Législative partielle de l’Oise (mars 2013) : Les solfériniens mènent la gauche à la catastrophe y compris électorale

mercredi 28 décembre 2016.
 

Battue pour quelques voix au second tour en juin 2012, Sylvie Houssin, candidate du Parti Socialiste avait obtenu l’invalidation de son concurrent UMP, Jean-François Mancel. Ce 17 mars 2013, elle est éliminée au premier tour sans que cela profite nettement au candidat du Front de Gauche.

Pour le second tour, le Parti de Gauche s’est refusé à choisir entre droite extrême et extrême droite. Pour faire barrage au FN, comme y appelle le PS, encore faudrait-il qu’il y ait un candidat républicain et sans casserole judiciaire !

Le résultat du second tour montre une progression de 2000 voix du Front National en 2013 par rapport à juin 2012 alors que la participation a chuté de moitié. Aucune analyse sérieuse de cette législative peut laisser de côté ce fait.

D) Les solfériniens mènent la gauche à la catastrophe économique, sociale et même électorale (Jacques Serieys)

Il serait erroné de sous-estimer les leçons de cette élection législative partielle de l’Oise.

Que la candidate socialiste ait raté l’élection de quelques voix au second tour de juin 2012 et se retrouve quelques mois plus tard éliminée dès le premier tour avec 21,37%, voilà déjà qui n’est pas banal.

Que l’effondrement du Parti socialiste ait surtout généré de l’abstention parmi le peuple de gauche et une très faible progression de la gauche de la gauche (Front de gauche, LO), voilà qui n’augure pas positivement de l’avenir.

Plus surprenant encore, l’analyse fine des reports de voix entre premier et second tour montre d’après Joël Gombin (doctorant en science politique à l’université de Picardie) un report d’environ 43% de l’électorat socialiste du premier tour sur le FN au second. Même report d’après lui, à 15% du Front de Gauche vers le FN. Ce même universitaire tire le bilan suivant « Il y a de la part d’un certain nombre d’électeurs de gauche une exaspération qui a pu se traduire par un mouvement d’humeur, visant à attirer l’attention du gouvernement, plus sur un ressort national que sur la situation locale. »

Personnellement, je considère que cette élection partielle du Val d’Oise doit pousser encore plus le Front de Gauche :

- à se positionner en représentant de toute la gauche

- à tenir un discours politique clair contre la pratique gouvernementale du PS et d’EELV

- dans une logique de listes autonomes et conquérantes pour le premier tour des municipales tout en tenant compte tactiquement de considérations locales

- dans une stratégie d’alternative politique immédiate au gouvernement Ayrault

- à prévoir des tiraillements importants dans la majorité PS PRG EELV, à les préparer

Derrière la progression électorale du Front National, il faut voir à la fois l’angoisse de populations déstabilisées par la mondialisation libérale et la souffrance de populations écrasées par cette même mondialisation. Le soutien du Parti Socialiste à Nicolas Sarkozy pour ne pas prendre en compte le NON au Traité Constitutionnel Européen de 2005 entraîne des conséquences de plus en plus catastrophiques, des privatisations aux retraites, de l’austérité au Grand marché transatlantique.

Jacques Serieys

C) Résultat du 2ème tour : Le social-libéralisme fait le lit du FN et de l’abstention

Le deuxième tour de l’élection législative partielle dans l’Oise a vu la progression de l’abstention et du FN. En brouillant les repères entre la gauche et la droite, les socio-libéraux en sont les premiers responsables.

La politique d’austérité et de réduction des dépenses publiques menée par le gouvernement Ayrault au nom soi-disant de la "gauche" conduit nos concitoyens au désarroi et à la désespérance. Il est plus que temps que les militants et élus du PS et de ses partis alliés se ressaisissent : l’austérité, qu’elle soit libérale ou « sociale » libérale, est profondément rejetée dans notre pays. Ses partisans seront donc à terme balayés en France comme ailleurs.

Le passage devant l’assemblée de l’accord "Made in Medef" début avril leur donne une occasion historique de réagir : ils n’ont pas été élus pour adopter une loi de régression sociale généralisée. Au delà, il revient au Front de gauche d’éviter le pire à notre pays. Il est le seul espoir à gauche pour que la droite extrême voire l’extrême-droite ne profitent dans les années à venir des errances sociales libérales.

Eric Coquerel le 25 mars 2013

B) Deuxième tour de la législative dans l’Oise : bonnet noir et noir bonnet !

Les résultats du premier tour de l’élection législative partielle dans la 2ème circonscription de l’Oise sont le signe inquiétant du désaveu de la politique gouvernementale d’obstination dans l’austérité. Nous disons depuis des mois que cette politique ne peut mener qu’à l’échec et à l’abstention électorale des électeurs qui ont voté François Hollande au premier tour de la présidentielle.

Cette législative partielle en est hélas le symptôme avec un chiffre record d’abstention (plus de 67%) et l’élimination sans appel de la candidate socialiste qui n’avait perdu que d’une soixantaine de voix en juin 2012. Quelle détérioration en l’espace de seulement neuf mois ! Dans ce climat, le Parti de Gauche salue chaleureusement la progression obtenue par Pierre Ripart et Anthony Auger, candidats du Front de Gauche.

Pour le second tour, le Parti de Gauche se refuse à choisir entre droite extrème et extrème droite. Pour faire barrage au FN, comme y appelle le PS, encore faudrait-il qu’il y ait un candidat républicain et sans casserole judiciaire !

Ce n’est pas le cas. Il est hors de question d’appeler nos électeurs à voter pour un candidat UMP qui en d’autres occasions (cantonales et régionales de 1998) n’a pas hésité à pratiquer des désistements réciproques avec le FN et qui a été condamné par la justice notamment pour conflits d’intérêts.

Martine Billard

A) Premier tour : débâcle du Parti Socialiste

Battue pour quelques voix au second tour en juin 2012, Sylvie Houssin, candidate du Parti Socialiste avait obtenu l’invalidation de son concurrent UMP, Jean-François Mancel. Ce 17 mars 2013, elle est éliminée au premier tour sans que cela profite nettement au candidat du Front de Gauche.

En juin 2012, Jean-François Mancel l’avait emporté au second tour de justesse dans le cadre d’une triangulaire : 38,97% pour l’UMP, 38,85% pour le PS, 22,18% pour le FN.

Ce 17 mars 2013, le premier tour a donné des résultats très différents :

- 40,61% pour l’UMP,

- 26,58% pour le FN,

- 21,37% pour la candidate PS éliminée pour ne pas avoir obtenu 12,5% des inscrits

Le Front de Gauche connaît une progression (de 5,25% à 6,64%) de même que la candidate de Lutte Ouvrière ( de 0,73% à 1,57%). Ceci dit, l’énorme abstention de l’électorat de gauche marque plus une profonde désillusion vis à vis de la politique menée par François Hollande et le gouvernement qu’une politisation vers les solutions que nous proposons.

Il est vrai que cette circonscription a toujours été nettement marquée à droite. Ceci dit, nous devons faire le lien entre cette débâcle socialiste du 17 mars et les sondages parus au même moment faisant état de :

- 67% de mécontents de la politique engagée

- 61% pour une refonte du gouvernement

Jacques Serieys


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