28 octobre 1988 : Ariane, premier satellite de télécommunication français

dimanche 30 octobre 2016.
 

Le 28 octobre 1988, une fusée Ariane s’élève dans le ciel guyanais. À son bord, le premier satellite de télécommunication français, TDF1. Ce satellite, développé par Aérospatiale, appartient à Télédiffusion de France (TDF), un Etablissement public à caractère industriel et commercial, issu de la division de l’ORTF en 1977. Il a pour objet de permettre la diffusion des signaux radios et télévisuels sur le territoire national. Élément central de la souveraineté du peuple, la capacité de diffuser les signaux prend une nouvelle dimension avec l’utilisation de l’espace en complément des émetteurs terrestres.

Cette prouesse technique repose sur des entreprises publiques. De la conception du satellite à son utilisation en passant par son lancement, ce sont elles qui permettent la réalisation de cette première technologique grâce aux savoir-faire des ingénieurs, des techniciens et des ouvriers français, dans le cadre d’une coopération avec l’Allemagne.

Mais, déjà, l’oligarchie avait décidé de priver le peuple de sa souveraineté sur l’espace et les moyens de communication. Dès 1987, le gouvernement avait transformé le statut de TDF en société anonyme, prélude à sa privatisation. Aujourd’hui le capital de TDF est détenu à 42% par un fond de pension américain.

Le satellite TDF1 a été vendu à Eutelsat. A l’origine, en 1977, organisation intergouvernementale européenne, elle fut privatisée en 2001, puis cotée en bourse en 2005, conséquence de la décision européenne d’en finir avec le projet Europesat, successeur du projet franco-allemand. Là encore, la volonté européenne de soustraire du contrôle populaire et de l’administration publique la mise en œuvre des satellites, notamment de communication, pour en faire un marché est patente. Pourtant, ces technologies sont des biens communs.

Dans le domaine des satellites de communication, comme dans le reste du développement spatial, le contrôle public permet au peuple d’assurer sa souveraineté sur des technologies essentielles à la vie de nos sociétés urbanisées et connectées par les réseaux.

La Révolution citoyenne et la reconquête de la souveraineté du peuple passent par la lutte contre la privatisation de l’espace et la mise en œuvre d’un programme spatial publique.

Bastien Lachaud


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