La Poste, courte histoire publique, sociale et révolutionnaire

mardi 17 novembre 2015.
 

La Poste n’est pas seulement une machine à fric. Elle a aussi une histoire sociale, qui remonte assez loin, intimement liée à la révolution. Les dates clés de 1789, 1848, 1870 scellent autant le destin des français que celui de l’administration postale.

On verra que le monopole est son fonctionnement naturel dans une monarchie ou un empire. La révolution a introduit le libéralisme, concept aujourd’hui complètement perverti par les conservateurs modernes. A la fin du 18eme siècle, liberté et libéralisme étaient synonymes, avant l’avènement du capitalisme au 19eme siècle. On parlait d’universalisme et pas de mondialisation. Le monde paraissait grand et plein d’avenir radieux. Un court épisode où la Poste a failli appartenir au peuple souverain, avant le douloureux retour à la normale. Jadis la chose de la royauté, le courrier est maintenant en passe de devenir le monopole d’empires financiers.

La maîtrise du transport de l’information a été, est, et restera toujours un enjeu de pouvoir primordial. L’hypothèse libérale d’un village global où tout s’échange librement est une blague. Le pouvoir appartient à ceux qui possèdent les canaux de distribution de l’information. C’était valable pour les parchemins, c’est valable aujourd’hui pour le réseau Internet, cela ne changera pas dans un siècle.

On retrouve aussi dans cette histoire l’antagonisme entre la campagne et les villes, avec pour simplifier liberté et tradition du côté paysan, contre égalité et modernisme pour les citadins. schématiquement Droite contre Gauche.

La Poste est beaucoup plus qu’une boutique à vendre au plus offrant, je vais essayer, sans prétention, de le montrer brièvement et donc forcément incomplètement. Je ne parlerai pas de la poste aux armées, organisme militaire, mais celle-ci a eu un rôle important pour la logistique de "l’oeuvre civilisatrice" coloniale du second empire jusqu’au début du 20eme.


Le 19 juin 1464, sa Majesté Louis XI, dans sa bonté immense, créa par ordonnance une institution qui devra permettre au royaume de pouvoir se faire acheminer rapidement et efficacement toutes les missives importantes.

« Le roy notre seigneur veut et ordonne qu’il y ait en la dite institution, et pour en faire l’establissement, un office intitulé : Conseiller grand maistre des coureurs de France, qui se tiendra près de sa personne, après qu’il aura esté faire le dit establissement ; et pour ce faire, lui sera baillé bonne commission. « Les autres personnes qui seront ainsi establies par luy de traitte en traitte, seront appelées maistres tenant les chevaux courans pour le service du roy. « Les dits maistres seront tenus, et leur est enjoint de monter sans aucun delay ni retardement, et conduire en personne, s’il leur est commandé, tous et chacuns, les courriers et personnes envoyées de la part du dit seigneur, ayant son passeport, et attache du grand maistre des coureurs de France, en payant le prix raisonnable qui sera dit ci-après. »

La Poste (celle du Roy) est donc née au 15eme siècle. La populace en liesse festoya longuement pour célébrer l’évènement. Non, je blague. En fait les gueux n’ont pu profiter de la visite de « l’ami ricoré » que bien plus tard.

538 ans plus tard, Olivier Besancenot devenait le plus célèbre postier de France, en se présentant aux élections présidentielles de 2002. Mais que s’est-il passé entre temps ?

Bien sûr, le Roi n’était qu’un crétin de Capétien, et pas plus qu’il n’a inventé le fil à couper le beurre, il n’a pas innové énormément en légalisant un corps qui existait déjà à l’époque Romaine. D’ailleurs le terme "Poste" vient de l’Italien "Posta", station, qui désignait à l’origine la place réservée dans l’écurie d’un relais à chaque cheval.

La poste au chevaux remonte encore plus loin dans le temps.

En fait on a la trace du premier établissement des courriers chez les Egyptiens. Des relais d’hommes, de chevaux ou de mulets existent mais c’est sous les Perses que l’on trouve cette transmission de messages bien structurée. Ils placent sur la route, à distance égale, des relais d’hommes, de chevaux, de chameaux et de mulets établis dans des stations. Le premier homme qui arrive donne le courrier au second et ainsi de suite jusqu’à destination finale.

Sous la Rome antique, la poste prend toute son ampleur dès la construction de routes. L’administration chargée du transport des messages d’état s’appelle Cursus Publicus et celle consacrée au service des particuliers Angarioe (en perse "Angaréïon" signifiait "Mulets") (1) Comme les Perses, les Romains installent des relais (dit positiones = stations) établis par le gouvernement sur les routes militaires. Ces stations, appartenant à l’état et placées sous la surveillance de consuls et d’édiles curules (2), sont réparties proportionnellement à l’importance des localités qu’elles sont appelées à desservir.

En Europe, Les routes postales renaissent avec Charlemagne sous la même forme que les Romains. Mais ce fut de courte durée. La poste disparaît avec la dynastie carolingienne et sa disparition va s’étendre jusqu’aux premiers Capétiens, Louis XI, donc si vous avez suivi.

Au moyen âge, chaque caste avait sa messagerie particulière. celles des grands du royaume, des corps organisés comme les villes, les communautés religieuses ou les universités. Le souverain avait ses propres courriers. Les moines attachés au service des abbayes utilisaient les services d’un porte rouleau. Certains rouleaux atteignaient 16 m de longueur (d’abbaye en abbaye la bande de parchemin s’allongeait au cours du voyage d’accusés de réception). (3)

Depuis le XIIIème siècle, les universités avaient un service de messagerie utilisé par les étudiants et leurs familles. on distinguait les grands messagers, sortes de parrains qui subvenaient aux besoins des étudiants, des petits messagers qui eux se déplaçaient et apportaient des nouvelles aux familles. Ces petits messagers furent autorisés à se charger de la correspondance des particuliers. Ils dominèrent le commerce des lettres jusqu’à l’apparition de la poste aux lettres au début du XVIIème siècle.

Il existait aussi des piétons et messagers employés par les villes. Les règlements édictés par la monarchie limitaient les droits de chacun, tant messagers de l’université que royaux ou autres usagers de la route. Mais les conflits nés de la concurrence de ces entreprises entre elles demeuraient nombreux. L’apparition de la poste aux lettres au début du XVIIème siècle ne fera qu’aviver les rivalités.

La ’poste aux lettres’ est l’administration dirigée par le surintendant général des postes qui comprend les directeurs des bureaux de poste et les courriers qui acheminent les dépêches d’un bureau à l’autre. Les directeurs encaissent le prix de la lettre qu’ils réclament au destinataire. Les courriers utilisent les relais de la poste aux chevaux, organisation qu’avait ressuscitée Louis XI. Eux seuls -les courriers- parcourent toute la ligne et changent de chevaux à chaque relais. Ils sont accompagnés d’un postillon chargé de les guider jusqu’au relais suivant et de ramener les chevaux ’à vide’ à leur relais d’origine.

En 1672, Louvois, alors surintendant général des postes, crée la ferme générale des postes. Jusqu’alors exploitées par des maîtres des courriers, sortes de directeurs régionaux, les postes sont désormais gérées par un seul individu : le fermier des postes. En réalité, le fermier des postes était l’homme de paille de puissantes compagnies de financiers qui se succéderont à la tête de l’administration jusqu’à la Révolution. Moyennant finance, le fermier achetait au roi le droit exclusif d’exploiter les postes et d’en percevoir les revenus. Les cautions de la ferme des postes bâtirent ainsi des fortunes considérables sur le produit des lettres, tandis que le roi ne pouvait compter que sur le prix du bail qu’il tentait d’augmenter à chaque renouvellement.

En quelque sorte, le début de la privatisation, sous forme de régie ; le pouvoir reste à la monarchie, mais dans les faits c’est la bourgeoisie qui fait tourner la machine. Le même système a perduré ensuite, l’état républicain remplaçant le Roi. Aujourd’hui les grandes sociétés peuvent se passer de l’état, qui est devenu le valet de ses anciens domestiques.

Au XVIIIème siècle, la distance moyenne entre 2 relais est de 16 kilomètres. Une lettre expédiée de Paris met 2 jours et 8 heures pour atteindre Lyon, un peu plus de 4 jours pour Marseille. On comptait à cette époque environ 1400 relais de poste. Ceux-ci étaient la propriété des maîtres de poste, presque tous cultivateurs, qui louaient des chevaux aux courriers mais aussi aux voyageurs pressés. Eux seuls avaient le privilège de faire galoper leurs chevaux. Les messagers quant à eux ne pouvaient aller qu’au pas ou au trot et ne voyageaient que de jour contrairement aux courriers de la poste aux lettres qui voyageaient également de nuit et avaient priorité de passage sur la route.

La ferme des postes concentre ses efforts sur l’acheminement des lettres et l’encaissement des taxes et ne se préoccupe pas de la distribution. Elle ne s’intéresse pas aux lettres postées dans la ville et à distribuer dans la ville. Jusqu’au jour où Piarron de Chamousset, un philanthrope, eut l’idée de créer en 1760 à Paris une petite poste, c’est-à-dire un service de collecte et de distribution du courrier urbain. Le facteur de ville était né.

Il est intéressant de constater que sous l’ancien régime, la distribution du courrier est essentiellement une affaire de seigneurs ruraux. La ville prendra sa revanche sur les champs durant la période révolutionnaire.

Constatant les profits que Chamousset tirait de la petite poste, la ferme agrégea l’invention de son initiateur à la grande poste en 1780. Déjà le grand capital se comportait en prédateur des petites entreprises innovantes.

A la Révolution, la ferme est supprimée, les postes sont mises en régie et administrées directement par l’Etat. Les directeurs des postes sont désormais élus ; les villes portant dans leur nom un rappel de la royauté ou de la religion sont débaptisées : Bourg-la-Reine devient Bourg-Egalité, Saint-Malo devient Port-Malo.

Cela nous rappelle que la notion de mandat n’a pas toujours été synonyme de planque à vie pour politicien.

Au 19eme siècle vint le temps de la mécanisation. Avec l’utilisation de la vapeur, la Poste va accélérer l’acheminement des dépêches. Dix paquebots poste à vapeur parcourent la Méditerranée en 1835. En 1845, un wagon-poste est mis en service sur la ligne Paris - Rouen. Il sera le premier d’une succession de nombreux modèles de bureaux ambulants. En 1873, lorsque la poste aux chevaux disparaît au profit du transport par chemin de fer, il existait 54 lignes, puis en 1914, 175 lignes.

A partir de 1830, les campagnes jusque là négligées, reçoivent la visite du facteur. C’est en 1849 qu’est émis le premier timbre-poste à l’effigie de Cérès, déesse des moissons, à laquelle succédera le profil de Napoléon III en 1852. Désormais, le prix de la lettre varie en fonction du poids et non plus de la distance. Le nombre des lettres expédiées double de 1848 à 1859.

La guerre de 1870 et le siège de la capitale qui isole les Parisiens de la province vont obliger ceux-ci à trouver des moyens de communiquer. On utilise alors des ballons montés. Près de 11 tonnes de courrier seront ainsi acheminées par la voie des airs au moyen de 65 ballons. Des pigeons également apporteront à Paris des nouvelles de la province grâce aux milliers de dépêches microfilmées que l’on fixera à leur queue. Projetées sur un écran par un appareil muni d’une lentille grossissante, les lettres étaient retranscrites sur papier et remises à leurs destinataires.

Des boules de zinc, étanches, jetées à la Seine devaient également transporter des lettres. Elles devaient être récupérées dans un filet tendu en travers du fleuve. Mais aucune n’arriva à destination pendant la durée du siège.

La Poste se pliera aux impératifs de la modernité puis de la rentabilité. Elle connaittra deux grandes grèves, en 1906 et 1974. Tous les pouvoirs qui se sont succedés ont marqué de leurs empreintes cette institution qui a cependant survécu jusqu’à présent aux assauts des conservateurs.

Quelques dates importantes :

17 août 1777 ;Louis XVI , déclin de la noblesse, arrivée en force de la nouvelle classe dominante bourgeoise. Un arrêt du conseil d’état transforme la Ferme des Postes en régie intéressée.

25 septembre 1791 ; Monarchie constitutionnelle. Un article punissant la violation du secret des correspondances est inséré dans le projet de code pénal proposé à l’assemblée.

1e janvier 1792 (Assemblée législative) Entrée en fonction du directoire des Postes.

9 avril, 23-24 juillet 1793 (Gouvernement révolutionnaire , "Terreur") Mise en place de la Régie nationale des Postes.

1e avril 1794 (12 germinal an II) Le conseil exécutif provisoire est remplacé par douze commissions rattachées au Comité de Salut Public

16 octobre 1794 (25 vendémiaire an III) Loi supprimant les restrictions qui entravaient la liberté des messageries et autorisant tout particulier à conduire ou à faire conduire librement les voyageurs, les ballots, paquets et marchandises.

17 janvier 1796 (27 nivôse an IV) ; Directoire. Arrêté du Directoire qui ordonne la saisie des lettres en provenance ou à destination des pays occupés par les Chouans.

22 décembre 1797 (2 nivôse an VI) ; début des campagnes napoléoniennes. Arrêté du Directoire relatif au transport des lettres et journaux par une autre voie que celle de la poste pour tenter de mettre un terme à la fraude, surtout celle des entrepreneurs de voitures libres. Premiers abus de biens sociaux en quelque sorte.

11 décembre 1799 (1er nivôse an VIII) ; Consulat ; fin de la révolution. La Poste aux lettres est confiée de nouveau à une régie.

16 juin 1801 (27 prairial an IX) , Napoléon premier consul, avant son sacre d’empereur en 1804. Arrêté qui consacre le monopole postal.

17 mai 1817 ; Restauration de la monarchie. Régie intéressée de la Poste aux lettres remplacée par une régie simple (4) L’exploitation de la Poste aux lettres s’effectue ainsi au profit de l’état, mais plus question que la populace se mêle de ce qui ne la regarde plus.

21 avril 1832 ; Monarchie de juillet , invasion de l’Algérie. La loi rend le service rural journalier. On remarque à nouveau l’intérêt de la noblesse pour la province plutôt que pour les grandes cités, ce qui est encore le cas maintenant avec la droite traditionnelle.

1835 ; Louis-Philippe dit "La Poire", Roi des Français ; ordre moral. Antoine Conte, directeur des Postes, détermine la première tenue officielle des facteurs. Inutile de dire que les Punks ne sont pas admis.

1848 ; 2nd république. Réforme postale abaissant le prix du port des lettres et créant le timbre-poste à l’effigie de Cérès, déesse des moissons. (encore un symbole rural). Dorénavant le prix de la lettre d’un poids donné est le même pour tous sur l’ensemble du territoire français.

11 juin 1853 ; Second Empire ; compagnes militaires (Crimée, Italie, Syrie, Chine, CochinChine) Ordre de service mentionnant que l’administration des Postes tolère l’installation de boîtes aux lettres chez les particuliers.

27 novembre 1864 ; Expédition du Mexique désastreuse pour napoléon III. Décret qui applique le terme de "recette" pour désigner le bureau de poste. Les directeurs de bureau de poste deviennent receveur des Postes.

1870 ; Défaite contre la Prusse ; commune de Paris ; IIIeme république

Utilisation d’une poste aérienne pendant le siège de Paris. Le 23 septembre, le ballon "le Neptune" avec 125 kg de courrier, s’envole pour atterrir trois heures plus tard à six km d’Evreux.

1873 ; Le sinistre Adolphe Thiers , massacreur de la commune, remplacé par le sombre Mac-Mahon, légitimiste. Fermeture des derniers relais de poste et suppression de la Poste aux chevaux.

1876 ; Constitution de la IIIeme république La France adhère le 1er janvier à l’Union générale des Postes, qui deviendra en 1878 l’Union Postale Universelle.

1877 - 1881 ; Les lois publiques républicaines sont rétablies ; Gambetta , Ferry. 1877 - décision officielle de recruter des femmes pour les services postaux. 1879 - Les administrations des Postes et des Télégraphes réunies depuis 1878 sous une seule direction générale, deviennent le ministère des Postes et des Télégraphes Adolphe Cochery devient le premier ministre des P. et T. (Poste et Télégrammes) 1881 - Création de la Caisse nationale d’épargne ,et du service des colis postaux.

1884 - 1895 ; crise politique ; scandales financiers ; anarchisme ; boulangisme 1884 - Mise en service généralisé des premières machines françaises à oblitérer le courrier. 1888 - L’Ecole professionnelle supérieure des Postes et Télégraphes est créée par le décret du 29 mars. 1893 - La Poste tolère l’emploi de bicyclette pour les facteurs, sans dédommagement financier, dans un premier temps. 1895 - Décentralisation des services avec la création de douze directions régionales.

1906 - 1912 ; Défaite de la gauche , début de la crise dans les colonies. Premières grandes grèves de facteurs, suivie de 300 révocations. Installation des premiers distributeurs automatiques de timbres-poste. Timbre à 0,10 F. Première expérience officielle de transport de courrier par avion.

1914-1918 : Première guerre mondiale. A cause de la pénurie d’hommes disponibles, le métier de facteur est officiellement ouvert aux femmes, mais certaines travaillaient déjà à cette tâche depuis le Second Empire.

1926 : Pointcarré (droite) succède au cartel de gauche. Un service automobile de desserte des campagnes est créé ; la poste automobile rurale (P.A.R). Vous voyez bien que c’est une règle générale...

1927-1939 ; Pression des ligues fascistes ; front populaire de Blum en 1936 Epopée de l’Aéropostale : Daurat, Mermoz, Guillaumet, Saint-Exupéry, etc. 1935 - Constitution d’une compagnie postale d’aviation pour la desserte intérieure : Air Bleu. 1939 - Mise en place d’un réseau postal aérien de nuit sur tout le territoire métropolitain : la ligne Paris-Bordeaux-Pau

1941 ; Occupation nazie ; Pétain ; l’état français remplace la république ; Travail Famille Patrie. A partir du 3 août, la distribution du courrier, le dimanche, est supprimée. Les bureaux et les établissements postaux sont également fermés, à l’exception de certains bureaux de tri.

1946-1958 : IVeme république ; De Gaulle. 4 novembre 1946 : Arrêté qui instaure le recrutement des facteurs par concours. 1950 : Début de la motorisation des tournées des facteurs ruraux. 1952 : Débuts officiels de la publicité et de l’information institutionnelle.

1958-1967 : Veme république ; guerre d’Algérie ; renforcement du rôle du chef d’état. 15 mai 1962 : circulaire adoptant le jaune pour les boîtes installées sur la voie publique (elles étaient bleues avant). Création du Livret épargne logement, naissance du Livret B, lancement de la première SICAV : le "livret portefeuille". Lancement du premier code postal (à deux chiffres) mentionnant le numéro minéralogique du département.

1968-1990 : Une révolution ratée, et puis Pompidou , Giscard, Mitterrand. 1968 - Les bureaux de poste ferment désormais le samedi à partir de 13 heures. 1972 - Lancement du code postal (à cinq chiffres) et début de l’automatisation du tri des lettres. 1974 - Grève du 6 novembre au 2 décembre. 1976 - La poste automobile rurale cesse son activité. 1981 - 17 166 bureaux de poste sont en service. 1984 - Premier T.G.V. postal

1990-... : fin de règne de Mitterrand ; retour de la droite conservatrice ; réformes libérales.

2 juillet 1990 - Vote de la loi (socialiste !) réformant le statut des P.T.T.

"Il est créé, à compter du 1er janvier 1991, deux personnes morales de droit public placées sous la tutelle du ministre chargé des postes et télécommunications, qui prennent respectivement le nom de La Poste et de France Télécom."

En fait, c’est la mort des PTT , divisée en deux.

Diviser pour régner, device impériale.

Alors que de grands groupes financiers fusionnent pour obtenir des monopoles mondiaux et echapper aux règles de la concurrence libérale, les derniers bastions des services publiques sont saucissonnés volontairement pour être livrés en pature au darwinisme capitaliste, dont les grands patrons eux-même n’ont de cesse de se préserver.

France Télécom a été rapidement "defonctionnarisée" pour devenir la chose que l’on sait. Le but quasiment avoué est d’en finir avec le service public , et de confier au CAC40 le destin de La Poste.

Depuis plusieurs années, de nombreuses petites agences rurales menacent de fermer, au mépris de l’intérêt publique (5) , et cela dans l’unique soucis de rentabiliser un peu plus une entreprise bénéficiaire, avant de revendre la bête une fois qu’elle aura été vidée de sa substance ; plus de 2 siècles d’histoire publique transformés en vulgaires profits boursiers.

2005 : Loi sur la dérégulation postale. 1er janvier 2006 : La "Banque Postale" est crée, c’est le premier coup de hache contre le statut public de La Poste.

Des efforts acharnés sont déployés par les libéraux pour obtenir l’ouverture du marché de la distribution du courrier aux particuliers en prétextant l’AGCS. L’Europe est présentée comme responsable de la lente procédure de démantèlement de ce qui a été l’un des plus puissant service public d’Europe. Les responsables sont en fait les libéraux français du PS et du UMP qui ont scellés le sort des PTT dès le début des années 90.

Fin 2006 - Début 2007 : grèves des colis peu relayée dans les médias.

Avril 2007 : ?

Voilà, vous avez maintenant quelques arguments pour répondre aux propagandistes qui ne donnent pas cher de la peau des services publiques. On a vu que cela a été la règle dans toute les périodes fastes de l’histoire, et rien de dit qu’un jour un grand service public Européen ne vienne pas supplémenter le Pandémonium de requins financiers qui font la loi actuellement.


(1) Vous avez compris que le romain moyen devait attendre un certain temps avant de recevoir son courrier. Personne ne sait s’il y a eu des grèves de mulets.

(2) Curule, le luxueux siège en ivoire qui symbolisait le pouvoir des grosses feignasses de magistrats romains.

(3) Libéralisme moyenâgeux, soustrait aux lois du marché, mais qui a déjà certains des inconvénients du libéralisme moderne, c’est la dire la complexité d’utilisation du service du fait du cloisonnement de secteurs concurrents.

(4) Dans la régie simple, la collectivité compétente assure avec son propre personnel la gestion du service. Elle procède à l’ensemble des dépenses et à leur facturation à l’usager. Elle peut faire appel à des prestataires extérieurs mais les rémunère directement. La régie autonome est un établissement public qui reste sous le contrôle de la collectivité, qui dispose de son propre conseil d’administration et d’un directeur. Son conseil vote le budget et fixe les prix du service.

(5) Et oui, la droite à fini par laisser tomber une population qui pourtant la soutien traditionnellement. Avec la desertification des campagnes, plus besoin des paysans pour rester ministre conservateur. Désormais, la carence des service publiques en milieu rural provoque des réactions qui ont été pour beaucoup dans le succès électoral des régionales.

Jean-Yves DENIS


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