26 juin 1945 : la Charte de l’ONU est adoptée à San Francisco

dimanche 28 juin 2020.
 

Visant la paix et la sécurité, elle stipule que « les membres de l’organisation doivent régler leurs différends [politiques] par des moyens pacifiques » et encourage la coopération économique internationale.

Ces idéaux se heurtent au jeu des puissances, à commencer par les États-Unis qui imposent le droit de veto au sein du Conseil de Sécurité. Son usage deviendra banal durant la Guerre Froide. Les objectifs de coopération économique sont eux enterrés par le rejet des États-Unis, en 1948, de la Charte complémentaire de la Havane permettant des mesures protectionnistes favorables au progrès et au développement.

En dépit de ses défauts, l’ONU rencontrera plusieurs succès dans ses missions de maintien de la paix. Sur le plan économique, la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement, organe subsidiaire de l’Assemblée générale fondé en 1964, réussira un temps à populariser les principes des partisans de la solidarité internationale, avant d’être contournée par le FMI converti au néo-libéralisme, puis l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Le droit au développement est remplacé par de vagues objectifs de « lutte contre la pauvreté » censés contrebalancer les ravages de la mondialisation néolibérale.

La fin de la Guerre Froide va précipiter l’instrumentalisation de l’ONU. Laboratoires du démantèlement du droit international, les guerres de Yougoslavie et d’Irak seront suivies de la signature en 2008 d’une déclaration entérinant une large coopération entre l’ONU et l’OTAN. La guerre de Libye affectera aussi la légitimité de l’institution en matière de sécurité collective.

De par les idéaux qui ont accompagné son fondement, l’ONU, seule institution mondiale réunissant la quasi-totalité des États, est pourtant l’unique cadre officiel sur lequel les partisans d’un monde pacifique et solidaire peuvent espérer s’appuyer. La Charte de 1945 commençait par « Nous, peuples des Nations Unies,… ». Il faut la prendre aux mots en réformant l’ONU pour lui donner la chance de remplir ses missions originelles. La France pourra y contribuer, le jour où les oligarques atlantistes qui la rabaissent auront été révoqués par le peuple souverain.

Théophyle Malo


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