Début décembre 2001 Faillite d’Enron, 20000 salariés licenciés, retraités ruinés

lundi 5 décembre 2016.
 

L’entreprise Enron était la septième entreprise mondiale par sa capitalisation boursière. Outre ses activités propres dans le gaz naturel, cette société texane avait monté un système de courtage par lequel elle achetait et revendait de l’électricité, notamment au réseau des distributeurs de courant de l’État de Californie.

Enron créa plus de 3 000 sociétés offshores dans les paradis fiscaux (îles Caïmans, les Bermudes, les Bahamas) de façon à maquiller ses comptes (ses emprunts apparaissaient dans les bilans comme des opérations commerciales).

En 2000-2001, les actions Enron baissent fortement dans le sillage de l’explosion de la bulle Internet. Comme ces actions servent de garantie à de nombreux montages financiers réalisés entre Enron et les banques, celles-ci demandent le remboursement de ces emprunts camouflés qui, dès lors, réapparaissent dans le bilan d’Enron. Le 31 octobre 2001, la SEC (le gendarme de la bourse américaine) ouvre une enquête.

Le 2 décembre 2001, la multinationale se déclare en faillite ; le cours de l’action chute à 1 dollar en quelques mois. Environ 20 000 salariés sont immédiatement licenciés, tandis que des centaines de milliers de petits épargnants qui avaient confié leurs fonds de pension à Enron (environ les deux tiers des actifs boursiers de la firme étaient détenus par des fonds de pension ou des fonds de mutuelles) perdent l’essentiel de leur capital-retraite, car celui-ci était constitué principalement de parts dans l’entreprise.

Ci-dessous une analyse du lien entre Enron, les paradis fiscaux et l’argent de la drogue.

L’argent de la drogue : les stéroîdes du monde financier

Si vous étiez un chef d’entreprise ayant besoin d’emprunter de l’argent pour un LBO (financement d’acquisition par emprunt) ou pour financer un pipeline, vous pourriez aller empruntent de l’argent légalement à 9 pour cent, ou vous pourriez emprunter de l’argent de la drogue blanchi une fois, argent qui est en voie de devenir légal, à 6 pour cent.

Le baron de la drogue sera évidemment trop heureux de posséder les obligations de, par exemple, Halliburton ou General Electric. Mais si vous avez vraiment voulu faire une opération délictueuse, vous laveriez l’argent de la drogue sur votre résultat net et augmenteriez vos profits nets. Vous pourriez le faire en vendant vos produits "hors des livres" et en acceptant de l’argent cash en échange. Ainsi vous auriez juste gonflé vos profits nets sans une seule augmentation des coûts. Philip Morris a été attaqué en justice pour cela. Ou, si vous avez fabriqué des véhicules, vous pourriez en vendre de grandes quantités contre un chèque d’une banque offshore, aucune question ne sera posée, à un gars en Amérique du Sud qui veut ouvrir une agence Chevrolet. General Motors est connu pour l’avoir fait.

Les crimes d’Enron sont tous centrés autour de la surévaluation des profits nets. Ils faisaient cuire leurs livres en utilisant un système comptable appelé Pro Forma qui leur a permis d’emprunter de l’argent à une filiale et de comptabiliser les dépôts comme des gains. Ils ont même créé des compagnies fictives qui pouvaient faire des affaires, en utilisant du papier ou des transactions électroniques, avec d’autres compagnies d’Enron. C’était le but des partenariats "off-the-book" d’Enron comme Chewco, Raptor et LMJ.

Enron a aussi manipulé les prix de l’énergie par une diverses méthodes destinées à créer ou aggraver des pénuries, faire augmenter les prix et voler des californiens aveugles. Enron s’est livré à une scandaleuse large matrice de crimes financiers, en trahissant leurs actionnaires et employés.

Mais toute la créativité des directeurs d’Enron Andy Fastow, Jeff Skillings ou Ken Lay ne pouvait jamais produire le pouvoir financier pur que l’argent de la drogue procure.

Apparemment Enron le savait. Il a dirigé environ 2000 succursales partout dans le monde. Environ 700 d’entre elles étaient dans les Îles Caïman. Il n’y a ni pétrole ni gaz dans les Îles Caïman. Il y a, par contre, une quantité affreuse d’argent de la drogue.

La société de commerce d’Enron, Enron Online, était une des plus grandes opérations de déplacement d’argent dans le monde. C’était seulement des ordinateurs et des fils dans des villes et des banques partout sur le globe. C’était une banque. Et ce fut là que la plus grande activité criminelle s’est produite. Quand Enron est allé en banqueroute, le gouvernement américain a permis à Enron de vendre Enron Online à l’Union de Banque Suisse. Cela a signifié que toute preuve de blanchiment d’argent par Enron est maintenant possédée par une banque suisse et hors de portée des enquêteurs fédéraux (américains). Ni le Congrès ni aucune agence gouvernementale américaine n’a essayé d’arrêter la vente ou le transfert des dossiers. La manœuvre a fonctionné.

Pour les banques aussi, l’argent de la drogue a un attrait spécial. C’est pourquoi des banques importantes comme Citigroup,Bank of America, Morgan Stanley, Deutsche Bank et JPMorgan Chase offrent toutes des services pour les plus riche des client privés où très peu de questions sont posées. Oui, la Trésorerie américaine (US Treasury) et le Département de la Justice se montrent en spectacle avec les règlements "Connaissez Votre Client" ("Know Your Client"). Mais la vérité est que l’argent fait presque tout ce qu’il est voulu qu’il fasse. Et pour une banque, chaque dollar qui est en dépôt permet de prêter entre 9 et environ 15 dollars en se basant sur le jeu d’exigences de Système Fédéral de Réserve.

Pour une banque, un prêt est la même chose qu’un ordre pour un fabricant. Les prêts apparaissent dans les livres d’une banque comme des capitaux ; c’est une partie de ce qui aide à déterminer la valeur du stock d’une banque. Évidemment, si une banque prend des frais supplémentaires, aucune question n’est posée, comme Citigroup a fait avec Raul Salinas de Gortari, le frère de l’ancien président mexicain, pour blanchir $100 millions de profits de la drogue. Qui doit dire comment l’argent est annoncé quand il apparait aux profits nets ?

Nous savons par ailleurs que l’UBS faisait partie des principaux investisseurs dans Enron avant sa faillite. Les avoirs d’Enron dans des banques suisses se montaient alors (mars 2001) à 8000 milliards de dollars.

La société Arthur Anderson fut compromise fortement dans le scandale Enro. Il s’agissait d’une société spécialisée dans l’audit d’autres entreprises. Elle ordonnât aux emplyés d’Enron de détruire des documents compromettants lorsque la faillite fut imminente. Un des directeurs d’Arthur Anderson, Lawrence Weinbach, est aujourd’hui un des grands directeurs de l’UBS.

Nous constatons aussi un laisser-faire total de la part des politiques, ici comme ailleurs.

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