Européennes 2019 : le manichéisme dictatorial macronien

vendredi 21 septembre 2018.
 

Les principaux agents de l’action idéologique de l’appareil médiatique veulent effacer toute alternative à l’Europe ultralibérale actuelle. Selon eux, la situation serait bipolaire : d’un côté l’Europe de Macron progressiste à l’avenir radieux et de l’autre l’Europe des nationalistes et populiste conduisant l’Europe à l’implosion.

On peut dire que la campagne électorale des européennes 2019 a commencé avec une intervention très médiatisée de Gérard Philippe, président du groupe LRM à l’Assemblée nationale le 26 août 2018 et avec la rencontre Macron Merkel du 7 septembre 2018 à Marseille.

Le diktat idéologique est d’ores et déjà planté : les Français auraient le choix entre 2 options, et 2 options seulement : d’un côté l’Europe dite « progressiste » proposée par Merkel–Macron et de l’autre l’Europe disloquée des « nationalistes » et « populistes ».

Voici 2 exemples parmi bien d’autres relayant cette mise en scène :

- pour Ferrand, les électeurs ont le choix entre Macron et Salvini http://www.lepoint.fr/europe/europe...

- Angela Merkel / Emmanuel Macron : face au populisme https://www.francetvinfo.fr/monde/e...

Évidemment aucune alternative entre ces 2 choix dont l’un implique l’autre puisque le développement de l’extrémisme nationaliste de droite en Europe résulte de la politique mise en œuvre par les gouvernements successifs Sarkozy–Hollande–Macron et Merkel en Allemagne.

L’option proposée par Mélenchon et La France Insoumise en France n’est aucunement invoquée. Un certain nombre de relais médiatiques au mental dictatorial et manichéen n’envisagent pas et ne tolèrent pas cette alternative.

Comment vont procéder les agents de l’action idéologique de l’appareil médiatique pendant cette campagne européenne ?

Il n’est pas nécessaire d’être un spécialiste en techniques de communication politique pour le prévoir.

1) D’abord, bien entendu, une promotion des idées en faveur d’une Europe ultralibérale recouverte par un masque à prétention progressiste et moderniste (pouvant aller jusqu’au pillage d’un certain nombre d’idées contenues dans l’Avenir en commun). Cette promotion est assurée par un temps d’antenne une et couverture rédactionnelle ultra majoritaire.

2) Puis, comme d’habitude, et une marginalisation ou effacement des propositions de La France Insoumise avec un temps d’antenne minimal.

3) En outre, pour pouvoir accréditer l’idée d’un simple choix Macron/nationalisme, on construit la fausse nouvelle : Mélenchon et LFI sont nationalistes. Ce mensonge a d’ailleurs déjà été véhiculé y compris par les petites têtes d’une partie de l’extrême gauche.

4) À ces 3 techniques, s’ajoute une quatrième : la diabolisation des « nationalistes » notamment de l’extrême droite. Comme d’habitude, il faut faire peur et éviter de se poser des questions sur les raisons de l’existence de ce nationalisme.

5) À cela, s’ajoute une dernière technique : la plus perfide. Empêcher les gens de penser. Pour cela on crée la confusion des mots et un « essorage sémantique ».

Ainsi, les expressions « les extrêmes, « les populismes » sont utilisés sans aucune précision ce qui permet de mettre dans le même sac des courants idéologiques opposés.

De même, le mot « nationaliste » est confondu avec le mot xénophobe.

Il faut remarquer que le macronisme a réussi à créer un lexique dont les mots ont un sens inversé.

Ainsi le mot révolution doit être traduit par contre-révolution.

Le mot réforme doit être traduit par régression.

Le mot progressiste doit être traduit par réactionnaire ou rétrograde.

Le mot libéral doit être traduit par autoritaire.

Le mot émancipation doit être traduit par aliénation.

Le mot solidarité doit être traduit par partage des revenus entre les plus démunis ou par augmentation des inégalités.

L’expression « souveraineté européenne » doit être traduite par écrasement des souverainetés populaires de chaque nation et assujettissement aux USA.

L’expression « défense européenne » doit être traduite par : renforcement des forces de l’OTAN et subordination à la puissance militaire des USA.

Libération des énergies ou du travail doit être traduit par enchaînement asservissement des salariés devant augmenter leur productivité.

Ces inversions de sens sont le propre de l’action de l’idéologie dominante dont l’une des fonctions est de masquer le réel et de construire un imaginaire politique aliéné de la population dominée. (Salariés, retraités, travailleurs indépendants,…)

Cette inversion a été étudiée dans notre article :

France insoumise : le mouvement de l’équilibre. Mélenchon, l’homme de la juste mesure. http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

Le but de cet article n’était pas de faire l’inventaire des propositions de LFI qui ont fait l’objet de nombreux documents et vidéos. D’autres articles futurs aborderont les propositions de LFI.

Hervé Debonrivage


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