Des journalistes décriés ? Hier et aujourd’hui

samedi 13 avril 2019.
 

- 1) Des journalistes décriés ? Cela ne date pas d’hier (France Culture)

- 2) Un regard historique sur la critique des journalistes intéressant mais qui ne doit pas trop relativiser la gravité de la crise actuelle (Hervé Debonrivage)

1) Des journalistes décriés ? Cela ne date pas d’hier (France Culture)

L’émission Concordance des temps du 23/03/2019 sur France Culture intitulée : « Le long décri des journalistes » a traité de la critique du monde journalistique notamment de la presse écrite tant par des intellectuels que par de simples citoyens.

Les différentes étapes de l’évolution des médias : presse–radio–télévision–Internet repose à chacune d’elles en des termes à la fois constants et différents les mêmes critiques.

Comme d’habitude dans cette émission, on peut découvrir d’excellentes archives de l’Ina.

On peut écouter l’émission en cliquant sur le lien suivant : https://www.franceculture.fr/emissi...

Présentation de l’émission sur le site :

«  flux des critiques qui se dirigent vers la profession des journalistes paraît s’enfler d’année en année. Ce décri n’est nullement apparu récemment. Au contraire, il est aussi ancien que les journaux eux-mêmes, depuis qu’ils sont nés au XVIIe siècle.

Le flux des critiques qui se dirigent vers la profession des journalistes paraît s’enfler d’année en année et la crise que l’Histoire baptisera probablement du nom des gilets jaunes semble bien contribuer aujourd’hui, de divers côtés, à les exaspérer.

Le sondage annuel que le journal La Croix réalise chaque année à ce sujet en offre le témoignage inquiétant. Inquiétant parce que comme les Pères de la Troisième République nous l’ont appris de longue main, la vitalité d’une presse libre constitue, avec l’instruction du peuple, l’un des deux piliers primordiaux d’une démocratie vivante. Lorsque les journalistes sont déconsidérés, c’est aussitôt cette démocratie qui s’affaiblit.

L’émission de ce matin sera donc consacrée au long décri de la presse. Ce sera pour constater que celui-ci n’est nullement apparu récemment, mais au contraire qu’il est aussi ancien que les journaux eux-mêmes, depuis qu’ils sont nés, au XVIIe siècle. N’est-ce pas Balzac qui disait que si la presse n’existait pas, il ne faudrait sûrement pas l’inventer ?

Je ne relève certainement pas cela pour nourrir je ne sais quelle résignation à l’inévitable, car cette attitude serait délétère. Mais l’idée s’impose que ce phénomène, qui a connu des hauts et des bas, a forcément des causes plurielles et évolutives, et que, par conséquent, l’examen de celles-ci peut révéler beaucoup, au-delà du phénomène lui-même, sur les régimes politiques successifs, sur l’équilibre des sociétés et sur les représentations qu’elles se donnent d’elles-mêmes, d’âge en âge. On pourrait même rêver (pourquoi pas ?) sous la lumière d’un passé chaotique, à l’esquisse de quelques solutions propres à améliorer les choses.

Claire Blandin, mon invitée, est professeure à l’Université Paris-13 où elle enseigne l’histoire des médias. Elle s’est intéressée en particulier à la longue destinée du Figaro et elle appartient à l’équipe qui publie la précieuse revue intitulée Le Temps des Médias. »

2) Un regard historique sur la critique des journalistes intéressant mais qui ne doit pas trop relativiser la gravité de la crise actuelle (Hervé Debonrivage)

Si les journalistes sont décriés depuis l’avènement de la presse et des autres médias, c’est que ceux-ci véhiculent une violence symbolique sur une partie de la population qui résiste au conditionnement idéologique véhiculé par les médias.

A-t-on mesuré au cours d’Histoire les espaces médiatiques réservés à la droite, à la gauche réformiste et à la gauche radicale en termes d’espaces rédactionnels et de temps de parole ? A-t-on établi des corrélations entre la nature politique des élus de représentants du peuple avec la surface de ces espaces ?

Bizarrement ce genre de questionnement sensible n’apparaît jamais lorsque l’on parle d’histoire des médias.

Le bain idéologique dans lequel baignent journalistes et universitaires empêche-t-il donc de se poser ce genre de questions ?

D’autre part, cette émission ne doit pas nous faire oublier que l’appareil idéologique de combat (sous-ensemble de l’appareil médiatique) mène depuis ces dernières années une guerre idéologique et psychologique d’une intensité inédite par l’ampleur des moyens mis en œuvre contre le mouvement social et toute force politique alternative s’appuyant sur un corps électoral numériquement non négligeable.

L’absence d’un véritable pluralisme dans les grands médias conduisant à effacer une alternative réaliste comme celle de la France Insoumise et générateur de violence puisqu’une partie de la population ne voit plus aucune issue possible dans le cadre des institutions. Rappelons que France Culture participe à cet effacement.

On préfère dans les grands médias invité Le Pen et les chaînes en continu préparent actuellement l’alternance avec le rassemblement national au cas où la République en marche deviendrait minoritaire.

Pour plus de détails, voir :

Le Pen et les médias, de Jean-Marie en 2002 à Marine e

Article complet sur Acrimed https://www.acrimed.org/Le-Pen-et-l... 2017

par Mathias Reymond, jeudi 21 mars 2019

Voir aussi : Les chaînes télé déroulent le tapis rouge devant Marine Le Pen par Frédéric Lemaire, mardi 19 mars 2019

https://www.acrimed.org/Les-chaines...

Hervé Debonrivage


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