La poésie est une arme chargée de futur expansif (Gabriel Celaya)

jeudi 30 novembre 2017.
 

- 1) LA POESÍA ES UN ARMA CARGADA DE FUTURO

- 2) Traduction en français

- 3) Interprétation par Paco Ibañez

3) La poesía es un arma cargada de futuro -Gabriel Celaya- Interprete Paco Ibañez

https://www.youtube.com/watch?v=BHS...

2) Traduction en français

Quand plus rien de personnellement exaltant n’est attendu,

Plus on palpite et plus on est proche de la conscience,

Existant comme un fauve, aveuglement affirmé,

Comme un pouls qui frappe les ténèbres,

Quand on regarde en face

Les vertigineux yeux clairs de la mort,

On dit les vérités :

Les barbares, les terribles, les amoureuses cruautés.

On dit les poèmes

Qui élargissent les poumons de tous ceux qui,

Asphyxiés,

Demandent à être, demandent du rythme,

Demandent des lois pour ce qu’ils éprouvent

d’excessif.

Avec la vitesse de l’instinct,

avec l’éclair du prodige,

comme une évidence magique, ce qui est réel nous

Transforme

En ce qui est identique à lui-même.

Poésie pour le pauvre, poésie nécessaire

Comme le pain de chaque jour,

Comme l’air que nous exigeons treize fois par minute,

Pour être et tant que nous sommes donner un oui qui

Nous glorifie.

Parce que nous vivons par à-coups, parce que c’est à

Peine s’ils nous laissent

Dire que nous sommes ceux que nous sommes

Nos chants ne peuvent être, sans péché, un ornement,

Nous touchons le fond.

Je maudis la poésie conçue comme un luxe

Culturel par ceux qui sont neutres

Ceux qui, en se lavant les mains, se désintéressent et

S’évadent.

Je maudis la poésie de celui qui ne prend pas parti

Jusqu’à la souillure.

Je fais miennes les fautes. Je sens en moi tous ceux

Qui souffrent

Et je chante en respirant.

Je chante, et je chante, et en chantant par delà mes

Peines

Personnelles, je m’élargis.

J’aimerais vous donner la vie , provoquer de nouveaux

Actes,

Et je calcule en conséquence, avec technique, ce que

Je peux faire.

Je me sens un ingénieur du vers et un ouvrier

Qui travaille avec d’autres l’Espagne dans ses aciers.

Telle est ma poésie:poésie-outil

A la fois battement du coeur de l’unanime et aveugle

Telle est, une arme chargée de futur expansif

Avec laquelle je vise ta poitrine.

Ce n’est pas une poésie pensée goutte à goutte.

Ce n’est pas un beau produit. Ce n’est pas un fruit

Parfait. C’est similaire à l’air que nous respirons tous.

Et c’est le chant qui donne de l’espace à tout ce que

Nous portons en nous.

Ce sont des mots que nous répétons en les sentant

Nôtres, et ils volent. Ils sont plus que ce qu’ils nomment.

Ils sont le plus nécessaire : ce qui n’a pas de nom.

Ce sont des cris au ciel, et sur terre ce sont les actes.

Gabriel Celaya (1911 - 1991)

1) LA POESÍA ES UN ARMA CARGADA DE FUTURO

Cuando ya nada se espera personalmente exaltante,

mas se palpita y se sigue más acá de la conciencia,

fieramente existiendo, ciegamente afirmado,

como un pulso que golpea las tinieblas,

.

cuando se miran de frente

los vertiginosos ojos claros de la muerte,

se dicen las verdades :

las bárbaras, terribles, amorosas crueldades.

.

Se dicen los poemas

que ensanchan los pulmones de cuantos, asfixiados,

piden ser, piden ritmo,

piden ley para aquello que sienten excesivo.

.

Con la velocidad del instinto,

con el rayo del prodigio,

como mágica evidencia, lo real se nos convierte

en lo idéntico a sí mismo.

.

Poesía para el pobre, poesía necesaria

como el pan de cada día,

como el aire que exigimos trece veces por minuto,

para ser y en tanto somos dar un sí que glorifica.

.

Porque vivimos a golpes, porque apenas si nos dejan

decir que somos quien somos,

nuestros cantares no pueden ser sin pecado un adorno.

Estamos tocando el fondo.

.

Maldigo la poesía concebida como un lujo

cultural por los neutrales

que, lavándose las manos, se desentienden y evaden.

Maldigo la poesía de quien no toma partido hasta mancharse.

.

Hago mías las faltas. Siento en mí a cuantos sufren

y canto respirando.

Canto, y canto, y cantando más allá de mis penas

personales, me ensancho.

.

Quisiera daros vida, provocar nuevos actos,

y calculo por eso con técnica qué puedo.

Me siento un ingeniero del verso y un obrero

que trabaja con otros a España en sus aceros.

.

Tal es mi poesía : poesía-herramienta

a la vez que latido de lo unánime y ciego.

Tal es, arma cargada de futuro expansivo

con que te apunto al pecho.

.

No es una poesía gota a gota pensada.

No es un bello producto. No es un fruto perfecto.

Es algo como el aire que todos respiramos

y es el canto que espacia cuanto dentro llevamos.

.

Son palabras que todos repetimos sintiendo

como nuestras, y vuelan. Son más que lo mentado.

Son lo más necesario : lo que no tiene nombre.

Son gritos en el cielo, y en la tierra son actos.


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