En amont de l’échec de Mélenchon : Benoît Hamon.

vendredi 1er mars 2019.
 

En s’attaquant récemment et violemment à Mélenchon sans aucun fondement rationnel, Benoît Hamon a fait tomber son masque.

Suite de l’article écrit en septembre 2017 :

« un transfert de seulement 28 % de l’électorat de Benoît Hamon aurait permis de qualifier Mélenchon pour le second tour des élections présidentielles de 2017 ».

http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

La France Insoumise avec Mélenchon s’abstient de répondre depuis plusieurs années aux différentes agressions de Benoît Hamon à leur encontre.

Il est vrai que depuis ses défaites cinglantes aux élections législatives et présidentielles récentes, Benoît Hamon éprouve le besoin de commenter ou de prendre position par rapport à certaines interventions de France Insoumise ou de Mélenchon. Et ses prises de position sont à chaque fois abondamment commentées par les médias dominants qui font d’ailleurs toujours preuve de bienveillance à son égard.

Tout se passe comme si, pour pouvoir exister, il lui était nécessaire de s’opposer à LFI.

Cette non-réponse n’empêchera pas les médias de parler de « polémique à gauche ».

La motivation profonde de cette attitude est de pouvoir capter des voix de l’électorat de France Insoumise.

Curieuse démarche pour quelqu’un qui prétend être un fédérateur des « forces de gauche ».

Examinons tout d’abord un exemple : son invitation au Grand jury RTL du 09/09/2018.

L’émission commence par poser la question : comment contrer ou défier Mélenchon ? On ne saurait être plus clair dans la connivence entre l’homme politique et les journalistes ! On peut revoir l’émission en cliquant sur le lien suivant :

https://www.youtube.com/watch?v=42A...

On peut se reporter notamment aux environs de la 23 et 27 ème minute pour relever deux attaques dérisoires de Benoît Hamon contre Mélenchon.

La première concerne la rencontre de Mélenchon avec Macron à Marseille qui relèverait d’une conception « théâtrale » de la vie politique et la seconde remet en cause une réflexion de bon sens de Mélenchon : si l’on aidait économiquement les pays à l’origine de l’immigration celle-ci serait beaucoup moins importante.

La remarque de Benoît Hamon est proprement hallucinante : même si l’on aide économiquement pour que ses conditions de vie soient vivables, il y aura toujours de l’immigration !

Il confond immigration forcée des pays pauvres ou en guerre et immigration choisie des pays riches ! Limitation de la pensée ou mauvaise foi ?

Mais déjà en 2016, on pouvait constater avec amusement que le merveilleux magazine progressiste Le Point du 18/10 2016 écrivait : « Benoît Hamon juge grave la position de Mélenchon sur l’immigration ». Qu’importe alors les caricatures et les approximations…

https://www.lepoint.fr/politique/ha...

Le sourire fait place au rire lorsque l’on constate que dans le même article les chiens de garde du Point se font l’écho d’un autre aboiement contre Mélenchon : celui du NPA !

Benoît Hamon perché sur le plateau de la station d’Europe 1 s’érige comme porte étendard de la défense des migrants et des réfugiés. « Il faut que la gauche se lève sur la question migratoire ! » (Le 01/10/2018).

Là encore, il tente d’exploiter à son profit une différence d’appréciation avec Mélenchon sur le contenu d’un texte signé par des personnalités en faveur des réfugiés. (Texte que d’ailleurs nous avons mis en ligne sur ce site).

Benoît Hamon ne semble pas avoir compris que LFI n’est pas un parti pyramidal et que chaque adhérent garde sa liberté d’appréciation. LFI n’a pas grand-chose à voir avec le PS..

En voulant donner beaucoup de place au débat sur l’immigration pendant la campagne électorale européenne, on peut se demander si Benoît Hamon ne fait pas délibérément le jeu de Macron qui veut une fois de plus instrumentaliser la peur de l’extrême droite.

Voir site d’Europe 1 https://www.europe1.fr/politique/be...

Benoît Hamon veut faire croire qu’il existerait « au sein de la gauche » des divergences importantes ce qui est faux.

Comme pour la question de l’Europe, il cherche à tout prix des traits distinctifs lui permettant de s’opposer à Mélenchon et à La France Insoumise.

Il considère que les traités européens dans l’état actuel sont insatisfaisants mais considère comme inconcevable l’existence d’un plan B. Il oublie toujours de dire que pour France Insoumise la sortie de l’union européenne n’a rien d’automatique mais que si elle devait se faire, il serait organisé un référendum.

Voir article de France Info : « européenne : Benoît Hamon ne prendra pas le risque du plan B ».

https://www.francetvinfo.fr/replay-...

Non la vraie divergence est la suivante : Benoît Hamon est un atlantiste, veut que la France reste au sein de l’OTAN.

Comme par hasard, il n’avance jamais ce point de divergence qui est, en l’occurrence, pourtant fondamental puisqu’il s’agit de l’indépendance militaire et donc politique de la France. Contrairement à Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon ne veut pas prendre le risque que la France soit engagée automatiquement dans une guerre provoquée par exemple par les États-Unis.

Lors des perquisitions de France Insoumise, qui ont été désavouées par l’ensemble des partis politiques en France à l’exception de LREM, Benoît Hamon a affirmé que les perquisitions devaient se faire « sans passe-droit » et « sans humiliation » mais s’est bien gardé de parler d’instrumentalisation politique de la justice et d’interroger leur fondement juridique.

Voir article de Libération :

https://www.liberation.fr/checknews...

Mais ce qui est inadmissible, c’est que Benoît Hamon n’hésite pas à utiliser des fausses informations pour dénigrer violemment Mélenchon. Il accuse celui-ci de « sortir des rives de la gauche » par son soutien à Éric Drouet, figure emblématique des Gilets jaunes, qui aurait voté Front National aux dernières élections présidentielles.

Voir article de l’Observateur. https://www.nouvelobs.com/politique...

Or cette information a été démentie par Éric Drouet lui-même.

Voir l’article embarrassé du magazine l’Express du 04/01/2019. « Mélenchon, Le Pen : pour qui a voté Éric Drouet ? »

On peut être sérieusement inquiet de constater qu’une fausse information délivrée par un journaliste d’une station de radio puisse être reprise sans aucune vérification par la quasi-totalité des médias. Et les esprits simples se laissent abuser comme par exemple un blogueur du club de Mediapart le 2 janvier 2019.

Titre de l’article : « Benoît Hamon ne comprend plus rien à Mélenchon et il n’est pas le seul »

https://blogs.mediapart.fr/jchouelf...

[Et ce même bloggeur naïf comme un jeune enfant, emporté par la vague médiatique du moment, a trouvé plus qu’incorrect que Mélenchon ose dire « La république c’est moi ! » Sans se poser la question de savoir si le policier ou le magistrat qui l’empêchait de pénétrer dans le local de LFI, respectait les textes de loi de la république en agissant ainsi . Peut-être qu’avec le temps ce blogueur se rendra compte que l’on ne peut accorder une confiance aveugle ni à Mélenchon, ni au gouvernement, ni à la justice, ni à la police et encore moins aux médias.

On peut être surpris que le candidat à la présidentielle de 2017 qui a permis à Marine Le Pen d’arriver au second tour et a permis l’élection de Macron se permette de donner des leçons de morale sur ce terrain à Mélenchon.

Rappelons en effet, que le refus de Benoît Hamon de se désister au premier tour pour la candidature de Mélenchon, alors que seulement un transfert de 28 % de son électorat l’aurait permis, et alors qu’il savait qu’il n’avait aucune chance d’accéder au second tour, a provoqué la défaite de Mélenchon et le passage de Marine Le Pen au second tour. Par son absence de désistement, en faveur de Mélenchon, Benoît Hamon a choisi Le Pen contre Mélenchon. Alors les leçons de bonne conduite, c’est assez !

D’autre part, Benoît Hamon est particulièrement mal placé pour se présenter comme un reconstructeur de la gauche alors qu’il a participé à un gouvernement et a continué à représenter le PS qui a contribué à la destruction de la gauche qui a dorénavant perdu tout sens institutionnel.

Se présenter comme un rassembleur alors qu’il ne cesse de creuser des divergences et de dénigrer Mélenchon et la France Insoumise… !!!

Malgré un soutien général des grands médias, son mouvement GénérationS, coincé entre LFI, Place Publique et la gauche du PS qui a fait sécession en octobre 2018, fait plus penser aux partis des générations perdues qu’à une arche de Noé.

Présenté souvent par les grands médias comme porteur d’idées nouvelles avec son revenu universel alors qu’il s’agit ici d’une vieille idée modélisée dès 1952 et comme celui qui serait le seul à gauche à avoir « pensé » une évolution de l’emploi à l’ère du numérique, alors qu’il considère le chômage comme une variable inévitable résultant des progrès technologiques inexorables,

Mais pas seulement dans les grands médias. Voir par exemple l’article sur le site Reporterre :

« La gauche doit se saisir de la révolution numérique pour en faire un progrès social et humain ».

https://reporterre.net/Benoit-Hamon...

Contrairement à une idée reçue, le développement de l’intelligence artificielle demande et demandera beaucoup de travail humain.

Voir émission « la suite dans les idées » du 05/01/2019

« Très artificielle intelligence artificielle ».

https://www.franceculture.fr/emissi...

Benoît Hamon est en réalité un homme du vieux monde, attaché à une « union de la gauche » dont il a tiré profit pour sa carrière politique et dont il a été l’un des fossoyeurs.

Son programme électoral élaboré en trois mois résulte en bonne partie d’un copier-coller d’un certain nombre de propositions de l’Avenir en commun.

Benoît Hamon est adulé par les médias et d’ailleurs il les défend lorsque Mélenchon ose les remettre en cause :

voir la vidéo ici

http://video.lefigaro.fr/figaro/vid...

Il semble que la fonction politique essentielle de Benoît Hamon depuis de nombreuses années soit de siphonner les voix des organisations les plus radicales situées à gauche du PS.

Vaines rodomontades, petites manoeuvres obscures ou maladroites, postures, gesticulation dérisoirement politicienne, déclarations fielleuses, manque d’ampleur de vue, inconsistance, voilà une étrange manière d’exister, parasitaire et nuisible, et c’est ce petit monsieur visiblement tout occupé de sa carrière et dont (ceci explique cela) le positionnement est souvent bien trouble (ou de plus en plus clair au contraire) qui trouve si aisément tribune, c’est lui qui vient, drapé dans une éthique de circonstance, dénoncer avec une mauvaise foi sans scrupule ce qu’il appelle, sur le ton d’une Cassandre de comédie, le dangereux « confusionnisme » mélenchonien propre selon lui à favoriser le déferlement lepeniste ! Il ne recule devant rien pour avancer à bien peu.

Mais cette stratégie qui a porté ses fruits au profit de la grande bourgeoisie, a atteint ses limites puisque Benoît Hamon est toujours prisonnier de son vieux logiciel des alliances entre les forces de gauche et qu’il n’a pas compris que la transformation sociale ne viendra pas des partis de gauche mais du peuple lui-même par son autoconstruction politique. Cela remet évidemment en cause tous les avantages acquis des politiciens professionnels portés par des partis politiques.

Il est maintenant clair que tout mouvement politique se réduisant à une écurie électorale est condamné, à terme, à disparaître et cela vaut aussi pour LFI.

Hervé Debonrivage


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