Mélenchon président ? Yes, we can ! Encore faut-il que les forces progressistes le veuillent !

mardi 8 novembre 2016.
 

Les forces progressistes de ce pays préfèrent-elles voir Alain Juppé ou Marine Le Pen président plutôt que Jean-Luc Mélenchon ? C’est à elles de se prononcer, mais le choix ne se fait pas seulement dans les urnes.Il devient effectif par un engagement de militantisme de terrain car il ne s’agit pas seulement de se convaincre soi-même mais aussi de convaincre les autres.

Si les idées de Mélenchon étaient réellement connues et comprises par la population, il serait élu avec 70 % des suffrages exprimés.

Jamais les conditions objectives n’ont été aussi favorables pour qu’un candidat comme Jean-Luc Mélenchon (nous nous référons plus ici à un programme qu’à une personnalité) puisse gagner les élections.

La situation économique.

Précarité, chômage de masse persistant chez les salariés , petites entreprises et exploitations agricoles obligées de mettre la clé sous la porte par milliers, détérioration sans précédent des services publics, stagnation des revenus non seulement des salariés mais aussi des travailleurs indépendants, coût exorbitant du logement, des crédits largement insuffisants pour la recherche et le fonctionnement normal des universités, fuite de jeunes hautement qualifiés à l’étranger se trouvant dans l’incapacité de trouver un travail adapté leur qualification en France, pénurie de personnels dans les secteurs médical, de la justice et de l’éducation,… : on n’en finirait pas de dresser un tableau calamiteux résultat de plus de 30 ans de néolibéralisme mis en œuvre par les socialistes et les partis de droite.

Le choix du soi-disant « réalisme » et accommodant du parti socialiste depuis 1983 a fait preuve de son inefficacité notamment pour lutter contre les inégalités qui n’ont cessé de s’accroître.

On a beaucoup de mal à comprendre comment l’électorat de gauche réformiste continue encore à croire à la légitimité d’une telle ligne politique dont tous les indicateurs sociaux et économiques montrent l’aberration

Plus globalement, avec un taux de croissance désormais voisin de zéro, le mode de production capitaliste entre en contradiction avec le développement des forces productives. Voilà pour le versant économique et social.

La situation politique.

Du côté politique, les conditions n’ont jamais été aussi favorables pour un vote Mélenchon. D’un côté, une droite usée, divisée porteuse d’aucune idée novatrice, seulement capable de ressortir les vieilles recettes qui ,elles aussi, ont fait preuve de leur inefficacité économique et sociale. Une extrême droite (qui ne se réduit d’ailleurs pas au FN) divisée sans programme économique crédible.

De l’autre, un parti socialiste ("La gauche !" pour les médias ) délabré, discrédité, devenu un véritable repoussoir pour de nombreux électeurs dont les valeurs sont restées ancrées à gauche.

Et nous ne mentionnons pas, en prime, toutes les affaires judiciaires frappant ces différents partis.

Enfin,, un parti écologiste lui aussi divisé où les ambitions personnelles gardent toute leur puissance.

Seule l’extraordinaire puissance médiatique au service du système économique et politique dominant peut encore conduire à la victoire de ces partis désavoués par l’histoire économique et sociale.

L’obstacle à vaincre est donc bien l’insuffisance de conscience politique entretenue par les médias ,d’un électorat souvent désorienté.

Les conditions de la victoire de Mélenchon.

On peut disserter des heures sur telle ou telle probabilité d’évolution de la situation politique dans un sens ou dans un autre, mais ce qui est sûr c’est que la seule action politique qui puisse mener à la victoire est un investissement militant de terrain sans précédent pour défendre les idées portées par Mélenchon.

Les conditions objectives sont réunies pour que ce militantisme puisse aboutir à une transformation sociale profonde mais encore faut-il que les conditions subjectives soient réunies.

Le potentiel de forces existe.

– Il y a en France environ 3 millions de personnes capables de descendre régulièrement dans la rue pour défendre leurs droits, leur dignité, leur liberté. – Mélenchon réussit à avoir le soutien d’au moins 130 000 personnes.et a un potentiel électoral évalué à 12 % pour l’instant. – L’opposition massive contre la loi travail a aussi montré qu’un nombre important de citoyens ne se soumettaient pas à ce qu’il considèrent comme illégitime.

– Les différents partis de l’Autre gauche dispose de plusieurs milliers d’adhérents. – La CGT, la FSU, Sud solidaire,… les différentes associations comme ATTAC dispose aussi d’un potentiel militant considérable..

Il existe donc un potentiel de mobilisation militante possible.

Les conditions subjectives de la victoire.

a) Versant militants.

L’ensemble de ces organisations et des citoyens insoumis au système ont donc comme responsabilité historique de mettre en œuvre toutes leurs capacités organisationnelles pour qu’un programme de transformation sociale profonde soit connu et compris par la grande masse des électeurs. Il leur faut proposer une alternative compréhensible et crédible. La candidature de Mélenchon porteur d’un tel programme peut constituer une chance historique.

Cela nécessite une mise à l’écart de quelconque clanisme identitaire antagonique avec toute idée de coopération entre les forces progressistes. Cela implique aussi une conscience ou motivation politique suffisante pour comprendre qu’en l’absence d’une telle démarche , la France risque de devenir un pays fasciste.

b) Versant électeurs

Concrètement, cette mobilisation militante devrait se traduire par un quadrillage méthodique, organisé de tout le territoire (porte-à-porte, distribution de tracts dans les différents espaces publics, actions vers les médias locaux, etc.) et un usage intelligent et coordonné des techniques modernes d’information (sites Internet notamment)

Ainsi, les conditions subjectives peuvent être réunies pour que les conditions objectives conduisent à une remise en cause radicale du pouvoir économique et politique actuel, ce que Mélenchon appelle révolution citoyenne.

En l’absence de cette mobilisation militante, la France sombrera dans une catastrophe sociale et politique.

La dialectique entre conditions objectives et conditions subjectives.

Les conditions objectives décrites précédemment ne conduisent pas automatiquement à une conscience révolutionnaire mais peuvent, au contraire, conduire à des réactions de peur, de repli sur soi, d’insécurité, … Les forces politiques dominantes et le FN exploitent cette situation en divisant le plus possible le peuple, en activant les guerres d’identité. Il s’agit donc ici d’une transformation en conditions subjectives négatives contribuant ainsi à la conservation du système

À l’inverse, le travail militant progressiste consiste à transformer ces conditions objectives en conditions subjectives positives contribuant ainsi à un changement de système pour le remplacer par une société de développement humain où l’argent n’est plus roi. C’est donc, au contraire, en s’appuyant sur ce qui réunit les gens, en s’appuyant sur un esprit de coopération et non de compétition que ces forces progressistes agissent.

Hervé Debonrivage


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