Le front de gauche devient un mouvement politique.

samedi 5 mars 2016.
 

En ce début d’année 2013, le Front de Gauche change de braquet : Un nouvel organisme politique en construction dans le marais de l’austérité.

1) Le texte de fonctionnement du FdG.

Au texte d’orientation du FdG figurant déjà sur ce site s’ajoute le texte sur le fonctionnement

Le texte sur le fonctionnement du Front de Gauche a été adopté par son conseil national réunissant ses neuf composantes le 28 janvier 2013.

Son intitulé est : Le développement du Front de Gauche

L’exposé des motifs peut être résumé par cette phrase : "Car si le Front de Gauche n’est pas un parti, ce n’est plus seulement une alliance électorale, il s’agit donc d’un mouvement, d’une force politique qui se veut l’outil d’une dynamique populaire. Cela appelle à des formes d’organisation pérennes, à la fois ouvertes, souples mais également efficaces et capables de répondre aux aspirations à le rejoindre."

Le texte intégral est téléchargeable à l’adresse : http://www.humanite.fr/sites/defaul...

2) Je reproduis ici un appel rédigé par un certain nombre d’universitaires bien connus intitulé : Faire du Front de Gauche un véritable mouvement politique

Source : Mediapart http://blogs.mediapart.fr/edition/l... Le 30 janvier 2013

« Militantes, militants du Front de gauche, nous souhaitons que se mettent en place sans tarder à tous les niveaux, à commencer par les localités et les entreprises, des modes de fonctionnement associatifs et participatifs à la base » : un appel lancé par Christophe Aguiton, Razmig Keucheyan, Pierre Khalfa, Stéphane Lavignotte, Monique Pinçon-Charlot, Evelyne Sire-Marin...


LE FRONT DE GAUCHE EST DEVENU le point de ralliement de tous celles et ceux qui entendent briser l’emprise destructrice du néolibéralisme et ouvrir une perspective sociale et écologique en rupture avec lui. Il s’est constitué au sommet, comme une alliance entre partis et organisations. S’il veut s’affirmer dans le temps comme une vraie force politique, il doit aussi maintenant s’enraciner à la base.

Le Front de gauche doit associer tous ceux et celles, membres ou non d’un parti, qui se sont retrouvé/e/s en lui au cours des deux campagnes électorales et qui sont désormais engagé/e/s à militer ensemble, à prendre ensemble l’initiative au jour le jour. Il doit inventer les formes capables d’assurer une dynamique durable, fondée sur la confiance partagée, l’égalité des droits et devoirs, sur un esprit de communauté politique, en même temps que sur le respect du rôle et de l’identité des partis et organisations qu’il regroupe, et dans une recherche constante de dialogue avec les mouvements sociaux.

D’ores et déjà, au niveau local, des expériences diverses ont commencé à s’ébaucher qui témoignent dans de nombreux endroits de la volonté partagée de faire du Front de gauche un véritable mouvement politique. Le Conseil national du Front de gauche, réuni le 8 décembre 2012, a décidé d’élargir sa composition jusqu’à compter 50 % de personnes non membres d’une organisation politique. Il donne en ce sens un signal fort qui prend acte de cette nécessité.

La campagne contre les politiques d’austérité doit être l’occasion d’amplifier cette dynamique en permettant à la base un travail en commun de toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans le Front de gauche.

Militantes, militants du Front de gauche, nous souhaitons que se mettent en place sans tarder à tous les niveaux, à commencer par les localités et les entreprises, des modes de fonctionnement associatifs et participatifs à la base, qui permettent l’engagement commun de tous ceux et celles qui se reconnaissent dans son orientation politique.

CET APPEL A ETE PROPOSE par

Jacques Bidet, Jean-Michel Drevon, Janette Habel, Razmig Keucheyan, Pierre Khalfa, Roger Martelli, et Evelyne Sire-Marin, se sont joints Christophe Aguiton, Nils Anderson, Paul Bouffartigue, Jacques Cossart, Claude Debons, Bernard Defaix, Jean Ducange, Olivier Frachon, Richard Lagache, Françoise Laroche, Stéphane Lavignotte, Frédéric Lebaron, Jacques Lerichomme, Jean Lojkine, Myriam Martin, Jean-René Pendariès, Aline Pénitot, Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot, Jacques Rigaudiat,Michèle Riot-Sarcey, Jean-Pierre Terrail, Catherine Tricot, Marcel Trillat, Marie-Christine Vergiat, Dominique Vidal, Louis Weber, Serge Wolikow.

Fin de l’appel.

3) Je reproduis ici le commentaire d’Igor Benadev sur Mediapart puisqu’il fait référence à l’un de mes articles publiés sur ce site.

"Voici un appel fort intéressant puisqu’il demande que le Front de Gauche d’un cartel électoral de partis se transforme en un mouvement politique dont la permanence de la structure et les objectifs dépassent les simples contingences électorales. La création du Parti de Gauche en 2008 – 2009 constitue en fait une scission (terme bizarrement jamais utilisé par les médias) du parti socialiste en deux partis : le PG dans la continuité du socialisme de Jaurès et le PS parti devenu social libéral. La constitution du Front de Gauche en 2009 fait converger 2 courants qui n’en constituaient qu’un seul avant la scission du congrès de Tours de 1920 : le courant communiste et le courant socialiste révolutionnaire.

Mais la nouveauté ne s’arrête pas là : les courants trotskistes (GU, GA, POF), les courants alter mondialistes, les alternatifs, les écologistes radicaux, les décroissants, les républicains sociaux se trouvent maintenant rassemblés en un même front comprenant donc actuellement neuf composantes. Arriver a coordonner et unir dans un même mouvement politique tous ces courants longtemps séparés les uns des autres constituerait un événement politique historique de première grandeur, un véritable exploit jugé par d’aucuns impossible à réaliser.

La mise en réseau horizontal au niveau local ou régional de ces 9 partis avec mutualisation de leurs moyens militants articulée sur une coordination verticale, constituerait une innovation politique sans précédent. Que ces partis collaborent entre eux durant des échéances électorales et des manifestations locales ou nationales est une chose, mais travailler ensemble d’une manière continue est beaucoup plus difficile et demande un niveau de maturation politique particulièrement élevée.

Ce niveau est-il atteint ? Il est évident que les opposants politiques au Front de Gauche et une grande partie des médias, vont essayer de monter en une épingle les quelques dissensions ponctuelles qui émergeront – ce qui est inévitable compte tenu de la diversité de ce mouvement et de la complexité des contextes socio-politiques – mais on peut supposer que la force de cohésion sera suffisante pour résister à la fois à ces tensions internes et à cette pression externe dissociative.

En tout cas, si ce mouvement se constitue dans la durée, le PS, l’UMP et le FN auront quelques soucis à se faire, car alors une véritable alternative au social libéralisme, au libéralisme et l’extrême droite deviendra crédible du fait alors que sa puissance d’action permettra d’affirmer son existence et de faire connaître vraiment ses propositions à la population, au-delà des 10 % déjà convaincus. Il ne faut pas oublier non plus, que ce mouvement disposerait d’un programme politique dont le programme du Front de Gauche actuel, "L’humain d’abord", constitue déjà une amorce non négligeable. Le soutien d’un nombre croissant d’économistes et de sociologues, souvent des professeurs d’université et chercheurs, confère et conférerait à ce mouvement politique un potentiel intellectuel important, ce qui est indispensable pour pouvoir transformer une société devenue particulièrement complexe.

Ce qui est assez étonnant, c’est que cet appel recoupe assez exactement, par son contenu, une série de quatre articles ayant été publiés sur le site du Parti de Gauche Midi-Pyrénées (que je consulte de temps à autre) intitulée : "La longue marche vers la victoire" qui anticipe cet appel mais va encore plus loin dans les conditions de faisabilité de la construction d’un tel mouvement politique. Voici le lien http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

Curieux, je ne connais pas ce Debonrivage, mais son analyse semble assez clairvoyante."

Igor Benadev

http://blogs.mediapart.fr/edition/l...

4) Le FdG a changé de braquet mais il a encore du chemin à parcourir.

Les deux textes parus fin janvier 2013 pour l’orientation stratégique et le fonctionnement constituent des avancées très importantes pour l’émergence d’un mouvement politique d’une nature nouvelle tant sur le plan culturel qu’organisationnel. Néanmoins, une lacune de taille subsiste dans l’analyse politique : l’absence des mots "formation" et "information" des militants et des citoyens. Certes les assemblées citoyennes remplissent ces fonctions, mais celles-ci, comme les meetings ou marches départementales mentionnées dans les textes, impliquent une démarche centripète (ou autocentrée) et non centrifuge (excentrée) : on sollicite les gens pour qu’ils viennent à soi et on ne se déplace pas vers eux, sur leur lieu d’habitation, de transport, d’achat, etc., et ce d’une manière régulière non assujettie aux urgences électorales ou sociales.

Or j’ai expliqué que ce type de démarche autocentrée s’avère être, à la lumière des expériences passées, non pas inutiles, mais d’une efficacité très limitée et peut créer l’illusion du fait qu’elles ne mobilisent que des citoyens déjà convaincus dans leur grande majorité. D’autre part, la campagne d’information sur l’existence de ces réunions citoyennes pour inviter les gens à se déplacer, est généralement de portée très limitée. Je constate donc, comme je le préconisais dans le système PAFO, que cette démarche de formation de proximité et assurée par des groupes réguliers de militants répartis par secteurs, ne semble pas pris en compte dans cette stratégie qui reste encore trop teintée d’électoralisme et des schémas traditionnels. Pourtant, la campagne « l’alternative à l’austérité c’est possible » se prête particulièrement bien à cette démarche de formation.

Hervé Debonrivage


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