Je te cherche partout, j’aspire à toi, je t’aime ! (Lamartine)

lundi 23 janvier 2017.
 

C’est peu de croire en toi, bonté, beauté suprême ;

Je te cherche partout, j’aspire à toi, je t’aime ;

Mon âme est un rayon de lumière et d’amour

Qui, du foyer divin, détaché pour un jour,

De désirs dévorants loin de toi consumée,

Brûle de remonter à sa source enflammée.

Je respire, je sens, je pense, j’aime en toi.

Ce monde qui te cache est transparent pour moi ;

C’est toi que je découvre au fond de la nature,

C’est toi que je bénis dans toute créature.

Pour m’approcher de toi, j’ai fui dans ces déserts ;

Là, quand l’aube, agitant son voile dans les airs,

Entr’ouvre l’horizon qu’un jour naissant colore,

Et sème sur les monts les perles de l’aurore,

Pour moi c’est ton regard qui, du divin séjour,

S’entr’ouvre sur le monde et lui répand le jour :

Quand l’astre à son midi, suspendant sa carrière,

M’inonde de chaleur, de vie et de lumière,

Dans ses puissants rayons, qui raniment mes sens,

Seigneur, c’est ta vertu, ton souffle que je sens ;

Et quand la nuit, guidant son cortège d’étoiles,

Sur le monde endormi jette ses sombres voiles,

Seul, au sein du désert et de l’obscurité,

Méditant de la nuit la douce majesté,

Enveloppé de calme, et d’ombre, et de silence,

Mon âme, de plus près, adore ta présence ;

D’un jour intérieur je me sens éclairer,

Et j’entends une voix qui me dit d’espérer.

Alphonse de Lamartine

Recueil : Méditations poétiques, Extrait de La prière (1820)


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