Discours de Cayo Lara à la séance d’investiture comme président du groupe IU, ICV-EUiA, CHA

mardi 27 décembre 2011.
 

Monsieur le Président, Monsieur le Candidat, mesdames et messieurs les Députés,

Quand la rue demande plus de démocratie, plus de transparence et plus de participation, quand il y a plus de pluralisme dans cette Chambre de représentants, nous avons la Table la moins plurielle de toute la période démocratique.

La première décision consistant à écarter de manière gratuite les représentants de presque 1.700.000 citoyennes et citoyens de l’organisme de gouvernement du Congrès n’a pas été juste. Mais il est toujours possible de rectifier cette décision.

Nous arrivons aux élections du 20-N en dénonçant le manque de démocratie de notre système électoral, également dénoncé dans la rue. Le déficit continue. Vous avez eu sept fois plus d’appuis que le groupe que je représente, mais vous avez 17 fois plus de sièges.

Avec 44.6% des votes vous avez obtenu 53% des sièges. Avec un système électoral juste, vous auriez seulement 160 sièges et nous 25.

Si on avait approuvé une réforme électorale, en accord avec le rapport du Conseil d’État, la composition de cette Chambre serait différente aujourd’hui. Vous comprendrez, M. Rajoy, que nous continuerons à insister sur la réforme électorale pour obtenir que le vote de tous les citoyens ait la même valeur.

M. Rajoy, les enquêtes du CIS montrent que la première préoccupation des espagnols, c’est le chômage. La deuxième, la crise et la troisième, les politiciens. Le logement et la corruption font partie aussi de leurs principales préoccupations.

Nous conviendrons que de cette Chambre devrait émaner des mesures suffisantes et justes pour qu’avec l’action du Gouvernement, nous combattions la crise, nous mettions un terme au chômage et que nous redonnions confiance aux citoyens dans la politique. Pour obtenir que tout le monde ait un logement digne et que l’on en finisse avec la corruption, particulièrement dans l’activité publique. Ce n’est pas rien.

ÉCONOMIE

M. Rajoy, nous avons écouté votre discours avec une attention respectueuse. Nous considérons que, dans l’essentiel, il nous annonce une ligne de continuité avec les politiques appliquées par le gouvernement précédent. En tout cas, une ligne plus dure.

Je veux vous faire part de notre préoccupation concernant la fracture sociale croissante, l’augmentation accélérée de l’inégalité entre les classes sociales dans notre pays.

Suite à l’augmentation du chômage et de la précarité, des centaines de milliers de familles se trouvent dans une situation limite qui ne leur permet pas de couvrir leurs besoins de base. Même s’ils travaillent, étant donné les bas salaires, ils ne peuvent pas avoir une vie digne.

M. Rajoy, la ligne des réformes néo-libérales, avec la privatisation de services publics n’est pas la solution. Le chemin de l’austérité, qui s’applique déjà durement dans les Communautés où gouverne votre parti, ainsi que dans d’autres, n’est pas la solution. Comme vous le savez, en Castilla-La Mancha c’est votre Présidente qui a dit un jour que votre parti était le « parti des travailleurs », celle qui curieusement rallonge la journée de travail et réduit le salaire des travailleurs du secteur public. C’est celle qui annonce la privatisation des hôpitaux publics et même la fermeture des maisons de retraites.

Ces politiques de réductions, qui ont commencé en mai 2010 avec le fameux « coup de ciseaux » et qui ont continué au cours des deux derniers budgets, ont prouvé une seule chose : qu’elles sont injustes et inutiles.

Injustes, parce qu’elles imputent la crise aux travailleurs qui n’en sont pas responsables.

Inutiles, parce qu’elles n’ont créé que plus de crises et de chômage. Pour preuve, pendant les deux derniers mois, le chômage a augmenté de presque 200.000 personnes.

C’est une politique qui lèse la majorité sociale et l’état de bien-être et ne favorise que la spéculation financière. Ce sont précisément ces mesures qui ont fait augmenter le chômage et qui ont contribué, selon des données de la CEOE (Confédération Espagnole d’Organisations d’Entreprises), à la disparition de 350.000 entreprises et à la radiation de 200.000 PME de la Sécurité Sociale.

À cela il faut ajouter que le chômage des moins de 25 ans approche des 45%, qu’il y a 1.6 millions personnes qui n’ont aucune aide et que 20.8% de la population vit sous le seuil de la pauvreté.

Notre niveau de richesse a reculé, par rapport à la moyenne de l’Union Européenne et à la situation d’il y a 10 ans. Ces politiques ont été erronées. Ne soyons pas obstinés. Cet échec n’est pas un indice macro-économique, il se traduit en souffrance et en désespoir. Les femmes et les jeunes sont les plus touchés par cette situation, par de petits salaires et une plus grande précarité au travail.

Nelson Mandela disait « qu’une nation ne doit pas être jugée selon la façon dont elle traite ses citoyens en bonne position économique, mais selon la façon dont elle traite ceux qui ont peu ou rien ». A en juger par la façon dont on traite une bonne partie de la société espagnole, je crains que notre pays ne soit pas dans très bonne position, bien au contraire.

Aucun changement de Gouvernement ne permettra de sortir de la crise s’il n’y a pas un changement de politiques.

Mais depuis cette tribune je veux dire aussi :

- Que nous ne sommes pas condamnés au désespoir.

- Qu’il y a une sortie sociale pour la crise.

- Qu’il y a une possibilité de récupérer l’emploi.

- Que nous pouvons progresser dans les droits sociaux et fortifier la démocratie,

- Que nous pouvons améliorer nos services sociaux et appliquer la Loi de dépendance

- Que nous pouvons redonner l’espoir aux générations les plus jeunes et la sécurité aux plus âgés.

Il y a quelques jours vous avez dit que vous feriez les choses comme « Dieu le veut » (comme il faut). Ne vous trompez pas, M. Rajoy, ce n’est pas Dieu qui nous envoie la crise, ni vos propositions qui serviront à la résoudre « comme Dieu le veut ». N’analysez pas les choses comme si nous étions face un châtiment divin. C’est le moment de la politique et de la démocratie.

Rendez-vous compte, M. Rajoy, qu’avec tous les messages qui ont été envoyés aux marchés, les politiques de réformes et de suppressions, la seule chose qui ait été obtenue, c’est l’augmentation de la prime de risque. Nous payons aujourd’hui plus de taux d’intérêt pour la dette de ce que nous payions avant le début de la crise. Les marchés continuent à nous punir parce qu’ils sont insatiables et que leur seule fonction est de spéculer et de continuer à saigner les pays et les personnes.

La sortie de la crise est une question de volonté politique. Il faut choisir : ou on est avec les citoyens ou on est avec les marchés. Pour nous, Izquierda Unida, c’est très clair, nous sommes AVEC LES CITOYENS, n’ayez aucun doute.

M. Rajoy, la semaine dernière, Mme Merkel, dans son intervention devant le Parlement allemand, a informé que vous vous étiez engagé avec elle à maintenir et développer les politiques d’austérité qui ont été appliquées jusqu’à présent en Espagne. S’il en est ainsi, je vous invite à expliquer devant cette Chambre quels engagements vous avez pris avec Mme Merkel et quelles obligations vous avez prises avec les responsables de l’UE.

C’est ici, devant le siège de la souveraineté populaire que vous devez expliquer ces choses-là.

L’ex gouverneur de la Banque Centrale Européenne, M. Trichet, a affirmé lors de son départ que nous étions devant une crise systémique, structurelle, de fond et globale. Ce n’est pas une simple crise financière qu’on peut résoudre en sauvant le bilan des grandes banques. C’est une crise de l’économie réelle, de l’emploi, alimentaire, environnementale, des matières premières, de la dette, du système monétaire et aussi, évidemment, de la finance.

Mais ce qui nous préoccupe le plus, c’est le chômage, vous avez soutenu les aides aux banques, au capital financier. Nous exigeons votre aide pour les personnes, les chômeurs, les petits chefs d’entreprise et les PME.

Ce qui nous divise, c’est le diagnostic de la crise, et par conséquent le traitement et les remèdes, c’est-à-dire, les propositions de solution. Seule une sortie sociale qui garantisse l’emploi digne et de qualité est pour nous une sortie de la crise.

M. Rajoy, nous n’avons rien trouvé dans votre discours qui sorte du modèle néo-libéral conçu pour la sortie de la crise. Par conséquent, sur ce programme de gouvernement vous ne pourrez pas compter sur notre appui.

Nous exercerons une opposition ferme et cohérente, mais responsable et constructive, comme d’habitude. Vous compterez sur notre critique au parlement et nous exprimerons notre opposition politique déterminée avec une fermeté démocratique.

Nous comprenons qu’il n’est possible de résoudre la crise qu’en stimulant l’économie réelle, en soutenant la petite entreprise et les PME, en aidant à la création d’emploi dans le secteur public et privé, en reconstituant le crédit, en augmentant la consommation et l’investissement.

Nous voulons qu’on augmente le salaire minimal interprofessionnel et qu’on fixe aussi un salaire maximal interprofessionnel.

M. Rajoy, j’aimerais que vous expliquiez à cette Chambre et à tous les espagnols : Quels sont vos objectifs concrets pour la création d’emploi ? Dans quels délais allez-vous les développer ? Quels sont les moyens que vous proposez pour y arriver ainsi que vos priorités ?

Comment pensez-vous garantir la protection des chômeurs spécialement dans le cas où ils auraient déjà perdu leurs indemnisations ? Comment allez-vous assurer les fonds pour garantir l’assurance chômage ?

Il est nécessaire de développer l’emploi et l’investissement public. Ceux qui attaquent le secteur public et ses employés attaquent la démocratie. Il n’est pas vrai qu’en Espagne il y ait trop de travailleurs dans le secteur public : nous sommes au-dessous de la moyenne de l’Union Européenne et à 7 points de moins du PIB pour les dépenses sociales.

Sans un changement de modèle productif il n’y a pas possibilité d’un emploi de qualité et d’une sortie sociale d’une crise qui est internationale. Les solutions néo-libérales aux problèmes du capitalisme ont échoué ; ces politiques ne sont déjà plus viables pour garantir un développement humain soutenable.

Nous sommes dans une situation alarmante et il faut rectifier de toute urgence.

La gravité particulière de la crise en Espagne est la conséquence d’un modèle spéculatif pervers qui a d’abord été renforcé et puis toléré, et dont les gouvernements précédents sont responsable.

Nous vous demandons d’ouvrir un processus sérieux de négociation avec les forces politiques et sociales pour délimiter les lignes essentielles d’un nouveau modèle productif dont l’objectif est la création d’emploi et le développement soutenable.

Nous ne sommes pas d’accord avec ceux qui disent que nous avons vécu au-dessus de nos moyens. Les salaires réels ont baissés de 8% entre 1996 et 2008.

En effet il est certain qu’il y a eu des gaspillages, comme la construction d’aéroports sans passagers, des gares de « l’ave » sans voyageurs, les salaires et les privilèges scandaleux dans certaines fonctions publiques et également privées, tels ceux de grands directeurs de banques et d’entreprises subventionnées et les retraites chapeau. EN EFFET ce sont bien des excès et des gaspillages.

Mais créer de l’emploi public stable, ce n’est pas gaspiller. Mille salaires de 1.000 euros aident plus à l’économie qu’un million d’euros investis dans la spéculation financière.

Le déficit principal ne s’est pas produit par l’augmentation des dépenses publiques, comme beaucoup se plaisent à l’affirmer. Le déficit se produit par la baisse de recettes due à l’éclatement de la bulle immobilière et par la crise. Et surtout par les baisses fiscales, pratiquées tant par les gouvernements du PP que par ceux du PSOE, qui ont profité aux plus riches.

La solution, évidemment, n’implique pas de supprimer 900.000 travailleurs du secteur public comme le propose la CEOE, ni de créer de mini emplois avec de mini salaires de 400 euros, ni de privatiser la Santé, ni l’Éducation ou de geler la Loi de Dépendance.

Prêtez plutôt attention aux représentants des travailleurs en approuvant l’Initiative Législative Populaire qu’ont présentée les syndicats, CC.OO et UGT.

La dette publique, qui est très inférieure à la dette privée, exige un audit, avec la possibilité d’en déclarer illégitime une partie. On libérerait ainsi le pays de certains jougs de la spéculation financière.

Nous ne pouvons pas sortir de la crise sans stimuler l’économie. Nous ne sommes pas des fans du déficit mais limiter sa croissance ne doit pas signifier d’autres coupes et ni plus d’austérité.

Une réforme fiscale qui remplisse les objectifs contenus dans la Constitution, davantage de progressisme et davantage de justice fiscale sont nécessaires.

Que pensez-vous faire pour combattre la fraude fiscale et l’économie souterraine qui représentent au moins, selon des calculs modérés, 14 points annuels du PIB ?

Avec ces ressources on pourrait résoudre tout notre problème de déficit public, garantir les fonds nécessaires pour des politiques de stimulation économique et la création d’emploi.

Pour réduire la dette et le déficit, les recettes peuvent être augmentées, aussi, en modifiant les taux d’imposition des bénéfices et les hauts revenus du capital. Que ceux qui gagnent le plus et possèdent le plus paient plus.

Nous parlons de mesures qui affectent seulement 4% de la population. Rien à voir avec les classes moyennes ni avec les travailleurs. Que les grandes entreprises payent en relation à l’Impôt sur les Sociétés et non comme cela se produit maintenant, avec des taux effectifs inférieurs à ceux des petites entreprises.

Nous ne demandons pas une utopie : seulement que la contribution fiscale, la dépense publique dans les services sociaux et l’investissement public se situent dans la moyenne de l’Union Européenne.

DÉMOCRATIE

La crise n’a pas seulement un contenu économique et social, c’est aussi une crise de la démocratie. On accepte comme un fait indiscutable que des gouvernements démocratiquement élus et des parlements comme celui dans lequel nous sommes se soumettent aux diktats des marchés.

Nous avons été et nous serons à nouveau dans la rue avec ceux qui se mobilisent pour la défense de leurs droits et de leurs intérêts face à la dictature des marchés.

Aujourd’hui on attaque la démocratie avec « l’arme de la prime de risque » et trop nombreux sont ceux qui considèrent cela comme une chose normale. Les conseils d’administration confisquent la souveraineté populaire et il y en a qui applaudissent comme s’il s’agissait d’une mesure raisonnable et sérieuse.

Les citoyens méritent la sincérité et, comme le disait George Orwell, « dans une époque de tromperie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire ».

M. Rajoy, comment allez-vous garantir que les valeurs démocratiques et la souveraineté populaire vont prévaloir sur les diktats des marchés ?

Du pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple nous sommes passés à tout le pouvoir pour les marchés. Ce n’est qu’ainsi que l’on comprend que nous avons des démocraties confisquées par la dictature des marchés. Peut-être n’est-ce pas par confiscation que l’on nous impose une réforme de la Constitution, adoptée par le bipartisme et à laquelle notre groupe s’est opposé, par laquelle on impose le déficit et où l’on fait passer le paiement de la dette avant la dépense sociale ?

N’est-ce pas une confiscation des démocraties là où l’on a imposé des gouvernements technocrates à des pays comme la Grèce ou l’Italie en passant par-dessus les souverainetés populaires ?

Nous pensons que nous devons réfléchir de manière urgente sur la valeur de notre démocratie.

Aucun pouvoir économique ne devrait être au-dessus des pouvoirs démocratiques qui émanent du peuple.

Il ne fait aucun doute, M. Rajoy, que quand vous serez président du Gouvernement si n’importe quel centre de pouvoir financier exige de vous substituer par un technocrate qui n’aurait pas été élu par le peuple, comme dans le cas grec ou italien, vous nous trouverez à vos côtés pour défendre la souveraineté populaire.

Nous allons proposer des mesures pour la régénération démocratique, pour éliminer une fois pour toutes le fléau de la corruption. Nous allons proposer qu’une même personne ne puisse pas percevoir deux rétributions ou plus à la charge des budgets des Administrations Publiques et une autre série d’incompatibilités.

Nous apporterons des propositions qui répondent à la demande sociale d’une vraie démocratie et d’une participation directe des citoyens aux décisions politiques.

POLITIQUES SOCIALES ET BANQUE PUBLIQUE

M. Rajoy, ce sont environ 300 expulsions qui ont lieu tous les jours, vouant à l’exclusion et à la pauvreté des milliers de familles. D’après le Conseil Général du Pouvoir Judiciaire, depuis le début de la crise ce sont 500 000 familles qui ont perdu leur logement.

Quelles mesures pense prendre votre gouvernement pour éviter cette situation, plus spécialement dans les cas où le motif de l’expulsion est le non-paiement, pour cause de chômage ?

Nous, nous proposerons à nouveau une réforme de la Loi Hypothécaire et du Code civil pour garantir l’efficacité de « la dation en paiement », mais surtout pour éviter la perte du logement qui est un droit constitutionnel.

Et en tenant compte du fait que vous avez exprimé en diverses occasions une position contraire au gel des pensions, êtes-vous disposé à rendre aux retraités leur pouvoir d’achat perdu ?

Les institutions financières privées ne remplissent pas leur rôle dans notre pays. Le crédit n’arrive pas aux petites entreprises et aux familles, alors qu’il ne manque pas aux grandes entreprises contrôlées par la Banque. On a donné au capital financier privé la moitié du crédit et l’épargne de ce pays qui était déposé dans les caisses d’épargne. Le processus d’absorption de la Caisse d’Epargne de la Méditerranée est scandaleux.

Qu’allez-vous faire pour garantir que le crédit arrive aux entreprises et aux familles ?

La Banque Publique est une nécessité économique et sociale, encore plus urgente lorsque la banque privée ne remplit pas son rôle.

Comme vous le savez, à Izquierda Unida nous défendons la laïcité de l’Etat, une République fédérale dans laquelle n’importe lequel de nos enfants peut accéder à la direction de l’Etat et une Loi de Mémoire Historique qui rende vérité, justice et réparation aux victimes du franquisme.

En ce qui concerne les services publics essentiels comme la Santé et l’Education, nous serons contre toute formule de déremboursement ou de privatisation. La défense de la Santé et de l’Éducation publique sera l’un des piliers de notre activité dans cette Chambre.

Et en lien avec la Justice, nous misons sur le maintien de la séparation entre Justice et Intérieur, sur la nécessité de garantir l’indépendance du Pouvoir Judiciaire et sa dotation en moyens suffisants pour qu’il soit un authentique service public, le même pour tous.

L’EUROPE

Votre gouvernement arrivera juste au moment où commencera une réforme de la PAC. Nous vous demandons, à Bruxelles, une position qui développe un modèle d’agriculture familiale et agro-écologique qui oriente les aides vers les petites et moyennes exploitations et aux coopératives, et non aux grands domaines agricoles et qui fasse le pari d’un marché juste et durable pour la production agricole d’élevage.

Le modèle néolibéral sur lequel s’est développé l’Union Européenne a échoué. Le costume allemand nous corsète et nous étrangle. La menace de la stagnation ou de la récession cerne une grande partie des économies qui constituent la zone de l’euro.

Le dernier sommet européen n’a pas servi à grand-chose. Izquierda Unida est contre les accords adoptés à ce sommet et nous attendons une explication. Si elle suit ce chemin la construction européenne entrera en crise. Nous nous prononçons pour une Europe des peuples et non des marchés, une Europe dotée d’institutions contrôlées par les citoyens, au service de l’immense majorité. Nous voulons plus d’Europe, mais nous voulons une autre Europe.

Nous proposons de débuter un Processus Constituant en Europe pour adopter une constitution qui mise sur une économie au service des citoyens, du plein emploi, de la paix et du désarmement.

Une Constitution qui garantisse l’intervention publique dans l’économie, le contrôle démocratique de la Banque Centrale Européenne, le développement et la qualité des services publics et le rôle des entreprises publiques dans les secteurs stratégiques.

Nous nous opposerons à toute orientation de votre Gouvernement qui implique une Europe à deux vitesses.

ÉNERGIE ET COOPÉRATION

M. Rajoy, nous exigeons un débat en profondeur sur la stratégie énergétique de notre pays, le respect du calendrier de fermeture des centrales nucléaires et un élan décisif pour les énergies renouvelables.

Malgré la stagnation observée au récent Sommet de Durban, l’Espagne doit intensifier son effort pour respecter les objectifs de Kyoto dans la lutte contre le changement climatique.

Nous pensons que l’une des tâches fondamentales de votre Gouvernement est de remplir les Objectifs du Millénaire, combattre les causes qui sont à l’origine de la faim et de la malnutrition dans le monde, en finir avec la spéculation sur les denrées alimentaires, identifier et poursuivre les spéculateurs et les responsables des décès causés par la sous-alimentation. Il faut rendre prioritaire la lutte contre la faim, la pauvreté, l’injustice, le changement climatique et les catastrophes naturelles.

POLITIQUE INTERNATIONALE

Au cours de ces dernières années notre pays a perdu de son autonomie en matière de politique internationale. Une réorientation de cette politique est nécessaire. Nous exigerons de votre Gouvernement que l’Espagne assume l’administration du processus de décolonisation du Sahara Occidental et nous continuerons de demander une position exigeante de notre diplomatie pour que le peuple subsaharien puisse exercer son droit à l’autodétermination et à l’exploitation de ses ressources.

La singularité de nos relations avec l’Amérique Latine et les Caraïbes doit se concrétiser par notre appui à leur intégration régionale à la Communauté des États d’Amérique Latine et des Caraïbes créée récemment.

Nous serons contre toute intervention militaire qui prétende imposer des changements de régimes politiques dans les pays arabes et au Proche-Orient. L’action diplomatique est la seule qui puisse contribuer à résoudre la situation en accord avec les peuples.

Izquirda Unida promeut la fermeture des bases étrangères sur leur territoire et s’oppose à l’accord pour l’installation d’un bouclier antimissiles à Rota. Nous continuons d’exiger retrait de nos troupes en Afghanistan et nous misons sur une politique extérieure de désarmement.

C’est dans ce sens, comme faisant partie de notre concept démocratique de la sécurité, que nous continuons à défendre la démilitarisation de la Gendarmerie et un modèle de carrière de police fédéral.

Nous poserons également une action diplomatique en défense de la création d’un Etat palestinien, contre le blocus des Etats-Unis et pour une position commune de l’Union Européenne sur Cuba.

POUR FINIR

Pour finir, je souhaiterais vous exposer une série de mesures que nous considérons comme prioritaires et urgentes :

- Un projet de loi de mesures extraordinaires pour la création d’emploi pour la période 2012-2014 qui inclut la protection des travailleurs sans emploi.

- Un plan pour mettre fin aux expulsions des familles de leur logement qui, parce qu’elles ont perdu leur emploi, ne peuvent plus régler leur hypothèque.

- La dérogation du gel des pensions et la récupération du pouvoir d’achat des salaires des emplois publics.

- Un projet de loi organique de garantie de prestation, d’universalité et de qualité des services publics particulièrement en matière d’Education, de santé et de Dépendance.

- Un plan de lutte contre la fraude et une réforme fiscale qui réintroduise les principes de progressivité, de justice fiscale et qui prévoie des recettes suffisantes.

- Une loi qui dote de manière suffisante en matière financière les Mairies.

- Une réforme de la Loi Electorale qui inclut des formes efficaces de démocratie participative.

TRADUCTION : FRANÇOISE BAGUE ET JULIETTE ESTIVILL


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