagées avec nous dans ce combat, nous avons déjà convaincu plusieurs groupes politiques de voter contre ce texte pro-pesticides .
D’autres eurodéputés restent divisés. Les groupes S&D, Renew, PPE et ECR peuvent encore choisir de défendre la santé, les pollinisateurs et le Vivant, et faire basculer le résultat du vote.
C’est pourquoi nous les ciblons aujourd’hui en priorité.
Nous devons être des centaines de milliers à les interpeller pour leur faire comprendre que nous ne les laisserons pas livrer notre agriculture aux fabricants de pesticides !
Interpellez les eurodéputés dès maintenant.
Demandez-leur de voter contre ce texte de dérégulation massive des pesticides en Europe.
Au Parlement européen, la bataille politique fait rage.
Plus de 1500 amendements ont été déposés sur le texte, que notre petite équipe a analysés un à un.
Dans ce combat, l’agrochimie déploie des moyens colossaux pour obtenir une réforme taillée sur mesure. Elle peut compter sur de nombreux soutiens tout au long des négociations, en Europe et à l’international.
Parmi eux, les deux eurodéputés rapporteurs, chargés de préparer le texte et ses amendements, jouent un rôle décisif. La liste des experts qu’ils déclarent avoir consultés ne mentionne que des entreprises de l’agrochimie et de l’agro-industrie…
…Et ils ne cherchent même pas à s’en cacher : la liste des représentants d’intérêts qu’ils ont interrogés se trouve en annexe de leur cahier d’amendements !
Alors que cette réforme pourrait avoir des conséquences dramatiques pour la biodiversité, les écosystèmes et notre santé à tous, où sont les scientifiques et les médecins dans leurs consultations ?
Ce déséquilibre se retrouve jusque dans les auditions publiques au Parlement européen :
Le 2 septembre, sur 6 spécialistes invités à donner leur point de vue sur l’omnibus, 4 étaient liés à l’agro-industrie. Une seule était une scientifique indépendante et publiait régulièrement sur l’évaluation des risques des pesticides. C’est aussi la seule à avoir ouvertement critiqué le texte (16).
Les associations mobilisées pour l’environnement et la santé ont interpellé les organisateurs sur la partialité de ces auditions (17). Elles n’ont obtenu aucune réponse.
Les pressions pour déréguler les pesticides viennent aussi de l’international.
La seule avancée du texte consisterait à ne plus tolérer de résidus de pesticides interdits en Europe dans les produits que nous importons du reste du monde.
Une mesure qui protégerait la santé des consommateurs européens et celle des agriculteurs des pays exportateurs (18), les pollinisateurs du monde entier, et les agriculteurs européens qui pourraient enfin être protégés d’une concurrence déloyale.
Une mesure qui pourrait aussi faire baisser les ventes de pesticides à l’international. L’agrochimie fait donc tout pour la faire disparaître.
Le lobby pro-pesticides Croplife a activé son relais américain qui a mené une intense opération de lobbying (19).
Résultat : les États-Unis, le Canada, l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Australie, soutenus par plusieurs autres États, font pression sur l’Union européenne à l’OMC (Organisation mondiale du commerce) (20). Les adversaires de cette mesure n’hésitent pas à menacer l’UE de poursuites devant les tribunaux de commerce.
En Europe, des acteurs politiques libéraux et des entreprises exportatrices tentent aussi de freiner cette avancée. Pour appuyer leur discours, ils mettent en avant les chiffres les plus alarmants d’un rapport des services scientifiques de la Commission européenne. Or ces chiffres reposent sur des hypothèses que les auteurs du rapport qualifient eux-mêmes d’extrêmes. Leurs conclusions, prises dans leur ensemble, sont bien plus nuancées (21).
L’agrochimie étend partout son emprise – nous devons réagir de toute urgence.
Les prochaines semaines seront décisives : les groupes politiques ont déjà commencé à négocier pour tenter de trouver une position commune avant les premiers votes qui auront lieu le 5 octobre.
Nous devons leur faire entendre que derrière l’évaluation de produits chimiques, c’est notre santé, la survie des pollinisateurs, la biodiversité et l’avenir de notre agriculture qui sont en jeu.
Chaque message envoyé aux eurodéputés rendra notre mobilisation plus visible. À l’heure du vote, ils devront choisir : défendre les intérêts de l’agrochimie ou protéger le Vivant.
Interpellez-les dès maintenant pour leur demander de rejeter ce texte et ses dispositions les plus dangereuses !
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