Outils argumentaires pour la campagne des municipales

mercredi 26 février 2020.
 

L’article qui suit peut être considéré comme un outil mis à la disposition de militants de La France Insoumise pour répondre aux diverses questions que se posent nos concitoyens à propos du contexte politique et économique et à propos de la nature et la stratégie de LFI. Cet article montre comment les politiques locales ne peuvent être détachées des politiques nationales. Il analyse un certain nombre de thèmes de campagne souvent abordés pendant les campagnes électorales des élections municipales.

I–La France Insoumise, les Citoyens et les autres organisations

La France Insoumise (LFI) ne présente pas de liste aux élections municipales sous cette étiquette sauf exception, mais impulse et soutien un mouvement de citoyens pour la plupart non adhérant à un parti politique afin que la vie municipale ne soit pas monopolisée par un parti dominant mais soit l’affaire du peuple lui-même. D’où le titre figurant sur le site de La France Insoumise : « Le peuple aux commandes ».

Pour plus de détails sur l’organisation de LFI pour les élections municipales, voir :

https://lafranceinsoumise.fr/electi...

Pour assurer une cohérence et une efficacité politique, les personnes constituant cette liste partagent une communauté de valeurs humanistes, progressistes, démocratiques et évidemment républicaines.

Une valeur centrale est celle du partage des richesses produites par la population active. Sans ce partage, le financement des mesures sociales et écologiques ne peut être possible tant au niveau local que national pour satisfaire les besoins de la population. Une fiscalité juste et redistributive, la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale accompagnent ce partage.

Rappelons que La France Insoumise (LFI) n’est pas un parti mais un mouvement politique muni d’un programme appelé « l’Avenir en commun », constitué de 357 mesures, résultat d’un long travail d’élaboration collective en partenariat avec de nombreuses associations et soutenu par 160 économistes répartis dans 20 pays. Il est complété par 40 livrets thématiques. Son financement soigneusement calculé est disponible sur Internet, contrairement à celui des autres organisations politiques.

Nous récusons les appellations de parti de la « gauche radicale », de parti « d’extrême–gauche », de parti « populiste » utilisées par les médias pour créer la confusion et nous marginaliser car ils ne correspondent pas à la réalité.

Ce programme constitue une alternative réaliste à la situation économique et politique actuelle en France. Il a été porté par Jean-Luc Mélenchon en 2017 qui a recueilli presque 20 % des suffrages exprimés.

La caste très fortunée des privilégiés qui gouvernent directement ou indirectement la France est consciente de l’extrême dangerosité de ce programme qui menace leurs pouvoirs exorbitants dans toutes les sphères de la société. Car ce programme préconise, entre autres, à l’opposé des autres partis, un partage équitable des richesses produites par les Français. C’est essentiellement pour cette raison que la caste et ses serviteurs mettent tout en œuvre pour le rendre invisible, pour dénigrer et neutraliser par tous les moyens possibles les représentants de LFI. Le fer de lance de leur propagande est de faire croire qu’il n’existe pas d’alternative crédible et réaliste au système néolibéral ultra-autoritaire actuel.

Par exemple, les propositions de loi des députés LFI comme celle portant sur le RIC (référendum d’initiative citoyenne) ou sur l’interdiction d’immobilisation létale (placage au sol,…) rejetées par la majorité en février 2019, sont très peu retransmises par les grands médias.

Les politiques économiques néolibérales de droite du PS trahissant ses engagements électoraux, leurs très violentes répressions policières contre le mouvement social concernant la loi travail en 2016 sous la responsabilité de Valls–Cazeneuve–Hollande et donc contre une partie de son propre électorat ont fait imploser le PS qui n’est plus socialiste et de gauche que de nom.

Le bloc de la vrai gauche du PS a fait scission avec celui-ci en octobre 2018 pour fonder avec Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann une nouvelle organisation politique réellement socialiste qui fait alliance dès sa création avec LFI.

Ces événements ont été censurés par les grands médias qui ne rendent visible que le reste d’un PS qui ne constitue plus une alternative crédible.

LFI refuse donc désormais tout arrangement opportuniste à géométrie variable au nom d’une soi-disant « union de la gauche » qui a perdu de son sens pour de nombreux électeurs dégoûtés.

Cela ne signifie pas que LFI rejette la présence de militants socialistes, écologistes, communistes (à titre individuel) dans son mouvement comme en témoigne la composition de son espace politique.

Voir comment est organisé LFI sur son site dans la rubrique « comment ça marche ». Cette structure novatrice échappe à l’entendement des journalistes au service du système et aux militants enfermés dans leurs structures partidaires traditionnelles.

Un certain nombre de médias hostiles présentent LFI comme un troupeau guidé par un berger autoritaire Mélenchon qui déciderait de tout au travers d’une structure verticale. Ils oublient ou font semblant d’ignorer que les orientations politiques de LFI sont décidées démocratiquement par des conventions nationales, qu’il existe des assemblées représentatives, un comité électoral dont une bonne proportion est tirée au sort et que le mouvement est constitué à sa base par environ 5000 groupes d’action qui ont leur liberté d’initiative.

La cohérence d’ensemble évitant notamment la formation de fractions et de noyautages divers est assurée par la charte des groupes d’actions. Certains dysfonctionnements organisationnels ont pu être corrigés lors de la dernière convention par la création de nouveaux espaces notamment. Ce mouvement jeune de trois années est un mouvement évolutif.

L’objectif de ce mouvement n’est pas de remplir ses caisses en sacrifiant ses convictions mais de se mettre au service des citoyens pour les aider à s’auto-organiser sans être asservis par des structures de partis où pullulent les ambitions carriéristes. Ce sont aux citoyens eux-mêmes de définir leur tête de liste.

II–Un néolibéralisme arrogant et autoritaire contre un peuple découragé ou révolté.

Depuis de nombreuses années, les attentes des Français en termes de stabilité d’emploi, de pouvoir d’achat, de qualité des services publics (notamment la santé), de protection de l’environnement ne sont pas satisfaites en raison du développement des politiques ultralibérales mises en œuvre.

Cela provoque des tensions sociales récurrentes pouvant même se manifester par un soulèvement comme celui des Gilets jaunes.

Pourquoi ? Pour satisfaire ces attentes, il faut de l’argent. Où le trouver ?

Pour la droite, l’extrême droite, le centre et les sociaux-démocrates : dans le porte-monnaie des classes moyennes ; dans la restriction des dépenses publiques conduisant ainsi au dysfonctionnement des services publics ; par des privatisations massives ; par des coupes sombres dans certaines prestations sociales comme les indemnités de chômage par exemple ; par l’amputation des retraites (par hausse de la CSG par exemple) : ils déshabillent Paul pour habiller Pierre ; et finalement par la mise sous tutelle de toute la société au pouvoir des marchés financiers. On en constate maintenant les résultats catastrophiques.

Pendant ce temps, la distribution de dividendes bat des records en France alors que les salaires stagnent et que les partis de droite refusent toute augmentation du SMIC. Les inégalités s’accroissent et la pauvreté progresse.

Ainsi, en 2018 le salaire moyen des patrons du CAC 40 s’élevait à 277 SMIC soit 5,8 millions d’euros par an. En tête du palmarès, le patron de Dassault avec plus de 33 millions d’euros de rémunération annuelle. Alors que les salaires des patrons c’était accru de +12 % en un an, le salaire moyen des employés ne faisant pas partie des directions de ce même groupe s’était élevé à +4 %. Les dividendes versés avaient déjà battu un record avec 57 milliards d’euros distribués en 2018. Mais en 2019, nouveaux records de distribution des dividendes : 49 milliards d’euros auxquels il faut ajouter 11 milliards de rachats d’actions, soit un total de 60 milliards : une augmentation de +15 % en un an.

L’une des conséquences, peu analyser, sauf par quelques-uns comme Emmanuel Todd, est non seulement la sécession des 1 % les plus riches, mais aussi dans une certaine mesure celle des cadres des classes moyennes supérieures. Ce cadre acceptait de payer des prélèvements sociaux et impôts relativement élevés dans la mesure où, en retour, les services publics, notamment ceux de la santé, était de relativement bonne qualité. Mais avec la dégradation de ses services publics, et l’accroissement de la pauvreté, ils remettent en cause le caractère redistributif d’une partie de leurs revenus.

Mais cette attitude n’est pas générale chez les cadres si l’on considère la position de la CGC sur les retraites qui restent une organisation bien attachées à la solidarité entre salariés et retraités.

En dessous de cette couche sociale, les classes moyennes se prolétarisent de plus en plus : leurs conditions de vie se rapprochent de celles des classes populaires.

Ce sont aussi environ 100 milliards d’euros d’exonération fiscales (dont le CICE) depuis 2013 qui ont été votées par les députés PS,LR,LREM et tout cela pour une efficacité économique très faible. Ce sont les mêmes qui d’un côté vident les caisses de l’État par des privatisations et exonérations non justifiées qui crient leur indignation sur le déficit de l’État et des dotations insuffisantes pour les collectivités territoriales.

Cette politique ultralibérale responsable des inégalités et de la pauvreté engendre chômage, suicide, et délinquance. Ce sont alors les mêmes qui sont responsables de cette situation catastrophique et qui se présentent comme les champions de la sécurité et de la lutte contre la délinquance. Ce sont les responsables du désordre qui se présente comme les meilleurs représentants de l’ordre. Un comble !

Ce genre de mystification ne peut marcher que pour un électorat très mal informé et désinformé par des médias aux mains des milliardaires et de leurs amis.

Ainsi, pour les ultra-libéraux, tous les secteurs d’activités doivent être assujettis au tout marché et au tout privé. Ce sont des idéologues extrémistes au service des puissants.

Ou Pour d’autres, très minoritaires, c’est la collectivisation totale des moyens de production et le tout État qui permettrait de résoudre les problèmes économiques et sociaux pour. On a vu l’impasse de cette voie avec l’ex URSS par exemple.

LFI, comme la plupart des citoyens, défend la juste mesure contre les extrémismes.

À l’opposé de ces conceptions extrémistes du tout privé à la LREM–LR et du tout État, le projet économique porté par LFI est celui de la juste mesure : un secteur public fort efficace et démocratique de qualité ; un secteur privé d’économie de marché avec un droit des travailleurs et des usagers renforcés ; un secteur de l’économie sociale et solidaire avec les associations, les mutuelles et les coopératives.

C’est ce que l’économiste Jacques Généreux dans son ouvrage « L’Autre société » appelle l’économie plurielle.

Dans son programme, LFI propose un partage équitable de la richesse produite par la population active, c’est-à-dire un partage juste de la valeur ajoutée entre salaires et profits.

Ce partage s’est dégradé depuis 1970 au préjudice des salariés : c’est entre 100 et 200 milliards d’euros par an qui passe des poches des salariés vers la poche des actionnaires.

Silence radio de tous les partis de droite y compris le RN sur ce que l’on pourrait appeler un racket. En mettant en exergue l’immigration, le RN aide le pouvoir en place en masquant ses responsabilités dans la pauvreté et le chômage.

On comprend ainsi pourquoi les chaînes d’information continue laissent une large place aux représentants du RN par rapport à ceux de LFI, surtout avant les scrutins électoraux pour.

En revanche, L’Avenir En Commun explique comment mettre en œuvre une politique au service de l’humain et non du capital. Mais cette alternative est fortement marginalisée par les grands médias pour promouvoir le match Macron / Le Pen, les deux faces d’une même médaille d’or du capital.

III–Les politiques locales ne sont pas dissociables des politiques nationales.

Premier exemple : si les hôpitaux ont traversé et traversent des difficultés financières, c’est en raison des votes passés des partis de droite y compris celui de Macron pour faire des coupes budgétaires importantes dans la santé publique et la sécurité sociale. Il est alors facile de se dédouaner au niveau local des carences dans le fonctionnement d’un hôpital en accusant l’État de tous les maux alors que son parti politique ou soi-même ont voté les lois qui déterminent le budget de l’État avec toutes ses conséquences.

Les néolibéraux ne mettant aucun frein à la spéculation financière, notamment des organismes bancaires, cela a permis la prolifération de produits financiers toxiques qui ont plongé de nombreux hôpitaux dans le surendettement par des emprunts dont les taux ont explosé (exemple : emprunts DEXIA ; voir Wikipédia).

Cela résulte d’une politique néolibérale austéritaire des partis de droite et du PS, poursuivi en l’amplifiant par le gouvernement Macron qui sont responsables de cette situation comme dans plusieurs départements. La demande d’une économie de 1 milliard d’euros pour les hôpitaux dans le budget de la sécurité sociale 2020 voté en octobre 2019 par LREM est un non-sens économique et social a déclaré le président de la Fédération Hospitalière de France regroupant 1000 hôpitaux.

Ce sont plusieurs milliards d’investissements qui seraient nécessaires pour que les hôpitaux puissent retrouver un fonctionnement normal à la mesure des besoins de soins de la population et du nombre croissant de multi-pathologies. Plusieurs mois de grève des personnels soignants n’ont pas suffi à faire entendre raison aux gardiens du capital pour respecter la vie.

Deuxième exemple : Du fait des coupes budgétaires dans les dotations de l’État aux communes décidées par les mêmes, celles-ci ne peuvent assumer leurs responsabilités pour satisfaire les besoins de la population. Entre 2013 et 2018, les dotations de l’État aux collectivités territoriales sont amputées de 11,2 milliards d’euros selon la Cour des Comptes et en particulier, la dotation globale de fonctionnement passe de 41,5 milliards à 26,9 milliards aux collectivités territoriales.

Cela a plusieurs conséquences : baisse des investissements des communes (voirie, construction de logements sociaux, …), augmentation des impôts locaux, moins de ressources pour rembourser les emprunts.

Par manque d’argent, certains projets économiques et écologiques ne peuvent voir le jour où sont interrompus. De nombreuses subventions à des associations socialement et culturellement utiles sont amputées ou supprimées. La Gazette des Communes traite de l’historique de cette question dans son numéro du 19/08/2016. On peut lire que Gilles Carrez élu LR, a considéré comme souhaitable une baisse de la dotation globale de fonctionnement aux communes de un à 2 milliards d’euros par an !

IV–Les thèmes importants des campagnes électorales municipales.

IV A–La connaissance du terrain.

Il faut évidemment avoir une connaissance aussi précise que possible de la réalité économique et sociale de la commune et de ses environs.

Comment avoir une telle connaissance ? 1)D’abord par les services administratifs de la mairie et certains élus municipaux.

2) L’INSEE établit un tableau complet de données statistiques sur chaque commune de France.

Concernant, par exemple, Population, emploi, logement, services publics, etc. on peut accéder directement aux données concernant chaque commune en procédant de la manière suivante : chercher le numéro de code INSEE de la commune (ce n’est pas le code postal) ensuite compléter l’URL suivante par le code trouvé :

https://www.insee.fr/fr/statistique...

On peut ainsi avoir une connaissance relativement approfondie de la commune dans laquelle on vit avec des évolutions sur plusieurs années.

3) On peut interroger différents organismes tels que : les chambres du commerce et de l’industrie et de l’artisanat ; le pôle emploi ; le conseil départemental de l’ordre des médecins et le site Amélie de la sécurité sociale pour les statistiques médicales, les agences de l’environnement, etc.

4) une autre source d’information est évidemment l’ensemble des acteurs de terrain : agents municipaux, personnels médicaux et enseignants, personnels de la police et de la justice, les commerçants, etc. les organisations syndicales et professionnelles sont aussi utiles pour l’évaluation des besoins.

5) une autre source d’information importante sur les associations subventionnées ou non par la mairie.

Toutes ces données permettent d’avoir un bilan économique et social de la commune dans un cadre évolutif d’au moins 12 ans si possible. Sans ce travail documentaire préalable, il est quasi impossible de construire un argumentaire et un projet local cohérents.

IV B–Examinons quelques thèmes de campagne.

1–La santé.

Il faut articuler la situation locale aux politiques nationales comme indiqué ci-dessus.

Il est nécessaire de mettre en évidence les carences et les atouts à partir de statistiques en reprenant éventuellement les revendications des organisations professionnelles.

Pour relativiser situation locale, faut connaître le nombre de généralistes et le nombre de spécialistes pour 100 000 habitants. La moyenne nationale est de 153 généralistes 100 000 habitants en 2018.

2–La sécurité.

2.1 la lutte contre la délinquance.

C’est le fond de commerce électoral de la droite et de l’extrême droite : cette thématique est véhiculé en permanence par la presse locale régionale et nationale au travers les faits divers.

Elle se nourrit des peurs et des émotions provoquées par certains événements suscitant diverses réprobations ou indignations. Il est alors facile démagogue d’exploiter le marché électoral de la peur. Il faut alors savoir déjouer tous les pièges cachés dans ce sol mouvant et marécageux où la passion domine la raison. Par exemple, balayer d’un revers de main l’utilité, même relative, des caméras de surveillance rebaptisée caméras de vidéo protection…

Il ne s’agit pas de nier une relative efficacité du travail de la police de proximité municipale ou nationale et de caméras de vidéo surveillance sous peine d’être taxé de laxisme, d’angélisme,… mais il faut montrer que ces dispositifs ne s’attaquent pas à la racine du mal : le chômage, la pauvreté, le manque d’éducation, le manque de présence parentale.

Or, dans la quasi-totalité des cas, les élus de droite qui s’autoproclame les champions de la lutte contre la délinquance ont mené des batailles acharnées contre la loi de 35 heures et pour la retraite à 65 voir 67 ans. Ils sont donc contre une présence parentale nécessaire pour assurer un bon encadrement et l’éducation des enfants.

La présence des grands-parents se trouve aussi d’autant raccourcie pour la prise en charge partielle des petits-enfants.

Rappelons que LFI est évidemment pour la loi de 35 heures puis 32 heures et un âge à la retraite à taux plein fixé à 60 ans.

Quant au traitement « sécuritaire » de la délinquance, les dispositions à prendre figurent dans le programme l’Avenir en commun et le livret thématique : « Sécurité : le retour à la raison ».

Pour relativiser les exploits de ces « shérifs » de droite, il est utile de se renseigner sur les différents taux de délinquance pour la commune et les classer au niveau régional ou national.

Des sites comme l’Internaute, le JDN, Villes data donnent ce genre d’information.

2.2 Mais la sécurité des biens et des personnes ne se réduit pas à la lutte contre la délinquance.

a) Faute de dotations budgétaires suffisantes, on constate que dans de nombreuses villes et villages, la voirie se détériore. Or, la sécurité des personnes passe aussi par la qualité de la voirie. On constate ainsi l’existence d’un nombre considérable de trous dans les chaussées et les trottoirs pouvant occasionner luxations, entorses et même chutes sans même parler de nombreuses flaques d’eau qui peuvent occasionner des aquaplaning.

b) La sécurité des biens et des personnes c’est aussi se prémunir contre les catastrophes dites naturelles : inondations et incendies dus au dérèglement climatique.

Il faut un plan d’action de prévention des inondations mentionnons ainsi l’existence de tels plans dits PAPI pour les villes inondables qui doivent être à la hauteur des risques nouveaux. Il est nécessaire de faire pression sur l’État pour que les infrastructures, notamment des grands lacs-réservoirs, et l’aménagement des rivières puissent faire face à des pluies diluviennes durant plusieurs jours.

Rappelons, à titre d’exemple, qu’en 2013, le lac du Der, protégeant notamment Paris des crues de la Marne et de la scène est arrivée à sa hauteur maximum. Une inondation complète de Paris provoquerait des dégâts d’un montant vertigineux de plusieurs dizaines de milliards d’euros selon une étude de l’OCDE.

De nombreuses rivières et digues en bord de mer sont mal entretenues et peuvent aussi causer des inondations importantes. Pour faire face à des pluies durables de haute intensité, il faut reconsidérer certains réseaux d’évacuation des eaux usées et pluviales, éviter un bétonnage excessif des villes et des villages.

La surveillance et la maintenance des barrages est essentielle. On peut être inquiet à ce propos concernant la privatisation de certains barrages.

Il faut protéger les espaces boisés avec un bon entretien respectant la flore et la faune et se munir d’une logistique anti incendie à la hauteur des risques et des besoins. En raison des hausses sans précédent des températures durant l’été sur l’ensemble du territoire français, on peut dorénavant considérer qu’aucune forêt ou bois n’est à l’abri d’incendie très dévastateur.

On peut craindre le pire pour la prévention de ces risques lorsque l’on sait que ce sont des ultralibéraux à la vision très courte, qui gouverne pour l’instant la France.

Les pays ultralibéraux de Californie et d’Australie pourtant technologiquement très avancés ont été incapables de faire face préventivement et curativement à la prolifération des incendies. Les grands médias libéraux ne remettent pas en cause l’incompétence des dirigeants politiques de ces pays dont l’obsession est de réduire les dépenses publiques.

c) Concernant les risques industriels, il faut réaliser un audit de sécurité pour l’ensemble des usines classées Seveso.

Cette démarche de prévention se fait en relation avec les :

–la Direction Régionale de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement (DREAL)

–la Direction Régionale et Interdépartementale de l’environnement (DIRE)

3–l’écologie.

En raison du relatif bon score de EELV aux dernières élections européennes de 2018, un certain nombre d’élus et candidats de droite, du centre et macroniens sont toutes ailes déployées pour distribuer massivement des flyers plus verts que Vert à la population.

Tout y passe : agriculture bio, alimentation bio, liste à rallonge de circuits courts, bannissement des pesticides, autonomie alimentaire et énergétique avec des énergies renouvelables économie circulaires, éco constructions, pistes cyclables à gogo, transports en commun non polluants, végétalisation tous azimuts, etc.

Bref, il ne faut plus que le maillot jaune de l’écologie soit porté par un Vert, et, pire encore, soit porté par un Insoumis dans la course au « développement durable » !

En fait, toutes les mesures annoncées figurent à quelques détails près dans notre programme l’Avenir en Commun et nos livrets thématiques sur l’écologie. On retrouve évidemment pour une large part les mêmes positions dans le programme de EELV.

Il est utile de confronter les positions locales de ces candidats de droite ou « sans étiquette » aux prises de position de leur parti au niveau national, de leurs votes dans les assemblées sur les questions écologiques. Il est alors aisé de relever les contradictions ou l’absence de programme cohérent au niveau national dans ce domaine. Par exemple, votes contre l’interdiction du glyphosate, votre contre l’usage de pesticides à proximité des habitations.

Rappelons que contrairement à ces partis libéraux, LFI dispose d’un programme élaboré sur la transition énergétique, la planification écologique, etc. Son programme national et ses votes dans les assemblées ne sont pas du tout en contradiction avec les positions que ce mouvement développe au niveau local.

4–l’emploi local.

Là encore, il faut articuler la situation locale à la politique économique nationale des ultralibéraux qui favorisent une économie financière de rente au détriment de l’investissement productif. Le système bancaire français, dominé par quatre grosses banques systémiques, prêtes ou moins aux PME que ne le font les banques allemandes plus petites. On ne pourra revitaliser les territoires que par une politique industrielle au niveau national.

Le document de l’INSEE précédemment indiqué permet d’avoir des données locales sur l’évolution de l’emploi et du taux de chômage. Cela permet de juger, dans une certaine mesure, de l’efficacité de la politique de l’emploi de l’équipe municipale sortante.

Comme déjà dit ci-dessus, LFI dispose d’un programme élaboré pour le développement de l’emploi notamment dans le domaine de la transition énergétique.

Le développement de l’agriculture paysanne biologique permettrait la création d’un très grand nombre d’emplois en milieu rural.

5– Circulation routière et transports en commun.

On assiste dans de nombreuses agglomérations à certains niveaux de saturation de la circulation routière et des capacités de stationnement. Ce problème est complexe car il met en jeu la politique d’aménagement du territoire lié au développement des bassins d’emplois ou, à l’inverse à leur destruction.

Un facteur important à prendre en compte et le prix du logement qui devient un problème central pour de nombreux concitoyens dont certains sont contraints de s’éloigner de leur lieu de travail, voir même de changer de région, en raison du prix excessif ou inabordable des loyers ou de la construction.

Là encore, il faut articuler les situations locales aux contraintes et choix économiques réalisés au niveau national.

Il faut combattre la politique néolibérale de désertification des services publics au niveau local dans tous les domaines : santé, éducation, justice, transports en commun dont le rail etc.

Pour éviter la désertification des commerces de proximité dans les villes et villages,

Le façonnement des villes et villages devraient être l’affaire collectif de citoyens incluant des urbanistes, des architectes, des écologues, des climatologues.

Évidemment, les différents agents des services publics devraient être mis à contribution pour la conception et l’aménagement des édifices publics : hôpitaux, établissements de l’éducation nationale, poste, etc.

Il faut diminuer le plus possible la pollution de l’air par les véhicules à moteur thermique et la pollution sonore (fléau social peu analysé). Le trafic routier responsable de 16 % des émissions de CO2.

Il faut donc autant que faire se peut, diminuer le nombre de véhicules polluants dans les villes et favoriser les transports en commun utilisant le GPL, l’électricité (tramways) favoriser l’usage du transport par cycles et par les voies navigables.

Le chauffage des logements devrait utiliser plus d’énergies renouvelables et être plus économique par une bonne isolation thermique des bâtiments.

6-Le logement

Se Loger, À une époque où l’on arrive à poser des sondes spatiales sur des comètes, ne devrait pas poser de problèmes à la grande majorité de la population. Il en est rien. Il devient même un problème essentiel pour de nombreux citoyens.

Au regard des salaires, le prix des locations est beaucoup trop élevé. Pour les appartements, le prix moyen au mètre carré en France et de 13 €, la fourchette étend 10–19 €. Il s’élève à 23 € le mètre carré en Île-de-France et de 30 à 37 € à Paris.

En France, le loyer moyen pour un deux-pièces s’élève à 631 € et pour un trois-pièces à 877 € par mois. Rappelons que le SMIC net mensuel, pour 35 heures de travail hebdomadaire, s’élevait à 1200 €. Pour les 25 % des ménages les moins riches, le coût des loyers est passé de 15 % dans les années 80 à 35 % actuellement de leurs revenus.

Quant à l’accès à la propriété, le montant des emprunts devient toujours plus lourd. Dans les années 1960–2000, le montant de l’emprunt représentait 2,5 années de revenus il est maintenant de 4,4 années. Dans les années 1980, les emprunts d’une durée supérieure à 25 ans concernaient 15 % des ménages, il concerne maintenant 40 % des ménages.

Les emprunts à la consommation (y compris acquisition d’un véhicule) représente 15 % du budget et les emprunts immobiliers 85 % du montant total des emprunts des ménages.

Les Français sont désormais les plus endettés de la zone euro devant l’Espagne et l’Italie.

Pour diminuer le coût du logement, de nombreux ménages fuient les centres villes et se réfugient dans les zones périurbaines allongeant souvent du même coup la durée des trajets pour se rendre sur leur lieu de travail. Une autre conséquence est la diminution des surfaces habitables provoquant une promiscuité défavorable à la stabilité du couple et au développement éducatif des enfants.

On constate une fois de plus que le problème du logement au niveau local est lié à la politique économique au niveau national.

Pour remédier à cette situation qui frappe surtout les zones très urbanisées, il faudrait un encadrement des loyers, une limitation de la spéculation immobilière et surtout une augmentation des salaires, des minima sociaux et des retraites.

On peut néanmoins au niveau local remédier en partie aux problèmes en favorisant la construction de logements sociaux à prix modéré. Alors qu’il existe des dizaines de milliers de logements vacants en France, on compte selon les sources, entre 143 000 et 200 000 sans-abri en France dont 31 000 enfants.

Il est donc nécessaire que les communes, notamment les plus riches, construisent quelques logements pour pouvoir loger dignement ses laissés-pour-compte de la société capitaliste impitoyable.

7–La fiscalité locale.

Elle est liée aussi au contexte fiscal national.

D’une part, par la réglementation nationale du code des impôts qui définit, par exemple, comment calculer la valeur locative d’un logement. Ensuite elle dépend du montant des dotations de l’État aux collectivités territoriales et notamment aux communes. Mais cette dernière dotation dépend de la manière dont le pouvoir répartit l’impôt à payer entre la classe dominante et la classe dominée ou dans un langage moins « marxiste », du caractère juste de de la contribution à l’impôt par les différentes couches sociales.

Remarquons que la taxe d’habitation, la taxe sur le foncier bâti, la taxe sur le foncier non bâti sont des impôts sur le patrimoine et frappent, du moins en principe, ceux qui ont le patrimoine le plus élevé ou des locations à coût élevé. Cela explique la détestation des libéraux à l’égard de ce type d’impôt.

Mais il est vrai, que le mode de calcul actuel n’a pas été réactualisé depuis 1970 et est dorénavant inadapté à la réalité. Au lieu de redéfinir démocratiquement ce mode de calcul, Macron préfère supprimer purement et simplement la taxe d’habitation, asséchant du même coup une partie des ressources des communes comme cela avait déjà eu lieu en 2010 en supprimant la taxe professionnelle.

Pour pallier à court terme à ce déficit de ressources fiscales, certaines communes financent une partie de leur investissement en favorisant le développement de partenariats public–privé et l’utilisation de la sous-traitance pour éviter l’embauche d’agents municipaux. Or, le recours aux PPP s’est avéré désastreux financièrement pour les communes. A telle enseigne que les Britanniques les ont abandonnés et que la Cour des comptes européenne les déconseille. Une autre conséquence est le recours à des agents contractuels au statut précaire et moins bien rémunérés.

Les investissements communaux doivent être l’objet de discussions dans des ateliers citoyens et évidemment au conseil municipal en tenant compte de contraintes financières excluant toute option de choix pharaonique de prestige faisant ainsi croître montant des impôts locaux et nécessitant ainsi une transparence budgétaire totale.

Remarquons que les choix budgétaires doivent s’exercer harmonieusement tout à la fois dans les champs social, économique, écologique, culturel et même géopolitique quand on pense à la politique d’accueil des immigrés et réfugiés au niveau local.

On retrouve ici les cinq lignes de front du penser globale de La France Insoumise.

8–L’accueil des immigrés, des réfugiés et des gens du voyage.

Une politique humaniste et réaliste doit être élaborée au niveau local en collaboration avec les associations prenant dans ces questions et en tenant compte des retours d’expériences positives réalisées par certaines communes.

En relation avec les structures de l’éducation nationale, des cours de français devraient être délivrés notamment aux parents d’élèves immigrés. Des postes de médiateurs entre les enseignants éventuellement les administrations et les adultes issus de l’immigration devraient être créés pour favoriser la compréhension interculturelle et la fraternité entre les différentes composantes de la population.

Les valeurs républicaines d’égalité, de liberté, de fraternité et de laïcité doivent rester les références de l’intégration tant au niveau national que local.

La loi Gayssot doit être appliquée et il faut sanctionner les maires qui ne l’appliquent pas : les gens du voyage ont le droit d’exister sur notre territoire dans des conditions de vie dignes.

9–Le tourisme.

Les communes ont tout intérêt à exploiter leurs atouts touristiques : patrimoine historique et artistique, patrimoine naturel (espaces champêtres, rivières, lacs, mers, montagnes etc.) les bords de rivière et de mer, les bords de lac devraient progressivement retourner ou intégrer le domaine public. En considérant un cours d’eau comme faisant plus de 1 m de large et 1 km de long, 97 % des cours d’eau sont privés en France.

Il en est de même de trois quarts des forêts. Le plus souvent ces espaces privés sont mal entretenus et sont même dans de nombreux cas à la charge des syndicats intercommunaux. De même, les sentiers de randonnées doivent rester propriété publique.

L’activité touristique manque de régulation : pas d’encadrement des prix qui peuvent même rendre la location d’une place de camping quasi inaccessible pour les familles à petits revenus, concentrations de population excessives notamment sur le littoral, provoquant des nuisances considérables pour les autochtones.

La politique touristique doit être sous contrôle citoyen au niveau local et cesser d’être sous le contrôle anarchique des intérêts financiers des marchands de soleil

Les offices de tourisme doivent être valorisés et ne pas disparaître en raison d’une utilisation abusive de l’Internet.

Le tourisme rural et notamment à la ferme doit être encouragé pour permettre aux enfants des zones urbaines d’avoir un contact avec la nature et les animaux. La conscience écologique commence à ce stade.

Le tourisme, comme c’est déjà en bonne partie le cas, constitue un moteur pour la rénovation et conservation du patrimoine historique et pour les activités artistiques pendant les vacances scolaires. Remarquons que les installations sportives notamment les gymnases, ne sont pas forcément utilisés en période de vacances par les touristes.

V–La démocratie locale

Par le biais d’ateliers citoyens, LFI propose de reprendre en main votre droit légitime à participer activement à la vie de votre commune qui doit être considérée comme la cellule de base de la vie démocratique de notre société.

Nous sommes loin ici de la conception républicaine autoritaire de nombreux maires de droite. Il ne suffit pas de défendre la sécurité des citoyens il faut aussi défendre la sûreté des citoyens c’est-à-dire protéger les citoyens contre les excès de pouvoir de l’État. Rappelons que la sûreté fait partie de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen contrairement à la sécurité qui n’est régie que par la loi. La sûreté est un principe supérieur à la sécurité.

Ces deux notions sont fréquemment confondues par des journalistes et politiciens incultes.

Les listes citoyennes soutenues par LFI défendent donc une politique locale et nationale fondée sur la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité, la sûreté et la sécurité au service du bien commun et de l’intérêt général qui inclue évidemment la pérennité de la biosphère.

Hervé Debonrivage


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