French American Fondation : Une agence d’influence des États-Unis en France.

mercredi 13 janvier 2021.
 

Les « élites dirigeantes » de l’État, du monde politico–médiatique et économique de la France sont largement influencées, depuis de nombreuses années, par la politique, la culture et l’économie des États-Unis d’Amérique.

Nous examinons ici le rôle de la French American Fondation comme vecteur important de cette influence.

Introduction

On se souvient de ce slogan proclamé unanimement par tous les médias français après l’attentat du 11 septembre 2001 réalisé par des membres du réseau djihadiste Al-Qaïda contre les deux tours du World trade Center à New York : « Nous sommes tous Américains ! ». On peut certes comprendre l’émotion suscitée par cet attentat qui a provoqué la mort de 2977 personnes ainsi que le sentiment de solidarité à l’égard d’un pays qui a contribué à défendre nos libertés.

Mais l’intensité et l’ampleur de ce slogan montre aussi la forte influence des États-Unis sur le monde politique et médiatique français. A-t-on entendu, après la plus grave catastrophe industrielle du XXe siècle, ayant eu lieu à Bhopal le 2–3 décembre 1984 en Inde (dans l’État du Madhya Pradesh,), ayant occasionné entre 16 000 et 30 000 morts (aux environs de l’usine appartenant à la multinationale américaine Union Carbide et dans l’usine elle-même), avons-nous entendu : « Nous sommes tous indiens ! » ? Non. Il est vrai que l’Inde n’est pas membre de l’OTAN et culturellement plus éloignée.

Mais la proximité culturelle et la présence de la France dans l’alliance atlantique ne suffisent pas à expliquer, d’une manière générale, l’atlantisme de très nombreux journalistes et de personnalités politiques dans notre pays.

L’une des explications, peu connue du grand public est le rôle joué par la French American fondation FAF) non seulement dans le monde économique, politique et médiatique mais aussi dans la sphère scientifique. (Par exemple Jean-Marc Jancovici et Cédric Villani ont été sélectionné Young leaders respectivement en 2002 et 2012 de « cette confrérie »).

Cela permet de comprendre aussi les postures anti Russe, anti chinoise, anti pays d’Amérique du Sud à gouvernement progressiste . Bien que le système socialiste–étatique soviétique se soit effondré, que le pacte de Varsovie ait été dissous, que la Chine soit passée à l’économie de marché depuis 1978 et soit adhérente à l’OMC, les médias continuent de mener la guerre froide contre « l’axe du mal ». On comprend mieux aussi la lutte idéologique menée par de nombreux journalistes contre La France Insoumise qui défend dans son programme une politique extérieure non alignée sur celle des États-Unis et qui propose même la sortie de l’OTAN. Cette position indépendantiste constitue même un point de divergence avec de nombreux socialistes dont la grande majorité sont atlantistes. Analyser les mécanismes d’influence des USA sur le monde politique français ne constitue pas une marque d’anti américanisme mais tout simplement une sereine démarche de lucidité.

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Texte 1 : French American fondation. Article de Wikipédia

URL source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Frenc...

French-American Foundation - France est une organisation qui se consacre à renforcer les liens entre la France et les États-Unis.

Fondée en 1976, elle se donne pour objectif d’encourager un dialogue actif entre les deux pays. L’une de ses activités principales est l’organisation de séminaires pour des jeunes dirigeants (Young Leaders) français et américains issus de la politique, de la finance ou de la presse « à fort potentiel de leadership et appelés à jouer un rôle important dans leur pays et dans les relations franco-américaines. » Ces séminaires sont un des instruments du soft power américain.

Depuis le 1er janvier 2019, la Fondation est présidée par Alain Papiasse.

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Texte 2 Comment les Américains repèrent les talents français

Source : revueinternationale.com. Le 25/05/2012

https://www.revue-internationale.co...

Ils sont cinq dans le gouvernement, ils sont connus des États-Unis, ce sont des « Young Leaders ». Pierre Moscovici, Arnaud Montebourg, Najat Vallaud-Belkacem, Marisol Touraine et Aquilino Morelle, sans oublier bien-sûr François Hollande, tous sont passés par « l’école » de la Fondation franco-Américaine, ce groupe ultra-élitiste censé rapprocher les élites françaises et américaines.

[image:1,l]« La FAF (French-American Foundation) est fière d’avoir cinq « Young Leaders » dans le cabinet de François Hollande, lui-même un « Young Leader » en 1996. »

Un gouvernement formé chez les Américains

Les ministres seraient-ils tous formés à la même école ? S’il n’y a que deux énarques dans le gouvernement Ayrault I, les mystérieux « Young Leaders » sont, eux, bien représentés.

Et pour cause, la FAF continue, « Félicitations à Pierre Moscovici (1996), ministre de l’Économie et des Finances ; Arnaud Montebourg (2000), ministre du redressement productif ; Najat Vallaud-Belkacem (2006), ministre des Droits des Femmes et Porte-parole du gouvernement ; Marisol Touraine (1998), ministre de la Santé et des Affaires sociales ; et Aquilino Morelle (1998), conseiller politique à l’Élysée. »

Beau palmarès pour une institution qui ne fait que très peu parler d’elle, et pour cause derrière ces trois lettres, la FAF, se cache un organisme bien secret, privé et surtout extrêmement élitiste.

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Texte 3 Un relais des États-Unis en France : la French American Foundation

par Pierre Hillard.

Source : Réseau Voltaire | Paris (France) | 19 avril 2007 https://www.voltairenet.org/article...

Remarque préalable : l’intérêt de cet article est qu’il donne des informations sur les origines de la création de la FAF et qu’il mentionne toutes ses sources.

Rappelons que c’est Nicolas Sarkozy qui réintègre la France dans le commandement intégré de l’OTAN le 11 mars 2008, après l’avoir annoncé le 7 novembre 2007.

L’opposition politique fondamentale réside aujourd’hui entre ceux qui soutiennent une gouvernance unipolaire du monde sous l’autorité des États-Unis et ceux qui prônent un équilibre des puissances régi par le droit international.

[…] La French American Foundation, a depuis trente ans pour fonction de recruter les jeunes leaders appelés à occuper des postes de dirigeants pour les former au soutien de la politique atlantiste. Lors de sa visite aux États-Unis, Nicolas Sarkozy prononça un discours, le 12 septembre 2006, à la French American Foundation (FAF, la « Fondation franco-américaine »). Rappelant la nécessité de « rebâtir la relation transatlantique (…) et de favoriser la constitution d’une Europe politique forte et influente sur la scène internationale » [1], le prétendant à l’Élysée a dû ravir par ces propos les dirigeants de cette Fondation largement méconnue. L’étude de celle-ci est pourtant profitable afin de mieux saisir les liens ô combien étroits qui lient les élites franco-américaines.

La FAF doit son origine aux actions de trois éminents États-Uniens [2] : James G. Lowenstein, membre entre autres du Council on Foreign Relations (le CFR) [3] où s’élabore la politique étrangère des États-Unis et dont l’équivalent britannique est le Royal Institute of International Affairs (RIIA dit Chatham House) ; James Chace, directeur de la rédaction de Foreign Affairs, revue du CFR et de Nicholas Wahl, professeur de science politique et fin connaisseur de la classe dirigeante française lui permettant des contacts en particulier avec le général de Gaulle et Michel Debré [4].

Dans les années 1970, les trois hommes mirent en commun leurs réseaux [5] français dans le monde politique, économique, ainsi que dans la presse et le milieu universitaire. Parmi leurs relais on trouvait Olivier Chevrillon, (l’un des fondateurs de la revue Le Point), Pierre Jouven (président de Péchiney), Jean-Louis Gergorin (futur membre du comité exécutif d’EADS) et Thierry de Montbrial (futur président de l’Institut français des relations internationales, l’IFRI, qui co-dirigeait à l’époque le Centre d’analyse et de prévision du ministère des Affaires étrangères). Ensemble, ils obtinrent l’appui officiel du président de la République Valéry Giscard d’Estaing. Ce dernier annonça – en accord avec son homologue états-unien Gerald Ford et le secrétaire d’État Henry Kissinger [6]– la création d’une double fondation franco-américaine, lors d’un dîner à l’ambassade de France à Washington, le 18 mai 1976.

Il fut décidé que la French American Foundation aurait un siège à New-York et l’autre à Paris. Comme le rappellent les textes officiels : « L’objectif de la Fondation franco-américaine est de renforcer la relation franco-américaine considérée comme un élément essentiel du partenariat transatlantique » [7]. Pour accomplir cet idéal, les bonnes fées de la finance, de la grande presse, de l’université et de la politique se sont depuis lors pressées autour du tout nouvel institut. Les grâces ont été particulièrement abondantes. La branche états-unienne a bénéficié d’appuis inestimables. En raison de la liste impressionnante des participants, il n’est pas possible de nommer l’intégralité des dirigeants et des contributeurs financiers. On peut cependant relever quelques noms parmi les membres (anciens et nouveaux) en 2007.

Pour commencer, John D. Negroponte [8], plusieurs fois ambassadeurs puis gouverneur d’Irak, superviseur de l’ensemble des services de renseignement des États-Unis et, actuellement, numéro 2 du Département d’État. Toujours présent, John Negroponte fut par le passé président de la FAF de New York.

Également membre du conseil d’administration, l’ancien président du patronat français et européen (le MEDEF et l’UNICE), Ernest-Antoine Sellière ainsi que l’ancien ambassadeur états-unien en France, Félix G. Rohatyn et son homologue à Washington François Bujon de l’Estang [9]. Un nom de plus au hasard, celui de l’actuel président de la FAF de New York, Nicholas Dungan [10] dont les activités se sont déployées au sein de la très atlantiste Chatham House [11]. Parmi les nombreux appuis financiers, on peut relever des noms prestigieux comme celui de David Rockfeller, fondateur de la Trilatérale et président honoraire du CFR. On trouve également l’ancien sous-directeur de la CIA et ancien secrétaire à la Défense du président Reagan, Franck Carlucci [12]. Par la suite, il a été le directeur du très puissant Groupe Carlyle. La société d’investissement commune aux failles Bush et Ben Laden est très impliquée dans l’industrie de la défense [13].

Enfin, nous pouvons relever parmi les contributeurs de la FAF de New York, EADS, l’Oréal USA [14] ou encore la Société Générale [15].

La FAF française n’a, de son côté, pas à rougir de sa jumelle new-yorkaise. Dirigée à ses débuts par le président de Péchiney, Pierre Jouven, la Fondation est présidée depuis 1997 par Michel Garcin [16], directeur général de Hervé Consultants (spécialiste en accompagnement d’entreprises). Le Conseil de surveillance [17] réunit EADS France, BNP Paribas, la Caisse des dépôts ainsi que des représentants comme Yves de Gaulle (secrétaire général de Suez), Jean-Louis Gergorin (vice-président de la coordination stratégique chez EADS, mais dont les activités ont cessé avec l’affaire Clearstream) ou Marwan Lahoud, PDG du leader européen dans le secteur des missiles MBDA dont EADS est actionnaire à 37,5% et dont le frère Imad Lahoud [18] a connu quelques démêlées judiciaires en liaison avec Jean-Louis Gergorin lors de l’affaire Clearstream.

Enfin, nous pouvons ajouter que la FAF française est soutenue par le ministère des Affaires étrangères, le ministère de l’Éducation nationale ou encore l’Institut d’études politiques de Paris [19].

La clef du système d’influence de la French-American Foundation est sa capacité à recruter des personnes appelées à occuper de hautes fonctions. Sa grande force est d’accueillir en son sein les représentants politiques issus de courants qui, officiellement, s’opposent – des socialistes à l’UMP en passant par le gaulliste Nicolas Dupont-Aignan ou le responsable de la communication de la campagne présidentielle de José Bové, Bernard Loche. Pour éviter toute conclusion hâtive, soulignons que les personnes approchées par la Fondation et qui ont accepté de la fréquenter n’ont pas pour autant accepté les offres de services qui leur ont été ultérieurement présentées.

C’est dans le programme intitulé Young Leaders qu’une véritable sélection s’opère. Comme l’affirment clairement les textes officiels : « Le programme phare des Young Leaders, piloté par les deux entités (ndlr : New-York et Paris), vise à créer et à développer des liens durables entre des jeunes professionnels français et américains talentueux et pressentis pour occuper des postes clefs dans l’un ou l’autre pays » [20].

Les textes officiels précisent que la sélection s’opère en 3 phases :

1-« La première phase consiste à présélectionner des candidats. Cette présélection se fait par l’intermédiaire du réseau de la French-American Foundation, par d’anciens Young Leaders ou d’actuels membres du Conseil de surveillance. Récemment, un effort a été entrepris pour diversifier socialement et professionnellement les candidats, notamment par le repérage dans la presse des profils prometteurs.

2 - La deuxième phase consiste à recueillir formellement les candidatures. Les dossiers ainsi constitués contiennent la biographie du candidat et une lettre de recommandation. Des entretiens de motivation sont organisés.

3 - La dernière phase de la procédure est la sélection finale des candidats. Après avoir reçu le dossier de chaque candidat, le Comité de sélection se réunit. Ce Comité comprend environ 10 membres dont la majorité sont des anciens Young Leaders. Les candidats ayant obtenu le plus de voix sont sélectionnés ».

Comme on le voit, n’entre pas qui veut à la FAF. Les membres sélectionnés forment véritablement une « élite » dont l’objectif officiel est de « renforcer la relation franco-américaine considérée comme un élément essentiel du partenariat transatlantique ». Il est d’autant plus intéressant de connaître leurs noms.

Au sein de la sélection, c’est le professeur de science politique états-unien et membre du CFR, Ezra Suleiman, qui fut l’unique responsable de 1981 à 1984, puis de 1994 à 2001, du recrutement des Young Leaders en France [21]. Après une sélection drastique, seuls 125 États-Uniens et 126 Français composent les Young Leaders depuis 1981. Dans le cas de la FAF US, nous pouvons citer les noms suivants avec la date d’admission : Antony Blinken (1998, ancien conseiller en politique étrangère du président Clinton), Ian Brzezinski (2001, chargé aux affaires de défense de l’OTAN, fils du célèbre géopolitologue Zbigniew Brzezinski), le général Wesley K. Clark (1983, ex-commandant en chef des troupes de l’OTAN en Europe), le président Clinton (1984) et Hillary Clinton (1983, sénateur) [22].

Dans le cas de la branche française de la French-American Foundation, nous pouvons relever en particulier : Philippe Auberger (1989, député UMP), Yves Censi (2003, député UMP), Jérôme Chartier (2003, député UMP), Nicolas Dupont-Aignan (2001, député UMP, Debout la République), Alain Juppé (1981, député UMP), Éric Raoult (1994, député UMP), Valérie Pécresse (2002, député UMP), Jacques Toubon (1983, député UMP), François Hollande (1996, député socialiste), Arnaud Montebourg (2000, député socialiste), Pierre Moscovici (1996, député socialiste), Alain Richard (1981, socialiste, ancien ministre de la Défense), Henri de Castries (1994, Directeur général du groupe AXA assurances), Emmanuel Chain (1999, journaliste), Jérôme Clément (1982, Président d’Arte), Annick Cojean (2000, journaliste au Monde), Jean-Marie Colombani (1983, Directeur de la publication du Monde), Matthieu Croissandeau (2002, rédacteur en chef adjoint du Nouvel Observateur), Jean-Louis Gergorin (1994), Bernard Guetta (1981, journaliste à France Inter), Erik Izraelewicz (1994, rédacteur en chef des Échos), Laurent Joffrin (1994, PDG de Libération), Jean-Noël Jeanneney (1983, président de la Bibliothèque nationale de France), Sylvie Kaufmann (1998, journaliste au Monde), Yves de Kerdrel (2005, journaliste aux Échos), Marwan Lahoud (1999), Anne Lauvergeon (1996, présidente d’Areva), François Léotard (1981, ancien ministre de la Défense), Alain Minc (1981), Laurent Cohen-Tanugi (1996, Sanofi-Synthélabo et membre du conseil d’administration du think tank « Notre Europe » créé par l’ancien président de la Commission Jacques Delors [23]), Christine Ockrent (1983), Olivier Nora (1995, président des Éditions Grasset), Denis Olivennes (1996, président de la FNAC)… [24]

Une telle représentation souligne l’influence capitale qu’exerce la French-American Foundation dans les liens franco-états-uniens [25].

De multiples rencontres ont lieu entre représentants français et états-uniens afin de discuter de sujets comme la défense, la politique, le journalisme, le syndicalisme... En fait, il s’agit de « lisser » les points de vue afin d’aboutir à un consensus favorable au partenariat transatlantique. Toutes ces rencontres officielles et officieuses permettent de créer une communion de pensée parmi les acteurs de la FAF appartenant à des secteurs variés.

Cette fondation organise également différents colloques sur la défense, le journalisme, l’éducation ou la santé. On trouve parmi les participants, outre les personnes citées ci-dessus, des noms bien connus comme François Bayrou, Bernard Kouchner, Jean-François Copé (porte-parole du gouvernement Chirac en 2007), Michel Barnier (conseiller politique de Nicolas Sarkozy en 2007), Nicolas Beytout (Directeur de la rédaction du Figaro), le général Henri Bentegeat (chef d’état-major des armées) etc [26].

Tous ces colloques poursuivent, bien entendu, le but suprême de servir au mieux les intérêts de l’humanité.

Pierre Hillard

Références :

[1] http://www.u-m-p.org

[2] http://www.frenchamerican.org/board...

[3] « Comment le Conseil des relations étrangères détermine la diplomatie US, Réseau Voltaire, 25 juin 2004.

[4] http://www.frenchamerican.org/pdf/f...

[5] http://www.french-american.org/srt/...

[6] http://www.frenchamerican.org/pdf/f...

[7] http://www.frenchamerican.org/state...

[8] « John Negroponte bientôt à Bagdad », par Arthur Lepic, Réseau Voltaire, 20 avril 2004.

[9] http://www.frenchamerican.org/board...

[10] http://www.frenchamerican.org/about...

[11] http://www.chathamhouse.org.uk/

[12] « L’honorable Frank Carlucci », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 11 février 2004.

[13] « Le Carlyle Group, une affaire d’initiés », Réseau Voltaire, 9 février 2004.

[14] « Histoire secrète de L’Oréal », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 mars 2004.

[15] http://www.frenchamerican.org/cgi-b...

[16] http://www.french-american.org/srt/...

[17] http://www.french american.org/srt/...

[18] Marwan et Iman Lahoud n’ont pas de lien de parenté avec le président libanais Émile Lahoud, contrairement aux allégations de la presse française.

[19] http://www.french-american.org/srt/...

[20] Rapport d’étude pour le ministère des Affaires étrangères, analyse du processus de sélection des Young Leaders français pour la période 1981-2005, French American Foundation, Paris et New-York, p. 4

[21] Ibid., p. 6.

[22] http://www.french-american.org/srt/...

[23] http://www.notre-europe.eu/fr/qui-s...

[24] http://www.french-american.org/srt/...

[25] Cette coopération s’illustre aussi dans le domaine économique. En effet, la FAF a organisé un colloque intitulé « Économies européennes et américaines, l’impossible divorce » sous la direction de Joseph P. Quinlan. Auteur d’un document paru en 2003 sous le titre « Drifting apart or growing together ? The primacy of the transatlantic economy », Joseph P. Quinlan a co-écrit avec Daniel S. Hamilton l’ouvrage de référence en matière de marché transatlantique sans entraves Deep integration dont le président de la Commission européenne, José Barraso, a tant vanté la valeur à la School of Advanced International Studies (SAIS), le 18 octobre 2005.

[26] Rapport annuel 2003-2004, French-American Foundation. Cette fondation décerne chaque année le Prix Benjamin Franklin « à une personne qui, à travers sa vie, a œuvré à l’amélioration des relations entre la France et les États-Unis » comme le rappelle le rapport de la FAF. Les lauréats de ce Prix sont : l’ambassadeur C. Douglas Dillon, l’ambassadeur Walter J.P. Curley, Médecins sans frontières, Bernard Arnault (groupe de luxe LVMH), Michel David-Weill (ancien Président de Lazard Frères), la famille Forbes et Maurice Lévy (Président du Directoire de Publicis Groupe), op. cit, p. 30

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Texte 4 : Les socialistes "américains".

Source : Le Grand Soir Bernard GENSANE. Le 31/05/2014

https://www.legrandsoir.info/les-so...

À l’époque où Jean-Pierre Chevènement parvenait à exister encore un peu sur la scène politique nationale, il avait popularisé le concept de « gauche américaine ». Il avait, malheureusement, parfaitement raison de qualifier de la sorte les rocardiens, la Cfdt, cette gauche qui avait accepté l’inéluctabilité de la mondialisation financière, dans le sillage de Delors, Lamy et Strauss-Kahn.

« Gauche américaine » ne signifie pas simplement que des socialistes peuvent être influencés, contaminés par le point de vue, l’idéologie, les intérêts étasuniens. Non ! Ces socialistes, comme la droite non gaulliste (les neuf dixièmes de la droite) ont été méthodiquement formaté, bichonnés – parce que tel était leur choix, naturellement – pour penser et surtout agir « américain ». Si, après Anthony Blair, Hollande est devenu l’un des toutous préférés d’Obama (en courant parfois plus vite que son maître comme lorsqu’il souhaitait intervenir de manière musclée en Syrie), c’est parce que, dans les années 90 il a adhéré au programme de la French American Foundation et ses spadassins New Leaders.

Je reprends ici un article du site (pro-étasunien, libéral décomplexé) Atlantico publié le 22 mai 2012, juste après la victoire de Hollande à l’élection présidentielle, qui nous explique que les New Leaders de la droite (Juppé, Pécresse, NKM, Bougrab) ont laissé la place à François Hollande, Pierre Moscovici, Arnaud Montebourg, Marisol Touraine, Najat Vallaud-Belkacem, et le bien ciré Aquilino Morelle.

La French American Fondation est connue pour sa formation, les "Young Leaders", réservée à une dizaine de jeunes surdiplômés chaque année. Sur les huit socialistes sélectionnés comme Young Leaders depuis François Hollande en 1996, six rentrent dans son gouvernement cette semaine. Le plus "atlantiste" n’est pas toujours celui qu’on croit...

Exit Alain Juppé, Valérie Pécresse, Nathalie Kosciusko-Morizet, Laurent Wauquiez, Jeannette Bougrab... Place à François Hollande, Pierre Moscovici, Arnaud Montebourg, Marisol Touraine, Najat Vallaud-Belkacem, Aquilino Morelle (plume du Président), etc.

« Enfin des têtes nouvelles ! » entend-t-on ici ou là. Nouvelles ? Tout est relatif, quand on sait décrypter la liste ci-dessus : en fait, tous ces « Young Leaders » de l’UMP ont laissé la place à des « Young Leaders » du Parti socialiste. Car François Hollande et Pierre Moscovici depuis 1996, Marisol Touraine et Aquilino Morelle depuis 1998, Arnaud Montebourg depuis 2000 et Najat Vallaud-Belkacem depuis 2006, sont tous des « Young Leaders ». Tous ont été minutieusement sélectionnés et « formés » par ce très élitiste réseau Franco-Américain (French American Foundation), inconnu du grand public, sponsorisé entre autres par la banque Lazard. Le programme se présente en ces termes :

Programme phare de la French-American Foundation, le programme Young Leaders a été créé en 1981 et sélectionne chaque année pour leurs réalisations et leur leadership, 10 Français et 10 Américains âgés de 30 à 40 ans, appelés à jouer un rôle important dans leur pays et dans les relations franco-américaines. Les candidats retenus participent à deux séminaires de cinq jours chacun sur deux années consécutives – alternativement en France et aux Etats-Unis – afin d’échanger sur des thèmes majeurs communs aux deux pays et d’approfondir leur compréhension mutuelle (link).

Autrement dit, ils ont tous postulé et se sont fait parrainer pour être admis à suivre ce programme phare mis en place par la FAF, la French American Fondation. La FAF est elle-même un organisme à cheval sur Paris et New-York, créée en 1976 conjointement par les présidents Ford et Giscard d’Estaing. A noter qu’entre 1997 et 2001, John Negroponte présida la FAF, avant de devenir entre 2005 et 2007, sous Georges Bush, le premier directeur coordonnant tous les services secrets américains (DNI), dirigeant l’US States Intelligence Community (qui regroupe une quinzaine de membres, dont le FBI et la CIA).

Crée en 1981, ce programme Young Leaders permet de développer « des liens durables entre des jeunes professionnels français et américains talentueux et pressentis pour occuper des postes clefs dans l’un ou l’autre pays ». Pressentis par qui ? Par un très strict comité de sélection, composé majoritairement d’anciens Young Leaders, qui ne retient qu’une dizaine d’admis par an. Seuls 13 hommes ou femmes politiques ont été admis depuis 1995, soit moins d’un politique par an en moyenne. Ces heureux « élus » sont choisis comme d’habitude parmi l’élite française : seuls 4% des Young Leaders français ne sont pas diplômés de l’ENA ou pas titulaires d’au moins un diplôme Bac+5, les trois quarts sont des hommes, à 80 % Parisiens... Autant dire qu’on reste en famille avec ce gratin issu de nos grandes écoles. Une spécificité française, qui, comme le souligne un rapport de la FAF, assure « une fonction de "reproduction sociale" de la "classe dominante " […] dans un pays où la simple notion de leadership renvoie aux "diplômes" et non aux qualités intrinsèques de la personne comme c’est souvent le cas outre-Atlantique ». Bref, notre nouveau président et ses nouveaux ministres cités ici sont de purs produits de nos grandes écoles, « ces acteurs influents (qui) personnifient la "pensée dominante" depuis de nombreuses décennies » selon la FAF.

Dès que l’on parle de réseaux d’influence, certains de leurs membres crient aux « obsédés du complot » et s’empressent généralement de préciser que le rôle de telles organisations est marginal et informel. Pour ce qui est de l’efficacité des « Young Leaders », les chiffres parlent plus que tous les longs discours : sur les 8 socialistes sélectionnés comme Young Leaders depuis François Hollande en 1996, 6 rentrent dans son gouvernement cette semaine. (Ne restent sur la touche, pour le moment, que Bruno Le Roux, qualifié par beaucoup de « ministrable », et Olivier Ferrand [décédé en juin 2012], l’ambitieux président du think-tank Terra Nova ayant permis l’élection de François Hollande aux élections primaires ; deux candidats impatients de rejoindre leurs camarades Young Leaders au gouvernement). Beau tir groupé, comme s’en enorgueillit à juste titre le site américain (« The French-American Foundation is proud to have five Young Leader in the cabinet of President François Hollande, himself a Young Leader in 1996”), tandis que le site français […].

En septembre 2006, lors de sa visite aux États-Unis, Nicolas Sarkozy avait prononcé un discours à la French American Foundation (FAF), rappelant la nécessité de « rebâtir la relation transatlantique », paraphrasant ainsi les statuts de la fondation dont l’objectif est de « renforcer la relation franco-américaine considérée comme un élément essentiel du partenariat transatlantique ». À ceux nombreux qui me demandent, à l’occasion de la visite de François Hollande à Barack Obama, « pourquoi est-ce que les journalistes ne nous parlent pas de ça, à propos de François Hollande, au lieu de nous parler de son séjour d’étudiant et de goût pour les cheeseburgers (link) dont on n’a rien à faire ? ». Qu’ils demandent donc la réponse aux journalistes qui ont l’art de nous servir ces hamburgers, préparés par les communicants, en prenant leurs lecteurs pour des cornichons ! Qu’ils la demandent en particulier aux Young Leaders des médias, aujourd’hui actionnaires ou directeurs des principales rédactions, ces copains de promo de certains de nos nouveaux ministres pour certains d’entre eux : de Laurent Joffrin (Nouvel Observateur) à Denis Olivennes (Europe 1, Paris Match et du JDD), en passant par Matthieu Pigasse, Louis Dreyfus et Erik Izraelewicz (Le Monde)… Et la liste hommes de médias Young Leaders est longue, comme on peut la lire plus intégralement dans l’enquête « Ils ont acheté la presse ».

A New-York, la venue de François Hollande et de sa nouvelle équipe était attendue sereinement. Vu de la FAF, « Welcome à la Hollande team » ; on reste en terrain connu, tout est sous contrôle, on est même fier d’avoir autant de ses poulains dans la place, nous l’avons vu.

Si l’on compte bien, sur les huit socialistes qui sont entrés dans le gouvernement de Hollande, six étaient des New Leaders.

Et pour finir, quelques éminents Nouveaux Chefs :

Philippe Askenazy (2005) Directeur de Recherche au CNRS Ecole d’économie de Paris

Frédéric Barbry (2010) Etat-Major des Armées, Division Emploi Ministère de la Défense

Nicolas Bazire (1998) Directeur Général Groupe Arnault

Alexandre Bompard (2009) Président Directeur Général Europe1

Michel Bon (1981) Président Devoteam

Jeannette Bougrab (2010) Secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse et la Vie Associative

Frédérique Bredin (1994)

Manuel Carcassonne (2001) Managing Director Editions Grasset

Henri de Castries (1994) Président du Directoire Groupe AXA

Yves Censi (2003) Député de l’Aveyron Assemblée Nationale

Emmanuel Chain (1999) Président Groupe Eléphant

Hedwige Chevrillon (1996) Editorialiste BFM Radio et BFM TV

Jérôme Clément (1982) Vice-Président ARTE France

Béatrice de Clermont-Tonnerre (2010) Directrice du Dévelopement Lagardère

Annick Cojean (2000) Grand reporter Le Monde et France Télévision

Jean-Marie Colombani (1983) Président JMC Média

Matthieu Croissandeau (2002) Rédacteur en chef adjoint Le Nouvel Observateur

Christophe Cros (1999) Directeur Général Délégué – Suez Environnement Président Directeur Général – Sita France

Louis Dreyfus (2005) Administrateur Les Inrockuptibles

Sylvie Dreyfus (1981) Chef de Cabinet de la Directrice de la recherche et de l’innovation, Commissariat général au développement durable Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer

Nicolas Dufourcq (1994) Directeur général adjoint - Directeur Financier Cap Gemini

Hakim El Karoui (2007) Director Rothschild & Cie Banque

Bernard Faivre d’Arcier (1983) Former Director Avignon theatre and dance Festival Directeur BFA-Conseil

Eric Fassin (1994) Professeur agrégé Département de sciences sociales Ecole Normale Supérieure

Olivier Ferrand (2005) Fonadateur de Terranova

David Fontaine (2010) Journaliste Le Canard Enchaîné

Stéphane Fouks (2001) Chairman EURO RSCG

Thierry Gausseron (2008) Administrateur général Musée d’Orsay

Bernard Guetta (1981) (who else ?) Chroniqueur – France Inter Editorialiste – Libération et au Temps Grand reporter – la Repubblica

Jean-Claude Guillebaud (1981) Directeur Littéraire Editions du Seuil

Catherine Hodeir (1989) PRAG Histoire Université de Picardie-Jules Ferry

François Hollande (1996) Député et Président du Conseil Général de la Corrèze Parti Socialiste

Erik Izraelewicz (1994) Directeur Général Adjoint et Directeur des Rédactions La Tribune

Jean-Noël Jeanneney (1983) Professeur, Sciences Po Paris Président, Europartenaires

Laurent Joffrin (1994) (who else ?) Directeur Libération

Alain Juppé (1981) Ministre d’Etat, Ministre de la Défense et des anciens Combattants Maire de Bordeaux

Sylvie Kauffmann (1998) Directrice de la Rédaction Le Monde

David Kessler (1999) Conseiller, en charge de la culture, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche Mairie de Paris

Nathalie Kosciusko-Morizet (2005) Ministre de l’écologie, développement durable, des transports et du logement

Pierre Kosciusko-Morizet (2008) PDG Groupe PriceMinister

Anne Lauvergeon (1996) Présidente du Directoire AREVA

François Léotard (1981) Ancien Ministre Inspecteur Général des Finances

Bruno Le Roux (1998) Député de Seine-Saint-Denis Assemblée Nationale

Sophie-Caroline de Margerie (1994) Conseiller d’Etat

Gilles de Margerie (1989) Membre du Comité Executif Directeur banque privée, capital investissement et immobilier Crédit Agricole SA

Pierre Mariani (1995) Président du Comité de Direction Dexia

Alain Mérieux (1982) Président BioMérieux SA

Emmanuelle Mignon (2005) Maître des Requêtes Conseil d’Etat

Alain Minc (1981) Président AM Conseil

Arnaud Montebourg (2000) Député de Saône et Loire Assemblée Nationale

Aquilino Morelle (1998)

Pierre Moscovici (1996) Député, Président de la Communauté d’Agglomération du Pays de Montbéliard Assemblée Nationale

Dominique Nora (1994) Rédactrice en chef adjointe, service Economie Le Nouvel Observateur

Olivier Nora (1995) Président Directeur Général Grasset et Fayard

Christine Ockrent (1983) Directrice Générale Audiovisuel Extérieur de la France

Denis Olivennes (1996) Président du Directoire Groupe Nouvel Observateur

Valérie Pécresse (2002) Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

Thierry Pfister (1981) Auteur Editions Albin Michel

Matthieu Pigasse (2005) Directeur Général Délégué Lazard Frères

Eric Raoult (1994) Député de Seine Saint Denis Assemblée Nationale Maire du Raincy, Seine-Saint-Denis

Alain Richard (1981) Maire de Saint-Ouen L’Aumône, ancien ministre socialiste

Pascal Riché (1999) Rédacteur en Chef Rue 89

Guy Sorman (1982) Président Editions Sorman

Jacques Toubon (1983) Ancien Ministre Député au Parlement Européen Président du Comité d’Orientation de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration

Marisol Touraine (1998) Députée de la troisième circonscription de l’Indre et Loire Assemblée Nationale

Najat Vallaud-Belkacem (2006) Adjointe au Maire de Lyon Déléguée aux Grands Evènements, A la Jeunesse et à la Vie associative Conseillère Générale du Rhône

Laurent Wauquiez (2006) Ministre Délégué des Affaires européennes Ministère des affaires étrangères

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Texte 5 : La promotion 2019 d la FAF.

Source : les Échos. 07/09/2020

https://business.lesechos.fr/direct...

En trente-huit ans, ce programme de la French-American Foundation, dont l’ambition est de resserrer les liens transatlantiques, a identifié des centaines de têtes bien faites, âgées de moins de 40 ans, et déjà sur les rails du pouvoir.

Emmanuel Macron et Cédric Villani s’y sont rencontrés en 2012, d’Alain Juppé, en 1981 à Victor Lugger, le créateur du groupe de restauration Big Mamma, en 2018, la liste est longue. De part et d’autre de l’Atlantique, des dirigeants issus du monde de l’entreprise, de la haute fonction publique, de l’armée, des médias ou encore de la recherche font tous partie du même réseau : celui des Young Leaders.

Chaque année, une vingtaine « d’élus »

Depuis trente-huit ans, ce programme de la French-American Foundation _présidée depuis janvier, en France, par Alain Papiasse, président de la Banque de financement et d’investissement (CIB) du groupe BNP Paribas, et de BNP Paribas USA _, a désigné des centaines de têtes bien faites, âgées de moins de 40 ans et déjà sur les rails du pouvoir. Et peut-être de la renommée.

L’opération, sponsorisée par le Boston Consulting Group (BCG), le chasseur de têtes Egon Zehnder , la banque d’affaires J.P. Morgan et le groupe de restauration collective et de services aux entreprises Sodexo, a officiellement pour objectif d’accroître la coopération entre la France et les Etats-Unis. Chaque année, la vingtaine d’« élus » français et américains suit ainsi deux séminaires de cinq jours, sur deux ans. De quoi resserrer les liens et les réseaux transatlantiques, et pas seulement.

Le jury présidé par Agnès Touraine (YL 1996) a sélectionné dix profils, cinq femmes et cinq hommes, qui composent la partie française de la promotion 2019. S’y mêlent trois startuppers, un super consultant, quelques institutionnels _ dont une ex-députée LREM _, une scientifique, une personnalité de la culture et une cadre dirigeante de grand groupe. Tous se retrouveront en séminaire à Chicago en octobre prochain ; ils y rencontreront leurs homologues américains.

Cinq femmes, cinq hommes

A 30 ans, Rania Belkahia, ingénieure Télécom Paris Tech diplômée d’HEC, n’a pas échappé au radar du jury. Cette franco-marocaine, qui s’est penchée, lors d’un stage chez Bolloré, sur un projet de déploiement de la fibre optique en Côte d’Ivoire, a créé Afrimarket en 2013. Elle souhaite aujourd’hui faire de cette plate-forme, consacrée au transfert d’argent et au commerce en ligne, « l’Amazon du continent africain ».

Nicolas de Bellefonds, 36 ans, diplômé de Centrale Supelec Paris, est l’homme de l’intelligence artificielle (IA) au BCG. Après avoir travaillé aux bureaux de Paris et de New York, il accompagne les grands groupes du secteur de la grande consommation, notamment, dans leur stratégie et leur transformation, et a pris la direction France de BCG Gamma, l’entité dédiée à la data science du cabinet de conseil.

Erwin Bruder 36 ans, est, lui, Saint-Cyrien, diplômé de l’Ecole de Guerre et d’HEC. Le Journal officiel du 19 juin dernier mentionne sa nomination au grade de lieutenant-colonel dans l’armée de terre.

Félicie Burelle, 40 ans, diplômée l’ESCE et titulaire d’un MBA, fait partie de la lignée Burelle _ son père, Laurent, est PDG de la compagnie Plastic Omnium, l’un des premiers équipementiers automobiles du monde. Senior Executive VP Strategy & Development et administratrice du groupe, elle a déjà été distinguée par le secteur comme manager à très haut potentiel. Succédera-t-elle un jour à son père à la tête de cette entreprise ? Quatre Burelle « nouvelle génération » sont aujourd’hui employés par le groupe familial.

Pierre-Yves Frouin, 37 ans, ingénieur passé par l’Insead et Stanford aux Etats-Unis, est un startupper qui a toutes les attentions des grands groupes pharmaceutiques. BioSerenity, une entreprise spécialisée dans les technologies médicales de diagnostic et dans la télé expertise, a bouclé il y a quelques jours une levée de fonds de 65 millions d’euros.

Autre lauréate, mais là encore c’est de santé dont il s’agit : Nicole Karam est épidémiologiste et cardiologue interventionnelle à l’hôpital européen Georges-Pompidou.

L’univers de Laurence Lascary, 39 ans, est tout autre. C’est après avoir travaillé chez StudioCanal et Unifrance, à New York, que cette trentenaire, d’origine guadeloupéenne et diplômée de la Sorbonne, est devenue productrice avec une ambition : « banaliser la diversité ». Fondatrice, en 2008, de la société De l’autre côté du Périph’, elle a notamment produit le long-métrage « L’ascension » (plus d’1,2 million de spectateurs). Elle copréside le collectif 5050 pour 2020, qui promeut la diversité et la parité dans la production audiovisuelle.

Arnaud Mentré, quant à lui, est un ancien élève de l’école normale supérieure (ENS) et de l’Ena, diplômé de Sciences-Po et de l’université de Paris II Panthéon-Assas, qui offre un profil d’élite à la française. Le 22 octobre dernier, il a été nommé Consul général de France à Boston, après avoir été, notamment, sous-directeur Amérique du Nord au Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Entre 2011 et 2012, Arnaud Mentré a été conseiller du ministre d’Etat, au ministère des Affaires étrangères et européennes. Ses dossiers : Russie, Europe orientale, affaires stratégiques et sécurité…

Delphine O apparaît dans la promotion 2019 après avoir été nommée, le 29 mai, ambassadrice et secrétaire générale de la Conférence mondiale de l’Organisation des nations unies sur les femmes. Cette normalienne passée par Harvard est « une marcheuse ». Soeur de Cédric O, l’un des créateurs du mouvement présidentiel aujourd’hui secrétaire d’Etat chargé du numérique, elle était la suppléante de Mounir Mahjoubi lorsqu’il était secrétaire d’Etat au numérique. Elle a, à ce titre, siégé à l’Assemblée nationale pendant près de deux ans.

Tony Pinville, 38 ans, docteur en intelligence artificielle et en machine learning, a cofondé Heuritech, en 2013. La start-up, spécialiste de la reconnaissance d’images, a développé une technologie pour aider l’industrie de la mode et du luxe à identifier les tendances émergentes et optimiser leurs collections. Plusieurs fois couronnée, Heuritech s’est notamment vu remettre le label « Jeune Entreprise Innovante », avant de décrocher il y a deux ans un LVMH Innovation Award qui lui a ouvert les portes de l’international.

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Texte 6 : La French-American Foundation, un pont entre deux rives

Par Anne Fulda Publié le 01/12/20

Source : Le Figaro

https://www.lefigaro.fr/internation...

ENQUÊTE - La French-American Foundation, qui tenait lundi son gala annuel, contribue, depuis 1975, à l’amitié et aux échanges entre la France et les États-Unis. Elle distingue notamment des Young Leaders, jeunes espoirs économiques, scientifiques ou politiques. Parmi les anciens, Emmanuel Macron et Édouard Philippe.

La French-American Foundation organisait son dîner de gala annuel, lundi au Trianon, à Paris, avec pour invité d’honneur Evan Spiegel, le milliardaire américain créateur de Snapchat. French-American Foundation

Des patrons à la pelle, de la nouvelle comme de l’ancienne économie, qui, pour certains, avaient acheté des tables : Xavier Niel (Iliad), Yannick Bolloré (Havas), Jean-Paul Agon (L’Oréal), Patrick Pouyanné (Total), Augustin de Romanet (Aéroports de Paris), Laurent Solly (Facebook France), Delphine Arnault (Louis Vuitton), Sébastien Missoffe (Google France). Des diplomates comme Jean-David Levitte, ancien ambassadeur de France aux États-Unis et ancien conseiller de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy ou Bernard Emié, ancien ambassadeur de France en Algérie aujourd’hui à la tête de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure).

Des militaires comme l’amiral Philippe Coindreau, major général des armées. Des écrivains comme Philippe Labro ou Mathieu Laine, des galeristes comme Emmanuelle et Jérôme de Noirmont, quelques politiques comme Louis Giscard d’Estaing, Virginie Calmels, Jean-François Copé et Jérôme Chartier et même un spationaute, « le » héros positif du moment, Thomas Pesquet, …

Lire la suite avec Le Figaro

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Texte 7 : Des missionnaires aux mercenaires.

Source : Le Monde diplomatique novembre 2016. Mise à jour 2017 https://www.monde-diplomatique.fr/2...

Remarque préalable. Cet article montre comment la FAF a contribué au développement de l’idéologie néolibérale et d’un capitalisme de connivence entre les cadres de direction de l’État et les cadres de direction des grands groupes privés. Cette connivence se réalise aussi bien avec des personnalités politiques de droite que de gauche (PS). Elle s’intensifie de Sarkozy à Macron.

uel fil peut bien relier les ministres ou anciens ministres Emmanuel Macron, Fleur Pellerin et Najat Vallaud-Belkacem, la présidente du conseil régional d’Île-de-France Valérie Pécresse, les journalistes Jean-Marie Colombani et Christine Ockrent, l’homme d’affaires Alain Minc, le banquier Matthieu Pigasse (l’un des propriétaires du Monde SA) ou encore l’ancien premier ministre Alain Juppé ? Tous ont effectué un passage par la French-American Foundation dans le cadre de son programme « Young Leaders ». Tout comme cinq cents autres personnalités françaises, parmi lesquelles le président François Hollande lui-même.

Depuis 1981, cette fondation privée organise des séminaires de deux ans où une douzaine de jeunes Français côtoient les élites américaines de la même classe d’âge. Officiellement, l’objectif est de favoriser le dialogue franco-américain. En réalité, il s’agit de bien faire comprendre aux futurs décideurs français — entrepreneurs, responsables politiques, journalistes — les bienfaits de la mondialisation à l’anglo-saxonne. Certes, on constatera ultérieurement que, ici ou là, l’opération de séduction a échoué (avec M. Nicolas Dupont-Aignan, par exemple). Mais, dans l’ensemble, ces jeunes gens effectueront une brillante carrière au sein des structures de pouvoir et dans les affaires. Des personnalités qui ne feront pas dans l’antiaméricanisme…

Ce programme est révélateur de la stratégie d’influence des États-Unis. Celle-ci s’exerce de manière encore plus spectaculaire à travers le pantouflage des élites, notamment européennes, dans de grandes entreprises américaines. Dernier exemple en date — ô combien symbolique : la décision de M. José Manuel Barroso de rejoindre la banque Goldman Sachs. L’ancien président de la Commission ²européenne va mettre son expérience et son carnet d’adresses — où figurent notamment tous les dirigeants politiques de l’Union — au service de ce prestigieux établissement… qui a participé au maquillage des comptes de la Grèce pour lui faire intégrer l’euro.

M. Barroso n’est pas le seul commissaire à se reconvertir dans des fonctions lucratives : ce fut le cas récemment de Mme Neelie Kroes (Bank of America) et de M. Karel De Gucht, négociateur et thuriféraire du grand marché transatlantique (CVC Partners). M. Mario Draghi est, quant à lui, directement passé de Goldman Sachs à la présidence de la Banque d’Italie, puis à celle de la Banque centrale européenne (BCE) (1).

Ces allers-retours entre public et privé relèvent de pratiques courantes aux États-Unis. Sous la présidence de M. William Clinton, les instigateurs de l’abrogation — réclamée par Wall Street — du Glass-Steagall Act de 1933, qui séparait banques de dépôt et banques d’affaires, se sont facilement reconvertis dans de grands établissements financiers. Le big business sait récompenser ceux qui l’ont bien servi. À la tête de la Réserve fédérale (FED) de 2006 à 2014, M. Ben Bernanke a favorisé la création monétaire au profit des acteurs financiers en déversant 8 000 milliards de dollars dans l’économie au nom du sauvetage des banques. En 2015, il a intégré Citadel, l’un des principaux fonds d’investissement du pays. La même année, M. Timothy Geithner, l’un des protégés de M. Clinton, ancien secrétaire au Trésor de M. Barack Obama, a rejoint Warburg Pincus, un grand fonds d’investissement.

Le monde des affaires sait aussi miser sur ceux qui, demain, pourront faire prévaloir ses intérêts, lui ouvrir les portes des administrations, relayer son discours. Aux États-Unis, bien sûr, mais aussi dans le reste du monde. Cette stratégie permet de rendre désuet le recours aux pots-de-vin et autres enveloppes. Plus besoin de corrompre ! Fini aussi le chantage direct, les menaces, pour obtenir un marché ou des renseignements. On fait désormais dans le soft power, le lobbying.

Le coup d’envoi en France de cette stratégie de l’influence, que d’aucuns pourraient qualifier de trafic d’influence, a été donné en 1986 lorsque Simon Nora, figure tutélaire et emblématique de la haute administration, a intégré à 65 ans la banque d’affaires Shearson Lehman Brothers, devenue par la suite Lehman Brothers. Au cours de la décennie 1990, la mondialisation a accéléré le pantouflage. Désormais, les grands établissements financiers américains, qui veulent pénétrer le marché français et européen, font leurs emplettes au sein de l’élite hexagonale. Toute une génération d’énarques et d’inspecteurs des finances approche de l’âge de la retraite. Leur salaire en tant que hauts fonctionnaires, dirigeants de banques hier nationalisées ou de grandes entreprises, pour être correct, n’avait cependant rien à voir avec ceux pratiqués outre-Atlantique. Banques et fonds d’investissement leur font miroiter la perspective de gagner en quelques années autant que durant toute leur carrière passée. Tentant ! D’autant qu’ils éprouvent le sentiment d’aller dans le sens de l’histoire.

C’est ainsi qu’en 1989 Jacques Mayoux, lorsqu’il était fonctionnaire, président de la Société générale, est devenu le représentant de Goldman Sachs à Paris. Il a été suivi de beaucoup d’autres. À commencer par M. Philippe Lagayette, ancien directeur de cabinet de M. Jacques Delors lorsqu’il était ministre de l’économie, des finances et du budget, ancien directeur général de la Caisse des dépôts, qui rejoignit JP Morgan en 1998. Les énarques dits « de gauche » ne sont pas les derniers à succomber aux sirènes de ce capitalisme de connivence. Ces personnalités sont choisies et touchent de confortables honoraires pour ouvrir les portes et pour faciliter les fusions et les rachats d’entreprises françaises que lanceront les banques.

Au fil des ans, des centaines de sociétés sont passées de main en main par le biais d’achats à effet de levier (leverage buy-out ou LBO). Chaque fois, les banques d’affaires touchent une commission, leurs dirigeants français ayant bien mérité leurs émoluments. Peu importe, finalement, que la France se désindustrialise, que les salariés soient licenciés pour accroître le rendement du capital, que les déficits commerciaux se creusent. L’essentiel n’est-il pas de saisir la vague de cette finance triomphante ? Hier, ou plutôt avant-hier, les fonctionnaires issus des grands corps de l’État — s’ils pantouflaient déja — s’estimaient investis d’une mission : ils servaient la nation. À partir des années 1990, les mentalités changent. La mondialisation a transformé les missionnaires en mercenaires. Le capitalisme débridé a remplacé le capitalisme d’État.

Ce mouvement s’est amplifié au fil des ans. En 2004, M. Charles de Croisset, ancien président du Crédit commercial de France (CCF), a marché dans les traces de Mayoux en devenant conseiller international chez Goldman Sachs et vice-président de Goldman Sachs Europe. Les branches françaises des cinq grandes banques d’investissement américaines sont toutes dirigées par un énarque (2). M. Jean-François Cirelli, ex-dirigeant de Gaz de France et d’Engie, ancien membre du cabinet du président Jacques Chirac, vient de rejoindre la filiale pour la France et le Benelux de BlackRock. Peu connu du grand public, ce fonds est le premier gestionnaire d’actifs du monde (5 000 milliards de dollars).

Tout aussi symbolique est le parcours de Mme Clara Gaymard. Cette énarque, épouse de M. Hervé Gaymard, ministre de M. Chirac, avait été nommée en 2003 déléguée aux investissements internationaux. De quoi étoffer son carnet d’adresses, l’un des plus fournis de l’énarchie. En 2006, General Electric (GE) lui proposa de prendre la tête de son antenne France, puis la vice-présidence de GE International, l’entité chargée des grands comptes et des relations avec le gouvernement. Elle a servi d’intermédiaire lors du rachat par GE de la division énergie d’Alstom, au printemps 2014. Une fois l’opération achevée, le président du groupe, M. Jeffrey R. Immelt, s’est séparé d’elle brusquement, mais, soyons-en sûrs, avec de bonnes compensations. Pendant dix ans, Mme Gaymard a été l’un des relais essentiels de l’influence américaine en France : membre de la Trilatérale (3), présidente de la Chambre américaine de commerce, membre du conseil d’administration de la French-American Foundation.

Proposer de belles fins de carrière aux seniors, miser sur quelques personnages-clés dans le Tout-Paris médiatico-politique, investir dans de jeunes cadres prometteurs : tels sont les axes de ce soft power qui s’exerce aux quatre coins de la planète. Cet investissement dans la jeunesse se retrouve dans le cas d’Alstom : à la demande du gouvernement français, GE a promis de créer 1 000 emplois nets en France sur trois ans. Mais le groupe s’est au passage engagé à recruter 240 jeunes de haut niveau à la sortie des grandes écoles pour ses « programmes de leadership ». Ces derniers se verront proposer une carrière accélérée chez GE, aux États-Unis et dans le reste du monde. Une opération fort habile de captation des cerveaux ; une manière aussi de vider un peu plus la France de ses forces vives.

Car l’expatriation des capitaux s’accompagne désormais d’un exode des jeunes diplômés vers les États-Unis, mais aussi vers Londres, Singapour ou ailleurs. Ce sont bien souvent les enfants de cette nouvelle caste de managers mercenaires, les relations des parents aidant à leur trouver des postes intéressants dans les multinationales. Dans ce monde globalisé, les élites françaises ont adopté les mêmes comportements et les mêmes ambitions que leurs homologues américaines.

Jean-Michel Quatrepoint

Journaliste ; auteur notamment d’Alstom, scandale d’État, Fayard, Paris, 2015.

(1) Lire Vicky Cann, « De si confortables pantoufles bruxelloises », Le Monde diplomatique, septembre 2015.

(2) Cf. Jean-Pierre Robin, « Créer son fonds d’investissement, ainsi font font font les petites marionnettes », Le Figaro, Paris, 17 octobre 2016.

(3) Créée en 1973 par M. David Rockefeller, la Commission trilatérale a pour but de resserrer les liens entre les États-Unis, l’Europe et le Japon. Lire Diana Johnstone, « Une stratégie “trilatérale” », Le Monde diplomatique, novembre 1976.

Article mis à jour le 20 janvier 2017 : Jacques Mayoux n’est pas le père de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). *

Texte 8 : Le programme "Young Leaders", incubateur d’oligarchie

Source : Blog de Mediapart Revue Frustration. 27 juin 2017

https://blogs.mediapart.fr/revue-fr...

Il existe de nombreuses instances où l’oligarchie organise la porosité entre les différentes sphères qui la compose, pour s’assurer que tous ces gens travaillent en bonne intelligence à la préservation et à la promotion de l’intérêt du groupe. Des programmes spécifiques sont conçus pour s’assurer de cette cohérence de classe, et le programme "Young Leaders" en fait partie.

Ces derniers mois, Macron a fait plusieurs voyages emblématiques aux États-Unis. Dès le début de l’année 2016, Emmanuel Macron passe ses troupes et ses soutiens en revue, de l’autre côté de l’Atlantique. Alors ministre de l’Économie, il passe notamment par Las Vegas. Cet événement organisé par Business France, dont l’ancienne présidente est aujourd’hui ministre du Travail, a mené à des perquisitions mardi 20 juin 2017 au siège du groupe publicitaire Havas et de l’agence nationale Business France sur ordre de l’Inspection Générale des Finances, dans le cadre d’une enquête préliminaire pour « favoritisme, complicité et recel de favoritisme ». Quasiment un an plus tard, Emmanuel Macron, cette fois candidat officiel, visite New York car « la démocratie n’a pas de prix, mais elle a un coût. » Entre deux levées de fonds traditionnelles aux sommes astronomiques, Emmanuel Macron participe à un petit déjeuner anodin mais fondamental pourtant passé quelque peu inaperçu dans la presse française. Un article de Libération daté du 6 décembre 2016 3 nous indique sans plus d’analyse que Macron y a rencontré « une trentaine d’invités de la French-American Foundation lors d’un petit-déjeuner au Links Club de l’Upper East Side, un club de gentlemen golfeurs traditionnellement issus de l’ancienne élite bancaire de la ville. Emmanuel Macron est un "Young Leader" de la French-American Foundation, promotion 2012. »

La rencontre des banquiers, de la finance et des multinationales… La French-American Foundation a été lancée en mai 1976 aux États-Unis, afin de promouvoir le dialogue et la coopération entre la France et les États-Unis. Son programme phare « Young Leaders » a formé plus de 400 dirigeants français et américains influents. Son objectif est clair, de la bouche d’un des anciens formateurs 3, il s’agit de « trouver les personnes qui feraient l’opinion et seraient les dirigeants de leurs sociétés respectives » afin de les former et d’influer sur la politique, le monde économique et l’opinion publique. C’est l’une des cartes du soft power à l’américaine, qui a soigneusement sélectionné, formé et placé aux postes clés ses petites recrues.

Après avoir analysé les parcours professionnels des dernières promotions (2012 à 2016), la répartition des « élus » est limpide. 57 % viennent des grandes multinationales et des entreprises de conseil en stratégie et finance et autres spécialistes de la fusion-acquisition. Ainsi, on pourra citer une liste non-exhaustive de dirigeants des entreprises françaises historiques : Henri de Castries (AXA), Anne Lauvergeon (AREVA), Franck Gervais (Thalys), Alexis Morel (Thalès), Hélène Huby (Airbus), etc. Mais aussi les deux plus récents présidents de la République (François Hollande et Emmanuel Macron), suivis de dizaines de ministres et de députés. Si les nominés des promotions les plus anciennes sont bien installés, les membres les plus jeunes commencent déjà à percer. Il n’y a pas que ce Mazzella, fondateur et PDG de BlablaCar a fait partie de la promotion 2015 et est un soutien déclaré du Président Macron. Et que dire du poids des banques et des agences de notation dans le profil des recrues ? Emmanuel Macron bien sûr, mais aussi Clothilde L’Angevin (promo 2015) directrice de la stratégie du Crédit Agricole.

Texte 9 : La FAF et lesthink tanks libéraux : une porosité idéologique et internationale.

Source : Institut Montaigne https://www.institutmontaigne.org/e...

Remarque préalable : nous avons pris ici l’exemple d’une personnalité intéressante pour notre propos mais sur laquelle nous ne portons évidemment aucun jugement de valeur.

Ioanna Kohler est (était) Directrice des programmes de politique sociale policy programs) à la French- American Foundation U.S., à New York.

Ancienne élève des classes préparatoires aux grandes écoles, elle est diplômée de la section internationale de Sciences Po Paris, et titulaire d’une maîtrise de lettres et d’une licence de cinéma de l’université de Paris III – Sorbonne nouvelle. Elle a également obtenu un diplôme de relations publiques à New York University.

contexte français » (2008, French-American Foundation U.S.). En 2009-2010, elle a participé au programme annuel du think tank National Center for Public Policy and Higher Education qui regroupe 15 jeunes professionnels de talent sélectionnés à l’échelle des Etats-Unis.

Ioanna Kohler est née à Londres et a passé son enfance en Grèce. Elle vit à New York depuis 2005.¬

Complément d’infos : et les nommer en 2016 comme directrice générale de l’institut ASPEN. L’Institut Aspen France est un lieu d’échange international réunissant des responsables de tous horizons qui souhaitent réfléchir ensemble aux grands enjeux ... pour plus de détails voir le lien source suivant

http://www.aspenfrance.org/news-art... kohler-nommee-directrice-generale-de-linstitut-aspen-france/

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Autres articles sur laFAF.

–La fondation franco-américaine et les Young Leaders français

Source : Le Canard république https://www.lecanardrépublicain.net/spip.php?article92

–Le Young Leader Arnaud Montebourg, made to serve USA imperialism ! Of course !

Source : Initiative communiste

https://www.initiative-communiste.f...

–"Hollande l’Américain". Washington sur Seine ? Source : atlantico.fr https://www.atlantico.fr/decryptage...

–De Paris à New York, des amitiés très élitistes. Source Les sera enregistrée sous Échos. Archives http://archives.lesechos.fr/archive...

–Dans l’ombre de TAFTA : les Young Leaders Source : le Collectif citoyen du Grand Rodez http://collectif-citoyen-grand-rode...

Les réseaux face à la démocratie http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

L’Institut Berggruen amorce et développe des projets en constituant des groupes de travail destinés à développer des recommandations de réforme de la gouvernance dans le cadre de contextes spécifiques au niveau européen et mondial.

The Council for the Future of Europe par exemple est un groupe de réflexions et de travail qui réunit des responsables politiques et économiques au niveau européen, des universitaires pour préparer une intégration politique et fiscale plus avancée des états européens.

Pour plus d’informations, lire l’article de Wikipédia sur Institut Berggruen.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Insti...

Annexe

– Il n’y a pas que la FAF http://collectif-citoyen-grand-rode...

––Site de la French American Fondation https://french-american.org/

––Historique des promotions de Young leaders https://french-american.org/program...

––Atlantisme. Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Atlantisme

–Européisme versus atlantisme, 1956-1973 Jenny Raflik, Nicolas Vaicbourdt Source : Cairn info. Relations internationales 2009/3 (n° 139), pages 89 à 99 https://www.cairn.info/revue-relati...

––Le tropisme de la politique étrangère française. Plus attentiste que moi… Source : Le Monde diplomatique. Avril 2014 https://www.monde-diplomatique.fr/2...

–Le modèle américain. Source : Le Monde diplomatique–Manière de voir. Mars 1979 https://www.monde-diplomatique.fr/1...

–Le nouveau modèle américain ce Source : Manière de voir. Le Monde diplomatique. Sept–oct 1996 https://www.monde-diplomatique.fr/m...

–Le socialisme aux États-Unis Source : Le Monde diplomatique. Juin 2019 https://www.monde-diplomatique.fr/2...

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Hervé Debonrivage


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