4 et 5 mars 1936 Réunification syndicale en France CGT CGTU

mardi 6 mars 2018.
 

La confédération générale du travail (CGT) et la confédération générale du travail-unifiée (CGT-U) se réunifient à l’issue d’un congrès tenu du 2 au 5 mars 1936.

Les combats communs contre les fascistes et contre le patronat souvent mussolinien, ont rapproché les militants des deux centrales syndicales. L’unité SFIO PCF et la perspective unitaire du Front Populaire participent également des conditions propices.

La scission s’était produite en décembre 1921, conséquence directe du congrès de Tours (décembre 1920). Déjà, le congrès de la CGT de Lille de juillet 1921 avait été le théâtre d’une vive tension entre les deux tendances (révolutionnaires et progressistes), les délégués s’affrontant physiquement. Mais la majorité confédérale, menée par Léon Jouhaux, était parvenue à recueillir 53 % des mandats. La scission de décembre 1931 fait suite à l’exclusion, par la CGT, de la fédération des cheminots.

Les premières années de la CGT-U sont marquées par des affrontements violents entre libertaires et communistes. Dès 1923 (congrès de Bourges), le courant bolchevique devient majoritaire en son sein. En 1926, suite à des évènements violents opposants libertaires et bolchéviques, les libertaires rompent avec la CGT-U, pour fonder la CGT-SR (CGT-syndicalistes révolutionnaires). La CGT-U agit en laison étroite avec le Parti communiste et adhère à l’Internationale syndicale rouge. A la Une de l’Humanité, on trouve souvent à gauche un appel du Parlement communiste et à droite un appel de la CGT-U, qui domine les secteurs des chemins de fer, du bâtiment et de l’éclairage.

Une première tentative de réunification des deux CGT-U s’était pourtant rassemblé autour du "manifeste pour l’unité syndicale", dit "manifeste des 22", également signé par des syndicalistes autonomes et des adhérents de la CGT. Le 12 février 1934, la manifestation contre les ligues donne lieu à une convergecce des cortèges de la CGT et de la CGT-U.

En mars 1936, la réunification est possible grâce au changement de stratégie du PCF, favorable désormais au Front populaire. La demande d’unité émane également de la base syndicale. Cette réunification est le préalable aux grèves victorieuses de mai-juin 1936 et aux conquêtes sociales du Front populaire (conventions collectives, institution des délégués d’atelier, hausse des salaires, congés payés et 40 heures hebdomadaires). En 1937, la CGT a quadruplé son audience et compte quatre millions d’adhérents. Cette même année, le rapport de force se modifie en faveur des ex-unitaires.

Par Patrice Perdereau le lundi 5 mars 2012


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