La croissance allemande et l’Europe

mercredi 27 septembre 2017.
 

La croissance du PIB allemand comme tous ceux des pays capitalistes développés connaît un ralentissement structurel depuis plus de 30 ans ce qui s’accompagne d’un accroissement du nombre de pauvres dans ces pays , même si, les statistiques peuvent montrer une croissance du volume des biens de consommation finale. Le "modèle allemand" est loin d’être exemplaire.

Rappelons qu’avec un PIB de 13 900 milliards d’euros, l’UE – 28 est la première puissance économique mondiale dépassant de 6, 2 % le PIB des USA.

Premier article.

Le véritable problème allemand par Frédéric Fubni

Source : La Tribune du 03/02/2017

http://www.latribune.fr/opinions/tr...

Traduction François Boisivon Federico Fubini est chroniqueur financier. Il est l’auteur de Noi siamo la rivoluzione (« Nous sommes la révolution

Contrairement à ce qui est souvent affirmé, l’Allemagne a peu réformé, notamment en faveur de l’éducation. Sa croissance par habitant est structurellement poussive. Par Federico Fubini, chroniqueur financier

Si l’Italie peut apparaître aujourd’hui comme « l’homme malade de l’Europe », elle n’est pas le seul pays qui ait besoin d’un traitement. Bien au contraire. La puissante Allemagne semble avoir attrapé froid.

L’Italie est, il est vrai, en bien mauvaise posture. Au cours des vingt dernières années, la croissance annuelle du PIB n’y a été en moyenne que de 0,46% et la dette publique a régulièrement augmenté, pour atteindre 130% du PIB. Le chômage est demeuré très élevé, l’investissement s’effondre et le secteur bancaire connaît de graves problèmes.

Autre source d’inquiétude, le nombre de femmes en âge d’avoir un enfant a baissé de presque deux millions depuis la chute du mur de Berlin en 1989. Et la part des travailleurs actifs ayant reçu un enseignement universitaire stagne à des niveaux à peine comparables à ceux des autres économies avancées.

Une faible croissance par habitant

Pour toutes ces raisons, il n’est guère étonnant que l’Italie et la Grèce, rongées par la crise, aient enregistré au cours des trois dernières années les moins bonnes performances de la zone euro en matière de PIB par habitant. Plus surprenante est la place de l’Allemagne à l’antépénultième rang de ce classement. L’Allemagne est pourtant budgétairement saine, et elle dispose d’un excédent d’épargne important. Elle est aussi très compétitive en termes de coût unitaire du travail ; les taux d’activité y sont au plus haut et elle profite d’un apport régulier de main-d’œuvre qualifiée venue des autres pays d’Europe.

En dépit de tout cela, la croissance moyenne annuelle du PIB par habitant est en l’Allemagne de 0,51% depuis 2014, ce qui la place loin derrière les autres pays du noyau de la zone euro - en l’occurrence l’Autriche, la Belgique, la Finlande et les Pays-Bas. Même la France, où la croissance par habitant dépasse à peine celle de l’Italie, fait légèrement mieux que l’Allemagne.

Pas plus de production potentielle avec les immigrés

Comment est-il possible que des économies aussi différentes que l’Allemagne et l’Italie enregistrent des performances de croissance par habitant quasi semblables ? Jusqu’à un certain point, l’explication pourrait sembler élémentaire. L’Allemagne est bien plus proche de sa croissance potentielle que ne l’est l’Italie, voire que ne le sont les États-Unis, qui ont eu plus de difficultés à sortir de la crise après 2008. Mais la reprise plus récente des autres pays avancés devrait pourtant dynamiser cette croissance potentielle d’une économie tirée, rappelons-le, par les exportations.

De même, l’afflux migratoire pourrait avoir des conséquences sur la croissance du PIB par habitant. L’Allemagne a accueilli 2,7 millions de nouveaux résidents, nets des flux sortants, au cours des cinq dernières années, dont près d’un million de réfugiés. Ces derniers amènent à l’évidence une accélération keynésienne, mais n’ajoutent guère à la production potentielle.

Ces arrivées de migrants en Allemagne ne sont pourtant pas exceptionnelles. Le pays a connu à d’autres périodes au cours des trente dernières années des flux nets entrants d’une importance similaire, sans effet négatif sur la croissance du PIB par habitant. Au contraire, dans de nombreux cas, les migrants accueillis en Allemagne, notamment lorsqu’ils sont jeunes et qualifiés, ont renforcé la production potentielle.

Les banques allemandes ne financent plus le reste de l’Europe

La véritable cause de la faible croissance du PIB par habitant en Allemagne doit être recherchée ailleurs. Selon la Banque des règlements internationaux, les créances des banques allemandes sur les autres pays de la zone euro - dont l’Autriche, la France, l’Irlande, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal et l’Espagne - ont baissé de plus de 200 milliards de dollars, au total, depuis l’acmé de la crise de la dette, à la mi-2012. Les créances sur l’Italie sont revenues aux niveaux d’avant l’euro, et sur l’Espagne, elles s’en approchent. L’Allemagne s’est même désinvestie des pays du noyau de la zone euro.

Ce tranquille mouvement de dissociation des banques allemandes tranche nettement avec le comportement de leurs consœurs qui ont leur siège en France, en Italie, en Espagne ou aux Pays-Bas et ont toutes renoué avec l’intégration financière européenne, en stabilisant voire en renforçant leurs positions dans les autres pays. Ces tendances divergentes expliquent en partie, plus qu’une fuite générale des capitaux, les déséquilibres croissants du système de paiement Target 2 de la zone euro.

Pourquoi les banques allemandes sont-elles les seules à revenir sur l’intégration ? On peut y voir la marque du scepticisme des autorités financières du pays sur l’avenir de la zone euro, qui auraient conseillé aux banques nationales de réduire leur exposition au reste de la zone. On peut aussi imputer cette attitude à un malaise qui couve dans les banques allemandes, que les régulateurs européens tardent à reconnaître. Car les coûts des banques allemandes sont les plus élevés du monde développé, et leur rentabilité parmi les plus faibles, malgré leurs taux négligeables de créances irrécouvrables.

Une telle pusillanimité est néanmoins déconcertante. Environ la moitié du système bancaire allemand appartient au secteur public, et jouit donc, implicitement, de la garantie de l’État. De fait, les banques allemandes ont reçu 239 milliards d’euros (253 milliards de dollars) d’aides publiques entre 2009 et 2015.

Pas bon pour la confiance

Quoi qu’il en soit, le retrait des banques allemandes du champ d’action européen ne peut rien signifier de bon pour la confiance, l’investissement ou le dynamisme du secteur des services. Rappelons que l’investissement en Allemagne était, l’année dernière, inférieur de plus de cinq points de PIB à son niveau de 1999, alors même que l’épargne brute nationale atteignait son plus haut niveau depuis la création des séries statistiques du FMI en 1980.

Les dirigeants allemands expliquent généralement cette chute impressionnante en invoquant la prudence d’une société vieillissante. Mais ces difficultés démographiques - qui pèseront demain sur la production potentielle - devraient inciter à une réforme des prestations sociales et du système éducatif, et non à supprimer la demande actuelle. Et c’est précisément là où le bât blesse : aucun pays de l’UE, à l’exception, peut-être, de la France, n’a réalisé aussi peu de réformes que l’Allemagne au cours des dix années qui viennent de s’écouler.

Ce manque de réformes devient visible. La méfiance des banques et la faiblesse de l’investissement ont joué un rôle, assurément, depuis 2012, dans ce qui apparaît comme la période de plus faible croissance de la productivité totale des facteurs que l’Allemagne ait connue depuis trente ans. En donnant une telle importance aux exportations - c’est-à-dire à la demande des autres pays - le gouvernement allemand a peut-être été conduit à négliger certaines de ses responsabilités intérieures. Or il est dans l’intérêt de toute l’Europe - et de l’Italie en particulier - que la première économie du continent se renforce encore.

Certes, le ralentissement de la productivité n’est nullement propre à l’Allemagne. Mais à moins que celle-ci ne prenne chez elle le mal à la racine, elle risque d’être durement touchée si sa monnaie vient à connaître une réévaluation brutale, qui prendrait la forme d’une baisse de ses exportations et d’une dégradation de son secteur bancaire déjà fragilisé par la déflation et des taux d’intérêt à long terme négatifs.

La maladie dont souffre l’Italie est bien plus aigüe que celle dont l’Allemagne est atteinte, mais toutes deux peuvent devenir graves, et toutes deux ont besoin d’être traitées sans délai.

Fin de l’article

Deuxième article

Alerte sur la croissance allemande par Nicholas Barotte

Source : Le Figaro. Le 10/10/2014

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/...

La statue du commandeur vacille. Depuis plusieurs jours les signaux d’alerte se multiplient de l’autre côté du Rhin : les exportations ont chuté de 5,8% au mois d’août sur un mois ; la production industrielle a baissé de 4 % et les commandes à l’industrie de 5,7%. Il s’agit du plus fort décrochage enregistré par l’économie allemande depuis 2009. Comme en conclusion, les principaux instituts de prévision économiques (IFO, DIW, RWI et IWH) ont revu jeudi à la baisse leurs prévisions de croissance pour 2014 et 2015 : 1,3% cette année et 1,2% pour l’année suivante, contre 1,9% et 2% énoncés au printemps dernier.

Après un recul de 0,2% au deuxième semestre, l’Allemagne court même le risque d’une récession au troisième trimestre. La première économie d’Europe, locomotive de la zone euro, est menacée de refroidissement.

Pas aussi vertueuse

L’Allemagne paie le manque de croissance sur le continent. « C’est un mythe de croire qu’il y aurait nous et les autres. Ce serait surprenant que les situations soient détachées », explique Henrik Enderlein, économiste et directeur de l’Institut Jacques Delors à Berlin. Le contexte géopolitique joue aussi en défaveur de la croissance : crise internationale, tassement de la croissance chinoise. Enfin, l’économie allemande n’est pas aussi vertueuse qu’on le dit. Des réformes sont nécessaires, estime-t-il : « Il y a des problèmes comme le manque d’investissements ou le vieillissement de sa population. »

Pire, « il y a une crise de confiance », confie Ferdinand Fichtner, économiste à l’institut DIW. « Les attentes positives qu’on voyait en Allemagne au début de l’année ont été déçues. » Outre le climat international et européen, il pointe du doigt les mesures prises par le gouvernement d’Angela Merkel, en place depuis dix mois : salaire minimum, revalorisation des retraites. « Le travail est devenu plus cher et les investissements moins rentables », explique Ferdinand Fichtner

Puisque l’épargne privée est abondante, l’Allemagne devrait revoir son système fiscal pour le rendre plus attractif aux investissements, estime-t-il. « Le gouvernement n’utilise pas assez ses marges de manœuvre financières à des fins d’investissement », ajoute-t-il. L’économiste regrette aussi le fétichisme de l’équilibre budgétaire : c’est « un objet de prestige qui ne fait pas forcément sens économiquement ».

Angela Merkel assure avoir entendu l’alerte. Le gouvernement veut améliorer les conditions de la croissance, a promis la chancelière : « Comment peut-on rendre possibles des investissements supplémentaires, comment peut-on réduire la bureaucratie, comment peut-on investir dans l’avenir ? » a-t-elle énuméré jeudi avant de citer deux secteurs prioritaires : « les nouvelles technologies et l’énergie ». Quoi qu’il en soit, le gouvernement se prépare lui aussi à revoir ses prévisions de croissance la semaine prochaine.

Puisque l’épargne privée est abondante, l’Allemagne devrait revoir son système fiscal pour le rendre plus attractif aux investissements, estime-t-il. « Le gouvernement n’utilise pas assez ses marges de manœuvre financières à des fins d’investissement », ajoute-t-il. L’économiste regrette aussi le fétichisme de l’équilibre budgétaire : c’est « un objet de prestige qui ne fait pas forcément sens économiquement ».

Angela Merkel assure avoir entendu l’alerte. Le gouvernement veut améliorer les conditions de la croissance, a promis la chancelière : « Comment peut-on rendre possibles des investissements supplémentaires, comment peut-on réduire la bureaucratie, comment peut-on investir dans l’avenir ? » a-t-elle énuméré jeudi avant de citer deux secteurs prioritaires : « les nouvelles technologies et l’énergie ». Quoi qu’il en soit, le gouvernement se prépare lui aussi à revoir ses prévisions de croissance la semaine prochaine.

Fin de l’article

Troisième article.

La croissance allemande est au plus haut depuis cinq ans par Marie Charrel

Source : Le Monde 14/0 2/2017

http://www.lemonde.fr/economie/arti...

Outre-Rhin, l’économie a crû de 1,9 % en 2016, stimulée par la consommation intérieure et les dépenses de l’Etat.

En 2016, l’économie allemande a, une fois de plus, confirmé son rôle moteur au sein de la zone euro. Selon les chiffres publiés mardi 14 février par Destatis, l’institut fédéral de statistiques allemand, le produit intérieur brut (PIB) a crû de 0,4 % au quatrième trimestre 2016 outre-Rhin, soit un peu moins que ce que les premières estimations laissaient espérer. Sur l’ensemble de l’année 2016, la croissance s’établit tout de même à 1,9 %. Il s’agit du plus fort taux de croissance connu par le pays depuis cinq ans, après 1,7 % en 2015 et 1,6 % en 2014. Ce chiffre est également meilleur que celui enregistré dans la zone euro (1,7 %) ou en France (1,1 %) l’an dernier. L’écart entre les deux grandes économies de l’union monétaire continue de se creuser.

« Sans surprise, la demande interne a été le principal moteur de l’activité », souligne Philippe Waechter, chef économiste chez Natixis AM. A commencer par les dépenses publiques, qui ont fortement augmenté (+ 4,2 % sur un an, selon les premières estimations), stimulées par l’accueil des réfugiés. « Depuis début 2015, les dépenses publiques expliquent 0,65 % de la croissance en moyenne : c’est considérable », calcule M. Waechter.

Fin de l’article

Petit commentaire  : ce taux de 1,9% restent néanmoins relativement faibles. Observons que c’est en stimulant l’investissement productif que l’Allemagne a pu améliorer le taux de croissance de son PIB.

Quatrième article.

La croissance allemande en 3 graphes

Publié le 14/02/2017 par Philippe WAECHTER

Source : URL du blog https://philippewaechter.nam.natixi...

Croissance de 0.4% (1.7% en taux annuel) en Allemagne au dernier trimestre après 0.1% en T3 soit 1.8% pour l’année 2016. L’acquis pour 2017 à la fin de 2016 est de 0.5%. Il était de 0.5% aussi à la fin 2015 pour 2016.

La demande interne a un rôle majeur dans la croissance et notamment les dépenses publiques dans la lignée de ce qui est constaté depuis le T1 2015. Depuis cette date la contribution moyenne des dépenses de gouvernement est de 0.7% pour une croissance moyenne de 1.5% soit près de la moitié. (Chiffres jusqu’au T3, le détail du T4 n’est pas encore disponible) La construction a aussi progressé rapidement. Il faut y voir l’impact de la prise en charge des réfugiés. Le commerce extérieur a eu un impact négatif. Cette forme plus autonome de la croissance a un impact positif et durable sur l’activité en zone euro.

Le premier graphe montre la stabilité du cycle allemand avec une tendance stable sur l’ensemble de la période contrairement à ce qui a été observé dans les autres pays. Cela tient à l’absence de la rupture de la demande interne constatée partout ailleurs.

Voir les graphiques et lire la suite sur le blog.

Fin de l’article

Cinquième article.

Francfort en berne avant la croissance allemande (Dax : -0,57%) Le 12 /01/2017

https://www.zonebourse.com/actualit...

Il est intéressant ici de constater que la place boursière allemande est fort préoccupée de la croissance du PIB allemand.

Extrait :

…Les investisseurs patientaient par ailleurs avant le chiffre du produit intérieur brut (PIB) allemand de 2016, qui doit être publié à 09H00 GMT. Après un coup de mou au troisième trimestre, la première économie européenne devrait avoir accéléré en fin d’année pour terminer sur une croissance annuelle de 1,8%, selon les analystes interrogés par l’agence Bloomberg News.

La place Francfortoise s’intéressera également en cours de séance à la production industrielle de novembre en zone euro ainsi qu’au compte-rendu de la dernière réunion de politique monétaire du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE).…

Fin de l’extrait

Hervé Debonrivage


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