Maurice Frey notre cheval du Bien (Les nôtres)

vendredi 19 octobre 2018.
 

Le militantisme anticapitaliste conduit à rencontrer beaucoup de camarades avec lesquels l’on sympathise au fil des mois. J’ai compté Momo comme un ami cher dès la première année de notre action commune :

- Maurice le méditerranéen, à la voix chantante, à la plaisanterie toujours au bord des lèvres, au rire puissant comme le tonnerre

- Maurice, l’animateur de nos conviviales réunions mensuelles des années 1990 où le vin coulait aussi bien que la parole

- Maurice le vrai socialiste, né en Ariège, passé par le Toulouse des années 1968, constant et sûr dans ses convictions.

- Maurice, la franchise personnifiée dans un Parti socialiste au double langage institutionnalisé. Maurice qui me téléphonait au moins une fois par semaine pour cadrer collectivement nos positions car il était incapable d’agir politiquement sans un maximum de clarté, de cohérence et de transparence au niveau du groupe que nous formions.

- Maurice, l’ingénieur ardent défenseur d’une agriculture paysanne, ne plaignant jamais son temps pour aider tel ou tel "petit" à monter les dossiers utiles pour mieux s’en sortir

- Maurice, force de la nature, troisième ligne champion de France junior de rugby, goal de football jusqu’à la cinquantaine proche.

- Maurice qui me laisse un grand regret, n’avoir pas mis en ligne intégralement son texte de 2005 dans lequel il argumentait la nécessité de construire un nouveau parti de gauche pour contribuer à rassembler les forces anticapitalistes. J’aurais pu au moins conserver son original et ne l’ai point fait, ayant modifié directement sur l’ordinateur tout en discutant avec lui au téléphone.

Maurice Frey, président de PRS 12, est donc décédé en ce début avril 2006. La 1ère Convention nationale de PRS s’est séparée à Montreuil dans la tradition guévariste latino américaine : Camarada Maurice Frey, Presente ! Ahora y hasta siempre !

Ci-dessous, extrait du poème que j’ai lu lors de l’hommage rendu samedi 8 avril à Vabres.

A toi, Maurice notre ami, Maurice le superbe combattant

"...Il est nuit. Qu’importe. Nuit noire.

Tant mieux. On y fera le jour.

Pars, tremblant du frisson d’espoir.

Sans frein, sans trêve, sans flambeau,

Cherchant les cieux hors de l’étable

Vers le vrai, le juste, le beau

Reprends ta course redoutable.

Fuis, cours, Sois le cheval du Bien

Toi, l’utopie et la raison,

Rebelle au despote et au lien,

Par delà siècles et saisons.

Retourne aux problèmes profonds

Tâche de renverser les tours

Sous qui, tristes, nous étouffons

Effraye tous les vautours.

Donne à quiconque ignore ou nuit,

Aux fausses gloires, aux faux zèles,

Aux multitudes dans la nuit,

L’éblouissement de tes ailes.

Va ! pour vaincre et transformer,

Pour que l’homme se transfigure,

Qu’il te suffise de fermer

Et de rouvrir ton envergure

Jette au peuple un hennissement,

A l’échafaud une ruade,

Fais une brèche au firmament,

Pour que l’esprit humain s’évade

Immortel, protège l’instant

L’homme a besoin de toi, te dis-je

Précipite-toi, haletant

A la poursuite du prodige.

Le prodige, c’est l’avenir ;

C’est la vie idéalisée,

Le ciel renonçant à punir

L’univers fleur, et Dieu rosée.

Mais apparaît l’horizon sombre

La Nuit grince lugubrement

La mort avance dans l’ombre

Fais en arrière un mouvement.

Tout se tait dans l’affreux lointain

Vers qui l’homme effaré s’avance

L’oubli, la tombe, le destin,

Et la nuit sont de connivence.

Mais au grand déclin des tyrans,

Quand vient l’instant des lois meilleures

Qu’ au ciel sombre, éternel cadran

Ton pied frappe ces grandes heures !

Du fond des ombres insondables

Lance ton rire formidable.

Jacques Serieys d’après le poème de Victor Hugo : Le cheval


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