G 20 du 2 avril 2009 à Londres : MARCHE DE DUPES

lundi 3 avril 2017.
 

Probablement, le spectacle donné par les dirigeants des vingt pays les plus riches du monde, le 2 avril (jour anniversaire de ma fille –c’est beaucoup plus important) à Londres, vous a donné la nausée. Pour moi ce fut le cas.

Probablement, comme moi, n’êtes-vous pas dupes de l’intérêt des « mesures » qui ont été adoptées lors du G20. Un nouvel ordre mondial serait né. Le capitalisme serait refondé et moralisé. Dixit Nicolas Sarkozy. Diantre !

Et tous les suppôts du capitalisme de gloser sur la sortie de crise, et la bourse de repartir à la hausse, jusqu’à la première anicroche. Qui va survenir inévitablement.

D’ailleurs, au moment où tous ces chefs d’Etat se gobergeaient, le chômage continue d’augmenter dramatiquement partout. + 663 000 en mars 2009 aux USA, + 123 000 en Espagne.

En quoi, les mesures du G20 vont-elles améliorer notre sort ? En pas grand chose, pour ne pas dire en rien, puisque toutes ces mesures ne sont que des vœux pieux, frappées dès leur origine d’inégalités flagrantes.

Prenons l’exemple des paradis fiscaux. Certains figurent sur listes noire ou grise. Pas ceux des Etats-Unis, de la Grande Bretagne, de la Chine,…. Etre sur la liste n’indique pas qu’ils ne pourront plus fonctionner. En tout état de cause, même si les paradis listés étaient interdits de fonctionner, le simple fait que ceux non listés continuent à exister attirera vers eux tous les aigrefins de la planète. Contre les paradis fiscaux : c’est tout ou rien !

Toutes les autres mesures sont placées à la même aune.

Les fameuses agences de notation, qui jusqu’au bout ont décerné des triples A (la plus haute notation) à toutes les opérations financières, y compris les plus véreuses, sont simplement invitées à mettre sur pied un….. code de bonne conduite.

Le principe de la titrisation (dispersion et dissimulation en mille petits morceaux d’avoirs financiers dans une multitude d’établissements bancaires, à travers le monde), à l’origine de la crise des subprimes, n’est pas interdit. Les titres ne feront l’objet que d’une meilleure traçabilité. On peut faire confiance aux banquiers pour trouver des circuits encore plus subtils pour cacher les titres toxiques.

Arrivés à ce point du survol des travaux du G20, nous n’avons toujours pas atteint les points cruciaux.

Avant d’y arriver, je veux faire une halte sur le fameux triplement des moyens d’intervention attribués au FMI. Premièrement, ces fonds vont provenir des poches des peuples. Deuxièmement, quand on connaît le rôle actif joué par le FMI dans l’écrasement des peuples des pays qui ont fait appel à son aide, on a de quoi être très inquiets.

Mais voilà, à mon sens, les points fondamentaux laissés dans l’ombre.

Rien n’a été prévu au G20 pour freiner un tant soit peu la liberté du commerce et la compétition féroce entre tous les pays de la planète. Je dirai même que leurs logiques infernales sont confortées.

Nous savons tous que la liberté du commerce et la compétition économique repose sur le dumping fiscal, social et environnemental. Après le G20 tout va continuer comme devant. Avec l’inflation en plus.

Ce disant, je suis partisan de l’adoption du principe de loyauté dans les échanges commerciaux internationaux. Cela nécessite pour notre pays de peser dans toutes les instances internationales, pour que ces principes ne se limitent pas à contrôler la part des aides publiques entrant dans la formation du prix des marchandises. Doivent aussi être harmonisées, les règles sociales, fiscales, environnementales qui, elles aussi concourent à la formation des prix. Le Traité de Lisbonne empêche tout cela. Le G20 s’en soucie comme d’une guigne.

Tous les Diafoirus du G20 ne pourront empêcher les conséquences de leurs thèses maléfiques. Elles seront d’autant plus graves, que maintenant, avec la pluie de dollars et d’euros tirés de nos poches pour être déversés, sans pratiquement de contrôle, dans les coffres des banques et des grandes entreprises, les planches à billets vont tourner à plein régime et provoquer une inflation considérable, partout dans le monde.

De la même façon, rien n’a été dit au G20, et a fortiori prévu, pour faire face à l’énorme bulle financière encore existante et donc prête à crever, faite d’une masse de produits financiers toxiques (subprimes (1), CDS (2), fonds spéculatifs,….) bien plus importante que celle qui a éclaté depuis juillet 2007.

Rien n’a été dit non plus sur le scandale de la prédominance extravagante du dollar sur toutes les autres monnaies mondiales. Domination reposant sur du vent, puisque la masse des dollars circulant à travers le monde excède de très loin la valeur des actifs des USA. Ce pays en état de banqueroute, en est réduit à racheter ses propres dettes avec des dollars non gagés, fabriqués pour la circonstance. Et au G20, tout a été mis en scène pour laisser les USA sur leur piédestal. La personnalité de Barak Obama peut m’être plus sympathique que celle de George W. Busch, elle n’efface pas pour autant toutes ces données objectives.

Bref, la crise financière, économique, sociale, environnementale, politique, est devant nous. Il appartient aux peuples du monde entier de mettre les pendules à l’heure. En France, nous sommes de plus en plus nombreux à nous y employer.

Robert Mascarell

Le 3 avril 2009

1/ Le montant des subprimes encore en circulation est estimé à 4000 milliards de dollars

2/ Les CDS (Crédits Defaults Swapes) en circulation sont estimés à 60 000 milliards de dollars.

Le CDS est une assurance contractée pour couvrir un risque. Elle peut être contractée aussi bien par le propriétaire du bien assuré que par des tiers totalement étrangers à lui. Autre particularité, la même personne peut contracter plusieurs assurances pour le même objet. Il n’existe aucune limite. Un petit peu comme le joueur de loto ou de tiercé qui joue plusieurs fois la même combinaison. Si elle gagne, le joueur emporte autant de fois les gains qu’il a joué la combinaison gagnante. Il en va de même pour le risque assuré. Si le risque advient, tous ceux qui ont parié sur lui sont remboursés autant de fois qu’ils ont contracté. Ce mécanisme a surtout fonctionné sur des produits financiers. Si bien que les spéculateurs, qui ont contracté ces fameux CDS, ont intérêt à provoquer la chute des produits assurés. Un produit valant 1000 a pu être ou pourra être remboursé des milliers de fois sa valeur, voire plus.


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