Intelligence du matérialisme

mardi 10 mai 2016.
 

Le matérialisme reste bien vivant.

En cette période où les références aux religions envahissent la presse et les antennes en raison notamment des conflits internationaux et du terrorisme, il n’est pas inutile de rappeler que la philosophie matérialiste et l’athéisme qui en résulte occupent toujours une place importante et gardent toute leur puissance pour l’intelligibilité du monde.

L’auteur, enseignant, agrégé de philosophie est, entre autres, secrétaire national du Parti de gauche. 

Son livre, paru en novembre 2013, a été préfacé par Jean-Luc Mélenchon. Nous remarquerons que France Culture n’a pas jugé utile, semble-t-il, de faire quelconque publicité pour ce livre.

Note de lecture réalisée par Jonathan Louli

Source :

« Benoît Schneckenburger, Intelligence du matérialisme », Lectures [En ligne], Les comptes rendus, 2014, mis en ligne le 09 juillet 2014, Jonathan Louli

URL : http://lectures.revues.org/15135

Intelligence du matérialisme : Éditions de l’Épervier, 2013, 126 pages, 13 euros.

"Le livre se présente comme « une tentative de synthèse des réponses déjà apportées par l’approche matérialiste et le rejet de fausses questions portées par les approches idéalistes et spiritualistes » (p. 12). Il s’agit avant tout d’un ouvrage de vulgarisation philosophique qui, réalisant une présentation du courant matérialiste dans un sens large, défriche une grande variété de thématiques, suggère des pistes de réflexion, présente synthétiquement quelques références théoriques, et inscrit en partie sa démarche dans une perspective historique. Le texte de Schneckenburger est également militant, en ce qu’il est écrit par un militant1 (et préfacé par J.-L. Mélenchon), qu’il exprime ouvertement un parti pris pour le matérialisme, et qu’il n’hésite pas à tirer à vue sur diverses formes d’« idéalisme ».

Quels sont exactement les termes du débat ? Le courant idéaliste consiste globalement, aux yeux de l’auteur, en des doctrines diverses, dont l’archétype est la religion, mais qui concernent également le platonisme, par exemple, et qui ont en commun la croyance en « une entité invisible et immatérielle plus vraie et plus réelle que le monde » (p. 14). À l’inverse, pour comprendre le monde, les matérialistes s’appuient sur les principes qui lui sont immanents, tels que « les lois de l’univers et des corps vivants ».

Une fois posées ces définitions, et pour explorer l’opposition entre les deux courants, l’auteur commence par réinscrire le débat dans la perspective historique, qui est avant tout celle du « procès en sorcellerie » fait aux matérialistes, notamment par les idéalistes, incarnés d’abord par les autorités religieuses. Ainsi, dans l’Antiquité, le « mythe de Socrate » (p. 18) forgé par Platon a éclipsé nombre d’autres philosophes, les présocratiques, dont plusieurs étaient matérialistes ; Épicure a vu sa pensée déformée et a été accusé de « mœurs impures » ; Guillaume d’Ockham, Spinoza, Galilée, puis les Lumières, c’est-à dire la plupart de ceux qui étaient « suspectés de matérialisme », ont essuyé les foudres des autorités religieuses : au moins jusqu’à Diderot et Montesquieu, « la haine anti-matérialiste semblait ne pas avoir de bornes » (p. 22).

Lire la suite en cliquant sur le lien URL précédent.

Annexe :

Cliquez sur les numéros pour accéder aux sources.

Article du magazine Regards sur le livre (1)

Article du journal L’Humanité (1’)

Blog de Benoît Schneckenburger (2)

Conférence sur L’intelligence du matérialisme (3) ou (3’) (à la Maison de la culture de Clermont-Ferrand le 19/02/2015)

Archive du 2 février 2012 Benoît Schneckenburger invité au "Grand Journal" C+ (4)

Information s sur les éditions de l’Épervier (5)

Hervé Debonrivage


Signatures: 0
Répondre à cet article

Forum

Date Nom Message