Les Etats Unis hier et aujourd’hui.

mercredi 16 septembre 2020.
 

En Novembre 2020 vont avoir lieu les élections présidentielles américaines. C’est un événement mondial car les Etats Unis sont la première puissance industrielle , commerciale et bancaire du monde, et on a vu par exemple que le « passage » Obama-Trump a eu des conséquences impliquant tous les pays .

En plus, le système politique et constitutionnel américain est complexe et peut nous paraître étrange quand on songe que Trump a été élu en 2016 avec trois millions de voix de moins qu’Hillary Clinton et en 2000, Gore a perdu face à Bush junior avec 550 000 voix de plus...

En attendant je vais essayer de faire un tableau simple de la situation américaine en faisant appel surtout à l’histoire, pour essayer de comprendre le présent. Au Moyen Age on expliquait « le mort saisi le vif » pour faire ressortir l’importance du passé.

Encore faut il faire appel aux faits et non aux mythes...Et des mythes il y en a quand on étudie les Etats Unis : le mythe du peuple unanime qui conquièrt son indépendance en 1783, le mythe de la conquête de l’Ouest ,déformé par les western, le mythe de la démocratie ou tout le monde a ses chances etc...

Alors rappelons quelques faits :

1) L’Amérique est une création COLONIALE, ne l’oublions jamais. De 1620 à 1750 environ, création de 13 colonies anglaises, colonies de peuplement : trois millions de colons anglais s’installent sur la cote atlantique (à titre d’exemple, les français étaient 70 000 au Canada et quelques milliers en Louisiane ).

2) Dés le début se sont de véritables installations capitalistes basées sur trois méthodes :

- cession à des nobles d’immenses territoires qui seront la base des plantations.

- cession à des entreprises commerciales le droit d’exploiter des territoires ou des productions précises ;

- arrivées de « sectes » religieuses qui fuyaient les persécutions en Angleterre (puritains) ou Allemagne et Hollande (anabaptistes etc..)

3)En fait l’émigration massive est le résultat d’une entreprise capitaliste précise qu’on a appelé en Angleterre le phénomène des « enclosure » : les entreprises financières anglaises ont aidé les banques et les nobles à expulser les paysans anglais de leur terre et surtout en finir avec le système des « communs »(proprités ou usage collectif) pour installer de vastes espaces clos et réservés à l’élevage des moutons : d’où laine, filatures, usines et « libération » d’une main d’oeuvre taillable et corvéable à merci pour les usines et les mines et aussi peupler les colonies...

Nous assistons aussi à la spoliation et au massacre des populations indiennes qui sont expulsées vers l’Ouest, tuées ou décimées par des maladies inconnues au nouveau monde.

Parallèlement les grandes propriétés du Sud se « spécialisent » dans la culture du coton, du tabac et du sucre qui réclament une main d’oeuvre abondante et pas chère : on se tourne vers le système de « l ’engagement » : les émigrés arrivent et se vendent pour cinq à dix ans au propriétaire. Mais cela ne suffit pas, on fait alors appel à la traite négrière : c’est l’établissement du commerce dit triangulaire : les bateaux partent d’Europe chargé de produits que l’on vend aux rois africains en échange d’esclaves, transportés en Amérique et aux Antilles d’où on ramène les produits coloniaux : les bateaux sont toujours pleins. L’Angleterre domine ce marché. En Amérique se crée ainsi sur la base des massacres des indiens et du commerce des esclaves ce qu’on peu appeler l’ accumulation primitive du capital ,base de la future puissance.

Chaque colonie a ses statuts propres, ses règles, ses lois : en gros ,sauf dans les états du Nord Est, domine une caste de gros propriétaires fonciers. L’Angleterre récolte les impôts et les taxes. Les contradictions commencent entre les colonies et la métropole.

Il se trouve que le royaume britanique est ruiné par la guerre de sept ans qui l’a opposé à la France (1756-1763), l’Angleterre a certes gagné et enlevé à la France le Canada, l’Inde et quelques Antilles, mais elle sort exsangue de cette guerre. Aussi veut elle faire « cracher » les colonies : impôts, taxes sur les produits, interdiction de développer toute industries (obligation d’acheter des produits anglais), mise en cause des autonomies locales...

La révolte éclate à Boston (tea party : les insurgés, déguisés en indiens balancent à la flotte les ballots de thé) . C’est le début de la guerre d’indépendance (1776-1783).

Des milices improvisées se heurtent à des troupes aguerries et professionnelles (les tuniques rouges). La lutte est inégale, tous les colons ne sont pas pour l’indépendance, les miliciens retournent aux champs pour les moissons etc...Les défaites succèdent aux défaites.

Alors, la France intervient : Louis XVI et ses conseillers pensent que le moment est venu de prendre la revanche de la guerre de sept ans, et d’affaiblir l’adversaire anglais , on ne va pas regarder à la dépense : armées de Rochambeau et de La Fayette, flotte de l’amiral Destaing ...Les ingénieurs maritimes construisent une flotte moderne et bien équipée (mais manquant de marins aguéris).En 1783, les troupes anglaises capitulent. Les Etats Unis sont indépendants. Mais pour la France, certes, l’Angleterre est battue, mais le trésor royal est à sec : ce sera une des causes de la révolution française.

En Amérique, outre la défaite des indiens qui avaient choisi massivement d’aider les anglais, une grande partie de la population (70 000 ) quitte le nouvel état pour le Canada ou le retour en Grande Bretagne.

Le nouvel état est un agglomérat d’intérêts divergents (fermiers du nord contre planteurs du sud), de volonté d’autonomie des états contre un pouvoir central, de la question de l’esclavage : les capitalistes du nord veulent des travailleurs « libres » pour l’industrie et sont pour des droits de douane élevés pour protéger l’industrie alors que le sud est « libre échangiste »le moins de droits de douane possible pour vendre les produits et acheter les produits industriels etc...Les crises, les oppositions, les révoltes des fermiers du Massachusetts entraînent l’adoption d’un régime nouveau : un président, élu pour la première fois en 1789 : ce sera Georges Washington...Elu par un système de compromis : chaque état élit des grands électeurs qui élisent un président.

La violence est présente constamment : violences issues de la guerre, mais aussi absence de police et d’armée centralisée, d’où le droit de tout citoyen d’être armé (deuxième amendement).

Le XIXème siècle voit apparaître trois problèmes majeurs :

1) la lutte institutionnelle entre les « partisans des libertés des états » et les « centralistes ». Ainsi se crée en 1828 le « Parti démocrate », contre toute centralisation, pour les libertés locales, contre les banques et les industriels, pour le système esclavagiste. 2) Le problème des populations noires et esclaves qui allait aboutir à la guerre de Sécession (1861-1868) et ses conséquences. 3) L’industrialisation à marche forcée, la création du plus puissant capitalisme industriel du monde, mais aussi la création d’une classe ouvrière jeune et combative.

Le Parti Démocrate américain.

En 1792, Thomas Jefferson crée le parti Républicain Démocrate, anti fédéraliste, qui s’oppose au Parti Fédéraliste de Georges Washington. En 1828, opposition entre les partisans d’Andrew Jackson qui scissionnent et créent le Parti Démocrate, opposé aux « Whigs » de John Quincy Adam ,partisans du fédéralisme, lié aux milieux d’affaires et se prononçant pour l’abolition de l’esclavage. Le Parti Démocrate s’appuie sur les migrants, la conquête de l’Ouest et le sud esclavagiste. La cession par la France de la Louisiane, la conquête sur le Mexique du Texas, de l’Ouest ,amène la création de nouveaux états et à chaque fois des marchandages sur le statut de ces états : esclavagistes ou abolitionnistes...

En 1860, lors de l’élection présidentielle, les démocrates présentent deux candidats:un démocrate du nord, abolitionniste et un démocrate du sud, esclavagiste. Abraham Lincoln, candidat whig est élu quoique minoritaire. Il crée le parti Républicain et se prononce pour une abolition partielle et progressive de l’esclavage.

Aussitôt, les démocrates du sud organisent la sécession : c’est la guerre de 1860 à 1865.

En 1865, la victoire du Nord met le sud en tutelle : pas d’élections, gestion directe par Washington etc...Les noirs peuvent s’inscrire sur les listes électorales et dans les élections locales, plusieurs noirs sont élus. Mais les « planteurs » et les « petits blancs » du sud n’acceptent pas cela . Les conflits sont nombreux.

En 1877, compromis entre les partis démocrate et républicain : on décrète la « reconstruction » et les républicains acceptent que les états du sud instaurent des restrictions au droit de vote des noirs. Le parti démocrate devient de plus en plus le parti des exclus, des petits blancs du sud, des fermiers de l’ouest et des migrants d’Europe. Le parti républicain lui est le parti des Wasp (White,anglo Saxon and protestant), des banques et des milieux d’affaire.

En 1912, le démocrate Woodrow Wilson est élu contre le républicain Taft, représentant des monopoles. Wilson entraîne finalement les Etats Unis dans la guerre en 1916, veut promouvoir la « Société des nations »,affirmer un rôle dirigeant aux Etats unis dans le concert des nations, mais il est désavoué par le Congrès et les républicains (isolationnistes ) reprennent le pouvoir en 1920.

La crise de 1929 entraîne une récession économique et le démocrate Franklin Delano Roosevelt propose son « New deal » et emporte les élections de 1932. Il impose une politique d’actions gouvernementales ambitieux : grands travaux, augmentation de salaire , appui sur les syndicats. Il faut noter qu’en 1936, le Parti Communiste Américain, appliquant la politique de Front populaire, soutiens Roosevelt.

Pour financer la reprise économique, puis la guerre, Roosevelt procède à des augmentations d’impôts très important sur les riches (taux montant à 80%) . C’est ce qui allait permettre l’effort de guerre et le projet Manhatan (la bombe atomique). Il faut noter que le sénateur Kennedy (le père de JFK) s’en prenait à Roosevelt , le traitant de « communiste » et s’opposait à la guerre à Hitler !

Pour faire accepter cette politique aux milliardaires, Roosevelt sort l’argument : c’est ça ou les rouges ! En même temps les capitalistes sortent gagnants car les commandes d’état remplissent leurs caisses....

En 1948, le successeur de Roosevelt, Truman procède à la désagrégation dans l’armée. Scandale dans le sud profond.

Les républicains reviennent au pouvoir en 1952 avec Dwight Eisenhower.

En 1960, élection de John Kennedy. L’appui des démocrates du sud est déterminant pour ces élections, mais ils s’opposent à tout règlement anti-ségrégationnistes. C’est Johnson, le successeur de Kennedy, pourtant sudiste qui fait passer les lois en ce sens : en 1964, la ségrégation est déclarée anticonstitutionnelle . L’électorat traditionnel démocrate du sud vote alors pour le réactionnaire Barry Goldwater aux élections de 1964. C’est la fin du soutien du sud au parti démocrate. Les ambiguïtés du PD face à la guerre du Viet Nam provoquent le retour des républicains désormais bien ancrés à droite.

Le problème actuel c’est que pratiquement le système électoral et l’histoire font que seuls deux partis peuvent se présenter aux élections. Les tentatives de « troisième candidat » : Debs pour les socialistes au début du XXème siècle , la Folette pour les « fermiers », le parti communiste dans les années 20, Nadal pour les « écologistes » etc...Se sont souvent soldés par des votes décevants. Il faut une fortune pour se présenter et seuls les capitalistes peuvent aider à trouver des fonds. Les jeux sont pipés. La classe ouvrière américaine malgré sa puissance et ses syndicats n’a jamais pu vraiment être représenté dans ce système, d’ou le recours actuel à un soutien à l’ « aile gauche » du Parti Démocrate et les tentatives de Sanders à l’intérieur du Parti Démocrate avec le résultat que l’on voit....Sanders est contraint d’appuyer la candidature de Biden pour faire battre Trump : les « progressistes » représentent un force réelle aux Etats unis, mais la nécéssité de se « désister » pour battre les républicains empêche toute construction d’une force …N’oublions surtout pas que Biden ,qui a été vice Président d’Obama était avant tout celui qui levait des fonds auprés des grandes entreprises capitaliste pour la campagne éléctorale.

Le problème noir

Lors des mouvements récents on a vu la force de ce problème. La société américaine laisse se développer un véritable problème d’intolérance par rapport aux minorités raciales : noirs, asiatiques, hispano-américains...Quels en sont l’origine ?

D’abord la question de l’esclavage : l’introduction massive de populations africaines est inhérente au développement du capitalisme primitif. Le système esclavagiste est un mode de production : il a été largement répandu dans l’antiquité en Grèce et à Rome. Sans esclaves pour faire tourner l’économie, pas de « miracle grec ». Les philosophes, les penseurs gréco romains pouvaient librement penser, créer, inventer, parcequ’ils disposaient d’une énorme main d’oeuvre servile.

Certes, on sait que la main d’oeuvre servile a un gros défaut : une productivité très basse, et c’est pourquoi le capitalisme industiel n’a pu se former que sur la « liberté » de vendre sa force de travail...

Par contre, le capitalisme foncier (les « planteurs ») se satisfait fort bien des différentes formes d’esclavage : masses d’esclaves sur les grandes propriétés romaines, dans le système féodal etc...Et les planteurs du sud des Etats Unis voyaient leur fortune basée sur le recours massif à la main d’oeuvre servile.

En même temps, ils se rendaient compte des dangers de ce système : à force d’introduire des travailleurs esclaves, ceux ci devenaient une force et tendaient à devenir majoritaire dans certains districts et même certains états.

D’ou la décision en 1808 d’abolir le trafic d’esclave avec l’Afrique...(remplacé en partie par des « fermes d’élevage » pour assurer le recrutement )

La guerre de sécession (1860-1865) proclame la fin de l’esclavage et l’accés à la liberté (et au droit de vote) des noirs. Il faut noter qu’Abraham Lincoln était pour une abolition progressive et lente, mais la nécéssité, pour battre militairement le « sud » de s’appuyer sur les masses de noirs ( les révoltes étaient nombreuses dans le sud) l’a conduit à aller plus vite. La décision de « donner à chaque noir les moyens d’existence : « une mule et 40 acres » se heurte à la réalité économique. Même le Nord a besoin que l’Union vende du coton ! Tous les projets généreux sont abandonnés. Aucune solution au problème noir.

Or en 1867, les noirs représentent 700 000 électeurs sur 1 million 363 000 dans tous le sud. 5 états : l’Alabama, la Floride, La Louisiane, le Mississipi, la Caroline du Sud sont majoritairement composés de noirs.

Face à ce problème, il y union de fait entre les planteurs du sud et les industriels du nord qui abouti à ce qu’on appelle le compromis de 1876 : les « républicains » du nord se résignent à laisser la fraction la plus réactionnaire du sud (les Bourbons ) à légiferer et trouver des moyens d’empêcher les noirs de voter. Ce sont les « lois Jim Crow » : cens électoral, clause dite du grand père (ne pas avoir un grand parent esclave), le « litteracy test »texte sur le contrôle des connaissances, la Poll Tax.

Pour térroriser les noirs,naissance du Klu Klu Klan en 1866 . Arrêt de la Cour Suprème qui décide que noirs et blancs doivent être « séparés mais égaux »

Chaque état érige ses propres lois : interdiction des mariages mixtes par exemple etc...

Cependant, le développement extraordinaire de l’industrie américaine fait que celle ci a de plus en plus besoin de main d’oeuvre, le machinisme impose des masses de travailleurs non qualifiés, l’émigration européenne ne suffit plus, les noirs du sud sont « happés » par le développement industiel du nord, surtout les régions de Détroit et de Chicago. Des millions de travailleurs noirs émigrent vers le nord à partir de 1910.

Le phénomène est accentué par la guerre de 14-18 qui voit l’émigration européenne se tarir et les besoins de l’industrie augmenter : les Etats Unis deviennent fournisseurs industriels des belligérants. Paralellement , 367 000 noirs sont enrolés dans l’armée et partent pour l’Europe.

De retour aux « states » ils ne sont pas décidés à laisser perdurer un système de ségrégation. Ils s’organisent, revendiquent l’égalité des droits. En réponse : 4674 lynchages (article de Curt Riess dans paris Soir). Le parti communiste naissant crée des organisations noires, le militant noir trotskyste Cyril James parcours les états pour promouvoir des organisations « nègres » comme on disait alors...

En 1943, en pleine guerre, émeutes noires à Détroit. Cela amène le Président Truman à décréter la fin de la ségrégation dans l’armée : décision en 1948. Un double phénomène : la répression qui s’abat sur le Parti Communiste américain : le Mac Cartisme, la chasse aux sorcières inaugurée par le Sénateur Mac Carthy , épaulé par le jeune Robert Kennedy amène la fin de l’aide du PC américain dans ce domaine. La lutte sera menée par des associations, des organisations assez neutres politiquement, et presque toujours religieuses.

Il faut noter aussi qu’en 1936-39, le PC américain ne veut pas se couper de la gauche du Parti Démocrate (en raison de la politique dite de Front populaire), alors que Cyril James dans un entretien avec Leon Trotsky à Coyoacan développe la ligne d’un parti révolutionnaire « nègre » et même du droit à la sécéssion du peuple « nègre ».C’est le début d’un divorce entre le PC US et les masses noires. Celles ci se retournent vers les églises .

En 1954, la Cour Constitutionnelle déclare la ségrégation anti constitutionnelle.

En 1964, vote du Civil Act qui met fin théoriquement à la ségrégation légale.

Mais les lois, les mesures (mixité scolaire) ne changent pas fondamentalement le problème. La pauvreté est plus forte chez les afro américains, ils sont plus nombreux dans les prisons, les ghettos représentent des chancres de pauvreté dans cette société si riche ,la police est profondement raciste etc.. En 1965, émeutes de Watts, en 1966 fondation du Black Panther Party, les noirs renouent avec la politique. En 1967 c’est 103 villes qui sont en rebellion. Il faut noter d’aprés Pape Ndiaye, qu’en 2012, aux élections présidentielles 6 millions de noirs sont exclus des listes électorales (contrôles d’identité, exclusion des anciens détenus …)

Le mouvement ouvrier américain

La guerre de sécession, la « conquête » de l’ouest, la construction du chemin de fer transcontinental sont les phases visibles du développement économique extraordianaire des Etats Unis : à la fin du XIX éme siècle, les USA sont la première puissance économique et industrielle mondiale ,supplentant la Grande Bretagne définitivement...Dés le début du mouvement ouvrier international, les regards se tournent vers l’Amérique : voir la correspondance entre Engels et Sorgue (militant allemand qui a émigré aux Etats Unis) entre 1886 et 1887, voir la commémoration du 1er mai en fonction des émeutes de Chicago, le fait que la première internationnale est déplacée en amérique en 1873 etc...

Les émigrants européens, surtout les allemands et les scandinaves sont souvent déjà politisés et amènenent au nouveau monde des élements de socialisme, de marxisme, d’anarchisme et de syndicalisme.

La première organisation de travailleurs née en 1866 : la National Union Labor fondée par Willian H. Sylvis (1828-1869). Elle disparu en 1873 . Une vague de grève sévi en 1877 dans les chemins de fer, dirigée par Albert R.Parsons qui crée les Workers Men’s Party, grève insurrectionnelle qui vit l’occupation de Saint Louis. Il faut noter l’extrème violence du patronat : milices patronales ne reculant pas devant les lynchages, voire les meurtres, la police arrête massivement les meneurs et dirigeants syndicaux... En 1876 fut crée les Knights of Labor (les chevaliers du travail) sous la direction de Joseph R.Buchanan qui compta plus de 700 000 adhérents. Société secrète recourrant souvent à des coups de force, voire à des assassinats. Ses caractéristiques, les actions secrètes , allaient la faire disparaître progressivement devant deux formes de combat :

Celui mené par Gompers qui crée la puissante American Federation of Labor (AFL) en 1881.Gompers cherche a créer un puissant rapport de force pour une politique de collaboration de classe visant à obtenir avantages, augmentations de salaires en échange de la paix sociale.Cela rejoignait ce qu’on peut appeler le « Fordisme » : transformer les travailleurs en consomateurs massifs de produits industriels.

L’autre combat, mené par Eugene Debs qui fédére des Brothershoods (fraternités) très combatives et les réuni en 1893 en ARU (american railway union).

En 1905, Debs, Haywood, Mary Jones, Daniel de Leon créent à Chicago les « International Workers of the World », les IWW ou Womblies. Debs a fait de la prison, il fonde aussi le Parti Socialiste Americain et recueille un million de voix aux élections présidentielles.

L’AFL developpe un syndicalisme de métiers, visant à maintenir des acquis et des privilèges pour les ouvriers qualifiés et plus souvent de « souche » américaine. A partir de 1917, les militants communistes Fosters,Dunn militent à l’AFL. Dans les années 20 on note le rôle de John Lewis de la fédération des mineurs qui lutte pour des syndicats de branche . Il crée à partir de sa fédération de mineurs le syndicat CIO en 1935-36. Il s’appuit beaucoup sur les militants communistes. En 1936, vague de grève avec occupation d’usine en amérique. Roosevelt cherche à s’appuyer sur les dirigeants ouvriers, alors que Lewis entame une évolution qui le rapproche des républicains ! En 1941, l’Amérique entre en guerre et les syndicats décident le « non strike pledge », l’arrêt des grèves. Le PCUS se déconsidère lors du pacte germano soviétique ou il soutiens la neutralité des USA avant de devenir pro guerre en 1941.En novembre 1941, lors de la grève de l’acier, le PCUS appuie Roosevelt qui essaye de lutter contre la grève ! Lewis avait rompu avec Roosevelt aprés les fusillades de Massillon et Youngstow dans l’Ohio. Par la suite il prendra position contre l’entrée en guerre des Etats Unis.

A partir de 1945, lutte de Truman contre les syndicats : la loi Taft Hartley est votée en juin 1947 : – ouverture des livres de compte des syndicat – préavis de 60 jours – le président peut imposer un retard de 90 jours aux grèves légales – interdiction du « closed shop » (qui obligeait le patronat à n’employer que des ouvriers syndiqués) – déclaration de chaque responsable syndical qu’il n’est pas adhérent au Parti Communiste. La CIO resiste un temps mais finalement signe l’accord et exclu les syndicats « communistes » en 1948.La CIO exclu son fondateur, Lewis.

En 1955, congrés d’unification AFL-CIO. Un syndicat quand même un peu particulier : en 1961 le salaire de Jimmy Hoffa passe de 75 000 dollars à 100 000 dollars. Les liens de Jimmy Hoffa avec la Maffia étaient de notoriété publique...

Le problème : pas d’indépendance du syndicat : collaboration de classe, acceptation de toute une série de lois anti syndicat (y compris sous Kennedy), appui régulier de l’AFL CIO au Parti démocrate... l’indépendance d’une classe ouvrière puissante face au capitalisme le plus puissant est un des problème majeur dans la situation de crise actuelle de l’impérialisme américain.

Pierre SACCOMAN

Exposé du 2 septembre 2020.


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