Un plan média pour les groupes d’actions de LFI.

mercredi 17 juillet 2019.
 

Un plan média pour les groupes d’actions de LFI.

La France Insoumise est la seule organisation en France constituant un danger sérieux pour la perpétuation de l’hégémonie politique et économique de l’oligarchie dominante.

Il est donc logique que cette dernière utilise tous les moyens institutionnels et médiatiques pour neutraliser sa progression. Il apparaît urgent que LFI améliore son organisation et se munisse d’un plan média pour pouvoir prétendre un jour gouverner la France en accédant au pouvoir par les urnes.

Ce texte fait suite à l’article intitulé « les limites des critiques pour expliquer les contre-performances de LFI aux deux élections précédentes »

Les limites des critiques couramment avancées pour expliquer les contre-performances de LFI aux deux dernières élections

Un plan média défensif et offensif de LFI.

1– Une formation des militants de LFI concernant les médias

1.1 Une formation concernant les différentes techniques de manipulation de l’appareil idéologique médiatique ; des différentes stratégies de neutralisation utilisée. Élaboration d’une nomenclature de ces techniques. Plus généralement, les techniques de scénarisation de l’information.

1.2 Comment définir une diversion ? Quelles sont les grandes diversions utilisées ? Diversions conjoncturelles et diversions permanentes. Élaborer une nomenclature des diversions.

1.3 De l’usage des affectes par les médias.

1.4 Les procédés utilisés dans la guerre psychologique et cognitive.

15 Apprentissage de montage vidéos pour dénoncer des manipulations diverses à diffuser sur YouTube.

1.6 Une formation des représentants de LFI leur apprenant à garder leur contrôle émotionnel lors des agressions de déstabilisation des AAI. Bien connaître ces techniques de déstabilisation. Rappelons qu’une caméra dans un tel contexte de guerre idéologique est un vecteur de destruction politique.

L’agression verbale à l’encontre des journalistes, en fait des agents de la guerre idéologique ne sert à rien, est totalement inefficace. Mieux vaut prendre à témoin par exemple les auditeurs ou téléspectateurs en démontant précisément et froidement la manipulation mise en oeuvre à l’instant T.

Cela est relativement facile car il est aisé de constituer une banque de données de ces techniques de déstabilisation et avoir moyen de les neutraliser aisément. La violence de la riposte est ainsi beaucoup plus forte et efficace qu’une quelconque invective (qui est souvent récupérée et tourne en boucle). Les AAI jouent alors à fond la carte de la victime et de toute façon sont incapables de faire la moindre autocritique.

1.7 Utiliser des outils de connaissance sur les médias.

Le site–association Acrimed est évidemment incontournable.

Il existe un nombre non négligeable d’ouvrages critiques sur les médias dont il peut être utile de constituer une bibliographie.

Une remarque sur Acrimed : le champ d’action critique doit évidemment être connu mais il reste insuffisant car cette association n’a pas pour vocation d’analyser les stratégies politiques utilisées par le pouvoir et différents partis pour neutraliser l’action de LFI.

Il faut toutefois évoquer le très bon travail d’Acrimed sur le « Mélenchon bashing ».

D’autre part, le nombre de journalistes d’Acrimed n’est pas suffisant pour mettre en oeuvre le plan d’action qui va suivre.

Organiser des dizaines de groupes d’actions pour mettre en place un plan de défense et d’attaque contre l’Appareil Idéologique médiatique de combat, bras armé de la caste oligarchique .

2 Une Stratégie défensive.

2.1 Les radios et télévision :

Observation des chaînes de radio et de télévision publiques et privées à fort taux d’audience mais aussi de LCP (bien que son taux soit plus faible) compte tenu de sa fonction.

On peut spécialiser un groupe d’actions seulement sur un ou deux médias. Les tranches horaires doivent être évidemment ciblées : par exemple 6h30–neuf heures ; 18 heures–21 heures.

L’objectif est de détecter les stratégies d’effacement total ou partiel et de dénigrement de LFI par exemple.

Cette observation peut s’accompagner d’une collecte de données : enregistrements sonores ou vidéos permettant ultérieurement un décryptage, un démontage des manipulations pouvant faire l’objet une vidéo d’information de formation sur YouTube par exemple.

Un chronométrage des temps de parole ou d’antenne d’une émission déterminée ou sur un ensemble d’émissions peut être aussi utile. On peut aussi évidemment, à cet effet, utiliser quand c’est possible, des données du CSA.

Prolongeant le travail d’Acrimed, on peut aussi identifier les différents types d’AAI officiant sur les chaînes.

Les chaînes observées pourraient être : TF1, France 2, France 3 (régional) ; LCP ; BFM TV ; C news ; France Info ; LCI ; Arte, France 5 ; France Inter ; France bleue ; France Culture ; Europe 1 ; RTL, RMC, Sud Radio

Il ne s’agit évidemment pas d’observer ces chaînes 24 heures sur 24 mais sur des créneaux particuliers impliquant des analyses politiques économiques, des « débats »… Par exemple l’émission C dans l’air sur France 5 ; l’émission d’information 28 minutes sur Arte ;… En revanche, les créneaux horaires sur France inter et Europe 1 par exemple devraient être plus larges.

Remarquons qu’il est aussi possible d’utiliser les replays ou podcasts pour étudier les émissions.

En considérant la mobilisation d’un groupe d’action par chaîne cela impliquerait donc seulement 18 groupes d’action pour l’audiovisuel.

Un exemple concret récent : L’effacement de France Inter concernant les propositions de la France insoumise sur le référendum d’initiative citoyenne ayant provoqué une réaction de Mélenchon.

http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

2.2 Réseaux sociaux, YouTube.

Il faudrait aussi observer la propagande anti LFI sur Facebook, Twitter, Instagramme, YouTube.

Ces attaques contre LFI devraient provoquer des ripostes de masse pouvant éventuellement utiliser des robots.

Il pourrait être intéressant d’analyser les réseaux interpersonnels et intergroupes utilisés.

Cela pourrait impliquer quatre groupes d’action.

2.3 La presse.

Il est aussi nécessaire d’observer les articles de presse. Là aussi, LFI subit les mêmes stratégies de neutralisation pratiquées par les médias audiovisuels. Le support du journal ou magazine peut être imprimé ou au format numérique.

Pour le support imprimé, il est possible d’exploiter les ressources de certaines médiathèques qui sont abonnées à la plupart des quotidiens nationaux ou régionaux et aux principaux magazines.

On peut analyser le Monde ; le Figaro ; Libération ; le Parisien ; le JDD ; 20minutes ; L’Express ; Le Point ; L’Obs ; Match et les grands titres de la presse régionale : Ouest-France ; le Midi Libre ; Sud Ouest ; La Voie du Nord ;…

À raison d’un organe de presse par groupes d’action, cela pourrait en impliquer environ une quinzaine.

2.4 la presse de l’Autre gauche : une observation marginale.

On peut citer l’Humanité, la presse du NPA. Il s’agit ici d’enregistrer les fausses informations, les caricatures des positions de LFI qui induisent des idées fausses sur les militants de ces partis et peuvent constituer un obstacle à l’unité d’action. Cela est relativement rare. Cela peut impliquer un seul groupe d’action.

2.5 Constitution d’un répertoire global des interventions des représentants de LFI dans les médias.

On classe les interventions par type de média.

On enregistre les liens d’accès, on globalise des temps d’intervention par type de média.

On indique pour chaque intervention le nom de la chaine, l’horaire, la date, la durée, l’audience (Médiamétrie) quand c’est possible.

On comptabilise le temps d’intervention globale dans les grands médias et on la compare aux chiffres du CSA. Cela permet aussi d’avoir un recul sur la visibilité de LFI dans les grands medias.

Les interventions au sein du Parlement font l’objet d’un comptage spécifique.

Cette banque de données pourrait être aussi un outil utile aux militants pour leur information et formation.

Des matériaux existent déjà sur le site de LFI.

On ne peut parler d’effacement de LFI par les grands médias si on ne dispose pas de données scientifiques précises.

Ce travail peut être réalisé au niveau national par un groupe de coordinations–médias.

3 Organiser une stratégie offensive de répliques

3.1 Une Charte déontologique de la réplique aux médias commune à tous les groupes d’action–médias

Après cette phase d’observation et d’enregistrement de données, les groupes d’action–médias organisent des répliques, des contre- attaques suivant des modalités variées (voir ci-dessous) mais celle-ci, pour être efficaces, doivent respecter un certain nombre de règles : absence de violences verbales, d’injures, de procès d’intention ; d’accusation pouvant déboucher sur une diffamation, ne pas être fondé sur des faits, etc.

D’autre part, la réplique ne devrait pas être individuelle mais se faire au nom d’un collectif insoumis, c’est-à-dire au nom d’un ou de plusieurs groupes d’actions reconnus comme tels officiellement par LFI.

La violence symbolique exercée par les AAI sur les adhérents de LFI pouvant être d’un haut niveau d’intensité, peut provoquer des réactions de violence incontrôlée de la part d’un certain nombre, sans doute minoritaire, d’insoumis. Dans un tel contexte de guerre, mieux vaut la réflexion collective, bannir toute réaction émotionnelle parfois même recherchée par les ‘mercenaires’ de la désinformation.

La réaction de groupes permet aussi de se prémunir contre un certain nombre de coups montés par les médias faisant intervenir tel ou tel soi-disant insoumis isolé.

Par exemple, lors d’un « téléphone sonne » de France inter, on a vu, plutôt entendu, un auditeur se prétendre être insoumis et passer son temps à dénigrer LFI.

3.2 les modalités de la réplique.

Après avoir enregistré l’agression contre LFI en ayant clairement identifié sa nature :effacement total, effacement partiel, coupure de parole, caricature, dénaturation d’une position, dénigrement portant sur l’intégrité morale d’un insoumis d’un collectif d’insoumis, insinuations calomnieuses (antisémitisme,…), mise en concurrence artificielle avec un mouvement minoritaire ou majoritaire sous prétexte de soi-disant convergences, etc, est organisée une réplique pouvant prendre plusieurs formes.

Il serait possible de construire une nomenclature sur les différents types d’agressions et stratégies de neutralisation de LFI.

a) Demander un droit de réponse aux médias incriminés. Enregistrer sa réponse / non-réponse.

b) Intervenir auprès du CSA quand c’est possible.

c) Expliquer sous forme de tracts la nature des agressions médiatiques contre LFI ou l’un de ses représentants.

Ces tracts peuvent être distribués à la sortie des bureaux du média incriminé, à l’entrée des gares, sur les marchés, en porte-à-porte, etc.

Pour économiser les forces, ce type de tract peut être distribué simultanément avec un autre tract de LFI ayant d’autres motifs. On peut même imaginer que presque tous les tracts relatifs à quelconque sujet contiennent, pour partie, une critique des médias.

Le média agresseur doit être informé que son agression pourra se traduire par une perte de son audience du fait de l’ampleur de la contre-offensive. Frapper le porte-monnaie et l’audimat est une stratégie efficace.

d) Intervention sur les réseaux sociaux et mises en ligne des vidéos sur YouTube décortiquant les manipulations,…

e) Intervention directe par e-mail, téléphone, voire même demande de rdv auprès de la rédaction du média incriminé.

f) Intervention auprès des radios locales quand c’est possible.

g) Prise de contact avec les syndicats de journalistes et de techniciens de l’audiovisuel pour dénoncer les atteintes au pluralisme et les violations répétées de la charte de Munich.

h) Organiser des réunions publiques sur la question des médias.

i) organiser des manifestations de protestation à proximité du média incriminé.

j) Au niveau national, constitue un fond de réserve de 300 000 € pour attaquer en diffamation les A AI atteignant l’intégrité morale des représentants de LFI.

Ne pas hésiter à utiliser cette procédure après consultation d’un juriste.

3.3 Organiser une démarche offensive globale.

La stratégie anti AIMC (Appareil idéologique médiatique de combat) ne doit pas se réduire à contrecarrer les tentatives de destruction politique de LFI.

LFI devrait être en mesure de montrer en quoi les médias ne sont pas pluralistes, utilisent des fausses informations, dissimulent certaines informations gênantes pour le système en place, se font les porte-parole d’intérêts privés et du pouvoir politique.

LFI peut exploiter des contradictions internes au système médiatique.

Tous les journalistes ne sont pas des AAI appartenant à une chefferie médiatique au service de la caste. Nombre d’entre eux subissent aussi les décisions autocratiques de ces chefferies aux salaires très élevés.

Comme l’expliquait Acrimed dans un article récent, le verticalisme caporaliste s’aggrave dans le monde des médias, l’ubérisation de la profession aidant.

La tentative d’Aude Lancelin et de ses confrères de sortir de cet étouffoir idéologique pour créer un autre média en est un symptôme.

La précarité s’accroît dans le monde des médias.

Ainsi, la bataille médiatique peut se mener sur un terreau relativement favorable.

La France est classée au 33e rang mondial pour la liberté de la presse en 2018 selon RSF. Le taux de crédibilité des grands médias est grosso modo de 50 % entre 2016 et 2018 selon l’institut Kantar. La crédibilité des informations sur Internet est encore plus faible (environ un tiers).

L’incrédulité est encore plus forte chez les jeunes de 18–25 ans. LFI pourrait réfléchir à l’exploitation de cette situation pour affaiblir la puissance de feu de l’ AIMC.

Il est relativement facile de montrer l’incurie et l’hypocrisie d’un certain nombre d’AAI dans le domaine supposé être de l’information.

Prenons un exemple récent : la dénonciation des violences antisémites en France.

Le parti socialiste s’érige en premier pourfendeur de l’antisémitisme. Mais, le gouvernement Hollande et le groupe socialiste n’ont pas voulu voter pour la résolution de l’ONU du 21 novembre 2014 pour la lutte contre le nazisme et le néo nazisme. Un scandale absolu. Voir l’article en cliquant sur le lien suivant : http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

En publiant et en popularisant une telle information, la tentative de déstabilisation de LFI par le PS et le pouvoir volerait en éclats. Pour éviter une dispersion des forces, les groupes d’actions médias pourraient être reliés à une plate-forme spécifique de l’espace des luttes de LFI. Des synthèses des observations et des actions de riposte pourraient être réalisées.

Seraient ainsi mises en évidence des campagnes de désinformation et d’effacement de LFI. Des actions au niveau national pourraient être envisagées.

Conclusion :

La bataille médiatique constitue un enjeu central de la lutte politique. Faute de l’avoir compris, malgré un militantisme d’action sociale et un militantisme électoral de longue haleine, le PCF a dorénavant une influence réduite à 1 %–2 %. Il avait pourtant les moyens humains d’engager une telle bataille. Maintenant, c’est trop tard. Pourtant, à la fin des années 60, le journaliste communiste Francis Crémieux les avait prévenus de la nécessité d’engager une bataille idéologique contre les médias. Mais on connaît la réaction basique des militants en réponse à cela : « On ne va pas perdre notre temps à répondre à toutes les provocations anticommunistes et de toute façon on ne peut pas faire grand-chose contre cette propagande à part de distribuer des tracts pour diffuser nos idées et vendre l’Humanité ». Alors, LFI va-t-elle commettre la même erreur ? La violence de certains Gilets jaunes contre les médias révèle enfin une prise de conscience du mouvement social de l’existence de cette armée visible–invisible qui ne dit pas son nom et de la nécessité de neutraliser son action. Mais ce n’est certainement pas par l’agression verbale ou physique des journalistes que l’on peut neutraliser un tel système : on obtient alors plutôt l’effet inverse. Le contexte social et politique actuel peut permettre enfin que les militants de LFI et autres agents du mouvement social victime d’une intense violence symbolique commencent enfin à réagir d’une manière froide et coordonnée à l’action destructrice de l’appareil idéologique de combat du système médiatique.

Annexe :

Voici quelques liens renvoyant à quelques-uns de mes articles :

1) Comment les médias ont éliminé Mélenchon du 2ème tour et ont fait élire Macron. http://www.gauchemip.org/spip.php?a... Une réalité censurée par les médias est méconnue par les militants de LFI : 2) La sous -représentation de la France insoumise à l’Assemblée nationale. http://www.gauchemip.org/spip.php?a... On constate, par exemple que le PS avec moins de voix obtient plus de sièges que LFI. Voici un extrait du tableau FranceInsoumise....2497622. voix...11,03 … 17 sièges Partisocialiste.......1685677 voix….7,44....... 29 sièges Et le CSA, au nom de la représentativité à l’Assemblée nationale accordera plus de temps de parole au PS qu’à LFI

3) La France Insoumise : la Grande Menace pour la caste oligarchique. http://www.gauchemip.org/spip.php?a... Cet article permet d’accéder à d’autres qui me semblent importants.

4) Les médias en tant qu’appareil idéologique de combat. http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

5) La rigoureuse cohérence de la démarche politique de Jean-Luc Mélenchon http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

6) La colère républicaine de Jean-Luc Mélenchon à l’occasion des perquisitions de LFI http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

7) la crise de la représentation politique : étude globale de ses causes http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

http://www.gauchemip.org/spip.php?a... Cet article montre dans sa dernière partie comment les médias, en façonnant l’imaginaire politique de bon nombre d’électeurs en spéculant sur leur ignorance et en fabriquant des produits dérivés comme les problèmes identitaires, a provoqué la formation d’une bulle d’illusions qui a fini par éclater sous la pression du réel provoquant ainsi le mouvement des Gilets jaunes. L’ignorance constitue en réalité une construction médiatique puisque l’AIMC empêche une bonne partie de la population d’accéder à la connaissance de l’alternative politique que représente LFI avec son programme l’Avenir en commun. Mais cette obstruction est aussi liée à d’autres facteurs étudiés dans l’article.

9) Les médias , La France Insoumise, Macron et le Rassemblement National http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

10) L’inconscient médiatique, une cécité collective. http://www.gauchemip.org/spip.php?a... Cet article expliquait en 2014 comment les responsables politiques de l’Autre gauche et notamment le Front de gauche ont ignoré l’action des médias non seulement dans la construction d’un imaginaire collectif aliéné mais aussi sur leur propre mouvement en altérant considérablement leur efficacité.

Hervé Debonrivage


Signatures: 0
Répondre à cet article

Forum

Date Nom Message