26 avril 1986 : La fusion du cœur d’un réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl libère une radioactivité aux conséquences catastrophiques

samedi 28 avril 2018.
 

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2) Les traces du nuage de Tchernobyl toujours présentes en France 30 ans après

Trente ans après, le Cesium-137 relâché par le nuage radioactif issu de la catastrophe de Tchernobyl imprègne toujours arbres, sols, plantes et animaux du territoire français, révèle une étude.

Riche idée qu’a eue l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’ouest (ACRO). Trente ans après l’explosion du réacteur ukrainien, l’organisme a lancé un appel pour qu’on envoie à son laboratoire de mesure des échantillons puisés dans l’environnement (arbres, mousses, sols, etc.), sur des champignons et des fruits et légumes consommés par les hommes. L’ACRO n’a pas cherché à encadrer la collecte. Les participants ont été libres de choisir leur échantillon, démarche qui colle bien avec le devenir des radionucléides dans l’environnement qui dépend de la qualité et de l’usage des sols et de l’érosion par le vent et l’eau. Sur les trois éléments artificiels relâchés dans l’atmosphère durant les dix jours suivant l’explosion du réacteur (iode-131, césium-134 et 137), seul le césium-137 est aujourd’hui mesurable. Sa radioactivité ne baisse en effet que de moitié en trente ans. L’ACRO aurait pu mener des campagnes de mesure sur le terrain, mais l’appel au public a permis de construire un coup de sonde aléatoire conforté par la fiabilité d’une recherche en laboratoire. 300 prélèvements ont ainsi atterri sous les appareils de l’association à Caen.

Sans surprise, les traces du "nuage de Tchernobyl" sont toujours bien présentes sur le territoire français. Les 146 échantillons de sols ont tous recelé du césium-137. Ce sont les sols du sud des Alpes qui se sont révélés les plus pollués ce qui est logique. Le panache de Tchernobyl a surtout affecté le grand est de la France et la montagne alpine a été le réceptacle naturel des pluies lessivant l’atmosphère de sa radioactivité. Certains échantillons contenaient même des teneurs élevées en becquerels du fait de la concentration de la radioactivité dans des fonds de combe où s’accumule la neige.

Les champignons sont d’efficaces accumulateurs

DISSIMULATION. En général, la radioactivité est plus importante dans les sols peu travaillés comme celui des prairies et des forêts où le césium-137 a pénétré en profondeur. En revanche dans des sols cultivés comme celui des jardins, la radioactivité est régulièrement remise en contact avec l’atmosphère et peut voyager avec le vent. En milieu aquatique, ce sont les sédiments les plus fins (vase) qui concentrent la pollution.

Plante à croissance lente, le lichen est un bon indicateur de présence de radioactivité. Sur les 47 échantillons examinés, 19 étaient porteurs de césium-137. Des bruyères et de la tourbe blonde ont également été testés positifs, mais pas des plantes comme la monnaie-du-pape, le jonc ou l’herbe. Les champignons n’ont pas déçu ! 52 échantillons sur 64 se sont révélés contaminés. Un champignon toxique, l’hébélome brûlant a même explosé les compteurs avec 4890 becquerels par kilo de poids sec. Cinq champignons en provenance d’Europe de l’est et vendus dans le commerce ont également été analysés. Tous contenaient du césium mais aucun ne dépassait les seuils réglementaires de commercialisation. Enfin, 6 produits alimentaires ont été positifs sur 42 échantillons. Il s’agit de viande sanglier et d’écrevisses, deux animaux qui sont en contact intime avec les sols et les sédiments. Les légumes, fruits, produits laitiers, miel et plantes aromatiques se sont avérés indemnes de toute contamination.

Tchernobyl, ce n’est donc pas fini. Les traces de la catastrophe sont encore bien présentes. Si les risques sanitaires sont désormais peu importants, l’environnement reste marqué par l’évènement. L’initiative de l’ACRO démontre par ailleurs qu’il ne serait plus possible aujourd’hui de vivre la situation de 1986 où les seuls laboratoires publics de mesure de la radioactivité ont pu cacher aux Français la réalité de la pollution radioactive. Si un nouvel accident arrivait aujourd’hui, des associations comme l’ACRO pourraient donner immédiatement la réalité des expositions subies par la population. Un vrai changement.

Source : http://www.sciencesetavenir.fr/natu...

1) L’ACCIDENT DE 1986

Le 26 avril 1986, à 1 h 24, le réacteur n° 4 de la centrale nucléaire ukrainienne de Tchernobyl, en service depuis 1983, explose accidentellement lors de la réalisation d’un essai technique, provoquant la plus grande catastrophe de l’histoire du nucléaire. La déflagration soulève la dalle supérieure du réacteur, d’un poids de 2000 tonnes, laissant la partie supérieure du réacteur à l’air libre. Plusieurs foyers s’allument dans l’installation, qui ne seront éteints définitivement que le 9 mai.

L’énergie libérée par l’explosion provoque une projection brutale des produits radioactifs contenus dans le cœur du réacteur, jusqu’à plus de 1 200 mètres de hauteur. Les rejets atmosphériques se poursuivront jusqu’au 5 mai. Au total, ce sont près de 12 milliards de milliards de becquerels qui, en dix jours, sont relâchés dans l’environnement, soit 30 000 fois l’ensemble des rejets radioactifs atmosphériques émis en une année par les installations nucléaires alors en exploitation dans le monde. Une zone de plus de 100 000 km2 sera durablement contaminée.

Près de 600 000 "liquidateurs", civils et militaires, sont intervenus sur le site jusqu’à l’automne 1987 pour éteindre le "feu" nucléaire, sur lequel ont été déversées 5 000 tonnes de matériaux (sable, bore, argile, plomb...). Les années suivantes, ils ont encore été environ 400 000. Nombre d’entre eux sont morts de maladies liées à la radioactivité et le Centre international de recherche sur le cancer a évalué à 16 000 le nombre de décès par cancer attribuables à l’accident de Tchernobyl.

En 1997, un programme a été lancé pour construire une nouvelle enceinte de confinement recouvrant l’ancien sarcophage, avec un financement conjoint de l’Ukraine et d’un fonds international administré par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. Son coût : 1,5 milliard d’euros.

La construction de la nouvelle arche de béton et de métal, de 250 mètres de portée et de 108 mètres de hauteur, pour un poids de 18 000 tonnes, a commencé au printemps 2012. Elle est menée par le consortium Novarka réunissant Vinci et Bouygues. Son achèvement est prévu à l’automne 2015. La nouvelle superstructure est destinée à protéger le réacteur contre les intempéries et à éviter tout rejet radioactif dans l’environnement, mais aussi à permettre, à terme, le démantèlement du premier sarcophage.

Pierre Le Hir et Cédric Pietralunga


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