De l’aléatoire et du désordre dans l’économie capitaliste.

lundi 23 septembre 2019.
 

Nous examinons ici en quoi le capitalisme est un système économique instable dont l’entropie croissante le conduit à son auto-destruction malgré les ressources qu’il mobilise pour l’empêcher.

Préambule : Économie de marché et économie capitaliste

Depuis au moins le XVIe siècle, il existait des marchés en une multitude d’endroits du monde. La révolution industrielle accompagnée par machinisme du XVIIIe siècle en Europe a eu pour effet, entre autres de provoquer ou accélérer la connexion des différents marchés entre eux et a permis de faire émerger l’idée moderne « d’économie de marché ». Fernand Braudel et Karl Marx différencient tous deux économie de marché et économie capitaliste. Avec des formulations différentes mais semblables, ils sont d’accord sur le fond. Dans l’économie de marché, l’argent joue le rôle d’intermédiaire pour l’échange des marchandises. On a le cycle : M–A–M’ : on vend une marchandise et avec l’argent obtenu on achète une autre marchandise. La finalité de l’échange est l’obtention de nouvelles marchandises. L’argent est un simple moyen de circulation des marchandises. La finalité est l’obtention d’une valeur d’usage.

Dans l’économie capitaliste, l’argent devient capital : il sert à acheter une marchandise que l’on revend ensuite avec un prix plus élevé le cycle est alors : A–M–A’ : le profit, bénéfice réalisé par cette transaction, est donc :A’-A, la finalité de la transaction est la valeur d’échange et non pas la valeur d’usage (ou l’utilité d’une marchandise). Cela fera dire à Marx dans le tome 3 du Capital : la finalité du capitalisme n’est pas la satisfaction des besoins humains mais tout simplement l’accroissement et l’accumulation du capital. On comprend alors aisément pourquoi l’instauration de services publics dans une économie capitaliste ne va pas de soi et est le plus souvent le résultat de conflits.

Les deux formes de transaction peuvent évidemment cohabiter dans l’économie capitaliste de marché.

1– Libéralisme : une idéologie déterministe et scientiste impuissante à penser la nature aléatoire de l’économie de marché.

L’idéologie libérale dont la fonction est de légitimer le système économique capitaliste est, entre autres, fondé sur la croyance en l’existence d’individus rationnels et calculateurs et en l’existence d’une loi du marché régulant les échanges de biens, de services et de produits financiers sur l’autel de la concurrence universelle.

Or il est bien connu que les acteurs économiques n’ont pas forcément un comportement rationnel et d’autre part que les quantités de biens produits ou vendus ne sont généralement pas prévisibles et peuvent être aléatoires. Un exemple emblématique est celui des actions sur le marché boursier dont la valeur a un caractère hautement aléatoire. Les sociétés et les institutions financières emploient des experts en mathématiques financières fondées sur la statistique et le calcul des probabilités pour essayer de prévoir l’évolution de processus aléatoires. Ce genre de recours accompagné du trading haute fréquence utilisant des logiciels de l’intelligence artificielle n’empêche pas pour ne pas dire engendre des crises financières plus ou moins graves. Dans le domaine commercial, tout chiffre d’affaires que ce soit pour une petite entreprise (ou petit magasin) pour une grosse entreprise (ou grande surface par exemple), dépend de la quantité de produits ou de services vendus, c’est-à-dire dépend de la demande. Dans une économie de marché, cette demande est pour une bonne part aléatoire et le chiffre d’affaires est donc lui aussi aléatoire. Cela explique que la visibilité financière d’une PME ne dépasse pas quelques mois. Il peut en résulter qu’après une durée de vie de trois ans ou cinq ans, un très grand nombre d’entreprises disparaissent. Par exemple après trois ans, 25 % à 30 % disparaissent et après cinq ans 50 à 55 % disparaissent. (d’après les statistiques des adjudications judiciaires, ce qui ne couvre pas la totalité des disparitions d’entreprises). On compte environ 50 000 chefs d’entreprise se retrouvant sans activité en 2017 par exemple.

Donc même pour les chefs de petites et moyennes entreprises, la source de revenus est instable. La situation est encore aggravée pour les petites exploitations agricoles qui doivent faire face, en outre, aux aléas climatiques. Ainsi, en France, chaque semaine disparaissent 250 exploitations agricoles. Ne survivent que les plus grosses exploitations. Et en amont, pour fabriquer les produits, le cours des matières premières par exemple, peut être aussi imprévisible. C’est même le cas pour certains éleveurs dont le prix de la nourriture du bétail peut être sujet à de considérables variations.

Le caractère aléatoire de l’activité économique et financière de l’entreprise se trouve encore renforcé par l’existence d’une concurrence impitoyable se manifestant d’une manière souvent imprévisible. Cette imprévisibilité devient d’autant plus grande que l’espace géographique concurrentiel s’accroît. S’il est possible de tenir compte des contraintes de la concurrence sur un petit espace géographique, cela devient extrêmement difficile lorsque l’espace devient international.

2–le capitalisme financier : un système à entropie croissante

L’échec de toutes les tentatives de régulation des échanges financiers au niveau mondial conduit, ajouté à tout cela, à une augmentation de la fréquence des crises et à une instabilité croissante du système économique. Au fil du temps, il en résulte inexorablement une désorganisation, un désordre structurel croissant. En outre, les tensions sociales et politiques engendrées par le néolibéralisme renforcent cette instabilité plus ou moins chaotique. On peut alors dire que le capitalisme à domination financière est un Système à entropie croissante. Rappelons que l’entropie mesure le degré de désorganisation ou de désordre d’un système. En termes d’entropie informationnelle, cela signifie aussi une perte croissante de l’information sur le fonctionnement du système. Cette croissance entropique est en voie d’accélération depuis les années 1980, en raison du refus dogmatique des ultralibéraux de donner une place relativement importante à l’état comme outils de régulation et comme moteur de l’investissement productif. Les ultralibéraux sont donc en train de scier la branche sur laquelle ils sont perchés. La chute sera d’autant plus importante que dorénavant, ils ne voient plus le sol. Remarquons par ailleurs que la coopération entre les entreprises (ou entre les États) est génératrice de prévisibilité et de stabilité alors que la compétition ou la concurrence est génératrice d’imprévisibilité et d’instabilité.

Pour pallier l’existence des variables aléatoires décrites précédemment, les capitalistes utilisent évidemment un certain nombre de techniques : étude de marché, utilisation de la publicité pour façonner la demande, concentration d’entreprises en de gros groupes diversifiant leur production et leurs ventes. Pour abaisser les coûts salariaux et éviter des fluctuations imprévisibles de hausses de salaire, une armée de réserve de chômeurs reste disponible aux frais de la société tout en augmentant d’une manière continue la précarité de l’emploi à toutes les échelles de qualification. La conservation d’un emploi pour un salarié du secteur privé a plus que jamais un caractère aléatoire en raison de l’instabilité économique des entreprises et du contexte d’un chômage de masse structurel et de la volonté des entreprises d’avoir une main-d’œuvre flexible ajustable aux fluctuations de la demande. Cela explique pourquoi bon nombre de libéraux sont pour le revenu universel minimum d’existence prôné par le généreux Benoît Hamon. Rappelons qu’en 2019, selon Pôle emploi, le nombre de chômeurs de catégorieA, B, C s’élève à 5,9 millions. Par ailleurs, le nombre d’embauches en CDD est actuellement de 87 % et la proportion de CDD de moins de un mois est passée de 57 % en 1998 à 83 % en 2017. Nous n’avons pris ici que deux exemples, mais l’ensemble des données statistiques de la DARES montre que depuis maintenant 25 ans, la précarisation de l’emploi ne fait que croître. Même la fonction publique considérée comme le secteur le plus protégé, n’est pas épargnée. Dorénavant dans la fonction publique territoriale, un fonctionnaire sur deux est embauché avec un statut de contractuel. Dans un article de La Tribune du 15/03/2019, intitulé « Fonction publique : le nombre de contractuels a explosé », était indiqué que le nombre de contractuels a augmenté de 48 000 en 2017 et que 220 000 emplois de la Fonction publique seront supprimés d’ici 2022. Même dans les secteurs nécessitant le plus de stabilité comme celui de la santé, le recrutement de contractuels au statut par nature précaire devient très important. À cela s’ajoutent des conditions de travail difficiles car dégradées : le taux de suicide dans ce secteur est le plus élevé.

Donc là encore, le système capitaliste se manifeste par un marché du travail de plus en plus instable, ou incertain donc à entropie croissante. On constate donc une croissance de l’entropie tant pour le marché des échanges de biens et de services que pour le marché du travail, salariés et patrons de PME inclus.

3–La rationalité fonctionnelle micro-économique : entropie décroissante locale.

Les libéraux croient aux lois (aléatoires) et croient aux vertus du marché, aux bienfaits de l’économie–casino, mais cela ne les empêche pas de prôner une rationalité impitoyable dans l’organisation du travail et la gestion des personnels dans l’entreprise. La recherche d’optimisation peut aller jusqu’à l’utilisation de logiciels pour gérer les temps de pause. Les exigences de productivité, de compétitivité, de flexibilité, etc, pour maximiser leurs profits leur font considérer la rationalisation et l’optimisation comme des maîtres mots. Mais pour les salariés, ce ne sont pas seulement des mots mais aussi des maux

D’où cette contradiction apparente du libéralisme : d’un côté une hyper rationalisation de la production de la distribution sur le dos des travailleurs et de l’autre la croyance en la toute-puissance bienfaitrice de l’aléatoire des marchés financiers. Mais cette croyance est considérée comme rationnellelorsque l’économie-casino de la spéculation financière rapporte plus aux capitalistes que l’investissement productif, ce qui est malheureusement souvent le cas.

Cette contradiction fait apparaître que si, au niveau macro-économique, le capitalisme contemporain est à entropie croissante, au niveau micro-économique, la rationalisation à outrance du fonctionnement interne des entreprises peut faire de celles-ci des micro-systèmes à entropie décroissante..

3–les tentatives de freiner la croissance de l’entropie au niveau global.

D’autre part, l’émergence de réseaux horizontaux d’entreprises pouvant être liée à une division internationale du travail et l’utilisation de normes diverses au niveau international (normes comptables par exemple, normes de qualité dans la fabrication de certains produits) font apparaître des secteurs à entropie décroissante. Ainsi un organisme comme l’OMC a pour fonction de freiner l’augmentation entropique du système capitaliste mondial. Mais on constate l’efficacité très relative d’un tel organisme comme en témoigne la guerre économique récente entre les USA et la Chine. Il existe donc une contradiction dialectique au sein du capitalisme contemporain entre entropie croissante au niveau global et entropie décroissante au niveau local ou sectoriel. Rappelons que la néguentropie est le contraire de l’entropie et mesure donc le niveau d’ordre. Il y a donc entropie croissante au niveau global et néguentropie croissante au niveau local.

4–la dialectique entropie/néguentropie.

Or il faut aussi avoir une approche systémique de la dialectique entropie/néguentropie c’est-à-dire examiner comment la partie (le local) et le tout (le global) sont dialectiquement liées

4.1 La contradiction fondamentale du capitalisme selon Marx conduit à la croissance entropique du système capitaliste.

La néguentropie locale repose sur la rationalisation du travail au sein de l’entreprise dont la finalité est l’augmentation de la productivité du travail. Or nous savons que cela se traduit par une augmentation de la plus-value relative (pl) et une diminution de la valeur de la force de travail (capital variable v) Cela est obtenu notamment par la mécanisation croissante des tâches qu’elles soient manuelles ou intellectuelles. Le capital constant (C) croit alors plus vite que la valeur de la force de travail V (capital variable) ce qui implique une augmentation de la composition organique du capital C/V. Dit autrement, le travail mort (réalisé par les machines) croît plus vite que le travail vivant (réalisé par des humains). Cela implique alors une baisse tendancielle du taux moyen de profit capitaliste. C’est par ce processus, selon Karl Marx, que réside la contradiction fondamentale du capitalisme. En baissant la valeur de la force de travail on finit par diminuer le taux de profit. Cette diminution du taux de profit dans l’investissement productif conduit les capitalistes à « investir » dans la sphère financière pour réaliser des surprofits. Mais comme nous l’avons vu précédemment, cette sphère financière, notamment celles de la bourse, est de nature aléatoire et instable et, au niveau global, engendre une entropie croissante.

L’augmentation de la productivité au niveau local d’entreprise s’obtient aussi par intensification du travail qui n’épargne pas non plus le personnel d’encadrement. Cela se traduit par le stress au travail et même pas des maladies professionnelles. L’individualisation des tâches détruisant les collectifs de travail aboutit au délitement du lien social. On constate ainsi que la rationalisation à outrance au niveau local peut conduire aussi à une entropie croissante détruisant les solidarités professionnelle et le sens même du travail. En résumé : la néguentropie croissante au niveau micro-économique peut engendrer une entropie croissante au niveau macro-économique. Inversement, le désordre global engendré par les activités financières peuvent avoir des conséquences destructrices au niveau local des entreprises. Chacun sait qu’une entreprise bien gérée, avec un carnet de commandes plein, peut-être rayée de la carte si les actionnaires jugent plus rentable d’investir dans des produits financiers. Ainsi, l’entropie croissante au niveau global peut perturber jusqu’à écraser la néguentropie locale. On constate ainsi que la financiarisation de l’économie constitue un facteur causal majeur de la croissante généralisée (multiniveaux.) de l’entropie.

4.2 l’actualisation de la hausse de la composition organique du capital de Marx dans le contexte de la crise écologique.

Un autre paramètre fondamental que nous n’avons pas encore examiné est le facteur écologique. La dévastation massive de l’écosystème provoquée par le capitalisme productiviste contemporain aggrave encore la croissance de l’entropie qui fait tendre le système capitaliste financiarisé vers un système chaotique auto destructif. Les forces destructives ne sont plus seulement internes au système mais deviennent externes par la rupture des équilibres entropiques de l’environnement naturel. (Destruction de la biodiversité, désordre climatique désordre dans les équilibres gazeux de l’atmosphère, etc.)

Dès que les hommes ont inventé l’agriculture et l’élevage ils ont commencé à modifier leur environnement naturel. Néanmoins c’est avec la révolution industrielle du XVIIIe siècle que l’impact des activités humaines sur l’écosystème est devenu très important. Ainsi, la nature se trouve profondément modifiée par les activités humaines et l’on parle alors d’une : nouvelle ère : l’anthropocène. Le recours à un nombre croissant de machines de plus en plus perfectionnées jusqu’à la robotisation et la mécanisation du travail intellectuel par l’intelligence artificielle pour augmenter la productivité se traduisant par la hausse de la composition organique du capital a engendré une massification et une diversification de la production de marchandises et surtout une consommation croissante des énergies fossiles. La production d’objets techniques comme l’automobile et d’une multitude de moteurs sont aussi consommatrices d’une grande quantité d’énergie. La production d’une masse énorme de déchets de toutes sortes résultant de la consommation de ces productions a aussi un impact considérable sur l’environnement. La production d’énergie électrique par les centrales nucléaires provoque des pollutions radioactives et constitue un risque majeur à terme pour la survie de l’humanité. On ne passera pas ici en revue la longue liste des activités prédatrices du capitalisme sur l’environnement : extraction minière polluante, pêche industrielle, pollution des nappes phréatiques, des eaux de rivière, des océans, déforestation, agriculture et élevage industriels. Rappelons que la composition organique du capital C/V inclut au numérateur non seulement le capital investi en machine mais aussi le capital nécessaire pour acquérir de l’énergie, de la matière première dont par exemple les pesticides. Cette hausse conduit donc à un impact croissant de l’activité humaine capitalistique sur l’environnement que l’on pourrait appeler anthropie. La néganthropie consiste alors en la limitation de l’impact des activités humaines sur la destruction de l’environnement. Certaines mesures préconisées par le mouvement de la décroissance et la planification écologique préconisée par La France Insoumise vont dans ce sens. Ainsi l’ anthropie s’accompagne d’une hausse de de l’entropie du système économique capitaliste et de l’écosystème sur lequel il agit.

Il faut, en la matière, se garder d’une démarche techniciste consistant à n’incriminer que la technique dans l’explication de la hausse de l’entropiee Cette manière de voir est courante, par exemple, chez des philosophes « hors-s sol » faisant abstraction des de l’existence de rapports de classes. C’est une position naïve et réductrice qui fait l’économie de la nature des rapports économiques et politiques. S’il est bien évident que la production et l’utilisation d’objets techniques par l’homme ont un coût environnemental, quel que soit le système économique, dans lequel elle opère, ce coût peut être plus ou moins faible ou élevé selon le mode de production et de consommation du système économique considéré.

5–La nature des rapports sociaux et l’entropie dans le système capitaliste.

Dans l’analyse marxienne, la valeur d’une marchandise qui est définie comme temps de travail (vivant) social moyen nécessaire à sa production n’est pas seulement une quantité mais un rapport social, en particulier la valeur de la force de travail est le résultat d’un rapport de force entre le patronat et les salariés. En conséquence, le système capitaliste fondé sur un rapport économique d’exploitation de la force de travail par extraction de la plus-value est foncièrement un système instable comme le montre l’histoire sociale ponctuée de conflits sociaux divers, multiformes et de durée variable. À la source constante de ces conflits on trouve l’existence de deux classes antagoniques. Celle qui possède les moyens de production et d’échange et l’autre qui possède pour l’essentiel sa force de travail pour vivre. La tendance permanente de la classe dominante de s’accaparer toujours plus de richesses naturelles ou produites par le travail, engendre des inégalités de revenus de patrimoine considérable entre ces deux classes. Ces inégalités engendrent non seulement une insatisfaction matérielle mais un sentiment d’injustice pour une bonne part de la population. Actuellement, au niveau mondial, 26 milliardaires ont un patrimoine égal à celui de la moitié de la population mondiale. C’était 43 l’année précédente. En France les 500 premières fortunes ont un patrimoine professionnel avoisinant 30 % du PIB. Il s’élevait à 6,5 % du PIB en 1998. Dans le même temps, la France compte 9 millions de personnes gagnant moins de 60 % du SMIC soit moins de 670 € par mois On comprend ainsi facilement qu’un tel système est foncièrement instable, génère du désordre social et par conséquent engendre une entropie croissante pouvant même parfois se manifester par une guerre ou une révolution. Depuis l’apparition de sociétés organisées où existe une division sociale du travail et des rapports de classes, l’Homo sapiens se comporte comme prédateur de sa propre espèce, prédation pouvant être de très forte intensité durant les guerres de conquête, le colonialisme, les génocides. Si l’on considère l’Homo sapiens comme une espèce animale appartenant à un écosystème, la notion d’anthropie s’adresse effectivement à l’espèce humaine. Ce qui caractérise le capitalisme, c’est l’industrialisation de la guerre, sa généralisation mondiale. Les USA sont en guerre pendant 229 années pour une durée d’existence de 239 ans d’existence, après s’être installés par la force d’un génocide sur le territoire des amérindiens. Il faut bien admettre que nombre de nos contemporains ont intégré une telle sauvagerie dans leur mental pour osent encore considérer un tel pays comme défenseur des droits de l’homme. Sans vouloir réhabiliter le mythe du « bon sauvage » peut-être le mot sauvagerie est-il inapproprié car ceux que nous nommons « sauvages » étaient probablement beaucoup plus pacifiques et moins prédateurs que les hommes dits civilisés.

6–Connaissance, savoir, culture et entropie dans le système capitaliste.

Tout système physique dans l’univers a tendance à se dégrader, c’est-à-dire à se déstructurer et témoigne donc d’une entropie croissante. Cela n’exclut pas pour autant dans l’univers l’existence de systèmes à entropie décroissante (ou à néguentropie croissante). Un exemple remarquable est celui des organismes vivants qui sont des systèmes très ordonnés et complexes. Cette néguentropie s’explique par deux facteurs : 1) ce sont des systèmes relativement autonomes qui sont ouverts sélectivement sur leur environnement en échangeant avec lui de l’énergie ; 2) ce sont des systèmes générateurs transmetteurs d’information (notamment l’information génétique) L’entropie apparaît au sein du système avec le vieillissement qui conduit à la mort mais celle-ci est surmontée par le mécanisme de la reproduction qui transmet l’information génétique à la descendance.

La néguentropie (ou la complexité) est donc associée à la quantité d’informations contenues dans le système nécessaire à la connaissance du système. Or la connaissance ou le savoir sont des objets informationnels comme le sont les productions intellectuelles. Succédant aux machines traitants la matière et l’énergie, l’ordinateur est une machine traitant et transformant l’information. Cette information se structure par différents codes : langage naturel, langage symbolique scientifique, langage iconique (photographie, peinture, sculpture,…), langage sonore (avec ses différents supports,…), langage praxique (geste, corps), langage matériel (culture, monuments, art floral, art culinaire,…). Rappelons que la linguistique étudie la structure des langages naturels, la sémiologie la structure du « langage » des signes en général. La sémiotique de la signification est synonyme de sémiologie, la sémiotique de la communication étudie les outils, les supports de la communication. Ce sont donc des disciplines qui étudient les structures informationnelles des échanges symboliques entre êtres humains. Le cinéma utilise ces différents codes ce qui explique l’extrême difficulté pour réaliser un très bon film. Les principales sources d’information de connaissance sont l’appareil scolaire et universitaire, les centres de recherche, des appareils culturels et médiatiques (livres, journaux, stations de radio télévision, cinéma, Internet musées, en salle enregistrée,…) La famille et les amis, le milieu professionnel, le milieu associatif, syndical ou politique sont aussi des sources d’information et de savoir.

Une autre source d’information sont les appareils religieux dont il ne faut pas négliger l’importance. Cette simple énumération montre combien les sources d’information pour un individu peuvent être multiples.

La production–diffusion de l’information est assurée 1) par transmission (pour l’essentiel par des enseignants et des chercheurs qui transmettent le patrimoine philosophique, scientifique, technique et artistique de l’humanité), 2) par la communication (assurée principalement par les journalistes et les différents agents de la communication en tous genres).

Les moyens de communication se sont diversifiés avec le temps : communication orale, par écrit, par téléphone, par Internet, par Smartphone, ce qui augmente l’étendue et la densité du flux d’information diffusée. La diversité des sources d’information et des moyens de communication induit des modes, des comportements d’émissions et de réception tout aussi variés.

Le système culturel au sens large (avec ces agents de transmission et de communication) se densifie, se complexifie et est donc à néguentropie croissante. Cela se traduit globalement par une élévation du niveau culturel de la population dont l’un des indicateurs est le taux de scolarisation à 16 ans, 18 ans et au-delà. Néanmoins cette affirmation doit être tempérée par les données suivantes : • les conditions d’enseignement se sont dégradées notamment en France où le taux d’encadrement enseignants/élèves est l’un des plus faibles des pays de l’OCDE rendant les apprentissages des élèves difficiles ; 2) une dévalorisation de certains diplômes et absences d’ascension sociale pour un grand nombre d’individus ayant poursuivi des études supérieures ; 3) dévalorisation du savoir entretenue par les médias ; 4) investissements insuffisants dans certaines filières universitaires et dans la recherche-développement.

Les savoirs scientifiques et techniques ont un impact direct dans le fonctionnement de l’économie capitaliste et notamment sur la productivité comme nous l’avons vu ci-dessus. Rappelons aussi que de nombreux savoirs techniques tant au niveau artisanal qu’au niveau industriel ont été détruits avec la production en série d’une part la désindustrialisation d’autre part. La mécanisation–numérisation du travail manuel et intellectuel se déploie dans la sphère des services. Les métiers les plus atteints ont été ces 10 dernières années ceux d’employés de banque, d’employés de comptabilité, de secrétariat de direction, de caissiers, de manutentionnaires où les emplois ont été supprimés par dizaines de milliers. Depuis les années 1980, on annonce périodiquement la fin du travail non qualifié et l’avènement d’un nouveau marché du travail où ne subsisteraient que des emplois nécessitant innovation, créativité et haute qualification, la numérisation et la robotisation ayant fait disparaître la quasi-totalité du travail mécanisable et non qualifié. Or dans un tel domaine, il est difficile de se prendre pour Nostradamus. D’abord, l’évolution du travail non qualifié peut varier d’une période à une autre. Par exemple, de 1980 à 1994 on assiste à une baisse du travail non qualifié mais la courbe s’inverse à partir de 1994 où le nombre d’emplois non qualifiés ne cesse d’augmenter. En réalité, au niveau de la France métropolitaine, depuis 30 ans la situation est relativement stable : le nombre d’emplois non qualifiés passe de 24 % de la population active en 1982 à 21 % en 2014 mais à l’inverse il peut augmenter dans certaines régions. D’autre part, la notion de « non qualification » est difficile à cerner et même lorsqu’on l’a cernée, elle évolue notablement avec le temps. Par ailleurs, il ne faut pas confondre travail et emploi. S’il est évident que la robotisation détruit un certain nombre de métiers cela ne signifie pas que le nombre global d’emploi soit forcément en diminution puisque les travailleurs concernés par cette mécanisation peuvent se reconvertir dans d’autres métiers plus ou moins qualifiés. Selon les sources d’analyse statistique, les destructions d’emplois prévisibles par la robotisation varient entre 1 et 4 millions pour les 15 prochaines années. D’autre part l’évolution du nombre d’emplois non qualifiés peut-être très variables d’une région à l’autre. On s’abstiendra donc ici de ce genre de prévision dans un système économique à fonctionnement aléatoire.

La marchandisation des biens culturels tant dans leur processus de production que dans celui de la distribution peut aboutir à une diminution de la qualité et à une uniformisation des produits. Il existe donc des facteurs provoquant la croissance de l’entropie du système culturel au sens large.

L’appareil idéologique médiatique en contribuant à la conservation du système économie capitaliste en place freine la croissance de l’entropie globale de ce système. Néanmoins cette fonction néguentropique de l’appareil idéologique médiatique reste fragile car elle s’appuie sur la diffusion d’ idées fausses, sur la culture de l’ignorance d’alternatives politiques possibles, la marginalisation de l’esprit critique. Ainsi, cet appareil contribue à maintenir un système chaotique en place. La conscience politique de classe d’une fraction croissante de la population pouvant conduire à l’élaboration et l’adoption d’un nouveau projet de société et de gouvernement très structuré et réalisable constitue un phénomène de nature néguentropique. L’éducation populaire participe à la croissance de ce phénomène antagonique à l’action de l’appareil idéologique médiatique. Tout vecteur de l’élévation de cette prise de conscience politique ne peut être intégré au système idéologique médiatique sous peine de faire perdre à celui-ci sa fonction néguentropique de conservation du système capitaliste. Mieux encore, l’appareil idéologique médiatique doit combattre tout vecteur politique proposant une alternative au système capitaliste en place pour empêcher un accroissement supplémentaire de l’entropie structurelle de ce dernier. Ainsi, dans le domaine du savoir politique deux systèmes néguentropiques peuvent se combattre l’un affaiblissant l’autre : cette guerre informationnelle et de la communication s’appelle lutte idéologique. Dans le domaine du vivant, on peut prendre l’exemple d’une espèce prédatrice de l’autre, d’un être vivant parasite d’un autre Ainsi, comme nous l’avons déjà vu, un système néguentropique peut contradictoirement accroître l’entropie d’un autre système.

7– L’entropie du système institutionnel (État, institutions) dans le cadre de l’économie capitaliste.

L’État démocratique lorsqu’il gère d’une manière quelque peu équilibrée les intérêts de la classe capitaliste et ceux de la classe des salariés tout en gardant un rôle économique important dans l’investissement contribue à stabiliser l’économie capitaliste et s’oppose ainsi à la croissance de l’entropie du système. Ce fut le cas en France entre 1945 et 1975, période de reconstruction industrielle, d’augmentation du pouvoir d’achat des salariés avec un très faible taux de chômage et l’absence d’endettement de l’État. Au fur et à mesure de l’affaiblissement de l’État avec le développement du néolibéralisme depuis les années 1980, le système capitaliste français devient de plus en plus instable avec une croissance du PIB de plus en plus faible. La désindustrialisation et les privatisations renforcent cette instabilité se traduisant par des équilibres économiques aléatoires. Ainsi, par exemple, la balance commerciale devient très déficitaire et la dette de l’État ne cesse d’augmenter. Dans un premier temps, les institutions de la Ve République jouent un rôle stabilisateur non seulement dans le champ politique mais aussi dans le champ économique. À partir de la fin des années 1980 les périodes de cohabitation, la persistance d’un chômage de masse et la succession des plans d’austérité ou de « modération salariale, la dégradation des services publics finissent par rendre les personnalités politiques peu crédibles. Les reniements de François Hollande accentuent alors la crise de la représentation politique. L’épuisement du cadre institutionnel provoque alors l’émergence d’un régime autoritaire qui s’affirme avec avec François Hollande puis se poursuit et se renforce avec Emmanuel Macron. L’affaiblissement de l’État sur le plan économique et celui de son rôle de système protecteur sur le plan social ne permettent plus aux institutions de la cinquième république d’assurer leur rôle régulateur. La croissance entropique du système politique et économique s’accélère. Le mouvement des Gilets jaunes en est un symptôme. La perte de crédibilité des médias selon des sondages récents rend plus difficile le travail de conservation systémique de l’appareil idéologique médiatique. Il existe une interaction dialectique entre l’entropie du système économique et l’entropie du système politique. C’est le désordre économique des politiques économiques ultralibérales qui a engendré la croissance du désordre dans le système politique s’exprimant par une crise de la représentation politique sans précédent.(notamment abstentions records, mouvement des Gilets jaunes). Les « réformes » du gouvernement Macron sont votées avec 10 % –15 % d’assentiment des inscrits du corps électoral. Inversement, une telle croissance de l’entropie du système politique n’est pas sans incidence sur les performances du système économique : grèves à répétition, fragilisation du système politique qui peut devenir à terme peu favorable aux investissements notamment étrangers même si pour l’instant le mouvement des Gilets jaunes n’a pas eu d’incidence sur eux.

8–l’instrumentalisation du désordre systémique par le politique.

1) l’instrumentalisation de l’insécurité économique. La précarité de l’emploi, le chômage, la fragilité économique des petites et moyennes entreprises et des petits commerces, l’endettement des ménages, contribuent à créer un sentiment d’insécurité, à créer une situation anxiogène pour bonne partie de la population active. Cette anxiété généralisée est peu propice à la combativité, à l’esprit de révolte, au syndicalisme. Ainsi, la caste oligarchique profite d’une certaine manière de cette situation pour se maintenir au pouvoir.

2) Instrumentalisation des désordres sociaux par le discours sécuritaire.

La délinquance de tous niveaux (du vol à l’étalage jusqu’à la fraude et l’évasion fiscale, la corruption) dont les médias ne font d’ailleurs aucune analyse causale, est exploitée à la fois par le pouvoir et l’extrême droite. La multiplication des mesures réglementaires sécuritaires depuis plus de 20 ans diminue la liberté des citoyens et l’indépendance de la justice. En réalité, ces mesures qui devraient être contre–entropiques sont inefficaces car elles ne s’attaquent pas aux causes profondes de ces désordres sociaux.

9) Avoir une vision d’ensemble des phénomènes anthropiques existant dans la société.

Comme l’a bien expliqué Marx, on ne peut isoler l’économie du social et du politique. Nous avons traité ici de l’entropie du système capitaliste en nous intéressant à l’entropie et à la néguentropie de ces trois dimensions en les ntégrant dans l’entropie globale du système capitaliste. Mais nous avons intégré aussi deux autres dimensions : l’écosystème et le système culturel.

Cette étude se relie alors à un autre document : France Insoumise : les cinq lignes de front du penser global http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

10–Le programme de La France Insoumise, l’Avenir en commun, propose une société alternative située aux antipodes de l’utopie dévastatrice libérale.

Rappelons qu’il s’agit d’un programme s’appuyant sur une structure économique tripartite : 1) un secteur public puissant où l’État et les collectivités territoriales jouent un rôle majeur dans les orientations économiques notamment pour les investissements sur le long terme comme c’est le cas pour la transition écologique ; 2) Un secteur privé avec un droit des travailleurs renforcés ; 3) un secteur pour l’économie sociale et solidaire (coopératives, associations, mutuelles) Sans anéantir complètement la notion de concurrence et d’émulation la coopération entre les agents économiques prend le pas sur la concurrence. Une partie de l’économie de biens administrée par l’encadrement d’un certain nombre de prix notamment celui des loyers, de certaines denrées alimentaires de base, du gaz, électricité de certains transports.

Le prix des marchandises importées et régulées par un protectionnisme solidaire qui empêche le dumping social et environnemental.

Le système économique ainsi obtenu réduit d’une manière importante l’aléatoire dans le fonctionnement de l’économie. Ce système alternatif devient à entropie décroissante. La planification écologique permet de renforcer cette décroissance l’intérêt général et la promotion du commun se substituent à la philosophie libérale de l’accaparement qui sacralise la propriété privée. Cela limite donc les conflits d’intérêts entre individus, entre communautés d’individus et donc diminue l’entropie en favorisant la stabilité des rapports sociaux. En un mot, l’Avenir en commun veut instaurer une économie ordonnée et démocratique au service de l’intérêt général. Ce programme propose donc une économie structurellement stable et accompagnée de mesures sociales qui anéantissent toute forme de précarité rendant les conditions d’emploi et de vie aléatoires.

Epilogue : Un exemple comparatif de deux visions du monde : la tarification du prix des billets voyageurs à la SNCF.

Rappelons que la SNCF résulte de la nationalisation de groupes privés de chemins de fer en Europe 1938. Elle devient propriétaire du réseau ferroviaire l’État détient alors 51 % du capital. c’est en 1982 que l’État détient la totalité du capital. La SNCF doit s’adapter à un environnement économique qui se transforme : utilisation croissante de voitures individuelles (10 millions d’automobiles en 1950), la désertification progressive de milieux ruraux, accroissement démographique, croissance de métropole, concurrence des lignes aériennes intérieures. Malgré cela, le calcul du prix du billet jusqu’en 1970 est très simple : P = cxd ; p est le prix du billet, ; c est le coût unitaire kilométrique, ; d est la distances en kilomètres du trajet. Ces données sont évidemment à disposition des usagers. Ainsi par exemple, pour un trajet de 100 km au tarif unitaire kilométrique de 0,15 €, le prix du billet est : 0,15 X 100 = 15 € Ce prix est totalement prévisible : il est calculé de la même manière pour n’importe quelle région, pour n’importe quel jour d’affluence. Le prix est donc parfaitement prévisible le jour même du départ un mois avant pour n’importe quel point de départ et d’arrivée. Les cadres supérieurs sortis des grandes écoles de l’époque qui avaient le sent de l’État et du service public calculaient le prix du billet en établissant une péréquation entre le coût d’exploitation des lignes peu fréquentés ou déficitaires et des lignes très fréquentés ou excédentaires. Les heures de grande affluence se traduisant par une vente plus élevée du nombre de billets compense les heures de faible affluence où le nombre de billets vendus est moindre. Cette manière de calculer n’est pas neutre : elle s’appuie sur l’idée qu’il faut conserver des lignes peu rentables pour pérenniser le service public. On permet ainsi à des villages des petites villes d’être toujours desservi par des trains mêmes si le taux de fréquentation est relativement faible. Cela repose donc aussi sur un certain esprit de solidarité nationale qui est évidemment héritière du front populaire et du conseil national de la résistance. Une telle tarification à l’avantage d’être simple pour tout le monde.

Après une deuxième phase de tarification intégrant les coûts marginaux, se développe alors une troisième phase vers les années 1990 avec le « yield management ». On détermine alors le prix des billets à partir des dates des jours de grande affluence, des heures de faible et grande affluence, à partir de critères régionaux dépendant de la concurrence de l’avion notamment. C’est ainsi que le prix d’un billet TGV par exemple peut varier du simple au triple selon la date et l’heure du voyage. Le prix du billet devient alors imprévisible d’une semaine sur l’autre, d’un jour à l’autre. L’objectif purement commercial est d’optimiser le taux de remplissage des trains. La SNCF est alors amenée à supprimer des lignes jugées non rentables. On a indiqué en annexe quelques informations sur la longueur totale des lignes supprimées. Il s’agit donc alors ici d’une gestion capitalistique qui n’a plus grand-chose à voir avec la notion de service public ou de solidarité. Cette rentabilisation s’accompagne aussi de la suppression d’un grand nombre de postes à la SNCF et d’une modification du statut des cheminots nouvellement recrutés. Cette valse des prix provoque évidemment un certain nombre de mécontentements chez les usagers qui ont fait l’objet de plusieurs articles dans les revues de consommateurs ou autres. Nous avons simplement ici mentionné un article du journal Marianne en annexe. Les cadres supérieurs gestionnaire des transports et de la SNCF ont perdu la culture du service public qui existait chez les polytechniciens de l’après-guerre par exemple et à l’époque du gaullisme. Ils ont pour la plupart intégrée d’idéologie capitalistique néolibérale. On voit ainsi comment ce mode de gestion introduit dans l’aléatoire dans la détermination des prix et dans la gestion financière mais aussi dans la stabilité de l’emploi des personnels le désordre, c’est-à-dire une entropie croissante, se manifeste par l’augmentation du nombre de pannes par mauvais entretien du réseau notamment par la lenteur incroyable de certains trains sur des lignes mal entretenues et aussi par l’augmentation du nombre de retards et d’incidents divers ponctuant maintenant plus ou moins régulièrement la vie des usagers. Un « détail » qui montre le mépris des usagers : l’absence de toilettes dans les trains de grande banlieue et de certaines gares : le voyageur n’est plus considéré comme un humain possédant des reins, une vessie, un intestin mais comme un robot ou un simple opérateur économique.. Et dans les grandes gares, les toilettes sont devenues payantes.

Annexe : SNCF : comment l’Etat a lâché les usagers sur le contrôle des prix du TGV Source : Marianne https://www.marianne.net/economie/s...

La construction des prix à la SNCF : une sociohistoire de la tarification de la péréquation au yield management. 1938– Source : revue française de sociologie. https://www.cairn.info/revue-franca...

Histoire de la SNCF. Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Histo...

Réseau national France. Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%...) Cet article indique entre autres que la longueur du réseau ferré national en 1882 était de 26 000 km ; 39 000 km après la guerre de 14–18 et de 42 500 km en 1938 années de création de la SNCF. Actuellement le réseau a une longueur totale de 30 000 km dont 2600 km pour le TGV. Le nombre total de gares et de 3029 et le nombres de trains qui circulent par jour et de l’ordre de 15 000. On peut trouver aussi dans cet article le nombre de viaducs, de tunnels, etc. On constate ainsi qu’en un demi-siècle le réseau ferré français a été amputé de 12 500 km, soit de près de 5 fois la longueur du réseau TGV actuel. On a bien une perte de densité du réseau ferroviaire sur l’ensemble du territoire. Entre chaos et entropie, : quelles solutions à la crise Source : le journal des psychologues https://www.cairn.info/revue-le-jou... Cet article insiste de l’impact sur la santé et notamment la santé mentale des salariés des politiques économiques néolibérales.

Hervé Debonrivage


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