Au cœur de la stratégie économique du programme de Jean-Luc Mélenchon, deux grandes répartitions à modifier.

vendredi 17 mars 2017.
 

Comprendre l’architecture du programme économique de "L’avenir en commun".

À la source des grands problèmes socio-économiques tels la précarité de l’emploi et le chômage, l’accroissement des inégalités et de la pauvreté, la dette publique on trouve les deux problématiques concernant la répartition des richesses produites par la population active.

Comprendre l’architecture du programme économique de "L’avenir en commun".

1 – Deux grandes répartitions.

– D’une part il existe un déséquilibre dans le partage des richesses produites par la population active (2200 milliards d’euros produits par 26, 3 millions d’actifs dont environ 23,5 millions de salariés). Ce partage s’établit entre salaires et profits, autrement dit, entre travail et capital. Pour retrouver le partage des années 1970, il faudrait augmenter la part des salaires de 10 %. Ce sont des dizaines de milliards d’euros par an en moyenne qui sont transférés de la masse salariale vers les profits

– D’autre part, existe aussi un déséquilibre dans le partage ou l’utilisation des profits entre la part versée en dividendes aux associés ou actionnaires et la part utilisée pour l’épargne servant à l’investissement productif

Quelques précisions concernant ces répartitions.

– Concernant le premier partage

Selon les points de repères choisis sur la courbe représentant depuis 1950 les variations de la part des salaires dans le PIB, ou encore des moyennes par périodes choisies, la part de transfert varie de 3 % à 10% correspondant à des transferts de 30 à 200 milliards d’euros par année. Certains analystes font par ailleurs remarquer que sur certaines périodes le partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits est à peu près stable.

On peut certes défendre ces différents points de vue mais arrivé à un certain très haut niveau de salaire, la différence entre salaires et profits devient artificielle. La croissance est très hauts salaires et plus rapide que celle du salaire moyen ou médian. Pour des considérations plus détaillées on peut se référer à notre article sur les profitset les études de Camille Landais.

Ces statistiques de répartition ne tiennent compte que des sociétés non financières. Or il faudrait tenir compte aussi des sociétés financières et des profits colossaux qu’elle réalise surtout sur la période du capitalisme actionnarial très financiarisé.

Ainsi Michel Husson dans son étude " Doit-on compter le profit bancaire ?" indique : "…le partage de la valeur crée entre salaires et profits n’est exhaustif qu’à la condition d’inclure le profit bancaire dans la définition du profit global" (Voir annexe)

L’intérêt d’une autre étude de Michel Husson "Le partage de la valeur ajoutée en Europe" est d’analyser le phénomène plus globalement. Cette étude globale confirme la détérioration de la part salariale par rapport à celle du profit.

Ces considérations critiques peuvent faire oublier que le problème de fond, est celui de la juste répartition entre salaires et profits quelque soit l’année considérée y compris celles où le partage semble être le plus favorable aux salaires. Le débat sur l’évolution peut tendre ainsi à masquer le problème de principal et à faire dévier le centre du débat.

– Concernant le second partage

Il peut être utile de distinguer dividendes bruts et dividendes nets obtenus après déduction de l’impôt Rappelons que les dividendes sont imposables sur 60% de leur montant. (abattement de 40%). Pour être plus précis encore, on peut déduire aussi la CSG (5,1 %) ce qui fait donc un abattement global de 45,1 %. Ce montant imposable est ensuite intégré dans la déclaration de revenus et est imposable selon les tranches habituelles. Pour obtenir le dividende net il faut non seulement déduire l’impôt mais aussi le montant des cotisations sociales qui s’élèvent à 15,5 % du montant des dividendes avant abattement. On remarquera que ce taux de cotisation est inférieur à celui des cotisations sociales payées par les salariés de l’ordre de 23% du salaire brut en moyenne. Cet impôt sur les dividendes est à distinguer de l’impôt sur les sociétés.

Ces précisions techniques peuvent être notamment utiles pour démystifier de pseudo arguments prétendant qu’après "ponction fiscale", les dividendes seraient réduits à peau de chagrin.

2 – La stratégie économique pour agir sur ces répartitions.

2. 1 – Premier répartition : salaires/profits

a) Versant salaires

A – Il faut augmenter les salaires et prioritairement le SMIC.

Cette augmentation des salaires a pour effet d’augmenter la demande quantitative de produits et de services mais aussi d’améliorer la demande en produits de qualité (notamment dans le domaine de l’alimentation)

Cette demande a pour effet de relancer l’activité économique des entreprises dont les carnets de commande se remplissent du fait de l’accroissement de cette demande.

Mais ces augmentations de salaires doit s’accompagner d’autres mesures économiques pour éviter d’être contre–productives.

– D’abord éviter de mettre en difficulté les TPE et PME. Pour cela il est nécessaire de créer un fonds commun de cotisations sociales pour l’ensemble des entreprises, chacune versant à la mesure de sa taille et de ses possibilités financières. De sorte que les petits entreprises paient moins de cotisations que les grosses.

De même, une réforme fiscale adaptée fera que le taux d’imposition des petites entreprises soient moins élevés que celui des très grosses.

– D’autre part, pour éviter que la demande fasse exploser les importations il est nécessaire de créer une grande quantité de nouvelles entreprises sur le territoire national pour satisfaire la demande. Pour éviter une concurrence déloyale d’entreprise étrangère pratiquant des coûts de production beaucoup moins élevée en raison de leur moins disant social et écologique, un protectionnisme solidaire sera mis en place.

Les autres conséquences positives de l’augmentation des salaires.

L’augmentation des salaires provoquant un regain d’activité des entreprises a pour effet de diminuer le chômage. D’autre part, elle rend possible des rentrées fiscales et de cotisations sociales permettant de faire diminuer la dette publique et de mieux équilibrer le budget de la protection sociale. Cette croissance des rentrées fiscales permet entre autres services publics d’améliorer quantitativement et qualitativement la formation générale et professionnelle. De nouvelles formations du bac pro au niveau ingénieur pourront faire face à la mise en place de la transition énergétique et d’une agriculture paysanne biologique.

B – Augmenter la masse salariale globale en réduisant progressivement le chômage et en diminuant le temps de travail .

Cela permet ainsi de répartir la quantité globale de travail sur un plus grand nombre de salariés et de travailleurs indépendants.

b) Versant profits.

Maîtriser et diminuer la part relative des profits dans la valeur ajoutée globale.

Première méthode : agir sur les prix en limitant les marges du secteur productif et du secteur de la du secteur commercial notamment de la distribution. Cette limitation des marges bénéficiaires excessives doive aussi s’accompagner de mesures fiscales et aides pour permettre aux petit commerce de proximité de vivre face à la concurrence des grandes surfaces.

Diminuer progressivement le coût de l’immobilier tant pour l’accès à la propriété que pour les locations. Le coût de l’immobilier est devenu un problème socio-économique majeur.

Deuxième méthode  : limitation des profits des revenus du capital et taxation des gros patrimoines. Ceci pour mettre fin à une économie de rentiers

Troisième méthode  : encadrer et limiter la spéculation boursière et diminuer progressivement le nombre de sociétés cotées en Bourse.

Quatrième méthode  : plafonner les revenus du capital.

Cinquième méthode  : lutter efficacement contre la fraude et l’évasion fiscales.

Sixième méthode  : récupérer dans le secteur public des entreprises privatisées rentables délivrant un service public. Créer un pôle public du médicament.

Septième méthode  : renégocier la dette publique en minimisant les intérêts spéculatifs de l’emprunt. Favoriser la renégociation de prêts immobiliers contractés par des ménages à un taux beaucoup trop élevé.

2. 2 Deuxième répartition : dividendes/épargne pour investissement productif.

L’objectif est de rendre largement dominant l’épargne productive par rapport aux dividendes.

a) Versant investissement productif.

Donner des perspectives aux investisseurs en accroissant considérablement la demande (Voir ci-dessus) et en favorisant des projets d’investissement sur le long terme compatibles avec l’écosystème et l’intérêt général.

Construire un régime fiscal plus favorable à l’investissement productif qu’aux activités spéculatives financières et notamment boursière.

Pôle public bancaire permettant aux entreprises d’emprunter à des taux plus élevés et encadrement des taux des banques privées. Cela revient à diminuer le coût du capital pour les entreprises.

Permettre à l’État de faire des investissements en empruntant à la Banque de France et à la BCE.

Fiscalité des entreprises favorisant la création d’emplois, l’innovation.

Favoriser la recherche-développement par une fiscalité adaptée et une aide de l’État en veillant à ce que les gains de productivité engendrés par la mécanisation et la robotisation ne soit pas générateurs de chômage mais de création de nouveaux emplois ou d’une diminution du temps de travail.

Favoriser tous les secteurs permettant la transition énergétique et plus généralement écologique dans le cadre d’une planification écologique non technocratique et encourageant les initiatives locales.

Favoriser le développement des industries numériques, de l’aérospatiale, des activités liées à la mer.

Œuvrer pour que le taux de change de l’euro favorise les exportations.

Créer une coopération économique multipolaire diversifiée notamment avec les pays de l’Amérique latine, la Russie, l’Inde et la Chine.

Construction d’un fonds definancement européen pour l’investissement productif notamment en recherche innovation.

b) Versant dividendes.

Faire que la taxation des dividendes soit égale ou supérieure à celle du travail. En d’autres termes la taxation de l’épargne productive doit être inférieure à celle des dividendes.

Plafonner le montant des dividendes distribués par un pourcentage de l’excédent brut d’exploitation de l’entreprise.

Établir un revenu maximum dividendes + autres revenus du capital et patrimoine + salaires et avantages afférents.

3 – Quelques textes concernant le partage des richesses, les dividendes et l’ investissement productif

3.1 Les distributions de dividendes plombent l’investissement des entreprises

Source : Alternatives économiques. Christian Chavangeux http://alternatives-economiques.fr/...

Les résultats du CAC 40 pour 2013 soulignent encore une fois combien le coût du capital pèse sur le tissu productif français : avec des profits en baisse de 8 %, les grandes entreprises augmentent leur distribution de dividendes de 6 %, au détriment de l’investissement.

En 2013, les entreprises du CAC 40 ont réalisé 48 milliards d’euros de profits, en diminution de 8 % par rapport à 2012. La croissance en panne dans la zone euro, le ralentissement des pays émergents, l’appréciation de l’euro et des dépréciations d’actifs se combinent pour expliquer ces moins bonnes performances.

Pour autant, les actionnaires de ces entreprises vont ressortir gagnants de cette baisse de forme puisque les dividendes progressent de 6 % pour s’établir à 39 milliards d’euros. Ainsi, un peu plus de 80 % des profits du CAC 40 sont utilisés à la distribution de dividendes.

85 % des profits partent en dividendes

Est-ce une année exceptionnelle ? Aucunement. Comme le montre le graphique ci-dessous, à la fin des années 1980, toutes les entreprises non financières – cela va donc au-delà du CAC 40 - distribuaient 30 % de leurs bénéfices en dividendes. En 2012, c’était 85 % ! Et la tendance est croissante ces 25 dernières années. Lorsque les entreprises françaises créent de la richesse, elles ne privilégient ni l’investissement pour préparer l’avenir et renforcer leur compétitivité, ni l’emploi, mais la rémunération des actionnaires.

Voir le graphique sur la page source.

Fin du texte.

3. 2 Quand les actionnaires accaparent 60 % des bénéfices des entreprises.

Source :Basta Mag http://www.bastamag.net/Quand-les-a...

Les 47 entreprises françaises cotées en bourse ont versé 60% de leurs bénéfices en dividendes.

3. 3 Verser des dividendes ou des salaires ? Évolution masse salariale / dividendes

Source : CGT finance publiques . Le 19/07/2013 http://www.financespubliques.cgt.fr...

En 30 ans, la masse salariale des entreprises a été multipliée par 3,6, alors que la somme des dividendes versés aux actionnaires a été multipliée par 20 !

En 2013, la part des salaires dans la richesse créée (la valeur ajoutée) est de 67% en-dessous de ce qu’elle était en 1951.

Entre 1983 et 2013, la part des salaires dans la richesse nationale a baissé de 8%, ce qui correspond à une baisse annuelle de la part des salaires de 150 milliards €, pour des investissements qui sont restés à 19%. Ce sont donc les actionnaires qui en ont bénéficié.

3.4 Reprendre la plus grande part des dividendes extorqués sur notre travail

Source : Blog de Gérard Filoche http://www.filoche.net/2014/03/07/r...

Extrait Selon l’INSEE, de 1980 à 2010, la part de dividendes en France est passée de 3 % de la richesse nationale à 9 %, soit une hausse de 180 milliards par an pendant trois décennies. En 30 ans, les dividendes extorqués sur notre travail ont augmenté de 200 %. En 1980, les SNF versaient 13 % de leurs profits (EBE) aux actionnaires ; en 2012, c’est plus de 29 %. Sur la même période, en euros constants, les salaires n’ont progressé que de 20 % et malgré les dizaines de milliards d’« aides », d’assistanat aux chefs d’entreprise, le chômage de masse dépasse tous les records. En 2010, toujours selon l’INSEE, 210 milliards de dividendes ont encore été versés aux actionnaires…

Eux qui parlent tant de l’Allemagne et des « marges »…. Alors que la part des dividendes baisse en Allemagne de 10 %, elle augmente en France de 50 %… Quand aux « marges », elles sont de 28 %… mais c’est exactement le niveau qu’elles avaient au temps des « 30 glorieuses » ?

3.5 Pour l’économiste Michel Husson : « Les dividendes sont protégés » Pour l’économiste Michel Husson, les super-riches ont les moyens de résister à la crise.

Source L’Humanité 12/0 7/2013 Propos recueillis par Marc Bertrand http://www.humanite.fr/social-eco/p...

Comment peut-on avoir une augmentation 
des revenus du patrimoine des plus grandes fortunes de France, alors même que l’économie française est en récession  ?

Michel Husson. Il y a trois éléments de réponse.

– On peut d’abord aller voir du côté des comptes des entreprises. Paradoxalement, depuis le début de la crise, la part des profits des entreprises qui va aux dividendes augmente. Quand on regarde les évolutions, les dividendes ont un peu baissé en 2009, un peu aussi 
en 2010, mais ensuite ils ont rattrapé leur creux. Il y a une résilience terrible des dividendes, ils sont protégés. 
 – Le deuxième privilège dont bénéficient les grandes fortunes, c’est de ne pas être imposées comme les citoyens lambda, car leurs immenses capacités d’optimisation fiscale leur permettent d’échapper à l’imposition maximale.

C’est vrai également des multinationales, qui paient beaucoup moins 
d’impôt sur les sociétés que les petites et moyennes entreprises. L’optimisation fiscale permet aux patrimoines de grossir sans être redistribués au moins à la marge 
par l’impôt.

– Troisièmement, le contraste entre la santé de ce hit-parade de grandes fortunes et l’état de récession de l’économie française, c’est que les grands groupes français dont ils sont propriétaires réalisent 
la majorité de leur chiffre d’affaires hors de France.

Quelles solutions pourrait-on imaginer pour que les profits des entreprises financent l’investissement productif plutôt qu’une poignée de super-riches  ?

Michel Husson.

– La première grande méthode est la fiscalité. Ce qu’on constate ici, c’est que jusqu’à présent les politiques fiscales du gouvernement actuel sont inefficaces. La seule mesure symbolique en ce sens, la tranche d’impôt à 75 %, a été vidée de son contenu, vu les exemptions, et toute une série de niches d’optimisation fiscale n’ont pas été retoquées… Toutes les réformes qui pouvaient aller dans le bon sens sont rabotées pour devenir homéopathiques. 
 – La seconde méthode, c’est de prendre au mot le discours 
sur la compétitivité. Si la compétitivité-prix est un problème, il faut voir que, dans le prix d’un produit, il y a le coût du travail, mais aussi le coût du capital. Une grande partie de ce coût du capital est un profit financier illégitime. Si vraiment il y a un problème de prix, il faut ajuster sur les dividendes. Aujourd’hui on fait l’inverse  : on ajuste sur les salaires, mais aucune mesure n’est prise pour réduire réellement le poids des dividendes.

C’est assez incroyable, au moment même où on nous dit qu’il faut faire des efforts, que le coût du travail est trop élevé… La mesure la plus significative est le crédit d’impôt compétitivité-emploi (Cice), qui légitime l’idée selon laquelle le premier problème est le coût du travail et laisse de côté le coût du capital. La loi prévoit un contrôle a posteriori de l’utilisation du Cice, mais qui n’est pas fléché, on distribue l’argent complètement à l’aveuglette. Cette absence de conditionnalité marque l’absence de volonté de peser sur la répartition des revenus.

Fin du texte

3. 6 « Excès d’épargne ou déficit d’investissement (« investment dearth ») ? » (Cet exposé explique pourquoi les entrepreneurs n’investissent pas et préfèrent les dividendes.)

Source : Banque de France

https://www.banque-france.fr/interv...

Publié le 04/11/2016 Discours de François Villeroy de Galhau, Conférence « L’avenir de l’épargne »

Tout d’abord, je tiens à vous souhaiter chaleureusement à tous la bienvenue ici, à la Banque de France. Je suis très heureux d’inaugurer cette conférence consacrée à l’avenir de l’épargne, en compagnie d’intervenants et d’experts d’une telle qualité : universitaires de renom, éminents experts du secteur de la banque et de l’assurance, ainsi que régulateurs. Avant de leur laisser la parole, je voudrais partager avec vous quelques réflexions concernant le rôle que peut jouer l’épargne dans un contexte macroéconomique actuellement difficile.

La croissance après la crise a été décevante, aussi bien à l’échelle mondiale, avec un taux tout juste supérieur à 3 % en 2015 - et aussi très probablement en 2016, qu’en Europe, où elle plafonne (diapo 2). Quel est donc le problème ? Nous devons à Ben Bernanke, au milieu des années 2000, d’avoir forgé la célèbre expression « global savings glut » (surabondance d’épargne au niveau mondial) pour désigner l’excédent d’épargne des économies de marché émergentes.

L’épargne est toujours abondante au niveau mondial mais une chose a radicalement changé au cours des dernières années : (diapo 3) c’est l’investissement, qui a fortement diminué en proportion du PIB dans les économies avancées. C’est ce que je qualifie d’« investment dearth » ou pénurie d’investissement. C’est particulièrement vrai dans la zone euro, où l’écart entre l’épargne et l’investissement est très élevé : l’excédent du compte courant a atteint 350 milliards d’euros en rythme annuel en août 2016, soit plus de 3 % du PIBi.

Je suis convaincu que la solution pour combler cet écart n’est pas de réduire l’épargne mais d’accroître l’investissement productif – et l’épargne peut jouer un rôle essentiel à cet égard.

Permettez-moi d’approfondir le sujet en répondant à trois questions : – quelles sont les preuves dont nous disposons ? – Quelles sont les causes ? – Quels sont les remèdes ?

Premièrement, quelles sont les preuves le dont nous disposons ?

Le ratio de l’investissement total rapporté au PIB offre un premier aperçu de la pénurie d’investissement actuelle (diapo 4). La crise de 2007-2008 a entraîné une forte baisse du ratio d’investissement total. Dans de nombreux pays, il n’a pas encore retrouvé ses niveaux d’avant crise. C’est tout particulièrement le cas dans la zone euro où le ratio d’investissement total a diminué de 3 points environ depuis le point haut qu’il avait atteint en 2007 et ne s’est que légèrement redressé depuis. Par comparaison, le rythme de reprise est beaucoup plus soutenu aux États-Unis.

Maintenant (diapo 5), regardons de plus près les composantes de cette pénurie d’investissement  : l’investissement immobilier et l’investissement public ont contribué à la baisse de l’investissement total après la crise mais ce qui importe le plus pour notre économie, c’est la contraction de l’investissement des entreprises. Selon les estimations du FMI, il est de 10 à 15 % inférieur aux prévisions d’avant-crise dans la zone euroii.

Toutefois, pour bien comprendre la situation, il nous faut examiner de plus près la nature de l’investissement des entreprises. Nous devons distinguer l’investissement dans la construction d’une part – qui n’est pas en soi facteur d’innovation – de l’investissement dans la recherche et le développement et dans les équipements industriels, d’autre part, ce que j’appelle l’« investissement productif » iii.

Ce qui est préoccupant, c’est que son niveau est insuffisant : dans l’ensemble de l’économie, le taux d’investissement productif est resté longtemps inférieur à son niveau d’avant 2007 dans la zone euro et demeure plus faible en France qu’en Allemagne.

Cela nous amène à la troisième caractéristique importante de cette pénurie d’investissement : le comportement des entreprises (diapo 6).

Depuis 2009, il a radicalement changé : compte tenu de la faiblesse de l’investissement des entreprises, les sociétés non financières sont devenues prêteurs nets alors qu’elles étaient auparavant emprunteurs nets. Ainsi, elles ont alimenté l’excédent du compte courant de la zone euro.

En résumé, toutes ces réalités convergent : la cause du problème qui se pose aujourd’hui en Europe réside davantage dans le déficit d’investissement que dans la surabondance de l’épargne.

2. Quelles sont donc les causes de cette pénurie d’investissement ?

Permettez-moi de m’arrêter sur les principaux leviers de l’investissement.

Le premier, et le plus important, est la demande attendue (diapo 7). La faiblesse générale de l’activité économique a un effet dissuasif sur la plupart des entreprises. La dernière enquête semestrielle menée par Bpifrance montre que la demande demeure le principal obstacle à l’investissement pour les chefs des petites entreprises françaisesiv. Ce diagnostic est confirmé au niveau macroéconomique par l’un des récents documents de travail de nos services, au terme de recherches sur un panel de 22 économies avancées : la demande attendue constitue le principal déterminant du recul de l’investissement des entreprises (contribution négative de plus de 80 %)v.

– Le second levier économique important de l’investissement est la confiance ou, en d’autres termes, le niveau d’incertitude (17 %)vi. Si l’environnement est flou, complexe ou instable – en particulier du point de vue des règles et des normes –, les entreprises adoptent un comportement attentiste et reportent leurs décisions d’investissement. Par conséquent, la simplification et la stabilisation des règles est un moyen clé, mais souvent sous-estimé, de stimuler l’investissement des entreprises.

– Les leviers économiques sont les plus importants mais les leviers financiers jouent également un rôle. Actuellement, le coût du financement par endettement est faible dans la zone euro, il n’existe aucun signe de rationnement du crédit et, pourtant, l’investissement des entreprises ne réagit pas pleinement. Par conséquent, qu’est-ce qui ne va pas ? Deux éléments étroitement liés peuvent expliquer cette énigme.

Premièrement, l’économie de l’Europe se situant « à la frontière technologique », les entreprises doivent innover davantage, ce qui signifie qu’elles doivent diversifier leurs sources de financement : pour pouvoir prendre plus de risques, elles ont besoin de moins d’autofinancement et de financement par endettement et de davantage de financement par fonds propres. Cependant, (diapositive 8) et c’est la seconde caractéristique de notre environnement actuel, le coût des capitaux propres (cost of equity - CoE) est resté élevé en dépit de la forte baisse des taux d’intérêt au cours des vingt dernières années. Selon les calculs de la Banque de France, le coût nominal des capitaux propres demeure supérieur à 9 % pour les grandes entreprises cotées dans la zone euro – alors que le taux sans risque se situe autour de 0 %. En d’autres termes, la prime de risque a augmenté. Le coût élevé des capitaux propres incite les entreprises à donner la priorité aux dividendes et aux rachats d’actions par rapport à l’investissement. De plus, cette situation va souvent de pair avec un taux de rendement minimal à dépasser (« hurdle rate ») vii durablement élevé au sein des entreprises, avec pour résultat une sélection excessivement sévère des projets d’investissement. Les États-Unis en sont un bon exemple (diapositive 9) : depuis le début des années 2010, les rachats d’actions et les dividendes ont fortement augmenté pour représenter plus de 100 % des bénéfices déclarés, tandis que l’investissement productif s’est sensiblement ralenti jusqu’à enregistrer une croissance pratiquement nulle.

3. Que peut-on faire pour remédier à la pénurie d’investissement (investment dearth) ?

D’abord et avant tout, nous avons besoin en Europe d’une thérapie globale, tant économique que financière. Sur le plan économique, la politique monétaire est active et efficace mais elle ne peut pas rester la seule partie à jouer. La croissance sera plus forte en Europe si nous combinons des réformes structurelles – y compris des mesures pro-business – là où elles sont nécessaires, comme en France, et davantage de soutien budgétaire pour stimuler l’investissement dans les pays qui disposent d’une marge de manoeuvre, comme l’Allemagne.

Mais nous devons également traiter le volet financier de cette pénurie d’investissement. Les États-Unis nous montrent combien cela peut s’avérer crucial à long terme. Leur modèle a des caractéristiques positives : (diapositive 10) les fonds propres des entreprises représentent 121 % du PIB aux États-Unis, contre seulement 52 % dans la zone euro, ce qui signifie qu’aux États-Unis l’innovation trouve plus facilement les financements appropriés. Mais il a également des limites que nous devons garder à l’esprit : un coût des capitaux propres excessif peut avoir des effets néfastes.

Pour relever ce défi financier, l’épargne a un rôle central à jouer. Je vais mettre l’accent sur deux pistes pour la diriger vers l’investissement productif.

Premièrement, l’épargne doit être réorientée vers le long terme, plus aisément que vers la prise de risque directe. Les épargnants français, et plus généralement européens, affichent une plus grande aversion au risque que les américains et cela ne va probablement pas changer. Le premier motif d’épargne dans la zone euro est en effet de se prémunir contre des évènements inattendus (cité par plus de 50 % des ménages viii). Mais dans le même temps, les épargnants sont de plus en plus préoccupés par l’augmentation de l’espérance de vie et la nécessité de préparer leur retraite : la prévoyance pour la vieillesse arrive au deuxième rang des principaux motifs d’épargne (près de 40 % des ménagesix). Il y a donc un sens à proposer aux épargnants, à titre complémentaire, de nouveaux produits d’épargne, moins liquides au cours des premières années mais assortis d’une forme de protection du capital sur le long terme. Ces nouveaux produits offriront aux intermédiaires financiers – en particulier aux sociétés d’assurance-vie – des passifs suffisamment longs pour leur permettre de prendre des risques mutualisés, essentiellement sous forme d’investissements en capital, et permettront aux épargnants de bénéficier du meilleur rendement des actions sur la durée. Pour promouvoir ces produits, il faut également à tout le moins éviter les distorsions fiscales qui pourraient les pénaliser davantage que les investissements liquides et sans risque.

Deuxièmement, l’épargne doit mieux circuler à travers l’Europe, pour se diriger là où se trouvent les besoins d’investissement. Une grande partie de la solution se situe au niveau européen, avec la construction de ce que j’appelle une « Union de financement et d’investissement  » (UFI), plutôt qu’une « Union des marchés de capitaux » seulement. Cette UFI regrouperait les initiatives qui existent déjà, l’Union des marchés de capitaux bien sûr mais aussi le Plan Juncker et l’Union bancaire, afin d’en amplifier l’impact par des synergies et des mesures plus ambitieuses. Permettez-moi de citer deux mesures visant à surmonter les obstacles à l’investissement transfrontière. Premièrement, l’UFI encouragerait le développement d’un écosystème paneuropéen de capital-risque. Une des limites les plus claires de l’Europe est la taille de ses fonds comparés à ceux des États-Unis : l’échelle de tailles varie d’au moins 1 à 10 en raison des frontières nationales et du biais domestique en Europe. Cela limite malheureusement la capacité des fonds européens à prendre des participations suffisamment importantes, notamment dans des entreprises prometteuses (« scale up » companies), qui deviendront ultérieurement des start-ups à succès. Le second exemple concerne les barrières réglementaires et juridiques au financement par fonds propres. L’UFI favoriserait une plus grande harmonisation des régimes de faillite et une information financière plus large et plus standardisée sur les entreprises européennes, y compris les PME. À cet égard, l’expérience acquise dans certains États membres – en France par exemple, l’expertise de la banque centrale en matière de cotation des entreprises – pourrait être mise à profit.

En conclusion, permettez-moi de citer Benjamin Franklin qui, dans son essai intitulé The Way to Wealth, donnait un conseil qui reste largement d’actualité : « les grands vaisseaux peuvent s’aventurer davantage, mais les petits bateaux doivent rester près du rivage ». Dans le contexte actuel, l’épargne ressemble certainement plus à un grand vaisseau qu’à un petit bateau. Et pourtant, à la différence des grands vaisseaux, elle ne prend pas suffisamment de risques raisonnables. Notre avenir dépendra de sa capacité à s’aventurer davantage pour contribuer à résorber la pénurie d’investissement, fléau de notre économie. Je vous ai fait part de mes réflexions sur les formes que cette évolution pourrait prendre et je vous souhaite des débats fructueux tout au long de cette conférence.

Notes.

i Solde cumulé sur douze mois du compte courant pour la période s’achevant en août 2016. Source : BCE.

ii FMI, Perspectives de l’économie mondiale, avril 2015, chapitre 4 « L’investissement privé : où est le hic ? » Les chiffres expriment l’écart moyen en pourcentage par rapport aux prévisions du printemps 2007.

iii FBCF pour les machines et les équipements et la propriété intellectuelle.

iv 63 % des chefs de petites entreprises françaises citent la demande comme étant un obstacle à l’investissement. Source : Bpifrance, 63e enquête de conjoncture dans les PME, mai 2016.

v Matthieu Bussière, Laurent Ferrara et Juliana Milovich : « Explaining the recent slump in investment : the role of expected demand and uncertainty », Banque de France document de travail n°571 – septembre 2015.

vi Ibid.

vii Le hurdle rate est le taux de rendement interne qui doit être dégagé pour qu’un projet soit approuvé par une entreprise.

viii « Savings and investment behaviour in the euro area », Occasional paper series n°167, BCE, janvier 2016. Note : La Finlande, la France et l’Italie ne sont pas incluses dans le panel.

ix Ibid.

Fin du texte

3. 7 Le coût du capital et son surcoût. Sens de la notion, mesure et évolution,conséquences économiques

Source : université de Lille http://www.cgt.fr/IMG/pdf/Document_...

Le coût du capital (ou ce que l’on appellera plus loin son surcoût) a des incidences considérables tant sur les plans microéconomique que macroéconomique. Un coût du capital élevé, maintenu tel sur longue période, tend à configurer un régime d’accumulation singulier, dans lequel l’investissement est sensiblement déprimé, en dépit de profits élevés. Ces profits ne servent pas, en effet, l’accumulation du capital : ils sont massivement distribués sous forme de revenus de la propriété aux prêteurs et aux actionnaires.

Dans un tel régime, la formationde la demande globale est structurellement pathologique, puisque l’investissement est mis sous l’éteignoir d’exigences de rendements élevés, et que la consommation se trouve bridée par l’augmentation de la part des revenus qui va aux rentiers (ou aux salariés du très haut de l’échelle, ceux qui sont liés directement ou indirectement, à la financiarisation de l’économie).

Il n’est pas étonnant qu’un régime aussi dépressionnaire ait cherché des échappatoires dans l’activation de canaux de demande artificiels (et précaires) : l’effet richesse, l’endettement des ménages, l’endettement des Etats, les stratégies néo-mercantilistes d’exportation.

Le coeur de ce régime d’accumulation dominé par la finance est constitué par les grandes firmes cotées en Bourse. On peut schématiser ce qui se joue à cet endroit (où le point de vue actionnarial a pris le pas sur les anciennes pratiques managériales) en utilisant la théorie de la firme élaborée par Adrian Wood (1975). Ce schéma, comme on le verra, fait clairement apparaître les lignes de force qui ont progressivement reconfiguré la répartition des revenus et la dynamique de l’accumulation du capital, en montrant l’incidence du renouveau du pouvoir actionnarial sur les trois principales politiques décidées par les firmes : la politique d’accumulation, la politique de marge, le politique de dividendes. […]

L’évolution du taux de dividendes versés a été bien différente en Allemagne et en France. Entre 1999 et 2008, les firmes allemandes ont réduit leur taux de versement des dividendes d’environ 10 %. Entre ces deux mêmes années, les firmes françaises ont quant à elles augmenté leur taux de versement d’environ 50 %.

Malgré la crise économique de 2009, les entreprises ont continué de verser un montant élevé de dividendes, augmentant ainsi fortement leur taux de versement. Le surcoût du capital, comme on le verra au chapitre 2, a pris dans les années 2000 une ampleur de plus en plus importante, en France, pesant sur la croissance de l’économie française, laquelle, contrairement à l’Allemagne, n’a pu être soutenue par les exportations.

Fin du texte

3.8 Une taxation des salaires trop élevée, une taxation du capital patrimonial insuffisante. Une "société d’héritiers"

Source : France info Interview de Thomas Piketty, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales auteur de Le Capital au XXIe siècle

http://www.francetvinfo.fr/economie...

Une vidéo accompagne ce texte..

"Le patrimoine reprend une importance qu’il a déjà eu dans le passé, du temps de Balzac, et qui avait diminué au XXème siècle ". Ce constat est le point de départ du livre de Thomas Piketty. Le patrimoine, cela correspond à la valeur totale de tout ce que les gens possèdent matériellement, après avoir déduit les dettes.

En France, les gens possèdent en moyenne un patrimoine qui correspond à 6 années de revenus : c’est le même niveau que celui de la Belle Epoque. En 1950, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le patrimoine était redescendu à l’équivalent de 2 années de revenus. Il n’a pas cessé augmenter depuis. Cette progression, Thomas Piketty l’explique notamment par une hausse des héritages. "En 1950, c’est la reconstruction : il n’y a rien à hériter ", indique-t-il.

La hausse des inégalités

La France serait en revanche en passe de (re)devenir une "société d’héritiers ", c’est à dire une société où la richesse se transfère de famille en famille.

Pour Thomas Piketty, cela ne correspond pas un problème en soi. Le souci, c’est que le patrimoine est toujours beaucoup plus concentré que les revenus, et cette évolution est donc facteur d’inégalités. "En France, les 10% les plus riches possèdent 60 % du patrimoine total. Les 50 % qui possèdent le moins ne possèdent que 5 % ", déclare-t-il.

Et si le patrimoine moyen par adulte est de 50.000 euros, cela peut aller de beaucoup à très peu pour certains. "50 % des gens ne vont posséder que quelques mois de salaire devant eux, quand les 10 % les plus riches ont un patrimoine d’un million ou de plusieurs dizaines de millions ", selon Thomas Piketty.

La classe moyenne menacée

Cette inquiétude touche avant tout la classe moyenne. Car l’apparition de cette dernière constitue la principale différence avec les années 20, période durant laquelle les niveaux de patrimoine étaient équivalents.

"La classe moyenne est coincée entre les 50% et les 10%. Est-ce que cette avancée va rester ? Je suis plutôt inquiet. L’augmentation des hauts patrimoines est bien plus rapide que la croissance " (respectivement 7-8% pour la hausse des patrimoines, contre 1-2% pour la croissance).

Cette croissance donne une importance démesurée au patrimoine. "Les héritiers, avec des patrimoines qui viennent du passé, ont l’avenir pour eux ", explique l’économiste français. "Si vous ne partez de rien, vous ne pouvez pas devenir propriétaire ".

La solution : taxer le capital

Pour Thomas Piketty, la solution réside dans les impôts. "Il ne faut pas augmenter les impôts ", rassure-t-il toutefois. "Il faut réduire les impôts sur les salaires. Mais on a besoin d’autres recettes : ces recettes, ce sont les patrimoines. Lorsqu’on a une telle prosperité patrimoniale, ce serait fou de ne pas les taxer ".

Il s’agit, en d’autres termes, d’arrêter de taxer le travail, pour lui permettre d’accumuler du capital. "J’insiste sur cette contradiction très forte ", conclut l’économiste, âge de 41 ans. La solution serait de plus taxer les 10 % pour permettre aux 50 % de les rattrapper.

Fin du texte

Annexes.

1. Rapport le 16 septembre 2015 nvestissement productif Olivier Carré, député LR d’Orléans, et Christophe Caresche, député PS de Paris, http://www.assemblee-nationale.fr/1...

2 .Régime fiscal des distributions de dividendes. https://www.service-public.fr/profe...

3. Part des salaires dans la valeur ajoutée Source : CGT http://www.cgt.fr/IMG/pdf/Note_Nass...

4.Plusieurs manières d’évaluer l’évolution de la part des salaires dans la valeur ajoutée Source : alternatives économiques . Jean Gardrey http://alternatives-economiques.fr/...

5. Faut-il compter le profit bancaire ? (dansla par profit du PIB) http://hussonet.free.fr/profbanc.pdf

6. Michel Husson : la finance et l’économie réelle http://politique.eu.org/spip.php?ar...

7. INSEE Les très haut salaires https://www.insee.fr/fr/statistique...

8. PARTAGE DE LA RICHESSE ET TAXATION DU CAPITAL DAMIEN SMAGGHE Militant syndical et politique Rédaction octobre 2010 Données 2009 http://cgt-ep.org/le-syndicat/item/...

9. Liens Debonrivage

La macron économie de F. Hollande : enrichissement des actionnaires et appauvrissement des classes populaires. http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

Il faut augmenter les salaires ! http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

Les inégalités de patrimoine ne cessent d’augmenter http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

Prix salaires, profits (I) On trouve, entre autres, dans cet article les définitions du PIB. http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

Les profits. (III) http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

CHÔMAGE : CONNAÎTRE LES VRAIES CAUSES POUR POUVOIR Y REMÉDIER http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

10. Mélenchon et le partage des richesses en vidéos

– Meeting de Mélenchon à Tourcoing le 08/01/2017 La question du partage des richesses est abordée à la 53 ème minute et la question des TPE PME à 1 h 13 après le début du meeting https://www.youtube.com/watch?v=pJZ...

– Mélenchon face au patron de Total Émission sur France 2 "face aux Français" du 27 Avril 2011

http://www.dailymotion.com/video/xi...

– Mélenchon face au patron de Saint-Gobain (53 ème minute) Émission du 25 janvier 2012 https://www.youtube.com/watch?v=wke...

Hervé Debonrivage


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