Parti de Gauche en Aveyron : Réunion de lancement (Intervention d’introduction aux débats)

samedi 30 mai 2015.
 

Aujourd’hui, 5 décembre 2008, nous lançons le Parti de Gauche en Aveyron. Cette initiative a été prise par un noyau d’initiateurs, en particulier des ex-socialistes mais aussi des syndicalistes, des militants du NON de gauche en 2005.

Nous avons ouvert cette réunion à ceux qui, de plus ou moins près, attendent de notre initiative des lendemains utiles au plus grand nombre. Merci donc à tous d’être là, si nombreux.

Cette réunion fait suite à celle de lancement du PG qui s’est tenue samedi dernier à Paris, à laquelle des Aveyronnais ont participé, parmi une foule de 3000 personnes, dans une ambiance survoltée, après seulement 10 jours de préparation. Ce nombre a une signification politique ; il est le signe de l’énergie militante et populaire disponible pour mener ce combat qui commence.

Ce nombre et plus de 7000 soutiens reçus sur internet prouvent qu’il y a une immense disponibilité pour agir contre la droite en dehors des sentiers d’impuissance, battus et rebattus par le social libéralisme. Le point de départ de la constitution du Parti de Gauche, c’est la décision de plus d’un millier de socialistes, aux côtés de JLM et MD de quitter leur parti après le vote intervenu sur les orientations le 6 novembre dernier.

Je ne sais si nous avons eu du courage pour quitter un Parti auquel certains d’entre nous appartenaient depuis plusieurs décennies ; si nous l’avons fait c’est parce que nous voulons rester socialistes ! Depuis des années, ces militants ont fait le choix de l’action dans le PS ; considérant le rôle central de ce parti à gauche, ils se sont battus, à chaque échéance politique, sociale, pour ancrer à gauche ce parti, participant congrès après congrès aux motions de l’aile gauche du PS pour peser de l’intérieur, lutter contre les tentations centristes et dérives libérales. Cette stratégie s’est trouvée au cours des dernières années de plus en plus impuissante. En particulier depuis la décision par tout l’appareil du PS de faire payer le prix fort à tous ceux qui, en 2005, ont affronté l’Europe libérale du TCE contre la position de la social-démocratie européenne.

Au congrès de Novembre, une seule motion, la motion C, unifiant toute la gauche du PS a défendu la retraite à 60 ans, la souveraineté des peuples concernant la construction européenne, des restrictions au libre-échange généralisé, le refus total de l’alliance au centre. Malgré le vent de la crise et les attaques de Sarkozy, qui auraient dû porter cette ligne, 80% des adhérents ont voté pour les motions de la majorité, en accord avec la ligne social-démocrate européenne, acceptant le Traité de Lisbonne, l’abstention face à la droite.

Car ce n’est pas le socialisme français qui est impuissant faute de leader, de discipline, ou de je ne sais quoi, c’est l’ensemble de la social-démocratie et de l’orientation social libérale d’accompagnement du capitalisme qui se trouve face à une impasse politique et électorale, conduisant à l’effacement de la gauche

En Europe, les partis socialistes ont perdu 14 des 16 dernières élections nationales. Et quand ils gouvernent, ils font une politique de droite ; c’est le cas en Angleterre, ou on gouverne en coalition avec la droite, en Allemagne, en Hollande, en Autriche, en Slovaquie. En Italie, c’est une autodissolution de la gauche qui a eu lieu avec la décision de saborder le parti socialiste pour créer un Parti Démocrate derrière Veltroni ; cela a abouti à ce qu’il n’y ait plus un seul parlementaire de gauche élu au Parlement. En Amérique latine, par exemple, presque tout le mouvement progressiste, au Paraguay, en Bolivie, au Brésil, au Venezuela, s’est fait sans elle et sinon contre elle.

Cette pente de la social-démocratie vers le renoncement et sa disparition, est claire, rien n’y changera.

Nous lançons le parti de gauche :

• Parce que nous ne voulons pas attendre que d’autres forces que de gauche, sur fond de souffrance sociale, de crise, prennent le leadership de la contestation du système capitaliste,

• Parce nous ne voulons pas attendre d’avoir, à gauche, seulement nos yeux pour pleurer.

• Depuis une semaine, il est possible d’y adhérer et de participer à sa vie militante.

Depuis la décision de JLM et MD, ont rejoint le Parti de gauche de nombreux groupes, personnalités : Pupunat d’Utopia, Généreux, Rigaudiat, Debons, 2 autres parlementaires, Coquerel du MARS, de nombreux élus locaux, des militants de tous les horizons de la gauche, des sans-parti, syndicalistes, militants associatifs, républicains. Nous retrouvons de nombreux ex-socialistes, j’en vois dans la salle, le plus grand parti de France.

Nous ne sommes pas propriétaires d’une idée nouvelle, d’une force nouvelle, seulement les déclencheurs.

Jusqu’à notre congrès fondateur nous ne pouvons apporter toutes les réponses aux questions qui nous sont déjà posées sur notre programme, la forme exacte de notre organisation et combien d’autres choses tout a fait essentielles en effet et sur lesquelles nous savons que nous avons des comptes à rendre.

Nous cherchons pour l’instant à nous définir en général en présentant une carte d’identité sommaire.

1) Nous vous proposons une démarche militante : la fondation d’un parti creuset, outil de notre projet politique, le Parti de Gauche

2) Nous vous proposons un horizon politique, au delà du capitalisme : la République Sociale et le programme des transitions qui y conduisent

3) Nous vous proposons une stratégie à vocation majoritaire. C’est la stratégie du front de gauche.

Un front de gauche pour rassembler dans notre pays une nouvelle majorité politique de gauche pour gouverner, pour gouverner le pays, pas pour faire du témoignage en défendant abstraitement des concepts. Nos ambitions sont grandes.

Nous savons quels sont les quatre chantiers de la refondation de notre société :

1) inverser l’ordre du partage des richesses entre le capital et le travail sous toutes ses formes : salaires, sécurité sociale, service public, en se finançant par la récupération des dix points de la richesse nationale passés des poches du travail à celles du capital.

2) installer la planification écologique pour engager la transition entre le modèle de production, de consommation et d’échange actuel et le modèle de développement écologique.

3) réaliser la refondation républicaine et laïque des institutions et de la société dans notre pays, passer à la sixième république parlementaire, garantir le droit de citoyenneté dans l’entreprise.

4) tourner la page du modèle pourri de construction libérale de l’Europe dont le Traité de Lisbonne est le lamentable programme

Un parti creuset

Je parle donc à présent de notre parti. Il porte un nom générique. Il se nomme « parti de gauche ». Pourtant « la gauche » c’est un ensemble. Un ensemble divers. Elle contient des histoires différentes liées aux grands moments de l’histoire. Cette diversité est toujours vivante. Elle est représentée par des partis qui comptent. Et qui sont incontournables. Nous ne prétendons pas la représenter à nous seuls. Certainement pas.

Mais nous avons une ambition originale. Notre ambition est de pouvoir nous approprier, faire nôtre, tout ce que la gauche, dans sa diversité et même ses oppositions internes, a produit sans tenir compte de l’étiquette sous lequel cela a été produit. Cela veut dire que nous faisons nôtre toute l’expérience de plus d’un siècle d’histoire de la gauche. Nous intégrons à notre patrimoine fondateur toute cette histoire avec tous ses ombres mais aussi toutes ses lumières.

En ce sens, membres du parti de gauche, nous sommes socialistes et nous sommes communistes, nous sommes écologistes, nous sommes passionnément républicains et laïques, nous sommes réformistes, révolutionnaires, bref nous sommes « de gauche » en général et de gauche en particulier.

Nous savons de quelles belles pensées nous pouvons être les héritiers et les acteurs contemporains.

De La Boétie aux philosophe des Lumières, des maillotins de Paris aux sans culottes, Robespierre et Olympe de Gouge, Gracchus Babeuf, ceux de 1848 et les communards, la belle part de lumière de la révolution russe d’octobre 1917, le martyr des résistants pour vaincre les nazis, la lutte pour la décolonisation. Jean Jaurès et Louise Michel, Tout ! Les yeux ouverts, lucidement, capables de bilan raisonné plutôt que d’anathèmes. Nous assumons la responsabilité des échecs. Mais nous faisons nôtre aussi les victoires. Toutes ! Et notamment les victoires électorales de la gauche. Et donc le bilan des gouvernements de gauche. Bilan critique, bilan sans complaisance mais aussi bilan reconnaissant pour les progrès arrachés ! A l’heure de la retraite à 70 ans nous n’oublions pas que c’est à la victoire du programme commun que nous devions la retraite à soixante ans. A l’heure de la franchise médicale nous n’oublions que c’est à la gauche que nous devons la CMU ! Oui, ça vaut la peine de lutter ! Ca vaut la peine de voter, ça vaut la peine de gouverner, au niveau national comme au niveau local ! Tout ce que le monde des gens ordinaires a arraché lui vient de là. Parti creuset, donc, c’est notre choix. Nous sommes des pionniers. Et fiers de l’être.

Le fil conducteur écologique

Dans ce creuset, il faut le fil conducteur essentiel de notre temps. Bien sûr l’idéal républicain tient ce rôle. Mais l’intérêt général, racine de l’exigence républicaine ne peut être pensé hors de son écosystème. Nous, la gauche traditionnelle nous ne l’avons toujours pas réellement intégré comme trame de nos programmes. Dans la déclaration d’identité du parti de gauche nous proposons une planification écologique pour piloter la transition du mode de production actuel vers le nouvel âge écologique de la société. On ne peut pas avoir un développement productif infini dans un monde fini, où les ressources sont rares. Des écologistes sont présents parmi les fondateurs de notre parti. Mais cela ne suffit pas. Nous avons besoin d’être beaucoup aidés pour opérer à fond sur nous mêmes la mutation idéologique que l’écologie politique propose. Nous en appelons aux écologistes de gauche. Venez, aidez nous, prenez votre place pour fonder le programme et les propositions du nouveau parti de gauche. Ne vous laissez pas mettre à la remorque des politiciens de centre droit du type de Cohn Bendit ! Fondateurs du Parti de Gauche, nous proposons que dès le mois de janvier les écologistes qui le veulent, quelle que soit leur appartenance, nous aident à fixer les grands axes du projet de Planification Ecologique dans le cadre du premier forum pour le programme général du Parti de Gauche.

Réinventer la gauche dans la crise par l’action.

Oui, nous croyons qu’après la chute du communisme d’Etat et la déroute de la social démocratie, devant les limites si vite atteintes par l’écologie politique, la gauche doit être réinventée.

Mais on ne peut pas attendre.

La crise du capitalisme enfonce le monde vers une nouvelle tragédie sociale et politique. La catastrophe écologique s’avance. Mais rien de tout cela n’est fatal. Rien n’est joué d’avance. On peut, on doit, changer le cours de cette histoire.

Encore faut-il la regarder en face. Encore faut-il en comprendre la gravité. La crise du capitalisme surgit cette fois ci comme les dix sept fois précédentes dans l’histoire sous la forme d’une crise financière et bancaire. Elle devient une crise économique, donc une crise sociale. Elle annonce une crise politique. Toutes les relations au sein des nations et entre elles vont être mises sous tension. Ce n’est pas pour rien que Jaurès a dit : « le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l’orage ».

On ne peut y faire face avec la droite en faisant confiance à la libre main du marché. C’est évident. Mais on ne le peut pas davantage sous la direction du social libéralisme qui domine la gauche institutionnelle dans le monde. En Amérique latine, par exemple, presque tout le mouvement progressiste s’est fait sans elle et sinon contre elle. En Europe elle oscille entre l’auto dissolution comme en Italie avec les « démocrates », les gouvernements de coalition avec la droite ou la stagnation identitaire. En France elle fait les trois à la fois !

Le Parti de gauche ne proclame pas une nouvelle doctrine globale. Il affronte des problèmes. Il recherche des solutions en lien avec les mouvements de la société. Il le fait à la lumière de l’expérience. Sa méthode intellectuelle est le débat raisonné et argumenté, sans a priori. Son projet socialiste porte un nom, c’est la République sociale, en France et dans l’Union Européenne. L’appui qu’il recherche est celui d’une société mobilisée et de citoyens motivés. Le parti de gauche affirme qu’un autre futur est possible plutôt que le capitalisme jusqu’à ce que mort s’ensuive. Un futur où la marchandisation recule au lieu de tout envahir, où l’argent n’est plus le roi des cœurs et des griffes, où les créateurs, les travailleurs et les savants marchent devant et les financiers derrière, où ceux qui font tourner la machine du quotidien sont respectés, honorés et vivent dignement de leur travail, où le droit au bonheur n’est pas un slogan de supermarché ouvert le dimanche, où la vie douce n’est pas le droit au gaspillage et au saccage écologique. Un monde où le travail encore et toujours n’est pas la frontière entre la vie et la mort sociale ! Bref un futur humain et non financier, tout simplement.

La stratégie du front de gauche

Un programme, un parti. Je viens de les présenter. Reste à décrire la stratégie. C’est la stratégie qui est décisive. Quelle est notre stratégie ?

Nous voulons rassembler une nouvelle majorité de Français pour former une nouvelle majorité politique de gauche au Parlement et un gouvernement qui applique ce programme.

Comment rassembler cette nouvelle majorité ? Quel est le moyen concret ?

Il y a plusieurs façons de rendre cela totalement impossible. La première est d’utiliser les méthodes qui ont déjà échoué. Cette méthode, on la connaît : Annoncer que l’on est ancré à gauche puis dire que l’on est « réformiste » pour dire qu’on ne touchera pas aux fondamentaux du système capitaliste. Enfin proclamer que comme Aubry que l’Europe est « un projet en soi » ; ainsi on accepte n’importe quel traité avec évidemment l’engagement d’appliquer la politique économique, sociale et écologique qu’il contient. Car c’est la ligne de toute la social-démocratie européenne. C’est le nœud coulant avec lequel la gauche s’étrangle elle-même. Et ça évidemment, on ne le répétera jamais assez, c’est le contraire de ce qui est nécessaire à notre pays et le contraire de ce que veut la quasi-totalité des électeurs de gauche comme on a pu le constater au référendum de 2005. Il est donc vain de croire que l’on peut rassembler une majorité de Français de cette façon. Et il est absolument impossible de pratiquer une politique gouvernementale de gauche qui s’attaque aux racines de la crise sociale et de la crise écologique dans ce cadre de l’Europe libérale. C’est pourtant à cette ligne que s’accroche le parti aujourd’hui majoritaire à gauche. C’est pour cela que nous l’avons quitté.

De tout cela et de ce qui s’en déduit, les fondateurs du Parti de Gauche tirent une conclusion simple à énoncer : il faut refuser le social-libéralisme.

1) on ne peut pas rassembler une majorité de transformation sociale sur la ligne sociale libérale

2) on ne doit pas gouverner sous la domination de cette ligne parce qu’elle conduit à l’échec social et politique

Pour autant, n’y a-t-il aucune issue ? Faut-il se résigner à n’être qu’une parole de témoignage ? Nous ne le croyons pas.

Passer en tête de la gauche

Voici quelle est notre proposition. Pour rassembler une nouvelle majorité dans notre pays il faut changer de majorité à gauche. Il faut le proposer de manière responsable et crédible. Qui marche en tête de la gauche ? Il faut régler cette question par la méthode de la démocratie, c’est-à-dire expliquer, argumenter et convaincre. Et il faut que le suffrage universel tranche ! Il faut mener cette compétition devant le peuple et la gagner dans des conditions qui ne compromettent pas les chances de la gauche pour l’avenir. C’est dire qu’il faut mener cette bataille sans anathème ni mise au pied du mur ! Les socialistes ne sont pas nos ennemis. Par la seule force de la raison et l’argumentation tolérante.

Nous ne savons pas si nous allons y parvenir, mais nous savons que c’est ce qu’il faut faire.

Le calendrier nous offre cette possibilité. En juin prochain auront lieu les élections européennes. Ce sont les dernières élections générales avec un contenu hautement politique avant l’élection présidentielle. Nous devons faire des élections européennes un référendum politique sur le Traité de Lisbonne. Le référendum dont une majorité de députés de droite mais aussi socialistes, radicaux et verts nous ont privés ! Mépris de la souveraineté populaire, premier des principes républicains. Souveraineté populaire, principe fondateur de la gauche lorsque celle-ci s’est rassemblée à gauche durant la Révolution contre le droit de véto du roi.

De cette façon nous réglerons deux questions politiques d’un coup. D’abord la question de fond : faire la preuve que la majorité des Français confirme son opposition à l’Europe libérale et son exigence d’une Europe sociale, démocratique et pacifique.

Ensuite que cette orientation est dominante à gauche, mais pas seulement dominante. Il s’agit de prouver qu’elle constitue une alternative. C’est la condition pour être crédibles et porteurs d’avenir. C’est pour cela que le Parti de Gauche et le Parti communiste, ensemble et chacun avec notre identité et nos arguments spécifiques, nous avons fait le premier pas. Nous avons commencé le Front de gauche pour les prochaines élections européennes. Nous offrons un magnifique levier pour soulever la montagne qui est devant nous Le front de gauche existe. Mais il est incomplet.

Ce front n’est pas un tête à tête. Notre projet est que participent à ce front tous ceux qui, à gauche, s’opposent au Traité de Lisbonne et à l’application des politiques économiques et sociales qu’il contient. Tous. Personnalités, partis, organisations. Les alternatifs, le NPA, les collectifs unitaires du NON, les militants d’ATTAC… Sous la forme qui paraît à chacun d’entre eux la mieux adaptée et la plus efficace pour le résultat à atteindre ensemble.

L’objectif de ce front, s’il parvient à nous réunir tous, est clair. Il s’agit de passer en tête de toutes les listes, devant toutes celles de la droite, mais aussi devant celle du Parti socialiste, devant celle de Cohn-Bendit, Hulot et Waechter. Bref devant tous les partisans du Traité de Lisbonne. Nous le pouvons, c’est à portée de main. Si nous le faisons nous aurons renversé la table et révolutionné le paysage politique. Nous pourrons maîtriser le destin politique. C’est notre proposition. Nous allons rencontrer tous ceux à qui s’adresse cette proposition. C’est-à-dire tous ceux qui ont fait campagne à gauche pour le Non en 2005.

Le bouclier social

Le parti de gauche veut aider de toute ses forces le mouvement social qui est aujourd’hui si isolé politiquement.

Le Parti de gauche ne se défausse pas sur les syndicats de son devoir d’action. Il veut assumer son propre rôle politique. Nous avons immédiatement organisé notre première campagne d’action contre la droite. Elle dit « ca suffit comme ça ». Le travail du dimanche, la retraite à soixante dix ans, le contrat de travail à la carte ! Notre premier devoir est un devoir de protestation politique. C’est une tâche militante. Son but est de faire réfléchir.

Non au fatalisme ! Toutes ces mesures n’ont rien d’évident ; non, elles ne sont pas naturelles ; elles ne correspondent à aucune autre nécessité que celle de l’accumulation des profits en rallongeant la durée du travail tout en diminuant la rémunération à la semaine et tout au long de la vie ! Notre message est : « ne rentrez pas la tête dans les épaules Une autre politique est possible, tout de suite ».

C’est ce que nous avons appelé le bouclier social. La gravité de la crise que nous traversons justifie que l’on proclame un état d’exception économique. Dés lors, des mesures d’intérêt public exceptionnel pour sauver l’économie productive et protéger le travail seraient pris. Par exemple la puissance publique opposerait un droit de moratoire suspensif sur les délocalisations et sur les licenciements boursiers. De même, l’appareil financier et bancaire qui irrigue l’ensemble de l’économie ne doit plus être abandonné aux prédateurs qui le gèrent aujourd’hui : il doit passer sous contrôle public pour être orienté dans l’intérêt général.

De même contre l’Europe libérale passoire ouverte à tous les vents du libre échange absurde qui domine le monde, il faut exiger aux frontières de l’Union pendant cette période d’exception un tamis douanier qui bloque le dumping social et environnemental.

La France peut décréter un moratoire sur toutes les mesures de libéralisations prévues par l’Union européenne et notamment celles concernant l’ouverture à la concurrence dans l’énergie, les transports. Mais ce n’est pas tout, un véritable bouclier social durable doit aussi assurer une protection individuelle des travailleurs.

Le Parti de Gauche est aux côtés des salariés victimes des suppressions d’emplois, fermetures d’usines et liquidations annoncées ces dernières semaines, des salariés victimes des plans sociaux qui tombent en cascade et des mesures de chômage partiel.

Les salariés et ceux qui sont privés d’emploi n’ont pas à payer la crise du système capitaliste…

Le décalage est considérable entre d’un côté les besoins sociaux et de l’autre les 360 milliards d’euros dégagés pour sauver les banques ainsi que les profits accumulés (+ 12 % en 2008 pour les entreprises du CAC 40).

Dans l’immédiat nous devons militer pour des mesures d’urgence destinées en priorité aux ouvriers et aux employés qui constituent la majorité de la population active et donc le poumon économique et populaire du pays. Au contraire de madame Parisot et du Medef, nous croyons que la clef de la relance est l’augmentation des revenus de la population salariée ! Dans un pays qui produit 1795 milliards d’euro par an, le double de 1981, seule une politique d’accumulation ultra prédatrice fait qu’il y a trois millions de travailleurs pauvres. En désaccord avec le RSA nous réclamons l’augmentation des salaires et le droit de vivre dignement de son travail !

Le Parti de Gauche est également aux côtés des salariés de l’Education Nationale, de la Poste, de l’Hôpital, de l’audiovisuel public, de la météo et de l’ANPE qui se battent en ce moment pour la défense du service public.

La casse de l’école publique et laïque, l’école de la République, est au cœur du projet de Sarkozy. Nous demandons le rétablissement des postes et des moyens supprimés, le retrait des différents projets DARCOS qui vont de la maternelle à l’université, et nous nous engageons à les abroger s’ils ne sont pas retirés, comme nous abrogerons d’ailleurs la loi de 2007 sur les universités, porte ouverte à la concurrence.

Si vous décidez de rejoindre le Parti de gauche alors tout commence pour vous comme pour chacun d’entre nous par cette double campagne : pour le front de gauche et pour le bouclier social. Puissions-nous vous prouver notre sérieux, notre ouverture, notre volonté d’agir, notre discipline pour réaliser ce moment magnifique : la cohérence de notre programme et de la stratégie que nous proposons pour changer la donne à gauche, changer le pays et le monde lui-même. Changer la vie, dans le bon sens.


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