De la prison ferme pour avoir transporté de la « littérature gauchiste » Où va-t-on sous Macron ?

jeudi 19 septembre 2019.
 

Les trois jeunes Allemands condamnés à 2 et 3 mois de prison ferme pour avoir transporté de la « littérature gauchiste », font l’objet d’une procédure honteuse. Les parents viennent de lancer un appel désespéré.

Même le juge ne pouvait pas retenir l’accusation de la police que ces trois jeunes Allemands avaient « porté des armes » lors de leur arrestation à l’occasion d’un contrôle près de Biarritz la veille du sommet G7. Les trois ont été condamnés en référé pour « création spontanée d’un groupe pour préparer des actes violents » – la « preuve » – ils avaient de la « littérature gauchiste » dans le véhicule. A défaut de pouvoir maintenir que les trois transportaient des armes, il fallait donc construire un chef d’accusation, priver ces jeunes d’une procédure digne d’un état de droit, et cette condamnation est une farce. Mais une mauvaise farce qui prive ces trois jeunes de leur liberté. Fallait-il justifier la présence d’un appareil de sécurité surdimensionné au G7 en statuant un exemple sur trois jeunes touristes qui étaient sur la route vers les vacances en Espagne ?

Les parents des trois, angoissés pendant de longs jours de rester sans nouvelles de leurs enfants et qui avaient craint un accident de la route, viennent d’écrire une lettre ouverte en expliquant ce qui s’était réellement passé. Les trois faisaient partie d’un groupe de 10 jeunes qui partaient en plusieurs voitures pour passer des vacances de camping sur la côte basque en Espagne. Après que leur voiture n’était pas arrivée à destination, leurs amis ont fini par apprendre que les trois avaient été arrêtés lors d’un contrôle à hauteur de Biarritz et condamnés en référé à 2 et 3 mois de prison ferme.

Suite au jugement, les trois jeunes âgés, de 18 à 22 ans, ont immédiatement été séparés et incarcérés dans trois prisons différentes sans qu’on les autorise d’en informer les parents. L’Ambassade allemande à Paris, contactée par les parents, a d’abord déclaré que les trois « ne souhaitaient pas de contact », mais en vue de l’énormité de cette déclaration, elle a, selon ses dires, finalement essayé de les contacter – en vain. L’Ambassade allemande ne reçoit pas d’information quant au devenir de trois de ses ressortissants incarcérés en France ?! Interpellé par les parents, un député allemand a, de son côté, essayé d’établir un contact, mais les autorités françaises lui ont signifié que ceci n’était possible que par voie postale et que le traitement d’une telle requête allait prendre au minimum trois semaines.

Seul le plus jeune des trois a été autorisé à écrire une lettre à ses parents ; aucun contact téléphonique n’a été autorisé. Par hasard, les parents viennent d’apprendre que le délai pour un appel contre ce jugement scandaleux a expiré le 2 septembre, ce qui a également privé ces jeunes de la possibilité de faire appel contre leur condamnation. Inutile de souligner que les autorités ont refusé que les parents fassent accompagner ces jeunes par un avocat choisi par les parents.

Une condamnation de trois jeunes pour avoir « transporté de la littérature gauchiste », cela fait penser à la RDA pendant ses pires d’années. L’accusation que ces jeunes auraient « transporté des armes » a dû être invalidée par le juge, pour la simple raison qu’elle était fausse. Refuser à ces jeunes les droits les plus fondamentaux au cours de cette procédure (traducteur impartial, droit à un avocat de son choix, interdiction de contacter et d’informer leurs parents etc.), cela est honteux.

En cliquant sur le lien en bas de l’article, vous pourrez lire l’intégralité de la lettre ouverte de ces trois jeunes, toujours incarcérés en France, séparés les uns des autres comme des terroristes. A défaut de combattre les casseurs qui sévissent depuis de longs mois en France, les autorités françaises mènent maintenant une guerre contre de jeunes touristes étrangers ?

Il convient de libérer ces trois jeunes immédiatement, de les dédommager et de leur présenter des excuses. Ils ne sont pas victimes d’une erreur judiciaire, mais d’un mécanisme de répression qui donne à réfléchir. Mais où va-t-on ?


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