Giuseppe Valenti assassiné par les fascistes (7 au 12 octobre 1922)

jeudi 12 octobre 2017.
 

Le 7 octobre 1922, les bandes fascistes, annoncèrent leur intention de tuer l’ouvrier Valenti... Le lendemain mille chemises noires se mettaient à fouiller la contrée. Au cours de cette chasse à l’homme, cinq travailleurs furent mis à mort pour avoir refusé de donner des renseignements. Valenti leur fut enfin livré puis tué le 12 octobre. L’horrible, ce fut la façon dont il fut tué. Les auteurs de ce crime, dont les noms sont connus, n’ont pas été inquiétés. La police veut tout ignorer.

Cité par Robert Paris, Histoire du fascisme en Italie, Maspero, Paris, 1962

« Le 12 octobre (1922), le camarade Valenti est tombé en héros, à Fossombrone. Voici dans quelles conditions :

Le 7, les bandes fascistes annonçant leur intention de le tuer arrivaient devant sa demeure. La police avertie et complice s’écartait. Valenti, retranché dans sa maison et résolu à vendre chèrement sa peau, attendit l’assaut de pied ferme. Une centaine de fascistes commença l’attaque à coups de fusils et de grenades. Valenti riposta, abattant deux des agresseurs. Ceux-ci décontenancés, firent appel à la police. Profitant de leur désarroi, Valenti prit la fuite à travers champs.

Le lendemain, le directoire local fasciste ordonnait une mobilisation générale. Mille chemises noires se mirent à fouiller la contrée. Ce fut une battue concentrique, organisée selon toutes les règles de la chasse. Au cours de cette chasse à l’homme, cinq travailleurs des localités environnantes furent mis à mort par les fascistes pour avoir refusé de leur donner des renseignements. Valenti leur fut enfin livré par un fermier…

Et Valenti fut tué… L’horrible, ce fut la façon dont il fut tué.

Garroté, Valenti avait été jeté dans une automobile qui filait vers Fossombrone.

En route, après l’avoir abreuvé d’outrages et couvert de crachats, ses tortionnaires lui coupèrent le nez et les oreilles et le lardèrent de coups de poignard.

A Fossombrone, ils attachèrent leur victime sanglante au garde-boue de l’automobile et la traînèrent ainsi par les rues désertes –car la population terrorisée se cachait dans les demeures closes. Les assassins tenaient la rue.

Valenti était vigoureux ; son supplice fut long. Des ouvriers qui l’ont vu traîné au quartier général des fascistes nous ont raconté l’abominable scène. Notre camarade saignait par de multiples blessures. Son visage mutilé n’était qu’une plaie. Ses vêtements mis en loques par les aspérités de la route le laissaient demi-nu.

La vue du supplicié était si navrante qu’elle impressionna jusqu’aux familles des fascistes abattus par Valenti, lors de l’assaut de sa maison. Elles demandèrent qu’on le transportât à l’hôpital. Ce fut en vain.

Du local fasciste, l’automobile remorquant son affreuse charge repartit, par les rues et les routes, changeant d’allure pour varier et prolonger le plaisir.

Ce n’est qu’arrivé au cimetière de Fossombrone que Valenti fut achevé. On se plut à cribler de balles sa dépouille informe…

Les communistes de Fossombrone, qui s’étaient mis à la recherche de son cadavre, ne trouvèrent qu’une bouillie de chair, absolument méconnaissable. Les auteurs de ce crime dont les noms sont connus n’ont pas été inquiétés. La police veut tout ignorer. »

Témoignage d’Umberto Terracini, publié dans La correspondance internationale, n°82, 30 octobre 1922


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