Le gouvernement réduit la distance de tir de LBD de 10 mètres à 3 mètres, les gendarmes s’inquiètent

samedi 4 novembre 2023.
 

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Éborgnement, fractures du crâne, doigts arrachés... Depuis la crise des Gilets jaunes en 2018, le LBD (lanceur de balles de défense) est accusé de provoquer de sérieuses blessures chez certains manifestants. L’arme est utilisée par les forces de l’ordre (notamment la BAC et les CSI) dans des manifestations ou des évènements censés être devenus incontrôlables. Elle tire des balles de caoutchouc à 250 km/h.

Dans un enquête parue ce vendredi, Médiapart révèle que les policiers devaient jusqu’à présent respecter une distance de 10 à 15 mètres pour tirer sur un individu. Cette distance minimale aurait été supprimée des récentes instructions du ministère de l’Intérieur. Elle est désormais passée à seulement trois mètres. Le ministère évoque l’usage d’une nouvelle munition censée toucher moins violemment les cibles.

« Risques gravissimes »

Sauf que du côté, de la gendarmerie, on n’approuve guère les instructions du ministère. Malgré les nouvelles normes, le Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG) conseille toujours de conserver distance minimum de 10 mètres, et recommande même, dans une note interne, de la rendre obligatoire « par principe de sécurité et de déontologie ».

« Avec une distance aussi courte que trois mètres, c’est presque tirer à bout portant. Et c’est inviter, davantage qu’ils ne le faisaient déjà, les policiers à tirer de près avec des risques gravissimes de blessures. Ils vont avoir tendance à sortir leur LBD comme une simple matraque et dans le plus grand flou », regrette même un commandant spécialisé dans le maintien de l’ordre sur Médiapart.

Par Léa Picard


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