UMP, les loups sortent du bois

vendredi 27 juillet 2012.
 

Les candidatures se multiplient pour la présidence du parti de l’ancienne majorité. Une manière pour 
les ténors du principal parti de la droite de peser dans les débats en vue du congrès de novembre.

Exister sur la scène médiatique pour peser dans les débats du congrès. C’est le jeu auquel se prêtent les dirigeants de l’UMP depuis quelques semaines. Après l’entrée en campagne de François Fillon, Xavier Bertrand, Bruno Le Maire et Rachida Dati lui ont emboîté le pas, en formulant leurs exigences et laissant planer le doute sur leur candidature, de témoignage. L’ancienne garde des Sceaux avait indiqué qu’un « trio de femmes » issu de son groupe de 120 élues de l’UMP pourrait se présenter à la tête de l’UMP. Avant de signer le lendemain un communiqué appelant Jean-François Copé à se porter candidat.

Mardi, c’était au tour de ­Nathalie Kosciusko-Morizet d’annoncer son intention de créer son propre mouvement, « la France droite », et d’affirmer qu’elle se présenterait à la tête du parti « si les conditions l’exigent ». L’ancienne ministre demande la garantie d’une droite « pas conservatrice, au sens où elle serait réactionnaire ». « Je demande que ces trois éléments, la clarté, la ­réforme, l’organisation, soient repris et partagés. Sinon, je serai tentée de les partager avec les adhérents », a prévenu NKM. « Je le dis très clairement  : si les idées auxquelles j’adhère ne sont pas représentées d’ici à la fin août, je n’exclus pas de me déclarer moi-même », a annoncé hier au Parisien Christian ­Estrosi, bien décidé lui aussi à ne pas regarder passer le train. Le ­secrétaire général de l’association des Amis de Nicolas Sarkozy veut défendre « la souveraineté, la production industrielle ou la ­réforme de l’espace Schengen ». Et pourtant d’ajouter que « faire apparaître les ambitions personnelles n’est pas la priorité de ce mois de juillet ».

Mardi, le trésorier de l’UMP, Dominique Dord, également candidat, a appelé le bureau politique à changer les modalités d’un scrutin « trop cadenassé ». Pendant ce temps-là, Copé multiplie ses soutiens et Fillon se délecte des sondages. Des « comités d’appel à la candidature » du secrétaire général se sont constitués dans une dizaine de fédérations, dont celles des Bouches-du-Rhône, de Paris et du Nord. Jean-François Copé a réaffirmé hier qu’il annoncerait sa décision à la fin de l’été, lors du rassemblement annuel de son club politique, ­Génération France. Sur la défensive concernant les sondages qui le donnent nettement distancé chez les sympathisants UMP, le député de Meaux a affirmé que l’élection à la présidence de l’UMP, « c’est pour une mission très particulière, qui n’a rien à voir avec ce qui peut relever d’autres missions ». Autrement dit la présidentielle. Selon un sondage Ifop, 81% préféreraient Fillon. Confiant, Copé sait qu’il a une longueur d’avance, car ce seront les seuls adhérents du parti qui voteront en novembre.

Cure d’austérité pour la droite

Terminés, les meetings pharaoniques comme celui de Villepinte. Privée d’un quart de sa dotation, l’UMP est contrainte de réduire la voilure. Le montant de son financement public s’élevait à près de 35 millions d’euros par an depuis 2007. Il devrait tomber à 23 millions pour les cinq années à venir en raison des mauvais résultats aux élections et de la pénalité pour non-respect de la parité aux législatives, où le parti a présenté moins de 26% de candidates. Le nombre de permanents au siège est réduit d’un tiers.

Maud Vergnol


Signatures: 0
Répondre à cet article

Forum

Date Nom Message