De l’économie barbare à l’économie humaine par Jacques Généreux.

lundi 13 novembre 2017.
 

Néolibéralisme ou néo–barbarie ?

Programme complet des chapitres du livre à l’occasion de cette conférence ici http://www.sortieouest.fr/saison/sp...

Cette conférence de 2h13 s’est déroulée le 27/09/2014. Vous pouvez la visionner en utilisant l’un des deux liens suivants :

Source 1 https://www.youtube.com/watch?v=9wA...

Source 2 http://www.o2zone.tv/Les-Web-Confer...

Au début de sa conférence, Jacques Généreux explique ce qu’il entend par barbarie.

Elle comprend quatre caractéristiques : 1) la violence l’absence de compassion, 2) le délitement du lien social conduisant à la destruction de la cohésion sociale, 3) la prédation par pillage du milieu naturel et de la production humaine, 4) l’obscurantisme.

Rejoignant l’idée d’Alain Badiou selon laquelle le capitalisme financiarisé et mondialisé contemporain légitimé par l’idéologie néolibérale retrouve en réalité sa sauvagerie originelle de capitalisme sans entraves après une période de relative domestication par l’État et les luttes sociales.

Il reprend point par point chacun les quatre éléments définissant la barbarie et montre clairement que l’économie actuelle est effectivement de nature barbare.

On apprécie une fois de plus la clarté et la pédagogie de Jacques Généreux.

Reprenons ces points :

Violence : conditions de travail et de vie stressantes et précaires, autoritarisme, remis en cause de la démocratie et de l’État de droit.

Délitement du lien social : mise en concurrence et compétition forcenée des travailleurs et des individus les uns contre les autres accompagnée d’une valorisation de l’individualisme et de la dévalorisation des solidarités.

Prédation : pillage des ressources naturelles et vivantes, néocolonialisme accompagné de destruction d’États, privatisation à outrance.

Obscurantisme : persévérance fanatique en la croyance à des valeurs ou principes économiques non fondés scientifiquement et ayant montré non seulement leur inefficacité pour satisfaire l’intérêt général et les besoins de la population mais aussi leur nocivité et dangerosité.

Cette analyse rejoint celle du "chrétien progressiste" (pardon pour l’étiquette !) Jean-Claude Guillebaud exposée dans son livre : "La Refondation du monde" (Éd. du Seuil), où il montre, que ce qu’il considère comme étant les six fondements de notre civilisation, sont actuellement en péril.

Quels sont ces principes ayant fondé notre civilisation occidentale selon lui ? Ce sont les notions de :

1) Raison, 2) d’universel (Grèce antique), 3) d’égalité (christianisme primitif repris par le siècle des Lumières),4) de temporalité fondant l’idée de progrès (prophétisme juif) ; 5) de Justice (concept judéo-chrétien laïcisé au XVIIIe siècle) ; 6) "mettant à distance le sacrifice et la vengeance" (page 89). (Rappelons selon l’anthropologie contemporaine que le sacrifice est universellement répandu dans les civilisations des sociétés dites primitives.)

Ainsi, le néolibéralisme ne remet-il pas seulement en cause ses propres racines philosophiques et politiques comme celles de liberté et de démocratie par la mise en place d’appareil policiers de contrôle social et d’organisations supranationales sans légitimité démocratique au service des multinationales, mais remet en cause aussi les fondements mêmes de la civilisation dite occidentale conduisant ainsi progressivement non seulement à une économie barbares mais aussi à une société barbare.

Il est assez saisissant de constater, qu’en suivant des itinéraires aussi différents que ceux de Jacques Généreux et de Jean-Claude Guillebaud, on puisse arriver au même sombre constat.

Hervé Debonrivage


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