Histoire et politique : "Si Nicolas Sarkozy veut dénoncer la colonisation, il faut abroger l’article 1 de la loi de février 2005" (André Laignel, député européen)

lundi 10 décembre 2007.
 

Dans le communiqué ci-dessous, André Laignel plaide en faveur d’une "nécessaire clarification" quant à la loi du 23 février 2005, alors que Nicolas Sarkozy a tenu un double langage sur la colonisation devant les algériens mardi, et devant les harkis hier.

Dans le communiqué ci-dessous, André Laignel plaide en faveur d’une "nécessaire clarification" quant à la loi du 23 février 2005, alors que Nicolas Sarkozy a tenu un double langage sur la colonisation devant les algériens mardi, et devant les harkis hier.

André LAIGNEL, Député européen, Membre titulaire de la délégation interparlementaire Maghreb et Union du Maghreb arabe (y compris la Libye) prend acte des déclarations de Nicolas SARKOZY à l’agence algérienne de presse. Le président français a declaré qu’il ne fallait pas “ignorer l’Histoire, mais l’assumer”.

Refusant le système colonial, système de domination, d’aliénation et de barbarie, André LAIGNEL avait dénoncé les dérives de la loi du 23 février 2005 qui avec la mobilisation citoyenne avait permis l’abrogation de son article 4. Ce dernier osait prétendre que « les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française Outre-mer, notamment en Afrique du Nord et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit ».

André LAIGNEL rappelle que dans son article 1, présentant la philosophie de la loi, ce texte stipule :

« La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l’œuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d’Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française ».

André LAIGNEL considère que la formule « œuvre accomplie » n’est pas une formule neutre et renvoie explicitement à un caractère positif de la colonisation. Refuser la repentance est une chose, exacerber les conflits mémoriels en est une autre.

L’amitié entre les peuples français et ceux du Maghreb doit passer par une clarification de cet article 1 qui, à ce jour, ne rend pas possible le travail de mémoire.

Au moment où les Républicains français, tout comme le président algérien ont marqué leur opposition aux propos antisémites de Mohamed Chérif Abbas, ministre algérien, à l’encontre du Chef de l’Etat français, la République française se doit d’être neutre et bienveillante. L’article 1 de la loi du triste 23 février 2005, adoptée à l’initiative de l’UMP, ne l’est pas.


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