Revenu d’existence de base made in PS : le monde merveilleux d’Astérix à l’ère du numérique

dimanche 30 avril 2017.
 

Nous mettons en lumière dans cet article les principaux protagonistes de la ré–émergence de l’idée de revenu universel ou de revenu d’existence de base dans le débat politique depuis 2015.

Dès le 21 octobre 2016, le journal Le Monde titre Revenu de base : les propositions des candidats à la présidentielle http://www.lemonde.fr/politique/art...

Et quatre mois plus tard, dans Direct matin du 10 février 2017, on peut lire le titre : Présidentielles 2017, le programme de Benoît Hamon http://www.directmatin.fr/politique...

Le revenu dit universel (et ses synonymes) a été hissé par les médias sous l’impulsion du parti socialiste comme sujet de campagne central. Pourtant, le sujet a déjà été remis sur la table en 2001. Il n’est donc pas nouveau et l’invocation de la fameuse "révolution numérique"et de la raréfaction du travail, comme nous l’avons vu, ne peut expliquer en réalité ce regain d’intérêt. Il existe depuis fort longtemps différents courants humanistes avançant la solution du revenu universel pour lutter contre la pauvreté et affirmer le droit d’exister sans être tributaire du travail.

Il ne s’agit pas ici de remettre en cause la bonne foi de ceux et celles qui croient en cette mesure mais de remettre en cause certaines idées fausses qui résultent d’une acceptation d’un état de fait économique considéré comme naturel alors qu’il n’est que le résultat du fonctionnement aliénant du système capitaliste considéré implicitement comme un unique horizon possible.

En quoi, par exemple, remplacer des caissières par des machines, des guichetiers dans les gares et dans les bureaux de poste par des distributeurs résulteraient d’une seule fatalité technologique ? La mécanisation devrait être donc subie et totale sans aucun débat démocratique ? Chacun sait évidemment que les raisons de ce remplacement ne sont pas des considérations humanitaires mais tout simplement des critères de de coûts dans un schéma de rentabilité capitalistique. Par ailleurs, notre objectif est de démasquer la stratégie politique et les manœuvres politiciennes mises en œuvre pour faire resurgir ce serpent de mer. Ce sera l’objet d’un prochain article.

1 – Présentation du revenu de base par des personnalités socialistes.

Pour commencer, voici une présentation du revenu universel par 2 membres du parti socialiste dans le journal Libération.

1.1 Pour un revenu universel d’existence Source de Libération 9 mai 2016

http://www.liberation.fr/debats/201...

Par Eduardo Rihan Cypel , Député PS de Seine-et-Marne. et Guillaume Mathelier, Docteur en théorie politique, auteur d’une thèse sur le revenu universel, maire PS d’Ambilly (Haute-Savoie)

Remarquons que cet article est repris sur le site du parti socialiste qui a ouvert une tribune sur le revenu universel d’existence. Voir iciRemarquons que Rihan Cypel a voté toutes les lois du gouvernement Hollande sauf la loi travail.

(Nous avons indiqué par des numéros les différents arguments.)

1 Alors que l’économie numérique bouleverse l’organisation du travail, il convient de mettre en place un filet de sécurité pour l’ensemble des individus, de la naissance à la mort.

Le modèle social français peut-il résister face à une telle évolution ? A ces questions, nous devons apporter des réponses non seulement pour que notre pays soit aux avant-postes de cette nouvelle économie de l’innovation mais aussi pour qu’on adapte notre modèle social si on veut préserver 1 Le premier effet de la robotisation inexorable de notre appareil de production sera une phase de destruction massive qui menacerait 3 millions d’emplois en France à l’horizon 2030, avant que la nouvelle économie numérique ne crée des emplois nouveaux. Comment la France se préparera-t-elle à ces changements radicaux qui menaceront nos équilibres sociaux, 2 cette exigence française d’égalité et de justice pour tous ?

Un rapport présenté au forum de Davos intitulé « The Future of Jobs » pointent ces évolutions (1). Nous ne pouvons pas, que nous soyons citoyens ou responsables politiques, nous passer de penser 3 les évolutions en cours comme la réorganisation planétaire des facteurs de production et leurs effets sur l’organisation du travail. Le risque serait celui d’un décalage dangereux entre le politique et l’économique où les forces du second prendraient le pas sur celles du premier.

4 Dans une société où le travail sera discontinu, marqué par des ruptures multiples, où les travailleurs seront dans la configuration des intermittents du spectacle et des auto-entrepreneurs, où le télétravail sera plus développé qu’il ne l’est déjà, il est important d’anticiper la nouvelle société du travail qui vient. Nous voulons passer d’une (re)distribution qui répare à une distribution qui prépare les individus. Nous proposons un revenu d’existence républicain qui replace l’égalité au cœur des attentions.

2 Notre proposition vise l’« égalité des dotations initiales » et se décline comme suit.

Un revenu égal doit être donné à l’ensemble des individus, de la naissance à la mort. Dans un premier temps, de 0 à 18 ans, s’ouvre un compte individuel public qui épargne cette somme accumulée (dotation initiale) mois après mois. Pendant sa scolarité secondaire, le jeune sera invité à élaborer son projet de vie en lien avec son équipe éducative. Nous proposons donc 5 un filet de sécurité dès les premiers moments de toute existence. Il devra pour avoir cette 6impulsion de montrer à la société son implication en tant que citoyen en faisant obligatoirement un service civique où il pourra affiner ses connaissances au contact de professionnels. Un parrainage d’expérience complétera la transmission de savoirs entre générations et l’entrée dans la vie active.

A partir de 18 ans, et de façon inconditionnelle, chaque citoyen toucherait un revenu d’existence 7jusqu’à sa mort. Cette somme mensualisée et indépendante de l’emploi salarié devra se substituer 8au millefeuille d’aides existantes aujourd’hui et offrir plus de liberté de choix à chacun. Il sera, selon notre proposition, appuyé par un revenu complémentaire qui prendrait en compte les disparités territoriales notamment liées au coût de la vie.

7 Le financement doit s’opérer autour d’un transfert des aides sociales existantes (RSA notamment), d’une disparition des administrations de contrôle social correspondantes (qui n’auront plus lieu d’exister puisque le revenu d’existence sera attribué universellement). D’autres pistes de 9 financement sont possibles comme, par exemple, une taxation plus optimale des transactions financières.

10 Nous inscrivons le revenu d’existence dans un vaste projet de cohésion nationale embrassant toutes les forces vives de la nation, redonnant de l’espoir aux plus jeunes (en les sortant de l’ornière 2 des conditions de leurs aïeux), et plaçant, qui plus est, l’égalité comme horizon moral partagé 11 pour tous. Il permettra, par ailleurs, de réinjecter du temps créatif au service de la société, de l’économie, de la culture et de nôtre bien-être collectif. Cet effet secondaire du revenu universel n’est, à notre sens, guère à sous-estimer car dans nos sociétés, nous avons tous (et trop…) la « tête dans le guidon », ce qui nuit à notre créativité collective dans tous les domaines.

Nous voulons un grand débat national sur ce projet de société. Pour notre part, nous nous y emploierons pour refonder la gauche qui protège et qui garantit les conditions de l’émancipation. Et 7changer la société française en profondeur. Après la publication du rapport du député Christophe Sirugue, proposant une refonte générale des minima sociaux, nous voulons placer le débat sur le revenu d’existence au cœur de la campagne présidentielle de 2017.

(1) http://www.weforum.org/reports/the-... Eduardo Rihan Cypel Député PS de Seine-et-Marne. , Guillaume Mathelier Docteur en théorie politique, auteur d’une thèse sur le revenu universel, maire PS d’Ambilly (Haute-Savoie)

Commentaires.

On retrouve tout d’abord l’argument de la fameuse révolution numérique qui détruirait des millions d’emplois . Mais en quoi le revenu universel résout-t-il le problème sinon en acceptant comme un fait accompli la perte d’emplois ? La solution digne de ce nom est d’abord d’examiner avec les organisations syndicales et professionnelles en quoi tel ou tel remplacement est justifié et d’autre part de créer d’autres emplois dans un secteur voisin ou un autre secteur en aménageant des plans de reconversion et de formation. Mais cela se prévoit et nécessite en quelque sorte une planification numérique démocratique. On est loin du simplisme enfantin d’une attribution d’un revenu d’existence qui empêche les travailleurs d’être des acteurs conscients parties prenantes dans les évolutions techniques et économiques.

Sont invoquées ensuite l’égalité et la justice. Mais de quoi parle-t-on ? En quoi une majoration de 400 ou 800 € ajoutée à des revenus inférieurs au seuil de pauvreté de 1000 euros et même ajoutée à un salaire de 2500 € remet– elle en cause les incroyables inégalités de revenus existant dans notre pays ? En réalité, on ne s’attaque en rien ici aux causes profondes des inégalités et on voit mal en quoi cette mesure fait mieux que l’ensemble des prestations sociales existantes.

Est invoquée ensuite l’organisation internationale du travail. Là encore le revenu universel sert de paravent pour éluder les véritables mesures à prendre. Il faut faire cesser la mise en concurrence aveugle et sauvage des travailleurs entre eux en remettant en cause le libre-échange et en instaurant un protectionnisme social solidaire.

Un argument intéressant en revanche est celui de la discontinuité croissante du travail. En effet, l’instabilité de l’existence des entreprises causée par la financiarisation de l’économie, la variation des flux de production et de consommation, le développement du nombre de travailleurs indépendants en sous-traitance ont pour effet l’existence de périodes de non travail plus ou moins courtes ou plus ou moins longues. Il s’agit donc pour le capital de considérer les travailleurs comme des variables d’ajustement adaptées aux variations de l’activité. Un libéral comme König a compris qu’il fallait alors assurer un revenu d’existence pour faire faceà cette situation. La grande bourgeoisie a compris cela : il faut faire accepter aux travailleurs une flexibilité maximale, éviter les émeutes de la faim, diminuer le travail intérimaire trop coûteux et le travail à temps partiel encore trop rigide : le revenu d’existence est donc le bienvenu. Et pourquoi pas, comme le préconise le très libéral Monsieur Lefebvre, un revenu d’existence de base de 1000 euros ? (Nous ne remettons pas pour autant en cause la bonne foi de Lefebvre qui pense ainsi lutter contre la pauvreté). Le programme "l’Avenir en commun" prévoit une solution qui n’entérine pas une telle situation par le développement de la citoyenneté dans l’entreprise et par la mise en œuvre d’une sécurité sociale totale.

Filet de sécurité ? Il est de la responsabilité des parents de prendre en charge les besoins de l’enfant et de la société en cas de décès des parents. La situation actuelle prévoit différents types de subventions : allocations familiales, aide au logement, allocations-chômage, etc...complétant les salaires des parents. Il existe aussi des bourses d’étude, etc. Compte-tenu de la spécificité des situations familiales, les aides sont modulées. Les personnes humaines ne peuvent être traitées comme des numéros auxquels on attribuerait indistinctement et technocratiquement les mêmes allocations. C’est avoir ici une vision hors-sol de la complexité de la réalité sociale. La véritable bataille pour sécuriser la situation des enfants et des jeunes adultes est d’exiger des salaires plus élevés et des minima sociaux, des allocations d’études et de formation revalorisées comme cela figure dans ‘l’avenir en commun.’

On invoque alors le fameux millefeuille des aides sociales en ignorant cette complexité. Que l’on puisse regrouper certains services sociaux pour faire des économies de gestion et simplifier certaines démarches administratives, pourquoi pas ? Mais encore faut-il que cela se fasse en concertation avec les organisations syndicales, en concertation avec les opérateurs de terrain et non pas à partir d’un rapport rédigé par une seule personne aussi compétente soit-elle. Et ce n’est surtout pas un an avant des élections, que l’on peut résoudre un problème aussi complexe et engageant la vie concrète de nos concitoyens. C’est plutôt avec une démarche du type France insoumise sur une durée relativement longue que l’on peut aborder démocratiquement de telles questions sociales.

On ne voit pas en quoi un revenu universel serait nécessaire pour améliorer l’implication des citoyens dans la vie de la cité par exemple. C’est plutôt par la diminution du temps de travail sans diminution de salaire, le développement de l’éducation populaire par une multitude de moyens traditionnels et modernes, par une implication citoyenne des élèves et des étudiants au sein de l’école et de la cité, une implication citoyenne des travailleurs au sein de leur entreprise que ce genre de vœux peut être exaucé.

Le financement, (du moins partiel probablement) par une taxe sur les transactions financières,une taxe Tobin en quelque sorte… Mais à quel taux ? 0,0001 % ?

Non, plus sérieusement est annoncée ici la refonte des différents minima sociaux telle qu’elle est d’ailleurs proposée par le rapport du député PS figurant ci-dessous. Voilà au moins une affirmation qui a le mérite d’être franche : pour l’essentiel, le revenu universel est donc financé par la fusion des 10 minima sociaux existants. Merci patron ! Mais ce qui est à craindre, c’est qu’une partie des cotisations sociales patronales soit transférée sur l’impôt, car il est aussi largement question d’instaurer un impôt universel majoré en moyenne de 25 à 40 % selon les sources pour financer le revenu d’existence.

Quant à la cohésion sociale que favoriserait le revenu universel, là encore c’est un écran de fumée. Les inégalités salariales resteront aussi importantes. Les revenus exorbitants du capital pour les ménages les plus riches seront taxés à la marge. Alors que le problème de fond est de limiter les écarts salariaux et de revenus dans un premier temps de 1 à 20 pour descendre ensuite de 1 à 10 ou 7. La réduction des énormes inégalités ne passe pas par le revenu universel mais par une remise en cause des privilèges financiers de l’oligarchie économique dirigeante. Cela nécessite notamment la déconnexion du pouvoir politique du pouvoir économique.

Enfin, la possibilité pour chaque citoyen d’avoir une activité créatrice dépend de deux facteurs principaux : développer la création d’emplois demandant de la créativité, du travail artisanal à la recherche scientifique par exemple. D’autre part, mettre en place les moyens de formation nécessaires et diminuer le temps de travail pour que les gens puissent se consacrer à des activités personnelles créatives (activités artistiques par exemple). On voit donc encore que la notion de revenu universel n’est absolument pas nécessaire pour réaliser cela.

1.2 Une seconde présentation du revenu universel par un socialiste : Benoît Hamon

Une interview en vidéo YouTube de Benoît Hamon sur le revenu universel est mis en ligne le 18 janvier 2017. Cliquez icipour la visionner.

Commentaires

Un bon point pour la réduction du temps de travail mais on se demande pourquoi avoir une telle réticence à avoir recours à la loi alors que les incitations fiscales grèvent le budget de l’État dont il faut résorber la dette. Il regrette que le CICE ne se soit pas accompagné de contrepartie pour le patronat mais il faisait partie du gouvernement à cette époque et ne s’est pas opposé par un vote négatif à la politique budgétaire du gouvernement.

Une majoration du salaire par le revenu universel permettrait selon Benoît Hamon d’améliorer le rapport de force du salarié vis-à-vis de l’employeur sur le temps de travail et les conditions de travail. Qui peut le croire quand il existe un chômage massif, quand il n’existe pas de section syndicale forte qu’une majoration de quelques dizaines ou centaines d’euros pourraient avoir une telle efficacité ? C’est avoir, me semble-t-il, une conception angélique du patronat. On peut même développer l’argument inverse : l’existence d’un revenu d’existence de 750 euros par exemple s’ajoutant à un salaire de niveau SMIC, pourrait inciter le patronat à payer moins le salarié. Le "réarmement" des salariés par le revenu universel fait ici plus pensait à la potion magique d’Astérix qu’à une véritable arme de la classe ouvrière ou plus généralement des classes populaires dont la véritable force se trouve en réalité non pas dans la défense individuelle de leurs droits mais dans la défense collective organisée.

Je ne reviens pas sur d’autres arguments développés ci dessus On remarque dans cette interview un mélange des genres comme si le revenu universel devait être enrobé par d’autres mesures sociales. On ne saisit pas bien les liens de causalité entre les mesures d’aide sociale diverses, les problèmes liés à la formation par exemple et le revenu universel rendant ainsi la nécessité de l’existence du revenu d’existence de base peut convaincante.

Concernant le calcul du coût du revenu d’existence de base, il faut bien être conscient de la complexité du calcul à réaliser. En effet, que l’on considère ce revenu additionnel comme fixe ou variable selon l’âge et les revenus de chacun, les revenus notamment les salaires sont sujets à de grandes variations et l’effet d’écrêtement dû à l’impôt est lui-même variable pour une grille d’imposition fiscale donnée qui reste d’ailleurs à définir. Le mécanisme précis de financement reste donc nébuleux.

Pour compléter ces commentaires, on peut se reporter à un document vidéo : Le revenu universel inconditionnel peut-il libérer la société du travail ?

Source : Site des économistes atterrés. Conférences vidéo de David Cayla à l’université de Nantes 8 décembre 2016 Durée 1h30. Cliquez icipour visionner.

(David Cayla est chercheur au GRANEM et maître de conférences à l’université d’Angers.)

2 – Les acteurs principaux de la promotion du revenu minimum universel.

2.1 Rôle du député socialiste Christophe Sirugue.

En avril 2016, le député socialiste Christophe Sirugue, député de Saône-et-Loirea remis un rapport au Premier Ministre intitulé "Repenser les minima sociaux – Vers une couverture socle commune". Parmi les trois scénarios de réforme pour clarifier l’architecture des minima sociaux, il propose la création d’une "couverture socle commune". Sans fournir de chiffrage précis, le rapport Sirugue estime que cette couverture socle entraînerait des coûts supplémentaires en termes budgétaires (du fait notamment de son ouverture aux 18-25 ans, actuellement exclus du RSA, de l’amélioration du taux de recours, mais aussi d’un montant de base plus élevé que le RSA socle actuel).

Voici à ce sujet 2 documents :

– Rapport de Christophe Sirugue sur les minima sociaux, député de Saône-et-Loire. Rapport de synthèse de 4 pages

Il y a trois propositions de réforme consistant à fusionner partiellement ou totalement les 10 aides sociales actuelles. http://www.gouvernement.fr/sites/de...

– Son rapport complet au premier ministre complet de 170 pages et ici. http://www.ladocumentationfrancaise...

Rappelons que Christophe Sirugue a été rapporteur de la loi travail (même s’il ne l’a pas votée. Remarquons qu’il n’a pas voté la motion de censure) Source : http://www.leparisien.fr/politique/...

2.2 Rôle de M. Guillaume Mathelier, maire socialiste d’Ambilly (Haute-Savoie)

"…Même si l’hypothèse d’un revenu de base suscite encore, pour l’essentiel, l’indifférence ou la réprobation, elle semble apparaître à certains comme une planche de salut commode à la veille des échéances — législatives et présidentielle — de 2017, dans un contexte de pénurie d’idées nouvelles et de discrédit de l’action politique. Ce printemps, en pleine bataille autour de la « loi travail », M. Guillaume Mathelier, maire socialiste d’Ambilly (Haute-Savoie) et auteur d’une thèse sur le revenu universel, indiquait que le premier secrétaire du PS, M. Jean-Christophe Cambadélis, bien que lui-même sceptique, l’avait chargé de « faire monter le sujet » au sein du parti. Quant au premier ministre Manuel Valls, il a déclaré sur Facebook, le 19 avril, vouloir « ouvrir le chantier du revenu universel », avant d’ajouter aussitôt qu’il ne s’agirait pas d’une allocation « versée à tous », car « cela serait coûteux et n’aurait aucun sens ». Autrement dit : le revenu universel, pourquoi pas, mais à condition qu’il ne soit pas… universel.…"

Source : Le Monde diplomatique.Juillet 2016. Le revenu garanti et ses faux amis http://www.monde-diplomatique.fr/20...

On peut trouver sur YouTube le 14/04/2016 un exposé de Guillaume Mathelier sur le revenu universellede base. https://www.youtube.com/watch?v=cn5... "il faut faire rêver la jeunesse… !".

2.3 Rôle de la fondation Jean-Jaurès.

Les propositions de la fondation Jean-Jaurès qui inspirent Benoît Hamont Après avoir rappelé que des élus de droite reprenaient l’idée d’un revenu de base universel, le Monde diplomatique de juillet 2016 indique :

"…mais personne ne prétend toucher au régime assurantiel financé par la cotisation (retraites, chômage, assurance-maladie). Seules les allocations familiales seraient remplacées par un revenu de base versé à chaque enfant, d’un montant moindre que celui des adultes.

Une exception : dans un rapport publié en mai , la Fondation Jean-Jaurès, proche du Parti socialiste (PS), propose trois scénarios de financement qui, inspirés par le souci de « ne pas générer d’endettement supplémentaire », impliquent tous d’éviscérer sans complexes la Sécurité sociale. Le premier prévoit de distribuer à tous les adultes 500 euros par mois, en échange du démantèlement de l’assurance-maladie et de l’assurance-chômage ; le deuxième — jugé le plus crédible par les auteurs —, avec 750 euros, « recycle » aussi les prestations retraite. Le troisième, avec un montant de 1 000 euros, fait de même, mais prévoit des prélèvements supplémentaires. Atterré, Jean-Éric Hyafil, membre du MFRB qui prépare une thèse en économie sur le revenu universel, a dénoncé les « grosses bêtises » contenues dans ce rapport lors d’un débat avec Jérôme Héricourt, coordinateur du groupe de travail de la fondation, dans un café parisien, le 26 mai 2016. « Un revenu de base est parfaitement compatible avec une protection sociale et une dépense publique fortes ! », a-t-il martelé. Embarrassé, Héricourt a répondu que les auteurs du rapport ne voyaient pas dans le revenu de base « la bonne solution aux problèmes du xxie siècle », mais qu’ils n’avaient pas voulu le préciser dans le document, rédigé « dans un esprit de neutralité ». De sorte que leurs scénarios élaborés sans conviction ont été repris dans la presse comme des préconisations…"……"

Pas de remise en cause du partage de la valeur ajoutée "…Tout dépend du pouvoir de négociation que donnerait aux travailleurs le montant de leur revenu garanti, ainsi que des prélèvements et de la redistribution des richesses opérés par ailleurs. Or, sur ces sujets, la frilosité de nombreux partisans du revenu de base contraste avec l’audace de l’idée qu’ils portent…"

Remarquons que le blog du revenu d’existence rend compte des différentes activités en cours notamment de celles de la fondation Jean-Jaurès. https://blog.revenudexistence.org/

2.4 Le programme du PS et le revenu de base

– Je n’ai pas retrouvé le programme du PS sur le site national du PS en ce mois de février 2017 mais tout de même une référence à son programme sur le site Revenu de base. http://www.revenudebase.info/2016/0...

– Contribution au congrès du PS (5 au 7 juin 2015) Le revenu de base un outil de transformation sociale http://congres.parti-socialiste.fr/...

Contribution quasi scolaire. Il est fait référence au travail de Marc DE BASQUIAT

2. 5 Marc de Basquiat

Il est président de l’Association pour l’Instauration d’un Revenu d’Existence (AIRE) créée en 1989, co-fondateur en 2013 du Mouvement Français pour un Revenu de Base (MFRB), et co-auteur en 2014 de LIBER, un revenu de liberté pour tous.

Marc de Basquiat a une certaine audience médiatique. Par exemple, il a été interviewé à France Culture dans l’émission "Du grain à moudre" du 09/01/2017 sur le thème : Revenu de base une mesure de justice sociale ?

https://www.franceculture.fr/emissi...

Sur son blog de Huffington post il défend aussi l’idée d’un impôt universel : pas de revenu universel sans impôt universel. le 8 février 2017

http://www.huffingtonpost.fr/marc-d... (On a déjà entendu cela en janvier 2017 : Voir blog de Mélenchon http://melenchon.fr/2017/01/09/prop... )

Ainsi, deux associations sont utilisés par les élus du PS

2.6 Rôle mouvement français pour le revenu de base

http://www.revenudebase.info/

2.6 bis Rôle de l’Aire. Association pour l’Instauration d’un Revenu d’Exist

https://blog.revenudexistence.org/

Elle apporte ses contributions au parlementaire socialiste Sirugue Voir lien suivant : http://vps286884.ovh.net/author/mar... 19 février 2016

Individualiser et simplifier les minima sociaux – Contribution de l’AIRE à la mission Sirugue L’AIRE a présenté ses propositions à Christophe Sirugue le 9 février dernier

2.7 Rôle du sénateur écologiste Jean Desessard .

Proposition de résolution présentée en application de l’article 34-1 de la Constitution, pour l’instauration d’un revenu de base . Jean Desessard groupe écologiste

https://www.senat.fr/dossier-legisl...

Présentation du texte "Rappelant que "l’idée d’une allocation universelle existe depuis plus de deux siècles", Voltaire, Thomas Paine ou John Stuart Mill ayant été parmi ses promoteurs, les auteurs du texte estiment que "la proposition du revenu universel permet d’envisager de manière différente la place des hommes dans la création de valeur, la redistribution de cette valeur issue du travail collectif et l’émancipation économique des individus au sein du monde du travail".

Deux raisons principales plaident, selon ses promoteurs, pour l’instauration de ce revenu universel :
- en premier lieu la nécessité de garantir à chaque personne un niveau de vie suffisant pour assurer son bien-être élémentaire ;
- en second lieu, la simplification : les minima sociaux étant regroupés dans une allocation unique, les effets de seuils des allocations de solidarité nationale comme le Revenu de solidarité active sont évités puisque tout le monde y a droit, et les services sociaux et l’État économisent les moyens humains et financiers alloués à la gestion et au versement de ces allocations."

Remarquons que Jean Desessard fait référence au travail de Christophe Sirugue sur son blog. http://www.desessard-senateur.org/?...

Conclusion

On remarque ainsi qu’une énergie assez considérable a été mobilisée depuis 2015 notamment dans la sphère du PS pour remettre sur orbite le revenu universel. Reste ensuite à expliquer l’exploitation politique de ce travail.

L’étude précédente ne devrait pas faire penser que l’idée de revenu universel ou de base serait essentiellement partagée par le parti socialiste : le lecteur qui consulte la liste des partisans du revenu de base établie par Wikipédia est probablement étonné de la grande diversité de ses partisans. Voir la liste en cliquant ici Nous expliquerons dans un prochain article pourquoi ce serpent de mer refait surface en France depuis 2015 et après les mouvements sociaux du printemps 2016 puis durant la campagne de l’ élection présidentielle de 2017.

Hervé Debonrivage


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