Havrin Khalaf, 35 ans, violée, lapidée, assassinée par les sadiques de l’armée turque

mercredi 6 novembre 2019.
 

- 1) Des pires assassins de la gestapo aux milices d’Erdogan : Havrin Khalaf, Secrétaire générale du Parti du Futur de la Syrie
- 2) Les exactions des miliciens pro-Turcs sèment le chaos dans le Nord-Est syrien (Le Monde)

1) Des pires assassins de la gestapo aux milices d’Erdogan : Havrin Khalaf

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Elle s’appelait Havrin Khalaf. Elle avait 35 ans. Elle était kurde, ingénieure, à la tête du parti Avenir de la Syrie et engagée auprès des femmes dans le nord de la Syrie. Elle a été exécutée par des mercenaires islamistes supplétifs de l’armée turque en plein chaos provoqué par l’offensive actuelle d’Ankara.

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Havrin Khalaf était connue de toutes celles et ceux qui travaillent dans le nord de la Syrie : diplomates, journalistes, politiques... Tout le monde connaissait le visage et la détermination de cette militante pour la conciliation, la négociation, la paix. Coprésidente du parti Avenir de la Syrie et membre de la direction du Conseil démocratique syrien, le bras politique de l’alliance de forces kurdes et arabes alliées de Washington dans la lutte antijihadiste, elle multipliait les initiatives en faveur du pluralisme. Elle prônait le rapprochement pacifique entre Arabes, Kurdes et Turkmènes, musulmans, chrétiens et yézidis, qu’elle voulait réunir dans un même combat, à la fois contre le régime de Bachar El-Assad et l’Etat Islamique.

Un modèle à défendre

Havrin Khalaf s’investissait auprès des femmes musulmanes dans le Rojava (Kurdistan occidental), auprès desquelles elle défendait le modèle d’égalité hommes- femmes et de coprésidence auquel elle adhérait - l’autre coprésident d’Avenir de la Syrie était un homme, arabe. Le mois dernier encore, elle assistait à un forum des femmes tribales à Tabqa, où elle disait sa fierté au vu des "progrès accomplis par les femmes dans le nord-est de la Syrie sous le gouvernement kurde".

Ceux qu’elle dérangeait l’ont facilement identifiée et localisée ce samedi 12 octobre, entre les localités de Qamishli et Minjeb, dans le nord de la Syrie. Elle circulait en voiture avec son chauffeur - lui aussi exécuté - quand elle a été prise dans une embuscade sur la route M4, l’axe international qui relie le nord-est, dominé par les Kurdes, au nord-ouest de la Syrie, contrôlée par la rébellion.

Les témoignages recueillis par le quotidien Le Monde à Derik, sa ville d’origine, où ses funérailles et celles de son chauffeur ont eu lieu samedi, donnent à penser que les assassins se sont acharnés sur son corps. "Elle avait la jambe brisée, chair ouverte, les bras couverts de contusions, le corps et les vêtements couverts de terre comme s’ils l’avaient traînée sur le sol, constate l’une des personnes chargées de préparer les corps. La moitié de son visage était écrasée à l’intérieur de son crâne, l’autre était reconnaissable, a observé le camarade Hassan, affecté au même travail. Elle avait plusieurs impacts de balles dans la poitrine et dans le ventre, et des brûlures qui tendent à indiquer qu’ils lui ont tiré dessus de près…. Cela fait huit ans que je fais ce travail et je n’ai jamais vu rien de tel."

Selon le rapport du médecin légiste chargé d’examiner le corps à l’hôpital d’Al-Malikyah, elle a été "frappée à la tête avec un objet solide qui a provoqué de multiples fractures du crâne. Les coups qu’elle a reçus sur les jambes ont fracturé les deux os de la jambe gauche. Elle a aussi été frappée avec un objet tranchant sur la face postérieure des jambes. Ses cheveux et la peau du crâne arrachés témoignent qu’elle a été traînée par les cheveux. Elle a ensuite été abattue à bout portant avec une arme à feu de guerre dont les tirs ont fracassé la moitié droite de son visage et emporté une partie de la cervelle. Après sa mort, elle a encore essuyé plusieurs tirs dans le dos et les balles sont ressorties par l’abdomen."

En sortant de l’hôpital d’Al-Malikyah, la mère d’Havrin Khalaf, Suad, qui venait reconnaître le corps de sa fille, témoigne que la dépouille de sa fille n’était plus : "qu’une poupée de chiffon enveloppée dans des linges".

2) Les exactions des miliciens pro-Turcs sèment le chaos dans le Nord-Est syrien (Le Monde)

https://www.lemonde.fr/internationa...

C’est une vidéo barbare en provenance de Syrie, une de plus : sur le bas-côté d’une route, aux abords de Tall Abyad, non loin de la frontière turque, un groupe de miliciens en treillis canardent un homme allongé au sol, les mains liées dans le dos. « Allahou akbar ! Bien fait pour ce porc », aboie l’un d’eux, face au nuage de poussière soulevé par la mitraille. « Filme-moi, filme-moi », gueule un autre, tout en pointant sa kalachnikov sur le malheureux.

Les tueurs appartiennent à l’une des formations rebelles syriennes qui suppléent l’armée turque dans son offensive dans le nord-est de la Syrie. Leur victime est un Kurde syrien, fait prisonnier un peu plus tôt. Nul ne sait s’il était lié aux Unités de protection du peuple (YPG), le mouvement autonomiste armé, maître de la rive orientale de l’Euphrate, contre lequel Ankara est parti en guerre, le 9 octobre.

La scène d’assassinat, diffusée samedi 12 octobre sur les réseaux sociaux, est emblématique du chaos qui s’est emparé de la Djézireh, la partie nord-est de la Syrie, depuis le lancement de cette opération. Elle est aussi révélatrice de la fièvre sectaire déchaînée par l’attaque turque, et des risques d’éclatement qu’elle fait peser sur la complexe mosaïque communautaire de cette région, où Kurdes, Arabes, Assyriens et Turkmènes s’entremêlent. « J’ai très peur que le fossé entre Kurdes et Arabes ne devienne un gouffre », confie Fadel Abdul Ghany, le directeur du Réseau syrien des droits de l’homme.


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