1er décembre 2013 100000 manifestants pour une révolution fiscale et sociale

vendredi 1er décembre 2017.
 

1) Discours du premier orateur : Jean-Luc Mélenchon

Pour écouter cette intervention de 20 minutes, cliquer sur l’adresse URL portée en source (haut de page, couleur rouge).

« Salut et honneur à ceux qui ont sacrifié tant de temps et d’argent pour être ici. J’adresse un salut spécialement chaleureux aux organisations syndicales de branches ou d’entreprises en lutte qui ont co-organisé cette marche avec nous » a commencé le co-président du PG. Puis citant Hugo, il déclame : « C’est de l’enfer des pauvre qu’est fait le paradis des riches », il poursuit :

« Notre marche dit avant toute chose : dans l’épreuve que vit le pays, nous autres, nous ne perdons pas le message de notre cœur ni celui de notre intelligence. L’ennemi ce n’est pas l’immigré, ni le fonctionnaire ni le travailleur révolté, nous ne nous trompons pas de colère. L’ennemi, il y en a un, c’est la finance française et mondialisée. […] L’ennemi, c’est celui qui fait flotter sa barque personnelle sur l’océan du malheur des autres. […] Nous sommes le matin qui va se lever sur l’année 1788. Nous faisons éclater cette réalité insupportable : le problème n’est pas le coût du travail, c’est celui du capital ! […]

100 ans après la création de l’impôt sur le revenu, le système fiscal protège aujourd’hui la finance. Le niveau d’imposition des plus hautes tranches contribue moins qu’il y a 10 ans. Si on avait maintenu les impôts tels qu’ils étaient en 2000, il y aurait eu 100 milliards d’euros supplémentaires dans les caisses..."

Jean-Luc Mélenchon a invité toute l’opposition de gauche, les syndicats, les associations écologiques, à se rassembler à nouveau pour préparer une nouvelle journée de mobilisation contre la hausse de la TVA en janvier. Il a conclu en citant à nouveau Victor Hugo, dans l’espoir que cette marche inspire nos voisins européens : "ce que Paris conseille, l’Europe le médite. Ce que Paris commence, l’Europe le continue !"

2) Jean-Luc Mélenchon interviewé par le Journal Télévisé de TF1

Cliquer sur l’adresse URL ci-dessous.

http://www.lepartidegauche.fr/latel...

3) Marche pour la justice fiscale : "C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches" (L’Humanité)

Depuis la place d’Italie jusqu’à Bercy, les organisateurs ont annoncé pas moins de 100 000 marcheurs. Des manifestants contre la hausse de la TVA et pour une révolution fiscale, rassemblés notamment à l’appel du Front de gauche, qui n’a pas été le seul à participer au succès de cette marche.

Les travailleurs sont aussi venus en nombre, les égoutiers de Paris, les syndicalistes de la CGT finances, CGT Air France, travailleurs en lutte de Petroplus, PSA Poissy, Sanofi... Il y avait également toutes les formations du Front de gauche, du NPA et de Lutte ouvrière.

A l’arrivée à Bercy, les porte-paroles des formations représentées ont successivement pris la parole.

4) Moments forts des intervenants

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

"Si nous sommes ici à Paris sachez bien que nous ne sommes pas seul, il y a eu d’autres rassemblements à Bordeaux, à Toulouse et même à Tulle... L’heure est à la mobilisation pour imposer une nouvelle politique pour la France.

C’est à nous de repartir en campagne pour rétablir l’espoir, sur les ruines de ce qu’a détruit ce gouvernement qui a oublié ce qu’être de gauche voulait dire. En 2014 la TVA rapportera plus de 138 milliards d’impôt, alors que l’impôt sur les sociétés ne rapportera plus que 36 milliards d’euros, en baisse de plus de 13 milliards à cause du dernier cadeau fiscal. La seule compétitivité visée, c’est celle des profits et des dividendes.[..]

Qu’on ne compte pas sur nous pour confondre notre colère avec les revendications patronales du zéro impôt. [...] Le rouge que nous avons au cœur, il n’a pas de frontière. Ni bretonne, ni française, ni européenne. C’est le rouge des prolétaires de tous les pays !

Au 1er janvier, à l’exception de quelques produits de première nécessité, tout va augmenter. Alors que le pouvoir d’achat est déjà tellement attaqué. Comme si la situation n’était pas déjà insupportable pour ces 8 millions de pauvres.

Il faut dire à Bruxelles, nous ne voulons plus de cette politique d’austérité. Il faut interdire les licenciements boursiers. Ouvrez les comptes des entreprises, révélez le montant des dividendes. Oui, une politique de justice sociale et fiscale est possible dans ce pays, nous créons suffisamment de richesses pour cela ! [..]

Nous voulons des portiques et des taxes, mais sur les routes de la finance et de l’évasion fiscale !"

Nathalie Arthaud, porte parole de Lutte Ouvrière

"La seule réforme fiscale juste, ce serait la suppression de toutes les taxes indirectes... La seule politique fiscale juste serait de faire payer les capitalistes qui gagnent leur argent sur le dos des travailleurs. Les travailleurs n’ont pas à servir d’amortisseurs. [...]

C’est en prenant l’initiative de la fronde sociale que les travailleurs pourront aussi lutter contre ce climat délétère marqué par l’abstention et la monté du Front national. [...] Le gouvernement de Hollande mène une politique anti-ouvrier comme la droite, il faut que les ouvrier le combatte comme s’il était de droite. Malgré nos divergences, nous pouvons tous participer en reprenant le chemin des luttes."

Christian Piquet, porte-parole de Gauche Unitaire

"La gauche et le camp des travailleurs retrouvent le chemin de la rue, de la mobilisation, de la lutte sociale... Il y avait urgence. Le peuple qui s’est débarrassé en 2012 du président des riches, ne l’a pas fait pour élire le président des patrons. C’est aujourd’hui une majorité de la gauche qui voit bien comme nous que l’on va dans le mur.

La politique du gouvernement n’a plus de majorité à gauche. Si toutes ces voix se conjuguent, se fédèrent, elles peuvent devenir une force qui nous replacera sur le chemin de nouvelles conquêtes, aussi décisives que l’étaient en leur époque les congés payés ou la sécurité sociale. Pour le dire autrement, c’est d’un nouveau Front populaire que nous voulons !"

Denis Durand de la CGT finances

"Nous avons décidé de rejoindre cette marche, car nous syndiquons les fonctionnaires du ministère des Finances mais aussi ceux de la banque de France... Depuis longtemps nous nous battons pour une révolution fiscale. Et si nous parlons de révolution, c’est qu’il ne faut pas s’attaquer qu’à la marge... Par exemple nous nous battons pour un impôt sur les sociétés qui frappe au coeur les grandes entreprises qui créent du chômage et de la précarité. Nous nous battons pour que notre administration ait les moyens de lutter contre la fraude et l’évasion fiscale.

Nous nous battons pour que l’ensemble de ces mesures ait une cohérence à l’échelle européenne. C’est aussi pour ça que nous voulons mettre fin à la prétendue indépendance de la BCE...

Vous pouvez compter sur nous pour être à vos côtés pour penser cette grande réforme fiscale, pour l’humain d’abord et pour combattre les marchés financiers."

Clémentine Autain porte-parole d’Ensemble

"L’essentiel a été dit. On a un gouvernement qui n’avait pas promis grand chose et qui a quand même réussi à nous décevoir.

Aujourd’hui c’est un point de départ. On est plusieurs composantes à s’être rassemblées, mais ce n’est qu’un point de départ. L’augmentation de la TVA est indigne, c’est la solidarité qui régresse [...] Ce qui nous attend derrière, c’est l’Allemagne avec les jobs à 1 euro et de cette société là on n’en veut pas. Alors ce n’est qu’un début et notre famille de gauche, il faut l’agrandir, il faut aller chercher les gens qui ne savent plus ce que le mot gauche veut dire, il faut aller voir les déçus, les écœurés, ceux qui ne savent plus où est le chemin. Ce n’est qu’un début. »

5) Manuel Valls récidive !

Décidément Manuel Valls a de mauvaises manières.

Comme le 5 mai dernier la préfecture de police a annoncé cet après-midi qu’elle ne comptabiliserait pas le nombre de participants à la marche pour la révolution fiscale, celle-ci étant politique.

Et comme le 5 mai dernier, devant son succès, Manuel Valls a décidé de lui dicter des chiffres farfelus, annonçant 7000 manifestants.

Il aurait pu dire 2, avec tout autant de crédibilté !

Quiconque sait qu’une marée humaine envahissant les trottoirs et boulevards de Campo Formio au pont Charles de Gaulle, comme observé à 15h30 et confirmé par les agences de presse, représente au bas mot 100 000 personnes.

Le 5 mai Valls nous avait divisé par 6, cette fois il le fait par 14.

C’est sans doute à la hauteur de la crainte que nous lui inspirons.
- 


Signatures: 0
Répondre à cet article

Forum

Date Nom Message