1er décembre 2012 : Assises du Parti de Gauche pour l’écosocialisme Une journée fondatrice (9 articles)

mardi 2 août 2016.
 

9) Ecosocialisme Une journée fondatrice ce 1er décembre 2012

A quoi sert la politique ? Il faut en avoir fait son métier pour ne pas se poser cette question rendue si brûlante par le spectacle désolant de cette Cinquième République dépolitisée et marchandisée. Les républicains authentiques apportent à cette question une réponse singulière. En République, la démocratie ne doit pas simplement arbitrer entre des intérêts particuliers par le jeu de la concurrence libre et non faussée des opinions. Elle doit viser l’intérêt général. Celui-ci n’est pas une somme, même majoritaire, d’intérêts particuliers. Sinon il ne serait que la conjonction d’égoïsmes la plus nombreuse et influente. En quoi la force du nombre lui donnerait-elle le droit de s’imposer à chacun de nous ! Formuler l’intérêt général c’est s’arracher aux déterminismes étroits qui nous rétrécissent. Cet objectif est bien plus ambitieux. Il exige beaucoup des institutions comme de nous citoyens. Mais lui seul est capable de nous émanciper de l’horizon borné d’un modèle de production et de consommation qui remet en cause la vie à long terme de l’humanité.

L’écosocialisme auquel nous avons consacré ces passionnantes Assises n’est donc pas en premier lieu une nouvelle définition de l’identité du Parti de Gauche. C’est notre contribution à la défense de l’intérêt général humain. C’est notre réponse à la catastrophe écologique produite par le capitalisme. L’écosocialisme prend racine dans les grands équilibres de l’écosystème humain dont tous les scientifiques admettent aujourd’hui qu’ils sont en péril. Il veut déboucher sur une action rapide. Les experts du réchauffement global sont formels. Le processus de changement climatique produit par les gaz à effet de serre émis chaque jour est déjà irréversible. Il deviendra demain incontrôlable. Pas après-demain, pas à long terme, pas seulement à l’échelle géologique mais dès demain, à moyen terme, à l’échelle humaine d’une génération. Le temps nous est donc compté pour comprendre et agir.

Les atteintes à l’écosystème qui permet la vie humaine ne datent pas du néolithique. Elles sont contemporaines de l’avènement du capitalisme et se sont aggravées à mesure que se développait l’accumulation capitaliste. Rien de surprenant à cela. Qu’est-ce qu’un capitaliste ? C’est le détenteur d’un capital, qui achète avec ce dernier des marchandises diverses et les revend ensuite, éventuellement combinées ou déplacées, contre un capital plus élevé. Le capitalisme repose entièrement sur l’augmentation enregistrée entre la valeur du capital initial et celle du capital final, qu’on l’appelle rentabilité, profit, ou compétitivité. Peu lui importe le bien produit en cours de route, son utilité et les conditions concrètes dans lesquelles il a été produit. Ce bien n’existe qu’en tant que valeur d’échange support de plus-value pour le capital. C’est pourquoi le capitalisme est à la fois indifférent à la valeur d’usage des productions (leur utilité) et absolument dépendant d’une croissance infinie de la production qui ignore les ressource finies de la planète. Et qu’à l’inverse le socialisme doit assurer la primauté de la valeur d’usage et inventer un mode de développement compatible avec l’écosystème.

8) Ecosocialisme : la quatrième voie

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7) Ce sera écologie et socialisme ensemble ou aucun des deux (Message de Jean-Marie Harribey aux Assises de l’éco-socialisme organisées par le Parti de Gauche, le 1er décembre 2012)

http://www.lepartidegauche.fr/latel...

6) Assises pour l’écosocialisme : Hervé Kempf

http://www.lepartidegauche.fr/latel...

5) Qu’est-ce que l’écosocialisme ? En quoi est-il le projet d’avenir de gauche radicale et lucide ?

Débat animé par Sophie Chapelle de Bastamag, avec Arno Munster, Eric Coquerel, Jeanette Habel et Jacques Testart

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http://www.lepartidegauche.fr/video...

4) Jean-Luc Mélenchon aux Assises pour l’ecosocialisme

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3) Interview de Corinne Morel-Darleux aux Assises pour l’écosocialisme

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2) L’écosocialisme, réponse à l’impasse capitaliste (par Corinne Morel Darleux et Mathieu Agostini)

« Nous savons dorénavant que l’émancipation humaine ne peut être atteinte par la croissance sans fin : l’écosystème ne le permet pas. Ce constat nous oblige à repenser le système de production et d’échanges, et plus globalement l’ensemble de l’organisation sociale et politique. Dans ces conditions, nous proposons un nouvel énoncé de notre stratégie pour le futur de l’humanité : l’écosocialisme. Ses méthodes sont la radicalité concrète, la planification écologique et la révolution citoyenne. Il est fondé sur la répartition des richesses, la prise en compte des contraintes écologiques, le refus des dominations et des oppressions de toutes sortes, la souveraineté populaire et le caractère démocratique, républicain et laïque de l’État.

L’écosocialisme est la jonction d’une écologie anticapitaliste et d’un socialisme débarrassé du productivisme, dans un projet de société alternatif porteur d’espérance. Il n’est pas une utopie à laquelle le réel devrait se conformer, mais la réponse humaine raisonnée à la double impasse capitaliste et productiviste. Nos pensées et actions politiques sont radicales : elles vont à la racine des causes. Nous combattons donc les moteurs du système : le consumérisme sacrant l’accumulation matérielle, le creusement des inégalités sociales ; le productivisme qui épuise les écosystèmes, la mondialisation qui permet le dumping social et environnemental. Nous désignons les vrais coupables : l’oligarchie financière, les idéologues de la concurrence « libre et non faussée » et du libre-échange.

Nous devons sortir des mystifications socialistes et écologistes. Notre écologie à nous est sociale, liée aux combats historiques de la gauche. Elle est incompatible avec le libéralisme, qui, sous couvert de développement durable, fait perdurer la recherche du profit maximal, la dynamique impérialiste et le « court-termisme ». Elle réfute l’impasse sociale-démocrate qui voudrait que toute redistribution passe d’abord par la relance de la croissance. Les richesses existent, il n’y a pas lieu d’attendre pour les redistribuer. Et ce modèle d’expansion infinie est un suicide de notre civilisation. Nous n’attendons donc ni la croissance à tous crins ni les « bénéfices » de l’austérité, et ne croyons ni à l’une ni aux autres.

Notre projet implique, au contraire, une économie au service des besoins sociaux qui rompe avec la doxa libérale. Elle passe par la désobéissance aux directives de l’Europe libérale et engage la révision en profondeur du système productif par les « 4 R » : relocalisation, réindustrialisation, reconversion industrielle et redistribution du travail. Pour pallier les limites du PIB à mesurer le « bien-vivre », elle instaure la règle verte comme critère systématique d’empreinte écologique. L’écosocialisme est un combat internationaliste et universaliste, il reconnaît la dette écologique et sociale de l’industrialisation effrénée, et ses effets sur le climat, le pillage des ressources naturelles, l’accaparement des terres et la responsabilité des règles imposées par la Troïka.

Nous devons réaliser un « compromis inédit entre bleus de travail et souci de la planète [1] » . Des salariés en lutte sont porteurs de projets alternatifs impliquant déjà les principes de la planification écologique : prise en compte du temps long, contrôle des travailleurs et des usagers, maîtrise publique. Si la collectivité et l’État sont à refonder dans une VIe république assurant la souveraineté populaire, ils restent indispensables pour planifier la rupture, construire un cadre émancipateur et garantir l’égalité d’accès. Les biens communs comme l’eau, l’énergie, les services publics, qui jouent un rôle social et écologique essentiel, doivent être nationalisés en repensant l’articulation entre État, syndicats, associations et usagers.

Il faut lutter et résister pour inventer à travers des alternatives concrètes et des actions de désobéissance civique non-violente. En parallèle, il nous faut mener le combat idéologique par l’éducation populaire pour « décoloniser l’imaginaire » et dénoncer la vision d’un individu-consommateur docile. Nous en combattons les bras armés que sont la publicité, avec son cortège de marchandisation des corps et de sexisme, la mode et les médias, avec leur injonction d’achat permanente.

La remise en cause du système ne peut résulter d’une simple alternance électorale et de décisions venues d’en haut. Elle exige que les majorités parlementaires écosocialistes conjuguent leur action avec des mouvements d’implication populaire dans tous les domaines. Cette réappropriation de l’initiative politique dans le but de déterminer quel est l’intérêt général, c’est ce que nous nommons la révolution citoyenne. Elle est indispensable pour éviter que le désespoir et la colère ne basculent du côté de la haine, et pour faire fleurir la révolution écosocialiste. »

Corinne Morel Darleux, secrétaire nationale à l’écologie du Parti de gauche et Mathieu Agostini, responsable de la commission écologie cordonnent les Assises pour l’éco­socialisme.

Les Assises pour l’écosocialisme ont lieu le 1er décembre à partir de 9 heures, à l’Espace Reuilly, 21, rue Hénard, 75012 Paris.

1) Programme des Assises pour l’écosocialisme

9h Introduction de Corinne Morel Darleux : « Un nouveau projet politique « creuset » pour sortir de la crise et construire un monde meilleur »

9h20 Intervention de Michael Lowy : « Ecosocialisme, l’alternative radicale à la catastrophe écologique capitaliste »

9h50 Table Ronde 1 : « Qu’est ce que l’écosocialisme ? En quoi est-il le projet d’avenir d’une gauche radicale et lucide ? » - Animation : Sophie Chapelle de Bastamag - Intervenant-e-s : Arno Munster, Eric Coquerel, Jeanette Habel, Jacques Testart

11h30 Vidéo de Paul Ariès : « Objection de croissance, socialisme gourmand et buen vivir »

11h45 Intervention de Henri Pena Ruiz : « Marxisme et écologie, un mélange détonnant ? » (sous réserve)

12h15 Intervention de Gabriel Amard : « Comment l’écosocialisme peut-il prendre appui sur les alternatives concrètes et radicales ? »

12h30 Pause de midi – Déjeuner libre

14h Intervention de Pascale le Néouannic : « Ménager le territoire, ses habitants et leur bien vivre »

14h15 Intervention de Susan George : « L’écosocialisme, une voie d’alternative pour les mouvements sociaux face à la mondialisation »

14h45 Table Ronde 2 : « La révolution citoyenne au prisme de l’écosocialisme, des luttes sociales au pouvoir » - Animation : Sylvain Lapoix - Intervenant-e-s : Hervé Kempf, Laurence Sauvage, Mathieu Agostini, François Ruffin

16h15 Intervention de Jacques Généreux « La Quatrième voie : celle du progrès humain »

16h45 Introduction de Christophe Ventura sur le Forum mondial de la révolution citoyenne suivie de l’intervention de René Ramirez, Secretaire National à l’Education Supérieure, Sciences, Technologies et Innovations et ex-SENPLADES : « Biosocialisme républicain et le temps comme mesure du Bien Vivre »

17h30 Vidéo de Jean Marie Harribey (sous réserve)

17h45 Table Ronde 3 : « Quel programme pour un gouvernement écosocialiste ? » - Animation : Patrick Piro, Politis - Intervenant-e-s : Martine Billard, Aurélien Bernier, Myriam Martin, François Delapierre

19h30 Conclusion : Jean Luc Mélenchon

20h Fin des Assises

Et un village militant avec la présence des revues et associations suivantes : No Gazaran ! Ecorev, Copernic, Relocalisons, Parti pour la Décroissance, SOS Forêts, la Fédération Grand Est Stop Déchets Nucléaire, France Libertés, Inf’OGM, la revue Silence !, Fakir, Utopia, Basta !, les Déboulonneurs, Bizi ! et LaRevueDurable...


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