Subjectivité – subjectivation et rapports de pouvoir.

mardi 18 avril 2017.
 

Le couple, la famille, l’entreprise, l’État, les appareils idéologiques et plus généralement la société fonctionnent en construisant des subjectivités au travers des rapports de pouvoir psychologique, économique et institutionnel. Nous présentons ici quelques textes pour éclairer cette question.

Un individu ou un groupe A à un pouvoir sur un individu B s’il influence son champ d’actions matérielles et (ou) mentales. Les ressources de ce pouvoir peuvent être la séduction, l’émotion, le savoir, la force, la subordination économique ou institutionnelle,,…

Le pouvoir comme production d’“effets de subjectivation”

Source : Revue Actuel Marx numéro 21 (26/0 8/2003)  http://actuelmarx.u-paris10.fr/inde...

La question de l’Humain après Marx de Florence Wolf Chapitre III Structure et superstructure

3) Le pouvoir comme production d’effets de subjectivation Accessible en cliquant ici : http://actuelmarx.u-paris10.fr/alp0...

Détermination objective et pouvoir (Extrait)

  La pensée de Michel Foucault s’organise autour de cette thèse, qui devient de plus en plus prégnante au fil de son oeuvre, de l’équivocité des pratiques sociales de pouvoir.

Pourquoi ce terme de “pouvoir”, qui n’est jusqu’ici jamais apparu ?

On peut dire que le pouvoir est défini par Foucault comme “structuration du champ des actions possibles”. Rompant avec la définition traditionnelle du pouvoir comme force centralisée de prohibition, Foucault fait apparaître le pouvoir comme processus “individualisateur”, au sens où il est une manière de conduire les conduites des individus et des groupes , en en faisant des “sujets”, c’est-à-dire aussi bien des acteurs que des “cas” auxquels peut s’appliquer ensuite le pouvoir de la norme.

Et l’on retrouve ici le double sens de “sujet” : point de départ autonome d’actions ou de pensées (ce sens ramène plutôt à la notion de subjectivité) ; et terme sur lequel s’exerce une force, un pouvoir (ce sens ramène plus à la notion de sujétion).

Or, dans notre développement précédent, nous sommes précisément arrivés à la conclusion selon laquelle l’homme ne peut être sujet[142] qu’autant qu’il se trouve à l’intersection de multiples déterminations sociales. Ainsi, on peut considérer que la notion foucaldienne de pouvoir recouvre ce que nous avons tenté d’identifier sous le terme de “détermination”, ou de “détermination objective”. “Le pouvoir, [...] c’est le nom qu’on prête à une situation stratégique complexe dans une société donnée”[143], écrit Foucault.

Comme nous l’avons fait à propos de la détermination objective, Foucault insiste sur le caractère multiple, pluriel, du pouvoir. Il n’y a pas à proprement parler “le” pouvoir ; il y a de multiples archipels de pouvoir, aux tendances parfois contradictoires, dont les effets s’entrecroisent, s’opposent, ou s’additionnent... Foucault récuse la conception du pouvoir qui en fait “une substance mystérieuse [...] quelque chose qui existe avec son origine, d’une part, sa nature, de l’autre, ses manifestations, enfin. [...] Il n’y a pas quelque chose comme le pouvoir, ou du pouvoir qui existerait globalement, massivement ou à l’état diffus, concentré ou distribué : il n’y a de pouvoir qu’exercé par les “uns” sur les “autres” ; le pouvoir n’existe qu’en acte, même si bien entendu il s’inscrit dans un champ de possibilités épars s’appuyant sur des structures permanentes. [...] En fait, ce qui définit une relation de pouvoir, c’est un mode d’action qui n’agit pas directement et immédiatement sur les autres, mais qui agit sur leur action propre. [...] Une relation de pouvoir [...] s’articule sur deux éléments qui lui sont indispensables pour être justement une relation de pouvoir : que “l’autre” (celui sur lequel elle s’exerce) soit bien reconnu et maintenu jusqu’au bout comme sujet d’action ; et que s’ouvre, devant la relation de pouvoir, tout un champ de réponses, réactions, effets, inventions possibles. L’exercice du pouvoir n’est pas en lui-même une violence qui saurait parfois se cacher, ou un consentement qui, implicitement, se reconduirait. [...] Il est bien toujours une action sur des actions”[144].

Nous constatons ici plusieurs choses :

– Premièrement, le pouvoir est bien chez Foucault “structuration du champ des actions possibles” : il est, écrit-il, une “action sur des actions”. 

– Deuxièmement - et c’est là qu’apparaît une différence entre “le pouvoir” foucaldien et “la détermination objective” dont nous avons parlé précédemment - il est l’acte effectif de pouvoir exercé par certains hommes sur d’autres (même s’il s’appuie sur des structures permanentes). En ce sens, on peut dire que le pouvoir est toujours un rapport social. Foucault place donc le processus d’individualisation des hommes au cœur même des rapports humains déjà constitués comme des rapports entre sujets. Nous reviendrons sur ce point.

– Troisièmement, si cette relation de pouvoir peut s’effectuer par le recours à la force ou, au contraire, au consensus, la force ou le consensus n’en constituent pas le principe ou la nature. En tant que structuration, le pouvoir n’use de la force ou du consensus que comme moyens ; il n’est pas en lui-même force ou consensus.

Foucault insiste également sur le fait que les relations de pouvoir, qui, comme relations (actions d’hommes sur d’autres hommes), sont à distinguer des rapports de communication (qui transmettent des informations) et des capacités objectives (qui modifient, utilisent, consomment ou détruisent des choses), s’exercent néanmoins de manière nécessaire au travers de ces deux autres formes de pouvoir : l’exercice du pouvoir se fait, pour une part très importante, à travers la production et l’échange de signes ; et il n’est pas dissociable non plus des activités finalisées - et Foucault cite[145], d’un côté, les techniques de dressage, les procédés de domination, les manières d’obtenir l’obéissance ; et de l’autre, la division du travail, la hiérarchie des tâches...

En résumé, le pouvoir est un processus de structuration du champ des actions possibles, qui, comme tel, s’exerce dans le champ de la formation sociale, et qui, de ce fait, “produit des sujets”, “individualise”. Ce qui implique qu’il est le fait d’hommes sur d’autres hommes, mais que, dans le même temps, ces hommes se constituent dans ce processus de structuration qu’est l’exercice du pouvoir. Voilà pourquoi le pouvoir ne peut être considéré comme un pur rapport de violence, ou comme un consensus.  

Le principe de l’“homéomérie sociale”

  Cette définition du pouvoir est cependant intimement liée, chez Foucault, à une critique de la psychanalyse... et du marxisme.

En effet, la démarcation foucaldienne à l’égard de la conception du pouvoir sur le modèle du “non”, de l’interdit, de la limitation, doit se comprendre comme une critique de la conception de la société comme corps unifié par un pouvoir venu d’en haut - “pouvoir législateur d’un côté et sujet obéissant de l’autre”[146]- dont Foucault montre, dans La Volonté de savoir[147], qu’elle est le système de représentations du pouvoir commun à la bourgeoisie et à la monarchie, système par lequel elles ont tour à tour établi leur domination.

Or, cette conception de la société se retrouve dans des pensées qui veulent pourtant en être la critique. Car elle se ramène en dernier ressort à l’idée d’une “organicité” de la société : le peuple gouverné en étant le corps ; et le gouvernement la tête.

Et, selon Foucault, la psychanalyse, tout comme le marxisme, en tant qu’ils sont centrés sur l’idée de Loi (Loi morale, Loi politique, Loi symbolique), participent de cette représentation de la société comme corps organique. La psychanalyse tient son principe de l’affirmation de l’existence d’un interdit sexuel et de l’injonction d’avoir à le relever[148]. Elle est donc entièrement dépendante de cette conception du pouvoir en termes de “Tu ne dois pas” ; et sa conception de la société calque celle-ci sur le modèle de la famille, faisant de celle-ci “un petit État”, ou de la société “une grande patriarchie”[149] - dans laquelle se répète, à plus grande échelle, et de manière sublimée, l’interdit sexuel. La famille est donc comme la cellule du corps organique  : elle est une partie du corps aussi bien que sa “miniaturisation”.

Le marxisme que décrit Foucault, quant à lui, demeure également dans un certain organicisme dans la mesure où il se représente le pouvoir comme “un système général de domination exercée par un élément ou un groupe sur un autre, et dont les effets, par dérivations successives, traverseraient le corps social tout entier”[150].

Ainsi, la psychanalyse tout comme le marxisme seraient finalement, selon Foucault, négateurs de la multiplicité du pouvoir comme tel, et, en cela, reproduirait cela même qu’ils essaient, par leurs théories respectives, de déconstruire : à savoir la vision à la fois organiciste et hiérarchisée de la société. Cela les conduit à penser le pouvoir en termes de “tout ou rien”, où la domination est totale ou n’est pas ; où l’affranchissement est total ou n’est pas. Or, une telle conception de la dialectique est, selon Michel Foucault, liée de façon inextricable à une vision téléologique de l’histoire - donc prisonnière du cercle anthropologique et idéaliste dont elle prétendait permettre de sortir.  

Critique de la téléologie marxiste de l’Histoire

Une vision organiciste de la société, qui fait du pouvoir une instance s’exerçant d’en haut, ne peut en effet donner à penser celui-ci comme “structuration du champ des actions possibles”, donc comme processus d’individualisation. Les individus sont dominés ou dominants, mais ils ne sauraient être dominants-dominés, ou, comme nous l’avons dit plus haut, déterminants-déterminés.

Ainsi, une telle conception de la société est amenée à retomber dans un dualisme qui, rendant impensable le rapport du dominant au dominé, ne peut concevoir la sujétion de ce dernier que comme scission du sujet, comme aliénation : “entre l’idée d’assujetissement-obéissance et celle d’aliénation, il y a une profonde parenté”[151], écrit Etienne Balibar.

Or, nous avons vu que l’idée d’aliénation était solidaire d’un mode de pensée idéaliste et humaniste. Pour Michel Foucault donc, la pensée de Marx reste prisonnière de l’humanisme qu’elle prétendait abattre. En laissant penser que le pouvoir s’exerce unilatéralement (de manière économique, de la bourgeoisie vers les classes inférieures), Marx a été conduit à établir dans la société un grand partage binaire, “dans lequel la nécessité d’une crise finale et d’un renversement est toujours idéalement contenue”[152].

Ainsi, Marx aurait élaboré sa théorie de la domination de classe en pensant à, en visant déjà la perspective révolutionnaire, et en cela il serait resté fondamentalement hégélien.

Faut-il voir, au centre de la critique foucaldienne du marxisme, cette insistance sur l’équivocité du pouvoir ? Il ne semble pas que l’on puisse l’affirmer, dans la mesure où Althusser a dégagé en Marx les prémisses d’une nouvelle science ; celle de l’articulation des pratiques humaines.

Comme nous l’avons dit plus haut, l’idée du pouvoir comme “champ de structuration des actions possibles” nous a semblé pouvoir recouvrir ce que nous entendions sous le terme de “détermination objective”. Il apparaît donc que la critique foucaldienne, pour pouvoir s’appliquer également au Marx transformé par Althusser en théoricien des pratiques, doit aller au-delà d’une insistance sur la multiplicité des formes de pouvoir. Et, de fait, Foucault lie sa critique de l’homéomérie sociale avec une critique de l’idée de progrès.   

La logique foucaldienne du rapport de forces

En effet, Foucault continue à voir dans la pensée du Marx de la maturité une filiation avec les idéologies progressistes du XIXe siècle. La divergence entre Marx et Foucault, écrit Etienne Balibar, porte sur “l’opposition entre une logique du rapport de forces, dont la “contradiction” n’est au mieux qu’une configuration particulière, et une logique de la contradiction, dont le “rapport de forces n’est que le moment stratégique”[153]. Foucault refuse la logique de la contradiction en ce que, comme nous l’avons dit plus haut, elle suppose l’intériorisation d’un rapport conflictuel par les termes de ce rapport - ce qui suppose que “les “visées” qui s’affrontent dans un conflit stratégique [...] forment [une] unité ou individualité supérieure”[154].

Et il lui préfère la logique du rapport de forces qui lui paraît bien mieux sauvegarder l’idée d’immanence historique - et mettre à bas cette notion de progrès par laquelle s’introduit, selon lui, une transcendance au sein même de l’immanence historique.

“La condition de possibilité du pouvoir, en tous cas le point de vue qui permet de rendre intelligible son exercice, [...] il ne faut pas la chercher dans l’existence première d’un point central, dans le foyer unique de souveraineté d’où rayonneraient des formes dérivées et descendantes ; c’est le socle mouvant des rapports de force qui induisent sans cesse, par leur inégalité, des états de pouvoir, mais toujours locaux et instables”[155]. Le rapport de forces se donnant a priori dans la pure immanence, la résolution d’un rapport conflictuel de ce type ne dépendant de rien d’autre que de l’état des forces en présence, concevoir le pouvoir selon la logique du rapport de forces permettrait d’éviter de retomber dans une pensée historiciste qui, en donnant aux forces en présence dans le conflit une identité supérieure à celle de simples forces, déterminerait a priori la fin du conflit.

Mais, nous le voyons, cette logique du rapport de forces repose sur l’idée d’une immanence radicale de la force ; c’est-à-dire de l’idée selon laquelle la force est une réalité sur laquelle on peut fonder une théorie sans risquer de tomber dans l’idéalisme.

De ce fait, la logique du rapport de force ne tient sa validité que de l’affirmation de la pré-existence du corps. Alors que, chez Marx, le conflit se développe d’abord dans le champ économique, et produit par contre-coup des effets de subjectivation, Chez Foucault les effets de pouvoir sont d’abord des effets de subjectivation, d’individualisation, produisant par contre-coup des effets d’objectivité et de savoir.

Nous revenons ici à la critique foucaldienne de l’homéomérie sociale. Pour Foucault, Marx demeure dans une vision “verticale” du processus de subjectivation : la société serait comprise par Marx comme traversée dans sa totalité par la domination d’une classe sur une autre.

Ainsi, le pouvoir semble s’exercer unilatéralement, du “haut” vers le “bas” - ne laissant pas concevoir le pouvoir autrement que comme une substance mystérieuse dont on ne voit que les effets et jamais la cause.

Il est possible pourtant que Foucault tienne pour acquise la définition qu’il donne du pouvoir, en plaçant celui-ci dans le strict champ des rapports sociaux. Et c’est peut-être justement pour cette raison qu’il est conduit à voir dans Marx ce principe de l’homéomérie sociale. En effet, si Foucault critique l’idée marxienne de primauté de la domination de classe dans la compréhension des rapports sociaux, c’est parce qu’il la comprend sur ce strict plan des rapports sociaux. Marx, au contraire, pense cette domination de classe avant tout comme une domination d’ordre économique ; et non comme une domination qui s’exercerait uniquement au niveau des rapports sociaux, de la superstructure. En ce sens, le pouvoir exercé par la bourgeoisie sur le prolétariat n’est pas pensable comme une substance mystérieuse, s’exerçant unilatéralement, de haut en bas, le “haut” étant pensé comme le principe inconditionné de cette domination qui, du coup, demeure totalement incompréhensible. Au contraire, le pouvoir de la classe dominante est la conséquence d’un ensemble de déterminations objectives qui, elles, peuvent être pensées sur le plan de la pure immanence.

Il semble donc que Foucault, en cherchant à fuir tout ce qui pouvait rappeler une vision hiérarchique de la société, a été amené à concevoir cette dernière sur un plan : c’est-à-dire où il n’y a rien d’autre qu’elle-même, où il n’y a que rapports de force, où il n’y a d’abord qu’effets de subjectivation. Mais de ce fait, il se voit obligé de soutenir l’idée d’une certaine substantialité des corps : en cherchant à rendre compte de l’immanence du pouvoir et des résistances qu’il suscite, et en situant d’emblée ce pouvoir au sein des rapports sociaux, Foucault ne s’est-il pas vu finalement contraint de poser à son tour un point fixe à partir duquel tout le reste s’organise : le corps, la vie dans sa matérialité ?

Paradoxalement, en rejetant catégoriquement la notion d’Homme, Foucault a maintenu son analyse du pouvoir au niveau strictement humain : au niveau des rapports sociaux, en faisant d’eux le point de départ et le point d’effectivité des “effets de subjectivation”. Finalement, Foucault est peut-être, plus que Marx, prisonnier du “cercle anthropologique”.

Fin de l’extrait.

Voir aussi sur ce thème

 :

1) Qu’est-ce qu’une subjectivation ?

Les rapports entre le savoir, le pouvoir ett le sujet chez Michel Foucault par Margus Vihalem Université de Tallinn, Estonie Le 01-09-2011 https://gerflint.fr/Base/Baltique8/...

Cet article tient à élucider le rapport qu’entretiennent, dans la pensée de Michel Foucault, d’une part, le savoir et le pouvoir, d’autre part, les processus appelés subjectivations et objectivations..

2) Une histoire philosophique du sujet et de la subjectivité.

Cours de philosophie à l’usage d’élèves de classes terminales de Lycée. http://apprendre-la-philosophie.blo...

3)Néolibéralisme et subjectivation capitaliste parPierre Dardot etChristian Laval http://www.cairn.info/revue-cites-2...

4) Anomie néolibérale et suicide au travail http://www.revue-interrogations.org...

"…L’hypothèse défendue dans ce texte sera la suivante. Le suicide, pointe émergée de l’iceberg, est le reflet d’une pathologie sociale [10] qui s’enracine dans le projet de reconstruction et d’approfondissement de la société de compétition porté par les élites économiques et politiques ces quarante dernières années. La reconfiguration des relations sociales dans l’entreprise, mais aussi, plus largement, dans la société, a créé des conditions d’atomisation et de « pétrification mécanique » [11] des rapports sociaux, qui nourrissent une gamme de pathologies individuelles et sociales dont le suicide est l’expression extrême.…"

5) Livre :Les révolutions de l’amour : sexe, couple et bouleversements des moeurs de 1914 à nos jours

par Blandine Pénicaud et Vincent Vidal-Naquet Éditions Perrin collection Synthèses historiques , (avril 2014)

Résumé

Du mariage arrangé au mariage pour tous, en passant par la fermeture des maisons closes, la libération sexuelle, la légalisation de la contraception, ou les sites de rencontres sur Internet, en un siècle les moeurs amoureuses des Français ont connu nombre de révolutions. Nous sommes passés d’une société fermement encadrée par des normes définies sur les bases de la morale chrétienne à une société marquée par la recherche individuelle du plaisir et de l’épanouissement personnel, où les modèles de comportements amoureux sont devenus multiples.

Partant de sources aussi originales qu’édifiantes les carnets d’un officier de la Grande Guerre, le journal intime d’une jeune bourgeoise des années 1920, des livres emblématiques tels Le Diable au corps ou Bonjour tristesse, le témoignage d’une prostituée, des articles de presse, l’émission de radio "révolutionnaire" de Menie Grégoire, ou encore des films cultes comme Les Nuits fauves et Jeanne et le garçon formidable, Blandine Pénicaud et Vincent Vidal-Naquet balaient le siècle écoulé pour nous offrir un panorama savoureux, à la fois émouvant et drôle, des évolutions qui ont marqué l’histoire du sexe, du couple et de l’amour depuis la Première Guerre mondiale.

Source du résumé : http://www.decitre.fr/livres/les-re...

6 ) Livre : Inégalités et rapports sociaux.Rapports de classes, rapports de sexes par Roland Pfefferkorn. Éditions La dispute (2007)

L’émergence de la problématique du genre à partir de la fin des années 1970 a coïncidé avec le recul de la problématique des classes. Ce basculement est une manifestation de la tendance récurrente de la recherche, mais aussi des médias et des discours politiques, à expliquer le mouvement des sociétés à partir d’un seul type de rapports sociaux, en écartant les autres. Le livre de Roland Pfefferkorn, professeur de sociologie à l’université Marc-Bloch de Strasbourg et membre du laboratoire Cultures et sociétés en Europe du CNRS, vise à analyser l’ensemble des rapports qui se nouent entre les divers groupes sociaux, et en premier lieu entre classes et entre sexes. Car les hommes et les femmes entrent en relation de plus d’une manière. Leurs groupes d’appartenance sont multiples : classes, sexes, générations, « races »…

Pour la première fois, un même ouvrage dresse un bilan des principales approches sociologiques des rapports de classes et de sexes. Il débouche sur un ensemble original et fortement argumenté de propositions pour sortir des représentations unilatérales de la société et inscrire ces rapports dans le temps et dans l’espace.

Source du résumé. Voir aussi table des matières http://www.homme-moderne.org/societ...

Note de de lecture https://lectures.revues.org/491

Hervé Debonrivage


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