Après le Judéobolchevisme proféré par les fascistes d’antan, voici maintenant l’islamogauchisme proféré par les forces réactionnaires d’aujourd’hui.

lundi 11 janvier 2021.
 

L’accusation d’islamogauchisme : un nouveau terrorisme idéologique issu de l’extrême droite relayant celui de Judéeobolchevisme.

On assiste depuis plusieurs jours à une charge des médias comme appareil idéologique de combat contre La France Insoumise et même le PCF considérant ces organisations comme ayant une sympathie non avouée pour l’islam politique.

Cette charge est une construction politicienne fondée sur des fausses informations ou informations tronquées comme nous allons le voir ci-dessous.

Elle a plusieurs fonctions :

-  affaiblir la gauche populaire remettant en cause le système économique actuel

-  faire diversion à la crise économique, sociale et sanitaire.

Valoriser le PS pour le faire renaître de ses cendres

Favoriser l’influence du RN en relayant ses thématiques pour construire un face-à-face entre Macron et Le Pen en 2022.

Que des gens manifestent leur rire, leur réprobation contre l’attaque d’une mosquée occasionnant deux blessés est une démarche naturelle pour tout républicain respectant les droits de l’homme et du citoyen.

La réprobation de ces mêmes gens serait identique s’il c’était agi de l’attaque d’une église, d’une synagogue ou d’un temple bouddhiste.

Sur le fond, pour tout démocrate républicain attaché à la laïcité, il n’y a pas de controverse en la matière : les choses sont simples.

Mais malheureusement, dans un pays où la république est malade et la démocratie moribonde, ce genre de réaction humaniste « naturelle » pose problème.

Nous traversons une période de polycrises (sanitaire, économique, sociale, sécuritaire) durant laquelle la peur devient un instrument de manipulation politique et de gouvernement.

Une telle période nécessite de la rigueur, de la précision, de la raison pour ne pas se trouver asservi par l’émotion et surtout par le flou.

La formation des journalistes ne favorise pas la rigueur et le raisonnement. Il suffit simplement de savoir parler et écrire avec fluidité, de savoir commenter des comportements.

Nous allons donc ici apporter des éléments factuels pour échapper au brouillard organisé par les médias.

1) L’attentat ou (attaque) contre la mosquée de Bayonne le 28 octobre 2019

Source : Wikipédia (extrait) https://fr.wikipedia.org/wiki/Attaq...

Cette attaque se produit alors que la France est confrontée à de nombreux attentats depuis 2011, avec un pic en 2015-2016. Ces attentats sont, pour la plupart, commis et/ou revendiqués par le groupe djihadiste État islamique. Mais l’année 2019 connaît une montée du terrorisme d’extrême droite dans le monde1,2. Les attentats de Christchurch, pour lesquels le suspect se réclame de l’extrême droite et qui font 52 morts, étaient dirigés contre deux mosquées.

En outre, la France est régulièrement confrontée au complotisme. Dans le cas présent, celui-ci concerne l’Incendie de Notre-Dame de Paris, dont les causes exactes n’ont pas pu être déterminées, mais dont toutes les pistes sérieuses (court-circuit électrique, cigarettes mal éteintes) sont accidentelles3. Plusieurs théories du complot existent autour de cet événement, accusant les Gilets jaunes ou le gouvernement d’avoir provoqué l’incendie4,5 ; mais il existe aussi plusieurs théories qui accusent des islamistes d’avoir mis le feu à la cathédrale qui sont reprises entre autres par des personnalités politiques d’extrême droite comme Jean Messiha ou Nicolas Dupont-Aignan3,4.

La mosquée de Bayonne a été volontairement dégradée deux fois par le passé, en 2015 et en 20176,7.

Déroulement

Le 28 octobre 2019, vers 15 h 208, la mosquée est attaquée : un homme met en fuite un témoin éventuel en le menaçant d’un pistolet puis tente d’incendier la porte de la mosquée en y déversant de l’essence à laquelle il met le feu. Il quitte les lieux en voiture puis y revient à pied. Il tire alors sur deux hommes dont l’un essaye de fuir dans une voiture que l’assaillant tente d’incendier. Puis il retourne chez lui où il est arrêté vingt minutes plus tard. Les policiers saisissent dans sa voiture une bonbonne de gaz et un chargeur de pistolet automatique et, chez lui, des armes pour lesquelles il possédait une licence de tir sportif9.

Lors de sa garde à vue le jour même de l’attaque, il avoue être l’auteur des faits. Âgé de 84 ans, il s’agit d’un candidat aux élections départementales de 2015 dans le canton de Seignanx sous l’étiquette du Front national. Le Rassemblement national affirme qu’il n’est plus membre de ce mouvement17,18.

Il est « défavorablement connu » par les habitants de son village pour ses propos extrémistes. Certains d’entre eux indiquent : « On avait même dû lui arracher le micro lors d’une cérémonie d’hommage aux victimes du Bataclan, pour éviter qu’il ne parle et ressasse ses idées extrémistes19. » « Il tenait des propos odieux sur les étrangers. Il se vantait même d’avoir commis des horreurs avec des enfants lorsqu’il était en Afrique du Nord. [...] C’est un raciste qui n’avait aucune honte de le revendiquer20. » Quelques jours avant l’attaque, il avait adressé un courrier rageur à l’ordre des avocats de Bayonne : « Ce monsieur voulait porter plainte contre le président Macron, c’était assez confus, il y avait plein de motifs », dont « non application des droits de l’homme » ou « non assistance à peuple en danger »21. Il est décrit comme un homme « violent et colérique ». Il avait déjà fait parler de lui en tenant des propos homophobes, xénophobes22 et islamophobes8.

Lors de la son interrogatoire, Claude Sinké explique avoir voulu « venger la destruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris » en affirmant que l’incendie de cet édifice a été déclenché par des membres de la communauté musulmane. L’ensemble de son audition interroge sur son état de santé psychique23. L’expertise psychiatrique du suspect « conclut à une altération partielle de son discernement et/ou du contrôle de ses actes »9.

Placé en détention provisoire au centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan, Claude Sinké meurt le 26 février 2020 au centre hospitalier de cette ville24.

Pour plus d’informations lire l’article complet de Wikipédia

2) La marche contre l’islamophobie du 10 novembre 2019.

a) Le nombre de manifestants

Selon le journal Le Monde du 10/11/2019 la marche contre l’islamophobie a réuni 13 500 manifestants. https://www.lemonde.fr/societe/arti...

ce nombre de manifestants est le résultat d’un comptage d’une organisation indépendante. Voir article du Monde.

b) Qui a initié et, a organisé et a participé à cette marche du 10 novembre 2019 ?

Source : l’appel dans Libération https://www.liberation.fr/debats/20...

Un appel initié par Madjid Messaoudene (élu de Saint-Denis), la Plateforme L.e.s. Musulmans ; Le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) ; le Comité Adama ; le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) ; l’Union communiste libertaire (UCL) ; l’Union nationale des étudiants de France (Unef), Taha Bouhafs (journaliste).

Premiers signataires : Action Antifasciste Paris Banlieue (AFA) ; Arié Alimi, avocat ; Pouria Amirshahi , directeur de publication de Politis ; Manon Aubry, eurodéputée ; Etienne Balibar, universitaire ; Ludivine Bantigny, historienne ; Yassine, Belattar, humoriste ; Esther Benbassa, sénatrice EE-LV de Paris ; Olivier Besancenot, NPA ; Saïd Bouamama, sociologue ; Leïla Chaibi, eurodéputée LFI ; André Chassaigne, député, président du groupe GDR ; David Cormand, secrétaire national d’EE-LV ; Laurence De Cock, enseignante ; Vikash Dhorasoo, ancien de joueur de foot, parrain d’Oxfam et président de Tatane ; Rokhaya Diallo, journaliste et réalisatrice ; Pierre Jacquemain, rédacteur en chef de Regards ; Eric Fassin, sociologue ; Elsa Faucillon, députée PCF ; Fédération syndicale unitaire (FSU) ; Fianso, artiste ; Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP) ; Geneviève Garrigos, féministe, militante des Droits humains ; Vincent Geisser, politologue ; Alain Gresh, journaliste ; Nora Hamadi, journaliste ; Benoît Hamon, Génération.s ; Yannick Jadot (eurodéputé EE-LV) ; Mathilde Larrère, historienne ; Mathieu Longatte (Bonjour Tristesse) ; Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT ; Jean-Luc Mélenchon et l’ensemble du groupe parlementaire La France insoumise ; Marwan Muhammad, auteur et statisticien ; Younous Omarjee, eurodéputé ; Stéphane Peu, député PCF ; Edwy Plenel, journaliste ; Maryam Pougetoux et Mélanie Luce, Unef ; Jérôme Rodrigues, gilet jaune ; Julien Salingue, docteur en science politique ; Pierre Serne (porte-parole de Génération.s) ; Michèle Sibony et l’Union juive française pour la paix (UJFP) ; Laura Slimani, élue de Rouen, direction nationale de Génération.s ; Azzédine Taibi, maire PCF de Stains ; Sylvie Tissot, sociologue ; Aida Touihri, journaliste ; Assa Traoré, comité Adama ; Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac ; Union syndicale Solidaires ; Dominique Vidal, journaliste et historien.

3 Notre commentaire :

L’islamo gauchisme : une construction politicienne des forces réactionnaires conservatrices du système pour affaiblir LFI les forces humanistes progressistes.

Contrairement à des fausses informations diffusées par certains médias, le CCIF n’était pas la seule organisation à initier cette marche. (Voir première liste ci-dessus)

Contrairement à ce que laisse supposer certains médias, La France Insoumise était loin d’être la seule participante à cette marche.

On y trouve les représentants du mouvement de Benoît Hamon Générations, de EELV, du PCF, du NPA,… Les représentants de la CGT, FSU, Union syndicale solidaire, UNEF, association Attac,… Voir liste des signataires ci-dessus.

Le Monde, BFM TV et autres répètent comme des perroquets que « la gauche est divisée » sur la question de l’islamophobie : mais, à l’exception du PS qui n’était pas présent à la manifestation ? En outre, peut-on encore considérer le PS comme faisant parti de la gauche ? Un nombre croissant d’électeurs de gauche considère que ce n’est pas le cas.

On constate donc et le procès médiatique fait à La France Insoumise n’est rien d’autre qu’une construction politicienne pour l’affaiblir.

Il est inquiétant de constater que le pseudo concept « d’islamogauchisme » initié par l’extrême droite relayant terme à terme le slogan de « Judéo bolchevisme » du fascisme d’avant-guerre, soit repris par certaines personnalités de droite, du PS et de LREM. Cela témoigne d’une décomposition alarmant de la vie politique. Ce terme d’islamogauchisme, fondée sur aucun fait, vise à criminaliser, dans un contexte de peur du terrorisme, toute pensée critique progressiste : comme autrefois l’était le terme de Judéo bolchevisme, il s’agit d’un véritable terrorisme idéologique.

Ce sont les pyromanes qui accusent les pompiers d’allumer le feu lorsque ces derniers tentent de l’éteindre.

Mais ce genre de pratique ne peut être opérante que sur une population très inculte politiquement et manipulée par des médias cultivant le flou et l’incapacité de penser.

Les médias ont-ils interrogé des propagateurs de la rumeur selon laquelle l’incendie de Notre-Dame de Paris serait le fait d’islamistes radicaux ?

Les médias ont-ils interrogé les responsables de EELV, Benoît Hamon, Olivier Besancenot sur la supposée dangerosité de leur participation à la marche du 10 novembre ou de leur supposée complaisance à l’égard de l’islamisme politique comme cela a été fait pour la France insoumise ? Non.

On comprend ainsi que LFI est bien l’objet d’une discrimination médiatique ayant pour but, avec d’autres techniques de la guerre idéologique, de la détruire politiquement.

Remarquons que cette discrimination fait suite à une discrimination judiciaire antérieure : alors que plusieurs membres du parlement européen avaient fait l’objet de la même accusation par le Front National d’emplois fictifs d’attachés parlementaires, seule LFI a fait l’objet d’une enquête concernant cette accusation.

Il est donc clair que le RN a accru son emprise sur les esprits de certains membres du gouvernement et de responsable de LR. Il augmente aussi son influence dans les médias comme l’a montré récemment l’association Acrimed.

Le niveau du débat politique s’il existe encore devient très faible, LREM, LR et le RN espèrent acquérir les voix de la fraction électorale la plus inculte politiquement et à la recherche de boucs-émissaires. D’où l’importance des thèmes identitaires, sécuritaires, la culture du flou pouvant conduire à des affirmations délirantes dont l’utilisation du terme islamogauchiste est un inquiétant symptôme (qui n’est pas sans rappeler celui de judéo bolchevisme utilisé autrefois par les nazis).

Voir à ce sujet l’interview très intéressant de Éric Coquerel.

http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

Les conditions objectives et le niveau de déliquescence du système politique sont réunies pour que LFI et ses alliés puisse accéder au pouvoir. La grande bourgeoisie le sait parfaitement. Il lui faut utiliser ses chiens de garde de l’appareil médiatique pour que les conditions subjectives, elles, ne soient pas réunies. Elle utilisera donc toutes les techniques décrites dans nos précédents articles pour anéantir politiquement LFI . La séquence récente montre que toutes les manipulations sont permises et que la charte de déontologie des journalistes de Munich (1977) n’est plus un repère pour la plupart des journalistes.

HD


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