Au nouveau-né (poèmes)

samedi 23 septembre 2017.
 

A Léna...

Pour fêter l’éclosion d’une gente fille

Qui trente jours trop tôt fendit sa coquille,

Maman d’amour te couve et le soleil brille.

Bienvenue au sein de l’humaine famille !

*

A pas de loup, mon coeur perçoit la nacelle

Cheveux noirs, mains fines, jambes de gazelle,

Deux yeux grand ouverts sur le monde, si belle

Que les Muses te dédient la ritournelle :

*

Un deux trois Nous irons au bois

Quatre Cinq Six Cueillir des cerises

Sept Huit Neuf Dans un panier neuf

Dix Onze Douze Elles seront tout’rouges

Jacques Serieys

Note : en occitan, genta filha (gente fille) signifie fille jolie, agréable à vivre.

1) Lorsque l’enfant paraît (Victor Hugo)

Lorsque l’enfant paraît le cercle de famille

Applaudit à grands cris ; son doux regard qui brille

Fait briller tous les yeux,

Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être ?

Se dérident soudain à voir l’enfant paraître,

Innocent et joyeux.

*

Enfant vous êtes l’aube et mon âme est la plaine

Qui des plus douces fleurs embaume son haleine

Qu’on ose pas toucher,

Quand l’enfant vient, la joie arrive et nous éclaire

On rit, on se récrie, on l’appelle et sa mère

Tremble à le voir marcher...

*

Les yeux des enfants ont une douceur infinie,

Et leurs petites mains, joyeuses et bénies,

Ignorent le mal encore !

Jamais, vos jeunes pas n’ont touché notre fange,

A l’auréole d’or !

*

La nuit lorsque tout dort, quand l’esprit rêve, à l’heure

Où l’on entend parfois une petite voix qui pleure,

Sur des ailes d’azur,

Sans le comprendre encore, vous explorez le monde.

Double virginité : corps où rien n’est immonde,

Ame où rien n’est impur !

*

Il est si beau l’enfant avec son doux sourire,

Ses deux grands yeux ouverts qui ne savent pas mentir.

Dans le mal triomphant :

Préserve-moi Seigneur, d’été sans fleurs vermeilles,

De cage sans oiseaux, de ruche sans abeilles,

D’une Maison sans enfants ...

(Les feuilles de l’Automne, XIX)

2) Les ailes des petits enfants (Alphonse Daudet)

Enfants d’un jour, ô nouveaux nés,

Petites bouches, petits nez,

Petites lèvres demi-closes

Membres tremblants,

Si frais, si blancs,

Si roses.

*

Enfants d’un jour, ô nouveaux nés,

Pour le bonheur que vous donnez

A vous voir dormir dans vos langes

Espoir des nids

Soyez bénits !

Chers anges !

*

Pour vos grands yeux effarouchés

Que sous vos draps blancs vous cachez,

Pour vos sourires, vos pleurs même,

Tout ce qu’en vous,

Etres si doux,

On aime !

*

Lorsque sur vos chauds oreillers,

En souriant vous sommeillez,

Près de vous tout bas, ô merveille !

Une voix dit :

- Dors beau petit,

Je veille.

*

C’est la voix de l’ange gardien,

Dormez, dormez, ne craignez rien,

Rêvez, sous ses ailes de neige,

Le beau jaloux

Vous berce et vous

Protège.

*

Enfants d’un jour, ô nouveaux nés,

Au Paradis, d’où vous venez.

Un léger fil d’or vous rattache

A ce fil d’or

Tient l’âme, encor(e)

Sans tache.

*

Vous êtes à toute maison

Ce que la fleur est au gazon,

Ce qu’au ciel est l’étoile blanche

Ce qu’un peu d’eau

Est au roseau

Qui penche.

*

Mais vous avez de plus encor(e)

Ce que n’a pas l’étoile d’or,

Ce qui manque aux fleurs les plus belles :

Bonheur pour nous

Vous avez tous

Des ailes.

(Les Amoureux)


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