Sarkozy, gauche libérale et crise en 2008 : C’EST PAS MOI C’EST L’AUTRE !

dimanche 28 décembre 2014.
 

C’est dit, Sarkozy et son gouvernement ne sont pour rien dans la crise qui frappe la France. Tout est la faute de la crise internationale.

Certes la gauche libérale (est-ce possible ?) ne gobe pas tout à fait ce discours, mais convient que Sarkozy n’est pas responsable de tout ce qui s’abat sur les Français, l’international y est pour quelque chose, dit-elle. Dédouanant par là-même, pour partie, nos gouvernants.

Voilà une bluette que je ne peux accepter. Sarkozy et ses séides sont totalement responsables de notre situation. Aussi bien pour l’ensemble des contre-réformes qu’ils mettent en œuvre depuis mai 2007, pour ne pas dire 2002, que pour tout ce qui provient de l’étranger.

Depuis toujours, Sarkozy se fait le chantre du système capitaliste international, sans aucune réserve. Il avait même le projet de généraliser et de faciliter l’usage des crédits à risques, plus connus sous le nom de « subprimes », appelés aussi crédits hypothécaires. Par chance pour lui, la crise des subprimes a éclaté dès le mois de juillet 2007, l’incitant du coup à différer son projet. Autre exemple, le traité de Lisbonne, qu’il a énormément contribué à mettre au point, est entièrement axé sur la privatisation de tous les secteurs de l’économie, sur la généralisation de la déréglementation et par conséquent sur l’effacement accéléré des Etats.

Sarkozy et le MEDEF doivent donc assumer la faillite de leur système chéri. D’autant qu’au-delà des mots ronflants prononcés à Toulon, Sarkozy entend nous imposer, à marche forcée, de nouvelles contre-réformes ultralibérales.

Après tout, je devrais presque m’en réjouir, s’il n’y allait de la souffrance d’une part grandissante de la population. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’inévitable débâcle de ce système n’en sera que plus patente, et la nécessité d’organiser les relations sociales et économiques internationales sur un mode solidariste plus évidente.

La dernière trouvaille de ce monde de requins, en France, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Belgique,…. : la nationalisation des pertes. Aux peuples de payer les dégâts du système. Et quand tout sera, peut-être, renfloué, les mêmes requins et leur cohorte d’économistes nous expliqueront doctement qu’il faut reprivatiser, à vil prix, puisqu’il y aura de nouveau de l’argent à gagner.

Autre tarte à la crème mise en avant par les grands d’Europe, dont Sarkozy : il faut moraliser le capitalisme. Comme si cela était possible. Le système capitaliste est intrinsèquement amoral. L’égoïsme est son moteur, la concentration et la spéculation ses mamelles. Dans un mouvement sans fin, les petits se font manger par les gros eux-mêmes mangés par des plus gros et ainsi de suite. Pour parvenir à ses fins, ce petit monde de prédateurs ne cesse de spéculer sur les malheurs de l’autre pour le croquer plus aisément, quitte à lui tendre des chausse-trappes si nécessaire.

Et pendant ce temps, alors qu’il est patent que la crise, dont vont de plus en plus souffrir les plus pauvres, n’est autre que la faillite du système capitaliste international, les socio-libéraux n’ont pas un mot pour condamner ce système. Beaucoup sont mêmes prêts, au nom de leur esprit responsable, à céder aux appels à l’unité nationale lancés en France par Sarkozy, son gouvernement et le MEDEF. Il est même des socio-libéraux qui insultent le peuple français, coupable à leurs yeux d’avoir rejeté le traité constitutionnel européen. Si on avait voté oui, disent-ils, on n’en serait pas là. L’Europe serait beaucoup plus efficace pour lutter contre ce qu’ils ne tiennent que pour des errements du capitalisme. Quel scandale ! Alors que s’applique le traité de Lisbonne, frère jumeau du traité constitutionnel, que ces jocrisses ont, par leur abstention, laissé passer, au mépris de la démocratie.

Rappelons que le traité de Lisbonne, loin de moraliser le capitalisme, vénère le sacro-saint principe de la concurrence libre et non faussée, consacre la concurrence à tout crin entre les pays européens eux-mêmes, est hostile à toute harmonisation des règles sociales et fiscales, prône la destruction des services publics par leur privatisation, bref est pour une libéralisation sans frein et sans limite de tous les rouages de l’activité humaine.

Aux peuples de ne pas tomber dans le panneau. Sans doute suis-je un peu trop optimiste. Mais l’accélération du cours de l’histoire qu’ils n’auront peut-être pas le courage de provoquer, la logique infernale du système capitaliste, poussant à toujours plus de concentration du pouvoir politique et économique dans le moins de mains possibles, au détriment des peuples, la rendra inéluctable, sauf à ce que le genre humain consente à son suicide collectif. Ce qui me paraît inimaginable.

Pour l’heure, les conditions de cette prise de conscience ne sont pas encore totalement créées, surtout au-delà de nos frontières. A l’instar de ce que les capitalistes ont à peu près bien réussi, le dépassement des nationalismes, les peuples devront le réussir. Manière de réactualiser l’objectif proposé par Karl Marx : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ». D’ailleurs, il serait bon de le lire ou de le relire. Son analyse implacable du fonctionnement du système capitaliste est plus que jamais d’actualité.

En France, bien que trop morcelées, les forces conscientes des méfaits du système capitaliste et de l’impossibilité de son amendement, grandissent. C’est grâce à leurs capacités de résistance que les ravages de la crise actuelle s’y font moins sentir qu’ailleurs. Sans ces forces et leurs facultés de mobilisation de l’opinion, nul doute que notre économie serait aussi libéralisée qu’elle l’est aux Etats-Unis et en Grande Bretagne.

Tôt ou tard, la lutte paie toujours !

Robert Mascarell le 8 octobre 2008


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